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… Morellet du matin !

Encore un hommage au carré !

1990

Après Malevitch qui l’a dramatisé, Mondrian qu’il a mis sur la pointe et Albers ce qui l’a fait passer par toutes les couleurs, est-ce encore nécessaire ? Moi, je trouve qu’il le mérite toujours ce brave carré. Surtout si on le compare à ses concurrents. Au rectangle d’abord qui peut se permettre les pires extravagances et qu’on est obligé de définir avec deux dimensions, deux décisions subjectives alors que, modestement, le carré n’en a besoin que d’une. Bien sûr, le triangle équilatéral et le cercle, eux aussi, n’ont besoin que d’une dimension pour exister. Mais ce triangle équilatéral n’est pas vraiment un concurrent, il a dans sa famille trop d’isocèles, de rectangles et d’autres excentriques qui portent le même nom. Et puis, la sainte Trinité et la franc-maçonnerie l’ont vraiment trop marqué. Le cercle, au premier abord, pourrait paraître un concurrent plus valable avec cette particularité remarquable de n’avoir qu’un seul côté. Mais quel drôle de côté qu’on ne peut mesurer ou calculer qu’avec les difficultés les plus extrêmes. Et puis, je n’ai pas peur de le dire, il n’est pas abstrait. C’est un soleil, une lune, un sein, une fesse, etc.

Donc, vive le carré ! Mais attention, depuis que mon fabricant de châssis l’a mis dans les dimensions standard, je me suis aperçu qu’il a bien changé. Il a perdu, c’est vrai, un peu de son snobisme, mais il a acquis a un conformisme bien-pensant qu’il faudra surveiller.

Un hommage de plus d’accord, mais restons carrément vigilant.

Mais comment faire taire mes commentaires, François Morellet, éditions Beaux-Arts de Paris
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Toute la lumière sur les SEGPA : ouahou !!!

Le festival « Toute la lumière sur les Segpa » existe depuis 11 ans, à Marseille, au cinéma l’Alhambra. Des classes de SEGPA réalisent des courts métrages, récompensés par un jury de professionnels et par les élèves eux-mêmes ; d’autres classes réalisent l’affiche de la journée festival et les trophées. C’est un travail sur l’année, qui apporte des savoirs, des compétences, de la confiance, qui fait penser le rapport à l’école et la relation aux autres. C’est aussi une très belle façon de donner à voir les élèves de SEGPA et le dispositif lui-même.

On a réussi à faire un court métrage, on a découvert différents métiers acteurs, réalisateurs, on a appris à écrire et écouter autour de nous les avis des autres.

Le directeur du cinéma qui accueille et soutient l’événement espère  » se servir de cette polémique, de cet éclairage suscité par la sortie de ce film pour parler de ce qu’est réellement la section Segpa. » Excellente idée !

Pour ma part, j’ai visionné pour le moment quelques films, et je suis admirative du boulot réalisé par les enseignants et de l’investissement des élèves. J’ai adoré le film 2020-2021 du collège Edouard Manet, du début à la fin ; mais chaque film est une belle découverte.

Je suivrai la session 2021-2022, maintenant que je connais ce festival !

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« Vive les enfants, vive les maths ! »

Nathalie Sayac a écrit des petites histoires mathématiques, illustrées par Caroline Modeste : un petit nombre de rien du tout, un petit calcul de rien du tout, une petite forme de rien du tout, une petite mesure de rien du tout et un petit problème de rien du tout, aux éditions Circonflexe. Ces petits livres sont extra, pour laisser dans les bacs comme pour lire avec les enfants, de la petite section au CE1 au moins. Et aujourd’hui, j’ai reçu deux des livres écrits par Nathalie Sayac, que je ne possédais pas encore : les petites histoires mathématiques. Ces deux livres sont plus épais et regroupent les histoires de Léa et Anatole des autres albums, mais organisés en thématiques et par âges. C’est une autre forme pour un contenu évidemment toujours aussi riche, accessible mais rigoureux, et qui mène naturellement les enfants vers l’abstraction, la modélisation, en développant le langage.

Nathalise Sayac introduit ses livres par la devise « Vive les enfants, vive les maths ! » Elle est parfaite, cette devise !

