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Vivre son homosexualité à l’école

Récemment, j’ai découvert deux court-métrages sur l’homosexualité par des lycéens. La première partie de Comme un regard, par Théodore Tomasz, jeune réalisateur de 18 ans,  qui a tourné au lycée Camille Claudel à Digoin, dans le département de la Saône-et-Loire. Son travail est remarquablement abouti et sonne juste.

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J’avais précédemment visionné un autre court-métrage d’élèves, collectif cette fois, plus ancien :

Il y aussi un projet, intitulé PD, d’Olivier Allard, dont je n’ai vu que le teaser.

Il est urgent et indispensable que les personnels enseignants soient amenés à parler de l’homosexualité à l’école : les enseignants sont bienveillants, mais ont-ils tous conscience de la violence, parfois invisible, qui entoure les jeunes homosexuels, bisexuels, transsexuels, pansexuels, etc. ? Les deux court-métrages cités plus haut évoquent la mort, le suicide, les violences parentales et par les pairs.

C’est tout de même incroyable d’en être encore là. Face à ces comportements inacceptables d’exclusion, les enseignants ont un rôle à jouer, par un comportement exemplaire et une parole explicite, responsable, apaisante.

C’est si joli d’être amoureux…

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Préavis de travail et bons mots à la Cour

Ce matin, j’ai découvert, médusée, la vidéo de l’intervention de Claude Malhuret. Elle est ici.

« Les lycées, ZAD, zone à délirer », « les élèves sont forcés d’enseigner la morale à certains de leurs professeurs », « est-ce qu’ils ne pourraient pas un jour déposer un préavis de travail ? », « les révolutionnaires à statut protégé »… Monsieur Malhuret a le sens de la formule. Dommage qu’il n’ait pas aussi le sens des responsabilités.

Personnellement, j’ai été profondément blessée par les propos de ce sénateur. Mon premier réflexe a été de chercher sa présence au Sénat, à l’Assemblée. Et puis je me suis raisonnée : son rôle de sénateur ne se limite sans doute pas aux murs du Sénat. Moi aussi, j’aurais pu ironiser sur ceci ou cela. Mais comme la parole est publique (bon, la mienne est publique de niche, je le sais 🙂 ), elle mérite qu’on la soigne, qu’on exerce une attention particulière à ce qu’elle contient. Paradoxalement, c’est certainement ce que pense monsieur Malhuret : il doit être bien fier de son discours, dont on parle dans les médias. Pourtant, c’est confondre parole politique et bon mot. Cela m’évoque surtout la cour de Louis XIV ou Louis XV.

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Claude Malhuret est manifestement une personne complexe. Même sans partager ses convictions, force est de constater qu’il a accompli de bien belles choses au cours de sa carrière, a apparemment su faire des choix et s’y tenir. Pourquoi aujourd’hui cette saillie qui ressemble à un défouloir ? Lui qui s’est consacré à l’humanitaire, on aurait pu attendre un peu plus de délicatesse : pourquoi abîme-t-il l’image de notre métier, et la nôtre, personnelle, de la sorte ? Il parle du « manque de respect envers leurs collègues dont ils abîment l’image », de la part des « escamoteurs de copies », mais c’est bien ce qu’il fait, là, devant ses gens que nous avons élus, devant nos représentants : il nous traîne dans la boue, en faisant comme si cela concernait une infime fraction d’entre nous. Mais ce que tout un chacun entendra derrière ses mots, c’est une charge contre notre métier tout entier. Claude Malhuret règle-t-il ses comptes avec les enseignants ?

Il aurait pu proposer de discuter avec les collègues qui ont retenu des copies. Ce serait une idée certes désuète, mais productive. Ça s’appelle le dialogue. Le même dialogue qui permet que nous enseignions, en classe. Enseigner par l’autoritarisme ne fonctionne pas, et nous, nous l’avons compris. Dans la sphère publique, cela fait si longtemps que le contact a été rompu que les crises deviennent toutes plus violentes. Tout le monde crie, personne ne s’écoute, personne ne s’entend. La situation, de ce point de vue, semble bien bloquée. Moi qui suis de nature optimiste, je ne vois aucun espoir d’amélioration, aucun signe d’embellie. Monsieur Malhuret aurait pu exprimer son point de vue central (il faut punir les collègues qui ont retenu les copies) d’une façon différente, sans céder à la facilité de l’ironie. Je pourrais citer Bertet, mais comme il a aussi écrit que dans un couple, il y a pire que le mensonge, c’est la franchise, je vais m’abstenir. Que monsieur Malhuret réclame des sanctions contre tels ou tels, c’est son droit et il y aurait matière à débattre, mais je ne crois pas que cela ait été son objectif par cette intervention. Je pense qu’il a voulu les projecteurs, qu’il a sorti toutes ses belles plumes, accessoirement qu’il s’est défoulé contre notre profession tout entière, mais son message supposé me paraît relégué encore plus loin.

