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Les liens qui nous unissent

J’ai fait du ménage dans ma dropbox, et j’y suis allée un peu fort. Du coup, vous n’avez plus accès aux fiches descriptives de méthodes du premier degré que j’avais confectionnées (ACE, Picbille, MHM, La méthode Singapour par la Librairie des écoles, Les Numéras, Mes premières mathématiques). Voici donc ce lien, qui devrait être opérationnel (et sinon, il faut me le signaler).

A toutes fins utiles, je rappelle que

  • Dans chaque cas, la description tient en une page (c’est la version courte), et contient, dans la version longue, des extraits qui me semblent représentatifs, sur 7 pages. Je voulais un format synthétique pour pouvoir, quand je le transmets, qu’il soit vraiment lu.
  • À l’exception de la méthode de Singapour de la Librairie des écoles (que je n’ai pas réussie à contacter efficacement jusqu’ici), toutes les fiches ont été validées par un des auteurs. Cela m’a obligée à la neutralité.
  • Mon but n’était pas ni promouvoir telle ou telle méthode, ni de la déprécier. L’objectif est avant tout de comprendre et de mémoriser les principes, les spécificités, les objectifs de ces travaux. Dans ma mission de formation, auprès des enseignants, je comprends mieux de quoi il retourne et je dispose d’un répertoire de références.
  • Du fait de cette volonté de neutralité, l’analyse des points de vigilance, les leviers, les points d’entrée dans l’enseignement sont peu développés. Mon approche n’est pas comparatiste, et n’a rien d’institutionnelle : ce n’est pas une référence. Un collègue m’a fait remarquer que la co existence de telles fiches sur l’ensemble des méthodes pourrait laisser à penser que toutes les méthodes se valent, alors qu’il y a aussi une efficacité de l’enseignement à questionner. C’est voulu : je me place dans un contexte d’accompagnement, dans lequel je chemine avec mes collègues, et je ne prescris pas.

Ces fiches sont donc bien à envisager en ce sens : elles constituent un résumé propre et une première approche réflexive rapide pour des professeurs des écoles. Elles ouvrent le débat, et permettent au formateur de développer la réflexion commune, avec les enseignants qu’il accompagne.

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De la culture, des maths, des gens, des jeux

Du 23 mai au 26 mai prochains, place Saint Sulpice à Paris se tiendra le vingtième salon Culture de jeux mathématiques.

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Y serez-vous ? Ma fille et moi y serons samedi, en tout cas : c’est un événement qui ne se rate pas !

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Le sphérique c’est fantastique

Voilà. J’ai fini ma première version d’une formation sur la géométrie que je dois animer en juin. J’y ai passé un nombre d’heures effrayant, j’ai lu plusieurs dizaines d’articles, j’ai travaillé avec quatre collègues chercheurs, utilisé tous les contenus récoltés dans l’année dans les classes des écoles, j’ai enquiquiné collègues et IPR… J’ai même infligé la présentation de la dernière partie à mon mari, histoire de voir si c’est intelligible : à force de bosser dessus, je me comprends, mais quelqu’un d’autre le peut-il ?

Mais j’ai un premier contenu, qui va pouvoir maintenant être discuté. J’ai réussi à le faire, entre prep de cours, prep de formations interdegré, copies, et malgré un joli mal de dos.

Je suis HS. Et ravie : j’adore la géométrie, l’enseignement et la formation. Alors déjà, de base, même si j’ai dépensé une énergie importante, je me suis régalée. Mais en plus, j’ai pu réinvestir ce que m’avaient appris Élisabeth Hébert, Christian Vassard et Guillemette Le Hir en formation il y a vingt ans, avec leur générosité et leur compétences extraordinaires : ils m’avaient fait découvrir la géométrie sphérique. Ils avaient agrandi mon univers, et je n’ai jamais oublié cette journée-là. J’attendais de pouvoir réinvestir tout ça.

C’est fait. Je suis très contente. En fait, peut-être cette (toute petite) partie devra-t-elle sauter, car ce n’est qu’une proposition qui va être discutée. Mais de toute façon, j’ai passé un bon moment à remettre tout ça en ordre dans ma tête, à me replonger dans les démonstrations, à radiographier cette géométrie magnifique et inhabituelle dans mon quotidien tellement euclidien.

