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L’intersectionnalité ???

Un concept datant déjà de plus de dix ans (et dont j’ignorais tout jus’à il y a trois minutes) débarque à la sauce éducation : l’intersectionnalité. Si si, en vrai.

Je rappelle à toutes fins utile ce qu’est l’intersection en mathématiques : l’intersection de deux ensembles contient tout ce qui est commun à ces deux ensembles.

L’intersection de deux droites non parallèles, c’est un point :

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Intersection de deux ensembles façon patate, c’est ça (si les deux ensembles ne sont pas disjoints, forcément) :

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Et le symbole « inter », le voici :

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En langage naturel, l’intersection signifie « et ». Par exemple :

  • Si je tire une carte dans un jeu, « obtenir une figure » ∩ « obtenir un trèfle » c’est « obtenir une carte qui est une figure ET un trèfle en même temps », c’est-à-dire « obtenir une figure de trèfle ».
  • Si je lance un dé, « obtenir un nombre impair » et « obtenir un multiple de dix », c’est « obtenir un nombre et même temps impair et multiple de dix », et ce n’est pas possible. On note « obtenir un nombre impair » ∩ « obtenir un multiple de dix » = ∅, symbole utilisé pour l’ensemble vide.

Et donc voilà que l’intersection a donné naissance à l’affreux mot intersectionnalité.

D’un point de vue général, voici ce que propose Wikipedia (car aucun dictionnaire n’a encore intégré ce mot dans ses pages) :

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En éducation, il s’agit des « processus de racialisation en tant que rapport de pouvoir à l’œuvre dans les mondes éducatifs français (école, éducation populaire, formation des adultes, éducation spécialisée, intervention sociale), et la manière dont ils s’articulent avec les rapports sociaux de sexe et de classe ».

Des journées d’étude interdisciplinaires ont eu lieu à Créteil ce mois-ci sur ce thème. Le programme est ici, et c’est incroyable de constater comme on peut poser des questions simples en termes compliqués. J’ai conscience que les réflexions des chercheurs sont Capture d’écran 2017-05-20 à 18.47.09.pngcomplexes, que le thème est important, et je suis sûre que ces journées ont dû être très intéressantes, mais pourquoi faut-il toujours se gargariser de mots compliqués (et moches) pour désigner ce qui pourrait l’être simplement ? Cela me rappelle justement deux séminaires, pendant lesquels on nous a expliqué ce que nous savions déjà, mais dans un langage qui nous donnait l’impression d’être des erreurs de casting au milieu de gens très cultivés et très intelligents. Nous nous étions interrogés : étions-nous à notre place ? Etions-nous de pauvres ploucs provinciaux perdus au milieu d’éminences grises ? A les entendre à la cantine, non : nous n’étions pas si différents. Alors ce langage vise-t-il à « faire genre », comme dirait mon petit Jordan, ou franchement à exclure l’autre, pour rester entre-soi ?

Et quand on cause si compliqué, peut-on espérer faire avancer le monde, vu qu’on ne va pas en être compris ?

PS : cet article est aussi une autocritique : à force de séminaire, de colloques et de formations (auxquels j’adore participer par ailleurs, car j’apprends, évolue, je me renouvelle grâce à eux), je jargonne, je m’exprime en sigles, je m’éloigne aussi. Heureusement, j’ai des interlocuteurs très francs, qui me ramènent sur terre. Mais la semaine dernière encore, j’a dû reformuler entièrement un document : je l’avais rédigé avec beaucoup de sérieux et de réflexion, et quand je l’ai relu deux jours plus tard, j’en étais morte de rire ! Cela donnait tout à fait l’impression que je me la pétais et en réalité raccourcir, synthétiser et clarifier mon discours était vraiment simple…

Question d'élèves·Si si c'est drôle

Harmonie familiale

Au petit déjeuner ce matin :

Victor : Maman, faut que tu m’expliques les maths, j’comprends rien de ce qu’on fait en ce moment.

Moi : Ah, et tu fais quoi en ce moment ?

Victor : Chais plus, un théorème bizarre avec un « f » dedans.

Moi : Avec un « f » dedans ? Je ne vois pas… Moivre-Laplace ?

Victor : Oui, c’est ça ! Ah bin en fait y a pas de « f » dedans.

Moi : Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans le théorème de Moivre-Laplace ?

Victor : Tout.

Moi : Ca dit juste que dans certaines conditions on peut approximer une loi binomiale par une loi normale.

Victor : Mais pourquoi on ferait ça ?

Moi : Bah déjà point de vue calcul ça permet d’alléger la complexité, parce que les coefficient binomiaux c’est lourd, pour un effectif important. Et puis ça a des prolongements vers la fluctuation. Tu peux estimer si une proportion théorique te permet d’accepter comme « normale » une proportion observée. Enfin là, je te la fait courte, hein. Faut nuancer parce que c’est au seuil de 95%, en général, et donc en fait on ne peut pas trancher avec certitude. Sur ce coup-là, il faut être prudent, et annoncer qu’il y a un doute, par exemple, et que des vérifications complémentaires seraient nécessaires. On le bossera en fin d’après-midi si tu veux.

Alors, en simultané, le reste de la famille :

  • Je vais vomir.
  • Ca existe comme mot, ça, approximer ?
  • Quand même, au petit déjeuner, on pourrait éviter d’être aussi trash.
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Mais pour certains d’entre nous, c’est enfoui profondément.
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Mon bon coin

Vendredi, des élèves m’ont amené des bons.

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J’ai utilisé aussitôt le bon pour un porte-clefs, et j’ai donc reçu un très beau porte-clefs fait main, dont j’aime autant une face que l’autre, d’ailleurs.