Hé bien moi, cela me peine. Voilà. Ça peut paraître nouille, mais l’intervention de Claude Malhuret m’a affectée. Je fais mon métier avec tout mon coeur, toute ma conviction, toute mon énergie, et nous sommes des milliers dans ce cas. Les collègues qui ont retenu les copies ne l’ont forcément pas fait par gaieté de coeur. On peut, encore une fois, débattre du moyen choisi. Mais pour en arriver à des extrêmes pareils, il faut être motivé par son métier, par le projet qu’il porte. Personne, dans l’Éducation nationale, ne ferait porter la pression sur les élèves et les familles sans le mesurer. Et l’opinion publique, dont une trop grande partie aime à déblatérer sur les enseignants (nous vivons tous le « sauf vous, madame XXX, vous on sait que vous faites bien votre métier. Mais les autres… »), va être relancée dans sa haine ordinaire. Alors que nous sommes là pour avancer ensemble, travailler ensemble à enseigner et à éduquer nos enfants, les citoyens de demain. C’est lamentable. Et je ne parle pas de l’attractivité du métier. Qui ira encore s’étonner de la désaffection des jeunes pour les métiers de l’enseignement, quand on travaille autant pour un salaire… disons modéré et tout gelé, et qu’on s’en prend plein la poire ?

Je croyais que les hommes politiques étaient là pour rassembler. Je croyais qu’ils devaient être exemplaires, eux aussi. Ou plutôt, je voudrais. J’aurais voulu, disons.

C’est compliqué de faire comme si quand des démonstrations aussi éclatantes de ce qu’est la réalité nous pètent à la figure.

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« Il y a des mots qui ne se disent pas, même pour rigoler »

Un rapport est paru, relayé par le Café Pédagogique, qui « présente en la matière plusieurs témoignages, affligeants et édifiants. Il analyse aussi les processus qui, à l’Ecole, mènent à la haine. (…) Dans une société encore très hétéronormée qui ne reconnaît que deux sexes et rejette l’idée de non-binarité, les LGBTphobies frappent celles et ceux qui ne correspondent pas à l’image attendue« .

La campagne du ministère de l’Education Nationale est là, avec des témoignages de jeunes.

Et nous, enseignants, nous nous devons en effet d’être clairs et attentifs. « Pédé », c’est un mot qui ne se dit pas, point. J’ai quelques élèves qui ont bien du mal à l’assimiler. Je crois qu’un nouvel affichage va venir habiller ma classe.

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Monsieur Bablet

Le Café pédagogique a publié aujourd’hui un article qui explicite les raisons du départ de Marc Bablet du ministère.

« Au contraire de cette dernière année 2017-2018 où je me suis tantôt agacé, tantôt ennuyé, où je me suis même laissé aller parfois à avoir du mépris pour certaines façons de faire, je dois dire que j’ai eu grand intérêt et satisfaction, souvent grand plaisir à contribuer au ministère à la refondation de l’éducation prioritaire entre 2013 et début 2017. »

« Le ministre actuel est un orfèvre de la communication dans ce monde où le spectacle médiatique l’emporte sur le réel du quotidien dans beaucoup d’esprits qui se laissent embarquer par la simplicité des messages. »

« Il est décisif que nous ayons à cœur de porter, contre ces dominations médiatiques de plus en plus marquées par le populisme, des idées construites, argumentées, sujettes à débats contradictoires. La pensée éducative, pour être une pensée, doit se construire dans la contradiction rationnelle sur la base de données solides, reproductibles, critiquables, ce que n’est pas la bouillie pour les chats que l’on nous livre trop fréquemment avec en prime un air d’assurance qui convainc parfois malheureusement ceux qui n’ont pas encore eu le temps d’y penser vraiment. C’est un enjeu éducatif d’abord car il nous faut proposer des pratiques éprouvées de travail pour améliorer nos résultats, c’est aussi un enjeu démocratique car il nous faut retrouver des débats de qualité fondés en valeur. Un mot d’ordre donc : prenons le temps d’y penser, rassemblons les savoirs… appliquons les préceptes de « l’autodéfense intellectuelle ». »

