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On s’y colle !

Question du jour : vous collez les leçons ? Les élèves ne copient pas ?

Hé bien oui, nous collons, la grande majorité du temps. Les élèves écrivent le cours seulement lorsque la trace est « exotique », difficile à obtenir en numérique sans y passer trop de temps, ou lorsque ce serait moins joli/rigolo/clair.

En revanche, dans la plupart des cas, ce ne sont pas les leçons que j’ai mises à disposition sur la Box qui seront collées : en général, nous construisons la trace ensemble, et je la tape et je la mets en page d’ici à la fois suivante. Et là, je photocopie, l’élève distributeur distribue et chacun colle, à la page que j’annonce, pour que ce soit au bon endroit du cahier de leçons numéroté.

En fait, je préfère garder du temps pour travailler : réfléchir, chercher, communiquer, résoudre. Recopier, ça ne m’intéresse pas beaucoup, voire pas du tout. Si des élèves ont besoin d’écrire pour retenir (Mathieu Gangnon explique cependant que recopier sans sélectionner et hiérarchiser les informations est tout à fait inutile), ils peuvent le faire à la maison, mais ce ne sera pas fait en classe.

En revanche, je consacre du temps en classe pour expliquer aux élèves comment fonctionne leur mémoire et comment on apprend une leçon de mathématiques. Parfois nous apprenons les leçons en classe, aussi.

Pour plus de précisions, un peu datées mais encore à peu près valables, il y a un article sur ce thème ici.

Sommaire sixième

Actualité·Apprendre·Chez les collègues·Message

Toute une carrière de prof

Sur le Café Pédagogique, un enseignant d’histoire-géo écrit le bilan de sa carrière d’enseignant. Alain Daziron écrit, au moment de prendre sa retraite :

« Au fil des années, on a l’étrange sentiment de tout savoir et de ne rien savoir sur l’univers de la classe. De se dire qu’un grain de sable peut tout faire basculer et que des moments de grâce sont à portée de main. Sans doute faisons-nous un métier impossible (surtout au collège) mais tellement fondateur et qui nous engage au plus profond de nous-mêmes. »

Selon lui, l’expérience c’est « presque uniquement la confiance en soi, la capacité à faire le gros dos et ne pas être déstabilisé ou miné dans son être dans l’épreuve du feu« . Il évoque « la solitude du métier », « la peur légitime de l’arène qu’est la classe« . Il décrit aussi la soif de découverte, de curiosité, la capacité à l’émerveillement des enfants, et on sent bien que cela le décrit aussi.

Il fait aussi le point, de là où il est, sur le système. C’est intéressant, je vous en conseille la lecture intégrale.

En lisant ce texte, j’ai pensé à mes étudiants, ceux qui vont arriver dans le métier cette année. Suivez donc ce conseil de monsieur Daziron :

« Quoiqu’il en soit, il me semble primordial, qu’en toutes circonstances, lorsqu’on doit passer toute sa vie professionnelle au contact des adolescents, d’être d’abord et pleinement soi-même« .

A lire aussi :

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A l'attaque !·Chez moi·Cycle 3·Mes projets·Sixième

Sixième : c’est prêt !

Voilà, j’ai fini pour le niveau sixième.

Enfin,jusqu’à ce que je découvre encore de super ressources parmi ce que vous m’avez envoyé.

Et puis jusqu’à ce que je change d’avis.

Mais bon, j’ai une bonne trame : les activités, les supports, les leçons. Les évaluations et la majeure partie des exercices, en revanche, je verra ça en direct, car cela dépend beaucoup des élèves.

J’ai mis la Dropbox à jour.

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Juin ça rime avec examens

Juin, le temps des examens, l’invasion totale dans les médias : bientôt c’est le bac de philo (tiens, et le bac pro qui est passé, on s’en f%&* ?), ça y est c’est le bac de philo, et puis les autres épreuves, et puis le DNB, et puis cette épreuve-ci était trop difficile, et puis un paquet de copies a été perdu là-bas, et puis les rattrapages, et puis cette année parcoursup…

Pfiou, c’est fini. Bon, et alors ça donne quoi ?

Le DNB

Le Café Péda fait un bilan du DNB 2018 : « après l’année record qu’a été 2017, c’est la chute. Avec 87% de reçus, le taux de réussite est en recul de 2% par rapport à 2017″. Et oui, 2%, c’est beaucoup : il y a quand même eu plus de 800 000 candidats cette année. « La série générale obtient 88% de lauréats (-1.8%) et la série professionnelle seulement 78% (-1.6%). Les filles réussissent mieux que les garçons avec 91% de réussite contre 84% pour les garçons« .

Pourquoi cette baisse ? Là encore, le Café péda explique : lors de la session précédente, avec la réforme, « la majorité des candidats arrivait aux épreuves finales avec suffisamment de points pour avoir déjà le brevet« . En effet, le ministère avait décidé d’un DNB hybride, impact par l’examen final, mais plus seulement : la validation du socle commun apportait 400 points sur 700.

