L'éducnat·Patatipatata·scandale

Le coût du travail

Louise Tourret a, ici, publié un article qui s’intitule :

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J’avoue que cela fait du bien de lire notre réalité et que quelqu’un l’évoque sans la négliger. Parce que personnellement, je dépense beaucoup beaucoup pour mon équipement pédagogique : les jeux du club maths, les livres de la bibliothèque de travail, la plastifieuse, les cartouches de l’imprimante de la classe, la quasi totalité du matériel didactique…

Ces dépenses personnelles qui compensent les besoins de la vie professionnelle témoignent de la porosité qui existe entre ces deux sphères dans la vie de beaucoup de profs

Oui. Pour beaucoup d’entre nous, ce métier est aussi une passion, une mission professionnelle. Pour la réussite des enfants et pour exercer dans des conditions confortables, nous sommes prêts à aller loin. Dans l’indifférence ou l’ignorance de l’institution.

Coup de fatigue·Patatipatata·Si si c'est drôle

Pourtant c’est un beau nombre, 13.

Entre Rennes et Rouen, il y a la ligne 13 du métro parisien. Comme souvent, très souvent, la rame s’arrête en plein tunnel et est plongée dans le noir. Un monsieur à la voix résignée nous explique par le haut-parleur qu’il y a une coupure de courant et qu’il faut attendre de pouvoir repartir. Il nous déconseille de descendre sur la voie, aussi. Je dégaine mon portable, je m’occupe. Et là :

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Alors oui, j’ai ri. Comme ma journée a commencé à 3h ce matin, que j’ai animé des formations intenses, que je viens de repenser une autre formation dans le Rennes-Paris, je ne m’apercois pas que je ris à haute voix.

Vous auriez vu le regard des personnes dans ma rame… Ils n’ont pas compris. Ils auraient bien zigouillé la provinciale…

Mes projets·Patatipatata·Quel beau métier

Turbo

Depuis septembre, tout va très vite. Dans notre académie, la fonction de RMA remporte un franc succès et nous sommes très mobilisés : ça tombe bien, nous voulions être utiles et jusqu’ici tout va bien. J’alterne jours de classe et jours de formation, et ce n’est pas du gâteau : je roule, j’échange, je cogite, je travaille avec mon binôme, avec les IEN, les IPR, les chefs… Je jongle entre préparations, copies, contenus de de formation. Les jours de classe, j’enchaîne cours-club maths-cours, ce qui me fatigue, mais ça se gère. Rien n’a la priorité, tout est urgent, et tout roule. Je vois où j’en suis, je sais ce que j’ai fait et ce que j’en vais faire. Pas mal. Je progresse.

Mais là, pour les dix jours à venir, je vais devoir gérer une accélération : demain matin cours puis je pars à Rennes. Je repasse chez moi pour repartir dimanche à Bordeaux. Ça, c’est pour les formations RMC nationales. Je rentre mardi dans la nuit et mercredi, hop, cours. J’enchaîne  sur trois formations le jeudi et cours-club-cours le vendredi. Et le lendemain direction Dijon pour les journées de l’APMEP.

Je ne voyais pas ce métier ainsi, quand j’ai débuté. Mais je suis bien contente. Ça me plaît.

A l'attaque !·Chez moi·Patatipatata·Quel beau métier

Retour au boulot.

Je pourrais me dire que zut, on est samedi et que c’est pénible de travailler absolument tous les jours, et même toutes les demi-journées.

Sauf que là, je me remets au travail avec l’envie de finir de corriger mes copies, pour pouvoir mesurer l’effet de mon travail et mettre au point des remédiations adaptées. Je découvre encore autrement mes élèves, de question en question. Et croyez-moi, il y en a qui me font réfléchir furieusement !

Ensuite je calculerai leurs XP : beaucoup vont changer de niveau, et à voir comme ils m’en parlent tous les jours, ça a l’air important.

Et puis ce midi, nous sommes allés déjeuner dans un petit restaurant rouennais, Les soeurs syriennes. C’est la famille d’une de mes élèves qui nous avait invités, heureux de leur restaurant tout neuf. Comme je ne suis pas fan d’abus de bien sociaux, je me suis gardée de me présenter et je ne l’ai fait qu’après avoir payé. En plus je voulais participer à leur succès ! Mais j’ai pu discuter avec ces belles et courageuses personnes, à l’image de ma petite élève tellement extraordinaire.

