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Au bac de 1954

Dans une foire à tout, j’avais trouvé, au début de l’été, quelques bouquins de maths. J’ai déjà parlé ici du manuel très simple d’arithmétique de monsieur Leyssenne. Aujourd’hui, comme je repars au collège lundi, je fais le point de ce qui restait sur mon bureau. Commençons donc par les annales du bac. J’ai les fascicules 1954 et 1955.

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Les sujets sont organisés par séries : séries classiques, modernes, techniques, économiques, mathématiques, littéraires.

Quelques exemples :

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Je trouve assez remarquable le spectre de thèmes, la grande hétérogénéité de nature des questions, mais aussi leur forme, qui parfois évoque des sujets de dissertation, au baccalauréat.

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Pour le lycée

L’académie de Rouen propose un accès à de multiples ressources pour le lycée en mathématiques :

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D’autres académies proposent également des ressources qui devraient permettre d’enrichir notre réflexion : Caen, Grenoble, Toulouse, Bordeaux et aussi Poitiers pour le lycée professionnel.

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Le miracle du bac

Dans La Croix, un article du 5 juillet propose une analyse du marasme du bac de cette Unknown.jpgannée et un regard sur le pilotage de l’Education Nationale par l’ancien directeur général de l’enseignement scolaire, Alain Boissinot :

Alain Boissinot qualifie le fonctionnement du bac depuis des décennies de miracle : selon lui, l’examen est incroyablement fragile car déraisonnablement complexe. Il répond aux questions du journaliste quant à l’égalité de traitement des candidats :

Des problèmes d’égalité se posent à partir du moment où l’on fait appel au contrôle continu pour certains candidats et pas pour d’autres. Beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur la valeur de ce baccalauréat 2019 mais c’est une question sans grande importance : on raisonne comme s’il s’agissait d’un concours, alors que le bac est devenu une attestation de fin d’études secondaires, certes nécessaire pour rejoindre l’enseignement supérieur mais sans effet sur l’orientation. Au bout du compte, personne ou presque ne sera lésé par la solution qu’a imaginée le ministère pour surmonter la crise. Je fais le pari que le taux de réussite, cette année, sera équivalent, voire meilleur que ceux des années précédentes.

Deux choses me gênent : le fait que le bac soit nécessaire pour rejoindre l’enseignement supérieur est tout de même d’une importance considérable (et d’ailleurs je le regrette, car des jeunes sont parfois bloqués alors qu’ils s’épanouiraient plus rapidement en poursuivant leur chemin), et le « ou presque » dont il me semble qu’on ne peut pas se satisfaire.

Dans la suite de l’interview, les organisations syndicales en prennent pour leur grade, et monsieur Boissinot apporte son soutien explicite à Jean-Michel Blanquer :

On n’est pas dans une culture du dialogue mais le principal responsable de cette situation n’est pas le ministre. L’idée de Jean-Michel Blanquer, c’est que les réformes sont nécessaires, attendues par l’opinion publique sinon par les enseignants, et qu’il est essentiel de tenir bon.

Un bémol toutefois :

Même si Jean-Michel Blanquer rêve de la recréer, on n’est plus dans une société de la confiance. Et le titre de sa loi définitivement adoptée jeudi 4 juillet, « pour une école de la confiance », sonne largement comme un vœu pieu.

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Les questions tracassantes de François

Sur Images de mathématiques, François Sauvageot a publié hier une tribune intitulée « CONFIANCE – Comment peut-on en arriver à faire la grève de surveillance du bac ? » La lire permet de faire un point complet sur les interrogations, les tensions, les paradoxes, les inquiétudes (voire les angoisses) actuels quant au lycée. Il faut le lire, et jusqu’au bout (d’autant que la dernière remarque est effectivement tout à fait frappante !) Vous traversez au fil de votre lecture des questions sur l’évaluation et l’orientation, sur les aspects logistiques (à ne pas négliger, car déterminants), sur les programmes.

Le lycée quant à lui devrait garantir une formation citoyenne et l’épanouissement

En prime, Alice Ernoult, présidente de l’APMEP, a répondu au billet.

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« Nouveau » brevet et oral : ?

Une collègue m’a signalé cette interview. Comme je n’ai pas la télé…

A partir de 3 minutes 10, monsieur Blanquer parle du brevet. Il souhaite encourager la capacité à s’exprimer au DNB, avec des pratique d’expression orale… J’avoue être perplexe : il y a une épreuve orale au DNB, aussi importante que celle de maths, celle de français, celle d’histoire-géographie EMC et celle de sciences. Elle vise exactement à atteindre les objectifs cités par notre ministre : argumenter, s’exprimer à l’oral, développer un point de vue. Monsieur Blanquer ne l’a pas mentionnée. Que cela signifie-t-il ? Qu’elle va être renforcée ? Remplacée ? Qu’une autre épreuve se fera à l’oral ? Des langues, peut-être ? Ou la dictée ? 🙂

Ou alors on fait une épreuve de maths à la pythagoricienne.

 

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Repérage, suite

J’ai regardé aujourd’hui les repères de sixième. Ils sont ici. Je crois bien que c’est la première fois qu’au collège nous avons des repères de progressivité en terme de périodes. Ce n’est pas le cas pour le cycle 4, mais pour le cycle 3, et donc la sixième, oui. Je suppose que l’idée est d’harmoniser avec l’école.