 » En octobre 2017 le nouveau ministre veut renforcer l’examen sans revenir sur le socle. (…) Le brevet comporte d’abord une évaluation du socle menée tout au long de l’année . L’évaluation finale  est validée en fin d’année par le conseil de classe et le chef d’établissement. JM Blanquer opte pour un affaiblissement de cette part de l’examen et un renforcement du poids de l’examen final. Il compte maintenant pour 400 points sur 800 au lieu de 300 sur 700« . Les épreuves terminales redeviennent nécessaires pour la plupart des candidats.

Autre changement : « finie l’époque ou maths, sciences, histoire géo et français étaient à égalité. Dorénavant on distinguera le français et les maths, matières nobles et fondamentales à coefficient double (100 points), et le reste. »

« Au final personne ne veut de ce monstre administratif qui est massivement rejeté par le CSE le 19 octobre. Mais JM Blanquer n’écoute pas et sur de ses choix impose son projet. »

L’article du Café pédagogique se termine par une interrogation ô combien sensée : pourquoi maintenir un examen dépourvu de sens, lourd, coûteux, qui nous boulotte le mois de juin alors que nous pourrions travailler avec nos élèves ?

Parce que nous aimons les examens, surtout. Ca forge le caractère, ça prépare à la vie, monsieur-dame. Et puis ça trie : mon enfant est meilleur que d’autres, ouf, je me sens mieux. Mais quand même, il n’y a pas que ça : lorsque je vois des élèves (qui ont rencontré des difficultés ou qui n’ont pas bien trouvé leur place à l’école en particulier) quitter le collège avec le DNB ou avec une mention, je vois leur fierté. Pour eux, à ce moment-là, cela signifie quelque chose. Ça me console, un peu.

Le bac

Toujours sur le Café Pédagogique, un article intitulé « Le bac est-il donné à tout le monde ? » montre que non. Cela dépend si on passe le bac général (91,1% de réussite), technologique (88,9%) ou professionnel (82,6%), si on s’appelle Garance ou Mohamed, si on est une fille ou un garçon, si on est issu d’une famille riche, aisée ou pauvre.

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« On n’assiste pas réellement à une démocratisation du bac. On voit plutôt l’éclatement du système entre un bac des riches qui ne s’ouvre pas, à fort taux de reçus, et un bac des pauvres, qui augmente rapidement, mais n’offre ni les mêmes débouchés ni le même taux de réussite« .

Autre fait-choc à mon sens : « Le taux de 88% de reçus (en 2016) cache le fait que seulement 79% d’une génération obtient le bac. Un jeune sur cinq quitte toujours l’école sans le bac. (…) Concrètement un garçon sur quatre n’aura jamais le bac« . Je crois qu’on peut définitivement arrêter de dire que tout le monde a le bac.

Le Café péda conclut :

« Mais pour bien estimer si le bac a de la valeur, voyons ce qu’il coûte à celui qui ne l’a pas. Si en France personne ne s’est attaché à ce calcul, le caractère pragmatique des Anglo-Saxons nous permet de trouver plusieurs études en ce sens. La plus récente provient de l’Alliance for Excellent Education (AEE) , une association charitable qui milite pour la scolarisation. Pour elle « tout le monde bénéficie des progrès de qualification ». Elle a pu calculer la différence de salaire entre un bachelier et un non bachelier (26 923 $ contre 17 299) et partant de là estimer le manque à gagner collectif : si tous les jeunes Américains de 2008 avaient poursuivi leurs études jusqu’au bac, ils auraient apporté 319 milliards de dollars en plus à l’économie américaine durant leur vie. Mais puisque les diplômés vivent plus longtemps, deviennent des citoyens plus posés, L’AEE estime également d’autres retombées : « les économies régionales et locales souffrent plus quand elles ont des populations moins éduquées car il leur est plus difficile d’attirer des investissements. En même temps elles dépensent davantage en dépenses sociales ». L’AEE a pu calculer qu’en poussant tous les Américains jusqu’à la fin des études secondaires, l’État économiserait de 8 à 11 milliards chaque année en aide sociale, 17 milliards en aide médicale. Si le taux de sortie sans qualification des garçons baissait de seulement 5% cela représenterait 5 milliards de dépenses policières en moins. »

La question n’est pas forcément bac ou pas bac. la question est celle de l’éducation, pour tous, le plus loin possible. Or le bac continue aussi d’incarner l’idée de classement, et par ailleurs c’est un sésame pour la suite.

Mais tout ce qui compte, c’est de partager le savoir, de diffuser la connaissance, de répandre la culture. C’est privilégier un projet collectif de société plutôt que l’individualisme.