J’ai aussi utilisé le bon pour un travail facultatif. J’ai donc reçu une fiche, avec pour tâche de la réaliser pour lundi.

Alors voilà, j’ai fait mes devoirs :

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C’est bon, je peux préparer mon cartable, du coup. Je suis prête.

Allez les jeunes !·L'éducnat·Si si c'est drôle

Tu veux faire quoi quand tu seras grand ?

 » Surtout pas prof !  » : c’est la réponse de mes enfants. Et ils argumentent :

  • Tu travailles tout le temps
  • Tu n’es jamais vraiment en vacances
  • Tu gagnes peu par rapport à la façon dont tu bosses
  • Tu te fais tout le temps critiquer
  • C’est super stressant comme boulot

Bon. Je trouve pourtant que c’est un beau métier. Mais je l’ai sans doute vécu de façon excessive, et j’ai trop souvent fait passer le travail avant ma propre détente.

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Chez les parents·Dur dur·Message·Oups·Si si c'est drôle

Etre prof rend-il fou ?

UnknownCe midi, comme je demandais à mon fils : « quoi de neuf louloup ? », il m’a répondu, pour la 54 396ème fois, « trois fois trois ». C’est qu’il est rigolo, mon fiston ! Et il semble avoir une prédilection particulière pour le comique de répétition. Mon mari l’a donc menacé de lui mettre un mot dans son carnet de correspondance. Je me suis fait la réflexion que je n’avais jamais été convoquée par ses enseignants, ni eu à signer de mot dans le carnet.

Et là, Victor m’a dit : « Ben si maman, j’en ai eu un en quatrième. »

« Ah bon ? »

« Oui, c’est toi qui me l’as mis. »

Argl. Je m’en souviens. Il papotait à répétition avec son copain Hasan. Je lui avais dit de se taire, et comme il persistait, je l’avais menacé d’un mot. Il avait re-papoté et je lui avais donc écrit ce mot, et signé dans la foulée. Devant la perplexité de ses camarades, j’avais expliqué que d’une part, quand on dit quelque chose, bin on le fait, et qu’ainsi si un autre enseignant devait lui prendre son carnet, il verrait mon mot, ce qui constitue une information.

Bon, total, le seul mot de toute sa scolarité (exception faite de la moyenne et de la grande sections), c’est moi qui lui aurai mis.

Pas facile, d’avoir des parents profs…

Apprendre·Mots de maths·Si si c'est drôle

L’hexakosioihexekontahexaphobie

J’ai peut-être trop travaillé, aujourd’hui. Je sens mes neurones tout mélangés, tout fatigués. Et du coup, j’ai du mal à y croire. Mais il semble que ce ne soit pas un canular : l’hexakosioihexekontahexaphobie existe bel et bien. Je ne sais pas à quoi j’ai le plus de ma à croire : le mot lui-même ou ce qu’il désigne : l’hexakosioihexekontahexaphobie est la phobie du nombre 666, considéré comme le nombre du mal, avec ou sans connotation religieuse, et réinvesti dans moult films d’épouvante.

Capture d_écran 2017-03-12 à 18.38.53Sur Wikipedia, on peut lire : « les hexakosioihexekontahexaphobes évitent au maximum toute chose reliée au nombre 666. Certains évitent même les références indirectes à ce nombre. À titre d’exemple, la fraction 2/3 a un développement décimal illimité qui répète le chiffre 6, et qu’on peut lire comme 0,666666666666… Certains hexakosioihexekontahexaphobes éviteront d’avoir à utiliser des fractions incluant cette répétition de décimales. » Hé bé dis donc, mieux vaut ne pas être hexakosioihexekontahexaphobes quand on enseigne les maths…

Capture d_écran 2017-03-12 à 18.40.15Mais en fait, il y a des phobies pour d’autres nombres : les trikaidékaphobes ont peur du nombre 13, et les tétraphobes ont peur du nombre 4 (il semble que ce soit une phobie plus asiatique, la prononciation du 4 étant très similaire voire identique au mot « mort » dans différentes langues asiatiques).Capture d_écran 2017-03-12 à 18.37.51

Plusieurs définitions précisent qu’il ne faut pas confondre la superstition et ses conséquences en terme de comportement avec ces phobies, qui rendent la vie des personnes concernées très difficile à mener normalement.

Finalement, elle n’est pas si effarante, la campagne électorale actuelle : c’est l’humain qui est bizarre et imprévisible.

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Méta-résolution en évaluation

Aujourd’hui, évaluation en sixième. Parmi d’autre exercices, les élèves doivent résoudre ceci :

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Précision apportée à l’oral : le petit dragon aussi crache du feu, ou alors il veut me boulotter les mollets et moi je veux atteindre le donjon des muffins saine et sauve.

Autre précision : il fallait lire « peut » et non « peur ».

Sur la première question, les élèves s’en sont bien sortis. Moins sur la deuxième, mais on progresse. Entre autres réponses pour la première question, j’ai lu :

  • Hé non madame, vous aurez pas assez de place pour passer, il faut être résonable.
  • Peut-être si vous marcher en fesant atention, mais y a pas beaucoude place.
  • Je vous dirais non, mais pour des muffins vous allez y aller quand même et vous allez vous faire fumer. Je vous aurai prévenue.
  • Oui, mais vous allez avoir très chaud…
  • Non la faux pas même si sa va être tiré dur pour vou.

Je remarque deux choses : d’une part, mes élèves savent faire du méta-raisonnement, en tenant compte d’éléments non mathématiques, mais en ayant d’abord réglé la question mathématiquement. D’autre part, je suis peut-être trop gourmande de façon visible.