A l'attaque !·Apprendre·Décrochage·Formation·Mes projets·Pour mes étudiants·Question de grand·Tous ensemble !

En nos troubles

Alors que mon collège baigne en eaux troubles et est fermé le temps de sécher, je récupère deux heures… Or un de mes collègues stagiaires m’a demandé des ressources sur les TDAH, les troubles liés à un déficit de l’attention et à l’hyperactivité. J’ai commencé par farfouiller dans les ressources qui remplissent mes disques surs, mais tout cela datait, et c’est typiquement le genre de domaine dans lequel les connaissances évoluent rapidement. Alors j’ai cherché et je suis tombée sur ce documentaire, que je trouve intéressant. Le découpage en chapitres fait qu’on peut le regarder à son rythme.

Capture d’écran 2017-10-16 à 07.29.50.png

Dans la rubrique collège, je vous conseille cet onglet :

Capture d’écran 2017-10-16 à 07.32.51.png

Le site propose un compte-rendu de conférence de Michel Lecendreux, qui date… de 2005, mais résume bien pour ceux qui voudraient savoir ce que recouvrent les TDAH. Michel Lecendreux explique que l’hyperactivité n’est pas un mythe : c’est une réalité, un trouble neuro-développemental avec en son centre l’inattention. Il se caractérise par des symptômes, non significatifs en eux-mêmes, mais qui sont « en excès », que ce soit à la maison, à l’école ou dans les activités de loisirs. Les garçons sont plus concernés que les filles par l’hyperactivité.

Dès la crèche, on remarquera chez ces enfants des troubles du sommeil, une mauvaise tolérance à la frustration, de l’agressivité.Généralement, c’est à l’entrée au Cours Préparatoire que le diagnostic est posé, et il s’assortit souvent de troubles des apprentissages du calcul ou de la lecture (dyscalculie, dyslexie).

Pour être diagnostiqué de TDAH, l’enfant doit présenter au moins 8 symptômes pour l’inattention, 3 symptômes pour l’impulsivité, 6 symptômes pour l’hyperactivité. L’aspect chronique, répétitif, des comportements est très important. En fonction de l’âge, les symptômes vont évoluer.

Les hyperactifs sont des enfants qui dérangent ; ils sont bruyants, instables. Ils n’ont pas conscience, pour autant, de la gêne qu’ils provoquent chez les autres. Leur motricité excessive, propre à l’hyperactivité, risque de les mettre en danger. A l’adolescence, 
l’abus de substances nocives est fréquent, de même que les troubles anxieux (de l’ordre de 25 % des enfants hyperactifs seraient concernés), ainsi que la dépression, ou, à tout le moins, la faible estime de soi.

Du point de vue des recommandations aux enseignants, ce qu’on nous conseille correspond à ce dont tous les enfants ont besoin : une attention personnelle, des rappels à la règle, des sanctions si ces règles ne sont pas tenues. C’est sans doute encore plus important avec un enfant TDAH : l’attitude positive inconditionnelle, la priorité accordée aux images pour illustrer le cours, la nécessité d’établir fréquemment un contact visuel (« regarde-moi ! »), de s’approcher régulièrement de lui et de l’encourager, afin de canaliser son attention (lui toucher l’épaule de manière bienveillante, par exemple), d’obtenir un « oui » de validation de sa part après une remarque de l’enseignant (mieux vaut, dans tous les cas, un « non » sur lequel l’enseignant va pouvoir travailler, qu’un faux « oui »), etc.

Le site possède une déclinaison pour l’école :

Capture d’écran 2017-10-16 à 07.47.29.png

Sur Eduscol, on trouve aussi des ressources.

Capture d’écran 2017-10-16 à 07.51.52.png

L’académie de Paris a publié ce document, court et clair :

Capture d_écran 2017-10-16 à 07.55.03

Une vidéo fort québécoise :

Ici, vous trouverez un document belge spécifiquement destiné aux enseignants :

Capture d’écran 2017-10-16 à 08.01.19.png

Et puis pour finir, un document qui aborde tous les aspects quotidiens de la question, de façon un tantinet psychédélique, mais qui apporte encore d’autres éléments pratiques :

Capture d’écran 2017-10-16 à 08.08.32.png

Au final, j’ai bien envie de me pencher sur un module « attention » que je pourrais tester au collège, dans le cadre du décrochage au sens large, puisque j’en suis la référence dans mon établissement. Et cela pourrait aussi donner une formation, si je collecte et j’illustre suffisamment de propositions concrètes.