 

Et plus j’ai décidé avec ma fille de m’arrêter de travailler à 17 heures, pour apprendre les règles de nouveaux jeux que j’ai achetés pour le club maths. C’est pour le boulot, mais j’ai vu plus pénible.

Ensuite je ferai un gâteau pour les collègues que j’ai en formation lundi. Histoire de les remercier de l’accueil, du café, de la place pour déjeuner qu’elles me réservent à chaque fois.

Il est pas chouette mon métier ??? Dedans il y a de jolies histoires, des gens, des cogitations passionnantes et des gâteaux.

 

Ajout de 18h : quand on lit les changements sur les retraites, sur le temps de travail et les difficultés de collègues, ça tempère l’enthousiasme.

Allez les jeunes !·Culture mathématique·En classe·Mes projets·Patatipatata

La classe, presque fin prête

Aujourd’hui, réception de nouveaux éléments de mobilier pour ma classe : les deux tables mange-debout pour les élèves qui souffrent d’un trouble attentionnel (cela peut les aider d’être un moment debout, tout en pouvant continuer de suivre le cours, d’écrire normalement), mais j’ai oublié de les prendre en photo. J’ai aussi reçu mon meuble bazar, qui en un clin d’oeil s’est rempli avec gourmandise de bazar tout à fait didactique. Il ne me manque plus que le bac à mangas pour Silence, on lit ! que nous avons lancé depuis deux semaines.

Mais ce n’est pas tout : en plein club maths, mes pascalines sont arrivées. Cela a été l’occasion qu’un élève aille chercher le carton, qu’un autre déballe, que d’autres passent un temps assez considérable à comprendre en quoi consiste une pascaline. Je l’ai aussi montrée à toute ma famille, qui m’a beaucoup fait rire en me faisant remarquer qu’avec la virgule, amovible, j’allais « déplacer la virgule sous le nez des élèves, quelle horreur !  » Nos enfants ont trouvé des stratagèmes pour éviter cette ineptie. Je constate avec fierté qu’ils ont de bonnes bases. 😉

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C’est aussi l’époque où les affichages fleurissent… J’ai commencé à meubler les endroits encore libres sur le mur, et, dans un autre genre, l’affiche de l’année des maths est venue juste au-dessus de mon tableau.

Et puis c’est aussi l’époque des premières évaluations récapitulatives, avec des élèves qui font vraiment des effets pour justifier, cette année. Avec leurs mots, leurs démarches propres, mais ils essaient avec un bel enthousiasme, et parfois se heurtent à leurs propres limites avec poésie…

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Cela a été l’occasion de parler imagination et créativité, et de relier ces belles qualités aux mathématiques.

Chez moi·Patatipatata

J’ai la tête de l’emploi

Un garçon de huit ou neuf ans remonte la rue que je descends. Il a l’air agité, je l’observe. Il traverse de mon côté, se plante devant moi et me crie presque : « chuis perdu ! Tu vas m’aider, hein, t’es maîtresse ! »

Renseignements pris, il a voulu aller acheter un pain au chocolat à son petit frère et s’est sans doute trompé de sens en sortant de la boulangerie.

Et nous ne nous sommes jamais vus.

A ma question « Comment sais-tu que je suis maîtresse? » il m’a répondu : tu m’as souri comme une maîtresse.

Bon, ok.

Chez moi·Evénement·Je suis fan·Merci mes loulous·Merci Pierrick·Patatipatata

Ma rentrée au bureau

Aujourd’hui, j’ai passé ma journée à échanger et planifier pour l’année qui s’annonce, en tant que référent mathématique académique. C’était top, et tout démarre tellement bien… Et puis en rentrant, nous nous sommes attelés à finaliser l’installation de notre bureau. Le vider, nettoyer, peindre, aménager n’aura pris que quelques jours grâce à l’efficacité combinée de trois générations. Nous étions hyper motivés : faire notre rentrée avec un bureau, voilà une belle perspective. déjà que ma  nouvelle salle de classe est extra, voilà que c’est aussi la révolution à la maison.

Alors voilà, j’ai un bureau. Un vrai, une pièce. C’est grand. Nos deux bureaux sont là, plus un troisième pour que je puisse installer ma plastifieuse et mes bricolages.

Le confort.

Un bureau.

Je vais en écrire, des beaux articles, préparer de jolies séances, corriger de belles copies, à ce bureau. C’est sûr.