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Représenter, modéliser

Grâce à des échanges avec des IEN et des RMC, j’ai pu réfléchir de nouveau au duo représenter-modéliser. C’est vraiment un serpent de mer, cette question, et pour cause. La différence est parfois difficile à dessiner entre ces deux compétences du référentiel de mathématiques, surtout au premier degré. C’est bien normal : tout est une question de contexte.

Représenter

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Source Eduscol

Par exemple, lorsque je veux parler de la quantité 3, je peux la représenter par une constellation, par 3, par des doigts, par 1+1+1, par 3/1, par 300%… Et si je veux représenter un pavé droit, je peux le dessiner, à main levée ou en respectant les codes, je peux le décrire (un solide dont toutes les faces sont des rectangles, par exemple).

Le document Eduscol développant la compétence « représenter » nous dit :

Le développement de la compétence « Représenter » au cycle 4 doit à la fois permettre à l’élève de progresser dans la vision du réel et dans l’appréhension des objets mathématiques abstraits. Comprendre ce qu’est un triangle, ce qu’est une fonction, ce qu’est une fraction, c’est savoir « représenter » ces objets, c’est-à-dire trouver un registre de représentation adéquat, mais aussi savoir varier les représentations et les registres de représentation. Un élève capable de convoquer dans un exercice mettant en jeu une fonction un graphique, un tableau de nombres, une écriture symbolique, est en train de s’approprier la notion de fonction. Dans cet exercice, on voit que la représentation est aussi pensée de manière dynamique, dans sa capacité à engendrer d’autres représentations, à l’intérieur d’un même registre ou dans un autre registre.

Autrement dit, représenter permet de progresser dans la modélisation, mais peut aussi permettre d’évaluer cette mobilisation, pour l’enseignant.

Modéliser

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Dans la description même de modéliser, il y a « décrire » : voilà notre dualité qui refait surface. Toutefois, modéliser recouvre quelque chose de bien différent : il y a l’idée d’un élément concret, extérieur aux mathématiques, que les mathématiques vont permettre de travailler, de transformer, de résoudre, en abstrayant ce concret, mais sans jamais l’oublier.

La modélisation de fait en trois temps : « la mise au point d’un modèle à partir du réel, le fonctionnement du modèle lui-même à l’intérieur des mathématiques, et la confrontation des résultats du modèle au réel ». On en a de magnifiques exemples avec la proportionnalité : il s’agit de reconnaître qu’un problème relève de la proportionnalité, de la traiter mathématiquement et au final de vérifier que la solution trouvée respecte les contraintes concrètes (par exemple, que la modification des quantités d’ingrédients n’amène pas à devoir utiliser un nombre non entier d’oeufs).

Modéliser n’est donc pas une exclusivité du collège. On modélise dès le cycle 1, mais avec des outils différents et des étapes moins développées, explicitées ou justifiées par l’enfant lui-même.

Un exemple

En écrivant tout ceci, je pense à mes sixièmes, hier. Je leur avais donné un exercice qui ressemblait à ça :

« Les points M, A, T, H et S sont alignés dans cet ordre. Complète les propositions suivantes avec le symbole « appartient » ou « n’appartient pas » : M … (HS) ; A … [MT] ; T … [HS), etc. »

Certains élèves ont résolu avec succès cet exercice sans passer par la représentation papier. Pour autant, ils ont représenté, mentalement. Mais cette représentation mentale plus ou moins naturelle pour eux, mais en tout cas réussie, montre qu’ils ont modélisé : ils ont compris la nature des objets mathématiques convoqués, des propriétés, des caractéristiques.

D’autres élèves n’ont pas non plus représenté, mais n’ont pas su répondre seuls ou se sont trompés. Eux, ils n’ont pas modélisé, car ils n’ont pas eu l’idée de représenter. Ils ne savaient pas comment imaginer ou « donner à voir » ces objets. En revanche, sur mon incitation, ils ont représenté. Pour la plupart d’entre eux, il a ensuite fallu s’aider du doigt pour répondre en suivant « la ligne » : [HS), c’est quoi ? Un élève m’a répondu en pointant avec son doigt et en le déplaçant au fil de son explication :  » [HS) c’est je pars de H et je vais par-là et quand je croise S je ne m’arrête pas et je dessine encore un bout du trait, et donc j’ai pas croisé T donc je mets appartient pas ». Explication très intéressante : cet élève sait représenter sur incitation, donc sait représenter tout court, mais n’a pas modélisé la demi-droite : pour lui elle a un sens (il faut reconnaitre que le mot origine ne simplifie pas le problème), et il est obligé de matérialiser un mouvement pour répondre.

En revanche, il a modélisé l’appartenance et sait la représenter.

Un autre exemple ?

Dans les échanges avec mes collègues, l’une d’elle nous a proposé de réfléchir à cette vidéo :

La présentatrice nous explique, globalement, que les élèves de quatrième vont choisir une méthode de calcul littéral et de résolution d’équation là où les élèves de CM2 modéliseront. Alors là, déjà, non : les élèves de quatrième modélisent aussi, en passant par le calcul littéral, et de façon plus experte mathématiquement. Cela ne signifie pas que leur méthode soit la plus efficace ou la plus rapide, et d’ailleurs je pense que beaucoup d’élèves de quatrième dessineraient comme dans la vidéo. On peut d’ailleurs toujours prétendre que c’est se compliquer la vie que de modéliser par la résolution d’équation, mais c’est tout de même un moyen de s’assurer de l’unicité de la solution.

