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Il suffit de compter jusqu’à 5

Je m’exprime peu sur la situation politique de l’éducation, ces derniers temps, pour deux raisons : je n’ai que peu de temps et des urgences à gérer, et en général j’essaie de ne pas m’exprimer sous le coup de la colère. Le problème, c’est que j’ai peur d’être en colère en continu, maintenant.

Comment est-il possible que celles et ceux qui décident ne perçoivent pas l’absurdité de la situation et l’inanité à moyen et long terme de leurs réactions ?

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Réaction du bureau de l’APMEP au projet de programme de première en mathématiques

Le bureau de l’APMEP a écrit et publié un communiqué qui pose sa réaction devant le projet de programme de mathématiques de première.

L’APMEP a pris connaissance du projet de programme de mathématiques dans le cadre de l’enseignement scientifique et mathématique, en classe de première. Le ministère, sous pression, propose en urgence un aménagement inadapté sur une structure que nous dénonçons depuis le début avec force et sans relâche.

Ce n’est pas acceptable car cela ne permettra pas une formation de qualité.

Le projet de programme, aux allures de catalogue, renforce l’instrumentalisation des mathématiques sans leur donner de perspective culturelle et sociétale, ni les considérer comme objet d’étude. Or, le tronc commun doit contribuer à diffuser et à partager une culture commune. L’horaire annoncé (une heure et demie par semaine) ne permet pas la formation de l’ensemble des élèves à l’activité mathématique et le traitement de la totalité des contenus.

Le CSP s’est appliqué à répondre à la commande ministérielle qui n’était pas raisonnable. Nous dénonçons aussi le projet de programme comme ne répondant pas aux enjeux de formation du citoyen éclairé. S’il propose des thèmes incontournables, nous identifions le peu de finesse dans son contenu et le manque de souplesse dans son déploiement. L’articulation avec l’option mathématiques complémentaires n’est pas pertinente ; le risque perdure d’une aggravation de la désaffection des filles pour la spécialité de mathématiques.

Comment réconcilier les élèves avec les mathématiques avec les contenus proposés avec un si petit horaire ? L’APMEP demande, encore et toujours, la création d’une deuxième spécialité de mathématiques, complétant un enseignement de mathématiques du tronc commun, ainsi que la possibilité de conserver en classe de terminale les trois spécialités choisies en classe de première. Elle ne se satisfait pas de ce projet de programme, tant sur son contenu stéréotypé que sur sa déclinaison dans les établissements.

L’APMEP craint la grande souffrance qu’engendrera la mise en œuvre de cette proposition pour les élèves, leurs familles et les équipes éducatives.  

Le bureau national

https://www.apmep.fr/Reaction-du-bureau-de-l-APMEP-au
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J’ai envie de porter des résilles trouées, tiens.

Une lycéenne a été sommée de se débrouiller pour s’habiller différemment, mercredi, alors qu’elle allait passer une épreuve de bac.

Précisément, elle porte un mini-short, des collants résille troués, un crop-top – les tee-shirts laissant entrevoir le nombril – et une veste en jean, rapporte la Voix du Nord. Des vêtements que la direction décrit comme «contraires au règlement intérieur», qui stipule que «les élèves doivent porter une tenue vestimentaire convenable et compatible avec la vie collective».

Source : Libération

Les parents de la candidate lui ont amené d’autres vêtements, et elle s’est changée aux toilettes, histoire de ressembler aux stéréotypes portés par ceux qui l’ont bloquée à l’entrée. En colère, «Elle a alors tenu des propos assez déplacés», accuse le proviseur, qui l’a menacée de «sanctions supplémentaires», voire d’un «conseil de discipline». Le proviseur précise aussi «à aucun moment je ne l’ai menacée de ne pas pouvoir passer son épreuve du bac.» La lycéenne serait « souvent dans la provocation », mais c’est la première fois qu’on lui impose de se changer. De base c’est scandaleux, mais le jour d’une épreuve de bac c’est particulièrement délicat.

Il y a encore du chemin à faire : en quoi la tenue de cette jeune femme était-elle incompatible avec la vie collective ? Pourquoi n’était-elle pas convenable ? Voir un nombril est dérangeant ??? Porter des résilles c’est mauvais genre ??? Et ce regard porté sur celles et ceux qui ne se « conforment » pas à d’autres, n’est-il pas dérangeant, lui, voire malsain ? Que voient-ils, quand ils s’offusquent d’un nombril ? Pourquoi des collants transparents ne les gênent-ils pas, si des résilles les choquent ?