« Pourquoi partir maintenant du ministère ? Disons-le avec simplicité, c’est sans doute d’abord par manque de courage : manque de courage pour être en permanence à penser à ce qui va de travers, au sens caché des commandes, manque de courage pour voir détricoter ce qu’avec mon équipe nous avons patiemment élaboré, manque de courage pour dire franchement qu’il est insupportable de se sentir devenu inutile, manque de courage pour voir qu’une fois de plus ce qui est dit « prioritaire » n’est pas si prioritaire que cela dans le pilotage réel quotidien du système éducatif et que le seul fait de dépenser de l’argent public (les supposés huit milliards du plan pauvreté par exemple sur lesquels je reviendrai) ne constitue pas une véritable priorité qui doit, dans nos métiers, être d’abord une priorité de pilotage, d’engagement, de dialogue professionnel, de parole partagée. »

« On ne peut être que scandalisé par la manière dont on cherche en ce moment à remplacer dans des séminaires d’IEN de ce mois de septembre un Roland Goigoux qui est une vraie référence en matière de lecture par Franck Ramus qui, à ma connaissance n’a guère travaillé dans les classes et qui, s’il connaît le cerveau, ne connaît pas l’enseignement… Or, j’y reviendrai, pour travailler utilement pour les apprentissages en milieu populaire, il ne suffit pas de connaître en laboratoire les apprentissages, il faut connaître les conditions scolaires de leur réalisation. Car les enseignants sont chargés de faire apprendre leurs élèves à l’école pas en laboratoire sous un scanner…Si on continue comme cela, on ratera l’essentiel et tout espoir de voir évoluer les résultats inégalitaires de l’école française. En outre, on peut craindre que derrière ces façons d’aborder les questions, il n’y ait l’idée qu’il serait souhaitable de modifier très profondément l’école au point de ce qui s’est fait par exemple en Suède avec le succès que l’on sait (voir le Monde diplomatique de septembre 2018). C’est la seule manière que j’ai de comprendre la haine de la sociologie et des sciences de l’éducation qui règne en ce moment au ministère. »

Le fait d’avoir été dernièrement au ministère en situation de ne plus pouvoir écrire « refondation de l’école », même dans la citation de la  « Loi de refondation de l’école de la République » qu’il a fallu remplacer par « code de l’éducation » y est également pour quelque chose dans le malaise qui m’a amené à cette décision. (…) Ce choix de ne plus dire « refondation » est donc purement et simplement un acte de communication. Il y en a beaucoup actuellement qui n’ont pas pour objectif de mettre en évidence la qualité de tout ce qui est fait par les fonctionnaires de l’éducation nationale malheureusement. »

« Il est intéressant de voir qu’il {M Blanquer} ne cite volontiers pour cette politique que l’internat de Sourdun qu’il fit réaliser à un coût particulièrement élevé impossible à généraliser quand il était recteur de Créteil (il y a sur le sujet un rapport sévère de la cour des comptes) ou celui du collège de Marciac pour le lien de l’internat avec le festival de jazz. On voit là la préférence  du ministre pour les cas particuliers, pour les projets atypiques dont il pense qu’ils vont permettre de faire évoluer le système. Or ce qui caractérise un projet particulier c’est la grande difficulté de sa transférabilité. Il est significatif que quand monsieur Bourdin lui demande sur BFM le 10 septembre 2018 le nombre d’internats en France, il reconnaisse ne pas connaître cette information qui concerne tout le système et qui figure dans le dossier de presse de rentrée du ministère. Cela soulève un problème de fond que l’on abordera : comment concevoir le changement en éducation ? »

Voilà. Comme à son habitude, Marc Bablet ne transige pas mais est rigoureux. Pour ma part, pour l’avoir rencontré lors de divers événements et avoir bénéficié de ses interventions en formation de formateur REP+, j’ai une estime considérable pour ce monsieur toujours réfléchi, au propos franc mais toujours mesuré, qui sait lancer de piquantes vérités avec élégance, l’oeil qui frise mais le cerveau toujours en action, et qui m’a professionnellement beaucoup apporté.

C’est vraiment dommage qu’il ait quitté ses fonctions, et c’est surtout très inquiétant.

La bonne nouvelle, comme dirait Guillaume Caron, c’est qu’il a ouvert un blog.

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Pour terminer sur une note « continuons le combat », la phrase de Gramsci que monsieur Bablet affectionne : « il nous faut allier le pessimisme de la raison avec l’optimisme de la volonté ».