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Si nous donnions moins d’importance aux diplômes…

Sur le blog Vivement l’école !, Marie Duru-Bellat, ancienne COPSY, sociologue de l’éducation, marraine de la Journée du refus de l’échec scolaire, parle du système d’orientation français. Elle décrit un système très institutionnalisé, encadré par des professionnels spécialisés, mais qui ne fonctionne pas bien. Elle note aussi l’aspect rigide de ce système et l’angoisse qu’il génère, alors que justement plus de souplesse permettrait de mieux préparer nos jeunes à un avenir autrement qu’en référence à ce que nous avons connu.

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Ce système d’orientation, selon Marie Duru-Bellat, « cristallise les inégalités d’une part parce qu’il donne un poids essentiel à la réussite scolaire telle qu’évaluée par les notes ; or dans notre pays, la réussite des élèves est particulièrement marquée par leur milieu social d’origine, sans compter les imperfections de la notation elle-même. (…) Mais notre système cristallise aussi les inégalités parce qu’il donne, officiellement du moins, beaucoup de poids aux voeux des élèves et de leurs familles : or ces vœux sont très inégalement ambitieux et informés. C’est un constat que l’on fait dans la plupart des pays européens : dans les inégalités sociales de cursus scolaires, les inégalités tenant spécifiquement à l’orientation comptent pratiquement autant que les inégalités liées à la réussite scolaire. Peut-être faudrait-il parfois, paradoxalement, donner moins de poids aux familles et/ou que l’institution les conseille plus précisément, pour contrer l’autosélection que pratiquent systématiquement les familles les plus éloignées de l’école. »

Elle propose des pistes de solution, qu’il est intéressant d’entendre : « Si nous donnions moins d’importance aux diplômes, comme certains pays voisins, alors là encore, l’orientation serait vécue de manière moins dramatique. Alors que nous pensons, en France, qu’il est juste de répartir les « places » dans la société sur la base des diplômes –parce que ceux-ci exprimeraient la valeur, le mérite, les compétences, des personnes – , on voit bien que tant que les diplômes seront aussi inégalement possédés par les uns et par les autres – pour des raisons dont l’école est elle-même responsable – , donner un poids important aux diplômes fige les inégalités« .

Il ne s’agit pas non plus de dévaloriser les diplômes, là n’est pas le propos de Marie Duru-Bellat, et ce serait dommage de le caricaturer pour repousser toute réflexion. Car en effet, il y a là un point fondamental qui est soulevé, et qui est un problème profond en France.

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Programmation de sixième : quatre périodes dans la boîte

Pour ceux d’entre vous qui m’ont demandé le lien pour jeter un oeil à mes contenus, j’ai fait une mise à jour aujourd’hui. J’en suis au mois d’avril, et dans les jours qui viennent je me pencherai sur la période 5, la dernière.

Merci beaucoup à tous ceux qui m’avaient donné des contenus que j’ai utilisés,  et qui sont tous d’accord pour partager sur la box. C’est chouette.

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Question 6 : il y a des décimaux qui se baladent alors que le thème n’a pas été vu ?

Je continue ma foire aux questions, lorsque j’en croise une qui me semble clef pour comprendre ma programmation.

Question 6 : les nombres décimaux n’ont pas encore été réactivés, mais certaines de tes tâches complexes utilisent la multiplication d’un nombre décimal par un entier ou la multiplication de deux décimaux (nouveau dans le programme de 6ème) et tu ne le mentionnes pas.

C’est bien observé.

Les élèves n’utiliseront pas la calculatrice, que j’utilise par ailleurs seulement en toute fin d’année.

Pourtant, c’est vrai, les décimaux pointent leur nez bien avant leur institutionnalisation. J’ai éliminé pas mal de situations les mettant en oeuvre, mais j’en ai conservé d’autres, car elles m’intéressaient telles quelles ou étaient dénaturées si je changeais les valeurs numériques engagées.

Il y a deux cas de figure : si l’écriture décimale concerne un nombre exprimé dans une unité de mesure, que nous pouvons transformer en entier dans une autre unité (euros en centimes, mètres en millimètres …), nous transformons pour travailler sur des entiers, puis nous reconvertissons pour revenir à l’unité attendue. Cela permet de travailler au quotidien les conversions d’unités de mesure.

Si ce n’est pas le cas, alors je reviens à l’oral et avec mon glisse-nombre à la structure des décimaux, pour transformer 3,12 en 312 centièmes. Et là nous nous ramenons à la multiplication entière.

Si j’ai fait ce choix, c’est parce que je trouve que les élèves ont un mal de chien avec les décimaux, que je veux qu’ils donnent du sens (pitié, laissez cette virgule là où elle est…) et que cela me permet, en m’appuyant sur ce qu’ils ont vu en CM1-CM2 (je ne vais pas non plus faire comme s’ils ignoraient tout ça) de réactiver sur l’ensemble de l’année et très progressivement, mais aussi très régulièrement les décimaux. En plus, passer un long moment sur les décimaux fatigue tout le monde, je trouve. Là, lorsque nous y arrivons, ça coule tout seul.

J’institutionnalise en toute fin d’année sur la multiplication de décimaux, lorsque cela ne leur pose plus aucun problème.

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