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J’ignore si ces repères sont prescriptifs ou indicatifs. C’est une information importante pour moi : s’ils sont indicatifs, pour aider les enseignants qui le souhaitent, d’accord. S’ils sont prescriptifs, je voudrais comprendre. Tout est là :

Alors les pourcentages simples, pour moi c’est première période. La multiplication de deux décimaux, j’aurais aimé qu’on nous explicite l’algorithme (j’espère qu’il est bien question de passer par la multiplication d’entiers et de revenir aux fractions décimales pour exprimer l’écriture décimale du résultat, puisque c’est cela qui est porteur de sens), plutôt que nous donner une date de mise en oeuvre. Quant à la quatrième décimale qui arrive en période 2, je vais plutôt choisir de la travailler quand nous en aurons besoin. Peut-être plus tôt, peut-être pas.

Et pour les fractions, j’ai mis cinq ans à construire une programmation et une progression qui m’assurent que les élèves savent toujours, un an après, que 2/7 est le nombre qui multiplié par 7 donne 2 unités. J’ignore si c’est en période 3, mais je ne vais pas changer pour risquer de manquer mes objectifs.

Je suis assez agacée : je voudrais qu’on m’explique plutôt qu’on ne m’ordonne ou qu’on me préconise. Cela me semble être une marque de respect. Quant à la confiance, je ne la lis pas dans ces lignes.

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La note de la DEPP qui pique

La note d’information n°19.08 de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) publiée en mars 2019 propose une analyse de l’évolution des performances en calcul des élèves de CM2 à trente ans d’intervalle, entre 1987 et 2017.

Le bilan est évidemment préoccupant. Je comprends mal qu’on puisse encore nier cette baisse. On peut chercher des biais, étudier la validité des questions évaluatives et des indicateurs, mais quelle que soit la façon dont on prend le problème, problème il y a.

Le document donne des indications sur la comparabilité des épreuves : « Des procédures et des épreuves identiques ne sont pas des conditions suffisantes pour garantir la comparabilité des résultats. Il convient également de distinguer ce qui est observé (la performance) de ce qui est visé (la compétence), des facteurs externes pouvant agir sur le niveau de performance indépendamment du niveau de compétence. Ainsi, il est possible que certains items s’avèrent plus difficiles ou plus faciles qu’il y a trente ans pour des raisons qui ne sont pas directement liées au niveau de compétences des élèves. » On nous explique ensuite quel modèle statistique a été utilisé, pour repérer et ne pas prendre en compte les biais. ce n’est pas détaillé, mais au moins il y a matière à approfondir, ce que je vais faire pour ma part.

Du point de vue de l’évolution des résultats, voilà :

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Mais ce n’est pas tout. On lit aussi que « le taux moyen de non-réponse se situait autour de 4 % en 1987 ; il est de plus de 14 % en 2017 » sur les problèmes, autour « de 2 % en 1987 contre 15 % en 2017 pour les additions et de 6 % en 1987 contre 25 % en 2017 pour les soustractions. » C’est un problème bien identifié depuis longtemps chez nos petits Français : ils ne répondent pas s’ils ne sont pas sûrs. Leur rapport à l’erreur est inhibant, pour beaucoup. Cela devrait nous faire remettre en question le schéma classique de l’évaluation et du rapport à l’erreur. Ce n’est pas faute d’y travailler, dans les dispositifs de formation.

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D’autre part, l’origine sociale est encore plus déterminante qu’avant. Et « on observe, en 2017, un écart de 21 points entre les performances des élèves scolarisés hors éducation prioritaire (score moyen de 179 points) et ceux scolarisés en éducation prioritaire (score moyen de 158 points). » Là aussi, c’est une faiblesse particulière et insupportable de la France. Jean-Paul Delahaye attire l’attention sur cette injustice depuis bien longtemps, et il n’est pas le seul.

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Une autre infographie enfonce le clou :

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Le Monde en a fait un article :

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Dans cet article, Stanislas Dehaene est cité disant que les meilleurs élèves d’aujourd’hui ont le niveau des pires d’il y a trente ans, ce qui me paraît tout à fait absurde. La « valse des réformes » est désignée comme étant en cause, entre autres. Alice Ernoult, interrogée par le journal, dit  » Les coups de balancier ne nous laissent pas le temps d’apprivoiser les programmes. Les pratiques n’ont pas le temps de s’installer qu’elles sont déjà remplacées. Et les parents voient leur aîné apprendre comme ceci, leur cadet comme cela… On ne peut pas créer une culture du nombre partagée dans la société de cette façon-là ». C’est même un problème de fond qu’évoque là Alice, celui de la culture partagée. Toute notre société porte actuellement, au fil des semaines, cette question. La conclusion de l’article évoque l’importance de la formation des enseignants et la trop grande place prise par les jeux politiques. Un autre article évoque précisément cette question, en faisant référence aux laboratoires de maths, aux RMC :

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Alors je vais répéter ce que j’ai dit en formation pendant deux jours : ce n’est pas inéluctable. Travaillons ensemble, avec tous les chercheurs, tous les enseignants, tous les cadres pour qui les enfants sont au centre des préoccupations. Faisons fi des dogmes et des querelles de chapelle, et à l’attaque. Faisons entendre notre voix lorsque les choix politiques, justement, ne nous semblent pas les bons, et ne nous arrêtons pas là.  Ecoutons toutes les autres voix. Soyons force de proposition, tous, quels que soient nos avis, nos vécus, nos engagements, et surtout n’abandonnons pas.

C’est trop facile de se lamenter. Et nous nous devons d’être utiles.