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Déjeuner à la cantine, un droit pour tous !

Jean-Paul Delahaye a signalé cet article de Mediapart sur les enjeux de la restauration scolaire : « la restauration scolaire est un enjeu capital pour la réussite de tous« . Il s’appuie sur un rapport du HCFEA.

Dans les établissements relevant de l’éducation prioritaire, peu d’élèves mangent à la cantine : c’est trop cher. D’ailleurs, certains établissements ont instauré des tarifs très très bas, et ils ont réussi à faire revenir les élèves à la cantine.

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C’est un enjeu capital, car « toutes les études récemment publiées font apparaître une réalité incontestable : les comportements alimentaires sont très liés aux conditions sociales. Il n’y a pas d’égalité en alimentation, et les cas de malnutrition, de diabète et d’obésité touchent davantage les plus modestes« . L’article explicite une partie de ces inégalités.

« Il n’y a rien de pire pour un enfant que de passer sa journée le ventre vide, et le fait de pouvoir bénéficier d’un repas complet et équilibré le midi est une des conditions nécessaires pour pouvoir bénéficier des apprentissages que propose l’école », mais permet aussi d’atténuer les conséquences sur la santé, et à long terme le risque de reproduction de ces inégalités sociales.

Le 15 septembre, un plan pauvreté gouvernemental -projet de loi sur la « stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes » sera présenté.

En attendant, on ne peut effectivement pas tolérer que nos élèves aient faim. Mais pour pouvoir agir, il faut qu’on nous donne les moyens de la faire, et aussi que les familles concernées puissent en parler en étant accueillies et accompagnées.

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Lu dans le rapport.
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Gestion de ressources humaines ???

Peut-être avez-vous lu ce titre dans les Echos hier :

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Pour ma part, j’en serais bien tombée de ma chaise : quoi ??? On a une gestion des ressources humaines dans l’Éducation Nationale ????? Et pourquoi pas une médecine du travail, aussi, ahahaaaaa !

Mais bon, piquée par la curiosité, j’ai lu : ce logiciel, SIRHEN, existe depuis 2007. Prévu pour « la prise en charge de 850 000 enseignants » (?) et préparer les rentrées scolaires, il paraît que ça allait coûter à l’État 496 millions d’euros, mais que grâce à la décision de monsieur Blanquer de l’arrêter, nous en serons pour 320 millions d’euros (?!?!?!). Au final, SIRHEN aura servi à gérer les ressources humaines des personnels de direction (mais pas des enseignants ; 18 000 personnes au lieu de 850 000), à la gestion des remplacements et au suivi des stages. Et un nouveau dispositif est en préparation.

Je n’y comprends rien de rien. Comment autant d’argent peut-il être « englouti » pour un dispositif invisible, alors qu’il y a tant de besoin ?

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La Cour des Comptes pas du tout de fées

Roland Goigoux a publié hier, sur le Café Pédagogique, un article qui répond au rapport de la Cour de Comptes sur l’étude « Lire et écrire au CP » qu’il a dirigée. Sa réponse est claire, argumentée. Et sa lecture m’a laissé un profond sentiment d’inconfort, pas pour son contenu, mais pour sa nécessité même d’être.

Je lis les publications et je suis les travaux de Roland Goigoux, car je les trouve de très grande qualité, car ils me font avancer dans ma pratique professionnelle d’enseignante, et dans celle de formatrice. Ses interventions sont claires, intelligibles, étayées, réflexives. Mais quand bien même je serais en opposition avec ses thèses, cela ne changerait rien. Ce qui me choque aujourd’hui, c’est la façon dont on remet en cause des travaux, des dispositifs, en déformant la réalité, sans interroger du tout la méthodologie de cette critique. À l’heure où il s’agit de lutter contre l’attractivité facile des théories complotistes, on peut être effaré par les méthodes utilisées.

Qu’on ne soit pas d’accord sur telle ou telle théorie des apprentissages, c’est normal et cela peut faire avancer le schmilblick. Qu’on s’interroge même sur le bien-fondé de telle ou telle instance, pourquoi pas. À mon sens c’est vite plié, mais on peut toujours en parler. Mais le délingage systématique qu’opère ce rapport, c’est vraiment inquiétant, voire caricatural, et cela donne une mauvaise image du fonctionnement de l’État.

Il y a vraiment un problème dans la forme, au moins… Alors débattons, discutons, interrogeons, mais avançons ensemble, et en respectant les individus et leur travail !