J’espère que cet incident donnera lieu à des suites. C’est intolérable.

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Tiens, c’est à Rouen !

Faire travailler des enseignants stagiaires sans les payer ? Oui, c’est possible dans l’Education Nationale. Il me semble que c’est une faute grave de l’employeur, non ? Ou alors dans l’Education Nationale c’est différent ?

Lorsque j’étais stagiaire avec le concours, donc en principe payée à temps plein, l’IUFM nous avait versé notre premier salaire en janvier ou février. C’était chaud… Nous avions obtenu des intérêts, en revanche.

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Le bac et nous

Vous êtes quelques-unes et quelques-uns à me demander quels aménagements nous avons obtenus pour le bac de ma fille, qui arrive bientôt. Pour celles et ceux qui auraient slalomé entre mes coups de colère, Alice est autiste. Elle est dans l’impossibilité de s’exprimer dans quelque épreuve orale que ce soit. Or elle a cette année l’oral de NSI et le grand oral. J’ai donc, avec d’autres parents d’enfants autistes lycéennes et lycéens, entamé un combat âpre : pour ma fille, à part demander la dispense du grand oral, il n’y a pas d’autre solution viable. Pour la NSI, nous avons demandé que la partie orale soit transformée en un écrit.

Pour la NSI, il est possible que cela aboutisse car c’est une décision plus locale que pour le grand oral, et le lycée se bat à nos côtés d’une façon formidable. Pour le grand oral, c’est au niveau ministériel que cela se joue. Le bilan aujourd’hui, après avoir écrit à beaucoup, beaucoup de représentants politiques, le voici : rien. Le cabinet du premier ministre m’a répondu avoir transmis au ministre de l’éducation nationale, et savoir que je l’avais déjà saisi. C’est la seule réponse que j’ai reçue. Parce qu’en fait, la problématique du handicap est un affichage, mais rien de plus. Que ma fille doive passer un oral alors qu’elle ne parlera pas est  « normal » pour des raisons d’  « égalité ». Évidemment, c’est à l’oral qu’on me dit cela ; un écrit serait en effet une erreur stratégique.

J’ai bien conscience que le cas de ma fille est marginal. Mais des cas marginaux, il y en a beaucoup. Se battre ainsi est véritablement épuisant. Au final, sauf revirement de dernière heure, Alice écrira son grand oral, qui sera lu par une accompagnatrice, puis le jury lui posera des questions auxquelles elle sera dans l’impossibilité de répondre. Pas parce qu’elle ignore mes réponses, mais parce qu’elle est autiste. Ce jury devra évaluer principalement la communicztion orale et tres peu le fond de son conteu… Mais alors donc il évaluera la communication de l’accompagnatrice de ma fille ? C’est absurde.

Nous, nous la préparons à se protéger. Nous avions réussi pour l’oral de français, alors nous déployons toute notre énergie en ce sens. Car imposer un oral à un candidat non verbal relève d’une violence inouïe. Mais c’est une facette de l’école inclusive : adaptez-vous, enseignants, mais nous n’adapterons pas les examens. Comme me l’a dit un interlocuteur au ministère :  « Estimez-vous heureuse qu’elle soit en terminale ! C’est rare dans un cas comme le sien. »

Ma fille n’est pas un cas. Elle est une personne.

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Marre.

Avec CNews, on est sûrs de ne jamais s’ennuyer. Même moi qui n’ai pas la télé, ils arrivent à me distraire, c’est tout de même formidable…

https://twitter.com/LHomme_Qui_Rit/status/1512144414692544517?s=20&t=cWmuKy-1cOOLjdPxDZEw9A

Alors :

  • 31%+47%+28%+15%+17%=138% ; on a donc sous nos yeux ébahis la répartition des votes des 138% d’enseignants. Voilà voilà. Par contre, il y a 100% d’électeurs dans l’ensemble.
  • Vous aurez admiré la proportionnalité franchement fantastique de la barre du haut, avec 47% à peine plus grand que 15%, mais plus petit que 17%.
  • Accessoirement, on compare des données différentes (5 catégories en haut, 3 en bas)

C’est proprement scandaleux, à de multiples égards : non seulement produire jusqu’à la diffusion un diagramme aussi ridicule montre des lacunes de logique inquiétantes pour qui travaille à la diffusion de l’information, mais c’est aussi un mépris affiché pour les spectateurs. Encore une fois, cela montre comme personne n’en a rien à faire de la teneur des informations diffusées. On peut aussi s’interroger sur la valorisation visuelle des extrêmes pour les enseignants, absentes pour l’ensemble des électeurs.

