Au collège·Chez les collègues·Lire·Patatipatata·Si si c'est drôle

Suis-je un cliché sur pattes ?

La semaine dernière, j’ai mis en pratique une de mes deux résolutions de l’année : me remettre à lire des livres qui ne parlent ni de maths, ni d’éducation, ni de pédagogie, ni de didactique. Je me suis rendue à la librairie, et j’ai déniché le dernier Auster, mon auteur favori entre 20 et 30 ans.

Je reviens au collège avec mon livre, tout beau tout neuf, heureuse comme une gamine. Je m’assois en salle des profs, et je l’ouvre, gourmande, puisque j’ai un peu de temps devant moi. Un collègue passe, me demande ce que je lis, je lui réponds « 4-3-2-1 ». Il me lâche, vaguement découragé, bienveillant, de façon presque paternelle : « Non mais Claire, arrête, il n’y a pas que le boulot dans la vie ! » Et il repart, aussi sec, pressé d’aller retrouver ses élèves.

Je reste perplexe, et je ne comprends que bien plus tard…

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Actualité·Lire·Si si c'est drôle

Des profs artificiels ?

Ce matin, un élève me demande : « Madame, vous zavez pas peur que des robots prennent votre place, parce que quand même l’intelligence artificielle elle pourrait vous remplacer ! ».

Ah bin nous v’là bien.

Ce soir, mes enfants,  me font écouter la lecture (en anglais) d’un chapitre de Harry Potter écrit par une intelligence artificielle : « Harry Potter et le portrait de ce qui ressemblait à un tas de cendres »

Dans le passage, Ron fait des claquettes puis mange la famille d’Hermione, Harry Potter lance ses yeux dans la forêt, il trempe Hermione dans de la sauce piquante et ne la mange même pas après, Dumbledore pose ses mains sur les épaules d’un crapaud et lui dit « tu es Hagrid désormais », et un mangemort porte un tee-shirt « Hermione a oublié comment danser ».

Ouf, je suis rassurée. Manipuler l’implicite et du vocabulaire spécifique, ce n’est pas gagné pour une IA. Et nous, dans l’EN, on est hyper forts à ça…

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Actualité·Si si c'est drôle

Johnny H. dans ma classe

– Madame, vous êtes triste ?

– Non, pourquoi je serais triste ?

– Johnny Halliday il est mort !

– C’est triste pour lui et pour sa famille, pourquoi je serais triste moi ?

– Biiiiiiin heuuuuuuuuuuu

– (…)

– (sur un ton bienveillant, je vous rassure) C’est parce que je suis vieille, c’est ça ? Tu crois que j’aimais Johnny Halliday à cause de mon âge ?

(très hésitante) Heuuuuuuuuuuuuuu… Non ?

– Bonne réponse, jeune fille. 

ça m'énerve·Chez moi·Dans les copies·Si si c'est drôle

Arrête de faire ta prof, nom d’un chien !

Je corrige mes derniers paquets de bataille de relatifs. C’est long et fastidieux. Je compte 20171119_15083553 cartes, zut. Alors je recompte. Ah bin non, 55. J’en attends 54. Je soupire et je recommence, en constituant des tas de dix pour pouvoir vérifier encore au besoin, et je dénombre à voix haute. Là, mon chien, posté en soutien psychologique juste à côté de moi, baille bruyamment. Ni une ni deux, même pas le temps de réfléchir, je lui dis d’un ton pète-sec et que je trouve aussitôt détestable : « Dis donc Rouky, dis tout de suite que je t’ennuie ??? ».

Là, je me dis : arrête de faire ta prof, trop c’est trop.

Et je vais rassurer mon chien qui semble perplexe.

En fait il y avait 54 cartes.

 

ça m'énerve·Chez les collègues·Formation·Si si c'est drôle

Cela dit, je sais tricoter, aussi.

J’allume mon ordi qui se vidéoprojette au tableau, en formation. Une des icônes est intitulée « Article Tricot ».

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Ni une ni deux, un collègue se lance dans une diatribe mi narquoise, mi outrée : autant pour la femme libérée, n’importe quoi, voilà, les femmes d’aujourd’hui sont exactement les femmes d’autrefois (???), quand elles ont du temps elles font quoi ? Du tricot, de la cuisine, pffff vraiment c’est décevant.

Alors d’une, si j’avais envie de tricoter et de lire des articles sur le tricot, j’apprécierais qu’on me laisse en profiter tranquille.

De deux, en l’occurence, il s’agissait d’un article d’André Tricot, professeur d’université très prolifique et intéressant, qui abordait les biais possibles de la correction de copies.

De trois, cher collègue, tu as l’air d’une truffe.

J’ai laissé mon collègue terminer sa tirade tout seul, sous l’oeil médusé de ses pairs. Et puis je lui ai envoyé l’article. Put-être que lui aussi, il aimera lire Tricot.