Ensuite, c’est vrai que les élèves de CM2 modélisent par la méthode proposée : lorsqu’ils « décident de prendre un rectangle qu’ils diviseront en cinq parties égales », en même temps qu’ils représentent, ils modélisent, en particulier grâce à ce « cinq parties ÉGALES ». Ensuite, lorsqu’ils hachurent, ils représentent, mais rien ne prouve que la fraction ait été modélisée correctement dans l’intégralité du concept : hachurer deux parties parmi cinq, on peut le faire sans avoir compris la fraction. Si le découpage en cinq parties égales est initié par l’enseignant, il n’y a pas forcément preuve de modélisation.

Là où on n’est plus dans la modélisation, mais clairement dans la représentation, c’est à la fin de la vidéo : « on se rend bien compte qu’ici, cette part-là représente deux fois douze, vingt-quatre oeufs », et ainsi de suite. Ça, c’est de l’observation directe, mais il n’y a pas de preuve ni d’explicitation. Le terme de modélisation n’est donc pas, à mon sens, adapté à cet exemple.

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Vivre son homosexualité à l’école

Récemment, j’ai découvert deux court-métrages sur l’homosexualité par des lycéens. La première partie de Comme un regard, par Théodore Tomasz, jeune réalisateur de 18 ans,  qui a tourné au lycée Camille Claudel à Digoin, dans le département de la Saône-et-Loire. Son travail est remarquablement abouti et sonne juste.

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J’avais précédemment visionné un autre court-métrage d’élèves, collectif cette fois, plus ancien :

Il y aussi un projet, intitulé PD, d’Olivier Allard, dont je n’ai vu que le teaser.

Il est urgent et indispensable que les personnels enseignants soient amenés à parler de l’homosexualité à l’école : les enseignants sont bienveillants, mais ont-ils tous conscience de la violence, parfois invisible, qui entoure les jeunes homosexuels, bisexuels, transsexuels, pansexuels, etc. ? Les deux court-métrages cités plus haut évoquent la mort, le suicide, les violences parentales et par les pairs.

C’est tout de même incroyable d’en être encore là. Face à ces comportements inacceptables d’exclusion, les enseignants ont un rôle à jouer, par un comportement exemplaire et une parole explicite, responsable, apaisante.

C’est si joli d’être amoureux…

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Forms in nature in computer

Le National Science Programm a réalisé un film d’animation intitulé Forms in nature.

Je suis un peu perplexe sur le lien géométrie-nature présenté ici : ce sont des images construites, des représentations de la nature qui sont présentées. Et tout joli que ce soit, ce n’est pas la réalité et le lien est biaisé. En revanche, on pourrait utiliser cette vidéo pour expliquer ce qu’est la modélisation, et montrer comment les mathématiques (ici les formes géométriques) permettent de représenter le monde, non pas forcément pour le montrer fidèlement, mais pour faire comprendre ce qu’on cherche à représenter, dans un but de communication. Parce que je pense qu’il est très important que les élèves comprennent en quoi consiste la modélisation, explicitement.

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La magie des maths

Il existe des ouvrages de mathémagie, comme ceux de Dominique Souder. Ils sont dans ma classe, et je les exploiterai à fond dès le rentrée. Mais aujourd’hui, en parallèle des 5 minutes de Lebesgue, j’ai découvert les tours de mathémagie proposés par l’université de Laval.

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C’est vraiment très bien fait. Pour chaque tour, l’enseignant dispose d’une vidéo, d’une fiche de déroulé, avec des propositions de scénarios selon le temps dont il dispose, des prolongements, la solution. C’est très efficace.

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Voilà encore un contenu bien riche à explorer… Combien encore de pépites que j’ignore ???

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x, illustre inconnue

Je ne sais pas trop où j’ai trouvé un chemin vers cette vidéo. Elle propose une explication à la question : pourquoi x et pas un autre signe en mathématiques ?

Ici, j’ai aussi lu que c’est Descartes qui  a introduit x à la place de xay, au XVIIe siècle. , on trouve une explication audio, avec quelques éléments complémentaires.

Je ne me souvenais pas de tout ceci, même si j’ai dû le rencontrer. Je vais cette fois le fixer en mémoire pour le raconter à mes élèves. C’est une petite histoire qui inscrit bien les maths dans l’espace et le temps.

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Enseigner la compréhension, avec ou sans pingouins

Lors d’une formation, la collègue formation nous a diffusé une publicité de Canal plus qui m’avait amusée à l’époque. La formation, extra d’ailleurs, porte sur la compréhension, le langage scolaire, l’explicite, la charge cognitive, tout ça.

Regardez donc cette vidéo en pensant à vos cours, et à vos élèves.

PS : je sais que ce sont des manchots et pas des pingouins. Mais j’aime beaucoup le mot pingouin.