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« Il y a des mots qui ne se disent pas, même pour rigoler »

Un rapport est paru, relayé par le Café Pédagogique, qui « présente en la matière plusieurs témoignages, affligeants et édifiants. Il analyse aussi les processus qui, à l’Ecole, mènent à la haine. (…) Dans une société encore très hétéronormée qui ne reconnaît que deux sexes et rejette l’idée de non-binarité, les LGBTphobies frappent celles et ceux qui ne correspondent pas à l’image attendue« .

La campagne du ministère de l’Education Nationale est là, avec des témoignages de jeunes.

Et nous, enseignants, nous nous devons en effet d’être clairs et attentifs. « Pédé », c’est un mot qui ne se dit pas, point. J’ai quelques élèves qui ont bien du mal à l’assimiler. Je crois qu’un nouvel affichage va venir habiller ma classe.

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Les élèves présentéistes

Aujourd’hui, en formation, j’ai appris un mot que j’ignorais : le présentéisme. Cela s’appliquait à des élèves : un collègue évoquait son problème avec les « élèves présentéistes ».

Un élève présentéiste est un élève présent physiquement en classe, alors que son état physique ou psychique, ou sa motivation, ne lui permettent pas d’être actif au sens pédagogique. L’élève présentéiste, si j’ai bien tout compris, n’est pas un  élève qui glandouille occasionnellement. Ce n’est pas non plus « juste » un élève qui ne fait pas ses devoirs. Un présentéiste, c’est un élève qui ne s’engage pas, au sens jamais. Un élève qui occupe un siège mais n’apprend pas, car il n’entre pas dans la tâche.

Sur le coup, le fait qu’on étiquette ce modèle d’un mot spécifique m’a fait sourire. Je me suis dit qu’on avait trouvé encore une nouvelle manière de jargonner. Mais en y réfléchissant, même si « présentéiste » est un néologisme vraiment pas beau à mes oreilles, il a deux mérites : être neutre (cela évite l’ironie ou le mépris immédiats, par exemple) et pointer un réel problème doublé d’un scandale. Le problème est la souffrance de l’enfant concerné. Un enfant sans flamme, sans énergie, sans mouvement, c’est dramatique et intolérable. Et le scandale, justement, c’est qu’il soit possible de vivre sa scolarité en en restant extérieur, parce qu’un présentéiste non agité n’est pas dérangeant.  Notez bien que je reprends cette remarque à mon compte : sous la mitraillette des questions et des sollicitations des élèves actifs, avec en prime quelques jeunes qu’il faut canaliser et d’autres qu’il faut relancer ou soutenir, je sais que parfois je vole d’élève en élève mais que j’en abandonne un autre, endormi intellectuellement. Par manque de disponibilité, par manque de la bonne idée pour le faire s’éveiller, par faiblesse sans doute. Pourtant je le sais, j’en suis tout à fait persuadée, nos élèves ne sont pas là pour le principe, mais pour apprendre et de ce fait mieux grandir, bien grandir. En même temps, agir efficacement en temps réel pour tous n’est pas humainement possible. Mais alors il faut veiller à s’occuper d’eux en aval, si ce n’est ni en amont ni sur le coup.  En tout cas le propos du collègue qui en parlait était bien celui -ci : il ne pouvait pas se contenter d’élèves « présentéistes ».

Et puis cette idée de présentéisme est intéressante aussi en lien avec ce qu’est l’activité de l’élève. Être actif, ce n’est pas accomplir une tâche sans réfléchir. Copier ce qui est écrit au tableau sur son cahier, tracer un tableau, coller une feuille, ce n’est pas de l’activité. C’est de l’occupationnel. Pour autant, il y a évidemment des moments d’occupationnel en classe, parce que cette feuille, il va bien falloir la coller. Mais c’est un moyen, pas un but.