A l'attaque !·Activité rigolote·Actualité·Allez les jeunes !·Au collège·Chez les élèves·Chez les parents·Evénement·Je suis fan·Mes projets

Les journées de Nantes

Ca approche… La semaine prochaine, je serai en train d’animer un atelier, à cette heure-ci. Je dois mettre la dernière main à un de mes diapos, mais j’ai réussi à finir le montage du film de mes élèves hier, pour l’un des ateliers. Je suis très contente du résultat, et mes élèves ont été absolument super. Ils ont tout compris, et sont d’une bonne volonté touchante pour me rendre service en témoignant. Ainsi que leurs parents, qui ont accepté que leurs enfants soient filmés et que le résultat soit diffusé et mis en ligne. J’ai même des enregistrement en plus pour illustrer les compétences vues par les élèves, pour de futures formations.

J’ai hâte de leur montrer, à mes élèves, en avant-première !

Alors les jeunes, vraiment,

Unknown

Chez les collègues·Culture mathématique·Expo de maths·Je suis fan·Maths et arts

Maths en lumière, avec zones d’ombre

Kumi Yamashita est une artiste japonaise, qu’Yvan Monka a mis en lumière (…) récemment sur Twitter, ce qu’a repris eduscol. J’en profite pour conseiller à ceux qui ne connaîtraient pas le site d’Yvan Monka d’aller s’y promener.

Je trouve ces oeuvres, que je ne connaissais pas du tout, très belles, poétiques, parfois angoissantes. Kimi Yamashita travaille les ombres et la lumière (avec une seule source de lumière). Je trouve assez fantastique de parvenir à susciter chez le spectateur des émotions (enfin chez moi, c’est ce que ça a provoqué).

Capture d_écran 2017-10-15 à 11.07.14

Je crois que ma préférée est celle-ci :

Capture d_écran 2017-10-15 à 11.09.40

Cela pourrait être ma devise silencieuse.

Activité rigolote·Chez les élèves·Dans les copies·En classe·Evaluer·Maths en vidéo·Maths pour tous·Mots de maths·Sixième·Télévision

Kaamelott en sixième

Aujourd’hui, nous avons travaillé sur une séance de géométrie. Je voulais réactiver perpendiculaire, parallèle, sécant, et inciter encore sur l’importance du langage.

J’ai donc proposé de nouveau (je fais ça tous les ans) un extrait de Kaamelott. Et les élèves avaient une « fiche de visionnage » à remplir :

Fiche vision Kaamelott.jpg

Cette année, j’ai eu envie de consigner les réponses obtenues :

Première question : globalement, j’ai eu comme réponse « trois hommes » ou « quatre hommes », dont parfois « le roi », « le prince », « le sire » ou « le seigneur » voire « un des personnages est de haute importance », ou des précisions du type « ils sont plutôt chevaliers », ou « l’aubergiste », « l’écuyer », « deux prisonniers », et « deux esclaves tout nus ». Ouhlala, que vont imaginer les parents…

Deuxième question :

J’ai obtenu :

  • 10 « dans un château », ou « dans le sous-sol d’un château »
  • 5 « dans la cave »
  • 3 « dans un bar/une auberge »
  • 3 « dans une prison/un cachot »
  • 2 « Au Moyen-Âge » / « Au Moyen-Âge-Antiquité »
  • 2 sans réponse
  • 1 « dans un chêne » (???)

Les deux réponses qui en fait répondent à « Quand se déroule la scène ? » m’intéressent : voilà de quoi retravailler en AP.

Pour la troisième question, le résumé, voici des extraits :

  • « Ce sont des personnes qui discutent de géométrie »
  • « Deux personnes disent n’importe quoi et le roi les contredit »
  • « Deux hommes discutent de comment casser la pierre et ils se trompent de mots. Le roi explique comment employer les bons termes « parallèles » et « perpendiculaires » »
  • « Deux personnes inventent des mots qui n’existent pas »
  • « Ils veulent tracer des parallèles et des perpendiculaires mais sur la pierre on peut pas »
  • « Ils croient que 22 c’est impair »
  • « Ils disent comment se taper dessus »
  • « Ils s’embrouillent. Il y en a un qui a raison et l’autre qui se complique la vie »
  • « Ils font une démonstration de karaté en utilisant des mots inexistants »
  • « Ils sont en désaccord sur des termes géométriques »
  • « Ils veulent couper un taureau »

J’ai obtenu beaucoup de réponses correctes, voire très bien exprimées. A la première fiche de visionnage, sur une autre vidéo, ce n’était pas le cas. Je pense que mes petits élèves commencent à comprendre ce que je veux : ils s’expriment bien davantage.