C’est une honte et j’en ai RAS LA CASQUETTE, même si me faire porter une casquette est perdu d’avance. On pourrait voir là un argument pour appuyer la réapparition des maths dans le tronc commun, mais en l’occurrence on est bien au-delà : mes élèves de 6e riront en voyant ces représentations de données, et tout de suite ! Il y a un problème de niveau, de souci d’avoir un niveau minimum, mais aussi de professionnalisme et de déontologie.

Merci à la tornade prof de théorèmes qui m’a transmis cette merveille ! 🙂

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Cela fait trois brouillons d’articles que j’écris, suite aux déclarations de monsieur Macron hier. Trois brouillons que j’efface, parce que j’essaie ici de transmettre de l’énergie ; ni du dégoût, ni du découragement.

Hé bin c’est pas facile.

C’est fort, de pourrir le bonheur d’exercer un si beau métier. C’est le résultat d’un travail collectif soigneux.

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Déontologie ?

Un article du Café Pédagogique met en lumière les déboires scandaleux de Richard Cabassut, APMEPien et formateur en didactique des mathématiques et enseignant chercheur. Cet article s’intitule :

Peut-on critiquer le gouvernement et enseigner la résolution de problèmes mathématiques ? 

Richard Cabassut s’est vu retirer par la rectrice de Strasbourg, Elisabeth Laporte, une formation du plan maths, en février 2021. Pourquoi ? Parce que lors d’une réunion du conseil de l’Inspe de Strasbourg, Richard Cabassut a critiqué la réforme gouvernementale. Il a bataillé pour que cette décision soit annulée, en vain. Elle a au contraire été confirmée.

En juin 2021, Richard Cabassut a rencontré la rectrice. Selon elle, prendre position contre la réforme comme élu dans un conseil tout en assurant une formation nationale organisée par le ministère sur la résolution de problèmes en maths pose un problème déontologique. Depuis, rien. Richard a interpelé le ministre de l’éducation nationale, le premier ministre, le président de la république, et silence.

Les ministres et le président contactés, n’ont pas désapprouvé la position de la rectrice, représentant du gouvernement. Cette décision peut être dangereuse pour l’avenir. Elle indique qu’à tout moment un élu peut être entravé dans une mission de formation sur la résolution de problèmes en mathématiques du seul fait de critiques lors d’une réunion d’un conseil d’Inspe… Cette position dénature le rôle d’un conseil d’institut. Comme son nom l’indique, un conseil d’institut de formation, exprime les conseils et points de vue des différents représentants élus. En indiquant qu’une expression critique d’un élu dans un conseil d’institut pose un problème déontologique, la rectrice de l’académie de Strasbourg, représentante du gouvernement, exerce une pression sur l’exercice professionnel des membres élus, ce qui risque de transformer les conseils en simples caisses d’enregistrement, dans une conception verticale du pouvoir, ce qui peut conduire à la mise en place de réformes, comme celle de la formation des maîtres, qui produisent des défauts majeurs qu’une écoute attentive des conseils aurait pu éviter.

La rectrice de Strasbourg vient d’être démise de ses fonctions, pour d’autres raisons. Richard Cabassut est bientôt en retraite. Mais en effet confondre représentativité d’un élu et qualités professionnelles est grave. Et à la mode.

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« Les enseignants ont besoin d’un papa » ???

Alors non. En revanche, du respect, du dialogue, du professionnalisme, d’une vision globale pour un projet de société, oui. De la condescendance et de l’infantilisation, ils ont leur dose pour quelques décennies.

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-pen-n-aurait-pas-dit-un-millieme-de-ce-que-dit-zemmour-blanquer-se-cherche-une-circo_2168227.html