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Priorités et bonnes idées

Ce matin, en sixième, nous avons terminé d’étudier les priorités de calcul. Pour clore ce bout de séquence, nous avons visionné cette vidéo :

Elle est vraiment top, pour faire un rapide bilan des priorités de calcul. En plus, ce qui est super, c’est de voir le taux de personnes répondant correctement : mes élèves se sont tout de suite demandé pourquoi tel calcul avait tel score, pourquoi ce classement de difficulté, ce que les personnes qui se sont trompées avaient bien pu répondre. C’était très chouette.

Mais ils sont allés plus loin : au calcul 4+4×4, la majorité des élèves m’a expliqué :

« On effectue d’abord 4×4 parce que c’est prioritaire, ça fait 16, et on ajoute 4, ça donne 20 ».

Mais un élève voyait les choses autrement :

Moi je me dis des 4, dans 4×4, il y en a déjà 4. Si je dois faire 4+4×4, ça me fait un 4 de plus, donc cinq « 4 », et je fais juste 5×4″.

Pas mal, non? On peut se dire qu’il a « juste » compris la multiplication, mais déjà ce n’est pas simple, et on peut aussi envisager sa démarche sous l’angle de la distributivité et de la factorisation.

Ce qui est encore plus chouette, c’est que ses camarades ont voulu comprendre. Il a fallu y passer un peu de temps, mais ça leur a plu. Et lorsque le calcul 4×4–4 est apparu, un autre élève s’est exclamé :

On peut faire pareil que L. : des 4 il y en a quatre, mais on en enlève un, donc ça ne fait plus que trois 4, et 3×4 ça donne 12.

Voilà une séance comme j’aime : tout ça prend du sens, les jeunes se posent des questions, veulent comprendre, s’écoutent et sont prêts à réutiliser ce qu’ils viennent de comprendre.

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Anouk, Jean-Philippe, Alexis, l’émotion de la classe

Sur France Culture, le 5 mai dernier, le thème de l’émission « Etre et savoir » s’intitulait « L’école, quelle histoire ! Scènes de la vie scolaire ». La question centrale était : comment fonctionne la transmission des savoirs – en quoi la relation humaine entre l’élève et le professeur compte pour les apprentissages ?

Les invités de l’émission étaient :

  • Anouk F., professeur des écoles, créatrice du blog Merci Maitressechroniques scolaires (presque) ordinaires et auteur de Merci Maitresse!,
  • Jean-Philippe Blondel, écrivain et professeur d’anglais dans un lycée de Troyes, auteur notamment de G229, qui est le numéro de sa salle,
  • Alexis Potschke, professeur de Lettres dans un collège de la banlieue parisienne et auteur de Rappeler les enfants.

Inviter trois enseignants en poste, repérés pour leurs ouvrages, et exerçant dans des niveaux différents, voilà qui est intéressant.

Une des questions a tourné autour de l’écrit des enseignants, hors classe, au sujet de leur métier : Anouk F explique qu’elle utilise son blog comme exutoire (quand on en a gros sur le coeur ; il n’est pas question de colère), comme transition, comme moyen de partager et communiquer, de faire du lien aussi. Elle a commencé son blog pour elle, et l’a continué aussi pour les autres. Elle est enseignante en seconde carrière et explique comme la vision du métier d’enseignant est différente de la réalité de l’établissement, de la classe.

Jean-Philippe Blondel, lui, parle de « la sensation de vie » de l’établissement scolaire, pas toujours perçu de l’extérieur. Il explique avoir écrit pour lutter contre l’image médiatique simplificatrice et souvent négative liée à l’école.

Alexis Potschke dit qu’ « on vit des choses assez fortes et il faut qu’on puisse les exprimer, sinon ça gangrène l’esprit. », ce qui est violent mais c’est vrai que longtemps je me suis laissée envahir aussi. Alexis Potschke écrit pour faire entendre la parole d’élèves, aussi.

Ces trois enseignants ont chacun des paroles absolument fondamentales. Ils ont choisi ce métier, ils vont bien, ils ont envie de changer les choses. Ils parlent des élèves, avant tout, de l’humanité de notre métier, sans complaisance ni démagogie mais en étant constructif, avec un amour manifeste du métier. Comme le dit Louise Tourret, ils parlent de l’émotion de la classe.