La question 4 a été réussie par presque tous les élèves, avec des degrés de précision variés. Un élève a écrit :

« Je pense que mon professeur veut que je comprenne que les mots c’est important. Si on ne dit pas les bons précisément on ne comprend pas. Mon professeur veut aussi qu’on ne s’ennuie pas (vidéo marrante) ».

On avance.

Actualité·Chez les chercheurs·Question de grand

Si c’est neuro, c’est bô ?

Un très intéressant article des Cahiers pédagogiques questionne le rapport des pédagogues à la neuropédagogie. Justement, j’ai eu un échange intéressant avec un collègue récemment à ce sujet : je relativisais l’impact de la neuropédagogie  et cela l’a agacé, car il a pensé sans doute que je remettais en cause les neurosciences.

Mon propos n’était pas de minimiser les apports, en terme de connaissances, des neurosciences. Je m’appuie sur certains de ces apports dans plusieurs des formations que j’anime, par ailleurs. Je remarque simplement que les neurosciences existent efficacement depuis fort longtemps (Les neurones de la lecture ont dix ans, la bosse des maths vingt ans), nous ont permis de comprendre en effet tout un tas de choses, mais il a fallu tout ce temps pour qu’elles parviennent dans les médias et ainsi se répandent absolument partout comme une recette miracle, devenue neuropédagogie.

Les neurosciences n’apportent pas de recettes miracles dans le domaine de la pédagogie ; elles portent des explications à certains phénomènes. C’est donc une richesse, mais cela ne suffit pas. Et aujourd’hui l’interprétation que font certains journaux des neurosciences sont ras des pâquerettes. Méfiance donc, soignons les sources de nos informations. Je ne critique pas les neurosciences, je critique leur traitement médiatique actuel et l’espèce de buzz qui lui est associé.

Michel Develay, didacticien des sciences, explique dans cet article son point de vue. Il aborde la notion de preuve, de façon fort intéressante.

« Récemment, dans le domaine de l’éducation est apparue une approche nouvelle provoquant un engouement : la neuropédagogie. Elle serait, selon ses disciples, une discipline pleinement scientifique, à laquelle il conviendrait de se rallier, dès lors qu’elle rechercherait du côté du fonctionnement cérébral la cause du fonctionnement intellectuel. Accoler le préfixe neuro à un domaine de recherche est devenu quasi un label qui attesterait de la scientificité d’un programme.(…)

Soit une épreuve comme « Fatima a 30 légos et cinq de plus qu’Antoine. Combien en a Antoine ? » De nombreux enfants répondent 35.

Le neuropédagogue parlera de défaut d’inhibition et cherchera à préciser quelle aire cérébrale est en jeu. Le didacticien parlera de contrat didactique. Le linguiste montrera qu’écrire 5 ou cinq n’a pas les mêmes conséquences. Le psychologue social évoquera le duo Fatima et Antoine en pointant que ce sont deux prénoms qui renvoient à des sphères sociologiques contrastées, il dira même peut-être que compter des legos n’est pas indifférent car certains enfants n’en connaissent pas l’existence…(…)

Avec Michel Fayol, nous pensons que « les neurosciences ne constituent pas actuellement une ressource pour la pédagogie, sauf dans un cas très précis, celui des pathologies » (dossier de Sciences humaines, n°241, octobre 2012).« 

Je ne suis pas d’accord avec cette conclusion :  je pense que les neurosciences participent à faire avancer la pédagogie. Mais il faut raison, prudence, bon sens et esprit critique garder quant à ce qui en est fait dans le domaine de la pédagogie.

A l'attaque !·Allez les jeunes !·Chez les élèves·Dans les copies·Evaluer·Sixième

L’exo 78

J’ai donné un exercice à rédiger à la maison à mes élèves de sixième. La plupart ont essayé de justifier un peu, mais je suis tout de même surprise des disparités… Exemples :

Capture d_écran 2017-10-11 à 19.02.05

Capture d_écran 2017-10-11 à 19.01.50

Capture d_écran 2017-10-11 à 19.01.46

Capture d_écran 2017-10-11 à 19.01.40

En même temps c’est habituel, la résistance des élèves à justifier. Mais il me semble que j’insiste beaucoup, voire que je suis franchement lourde avec ça. Je pense qu’il s’agit d’un défaut de motivation pour certains, qui ont la flemme d’écrire et de réfléchir pour expliquer, et d’un défaut de maturité pour d’autres : exposer sa démarche de façon intelligible, c’est difficile.

Nous allons en parler demain…