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8 ans de blog, wouhou !

Aujourd’hui, ma Pierre plus ou moins Carrée a 8 ans. Il roule il roule, ce petit caillou, quelle que soit sa forme réelle !

Vous êtes encore plus nombreux que les années précédentes à me lire, et je vous en remercie avec sincérité. C’est toujours un peu étrange, lorsque je prends vraiment conscience d’être lue. Cela m’arrive lorsque je croise des collègues qui me parlent comme s’ils me connaissaient (et bien, en plus !) alors que moi, je ne les connais pas du tout. C’est très très très bizarre. Cela m’arrive aussi lorsque des collègues me cherchent lors d’événement mathématiques pour me remercier (et parfois même m’offrent des cadeaux !!!)…

Mais en règle générale, j’écris sans penser à la réception. J’écris parce que j’en ai besoin, parce que j’ai des chose à partager, mais que je lance comme des bouteilles à la mer (le désespoir et la solitude en moins), sans attente. J’écris aussi pour rendre service, au cas où ce que je dépose ici pourrait être utile à d’autres, faire gagner du temps. Je crois que j’écris aussi beaucoup pour me forcer à faire mieux : exposer des contenus m’oblige à les travailler différemment. Vos remarques, vos critiques, vos retours d’expérience me nourrissent.

Et voilà, je touche du clavier le coeur de mon propos pour cette année : les messages que je reçois d’une partie des personnes qui me lisent, hé bien ça, c’est franchement fantastique. Vous m’envoyez des descriptions critiques de ce que vous avez mis en oeuvre, des propositions de prolongements, d’améliorations, des questions hyper pointues sur pourquoi ci ou comment ça, et tout cela est absolument top. Collègues, parents, chercheurs, élèves, étudiants : qu’est-ce qu’on réfléchit mieux à plusieurs !!! Et puis les doux messages de remerciements, hé bien ça fait un bien fou, aussi. Voilà. Je ne vais pas cracher dans la soupe : la gentillesse est une valeur sûre et fondamentale pour moi.

Alors je vous prie de m’excuser si je ne vous ai pas répondu ; c’est que cela m’a échappé, car en principe je réponds à toutes et tous. Je répondais rapidement, avant, mais c’est plus difficile maintenant : j’ai beaucoup plus de messages et je me suis lancée dans pas mal de projets. Mais cela ne doit pas vous freiner : jamais vous ne m’enquiquinez, au contraire ! Ca prendra le temps que ça prendra, mais je vous répondrai.

Bon sinon, quoi de neuf cette année ? Alors voyons… Je me suis lancée dans des projets éditoriaux, déjà, ce qui est un grand saut pour moi. Sans doute d’ailleurs ce blog est-il à l’origine de ceci, car j’ai acquis de la confiance et de la rapidité pour écrire, et qu’il m’a rendue plus visible. Je ne peux rien dire des projets non aboutis, mais pour le moment il y a le petit livret des Noums et le numéro des Cahiers Péda (« Les maths, est-ce que ça compte« ), coordonné avec Baptiste Hebben.

Depuis le début de l’année 2020, je suis plus impliquée dans les Cahiers Péda, Maths en Scène et Animaths, j’écris pour MathémaTICE et le Café Péda, je participe à Maths en vie, et je crois que mon événement à moi de l’année, dans la catégorie mathosphère, c’est d’être entrée au comité et au bureau de l’APMEP. En écho avec mes autres engagements, car tous se nourrissent les uns des autres, c’est un lieu, un collectif dans lequel je me retrouve complètement. Cela me fait un bien fou.

Alors contre vents et marées, et nous savons toutes et tous que ça souffle fort et que ça tangue sévère, en route pour une neuvième année de blog. Et pas seulement. Et avec vous, si vous le voulez bien.

Mon année 2021 en images, côté maths :

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Regarder un film ? Non, j’ai mieux : découvrons les fractions !

« Madame, on regarde un film ?’

Rhalala, encore un jeune que je vais décevoir. Comment lui répondre simplement ? « Non. » C’est bien, ça, comme réponse, « non ». Mais une fois la déception assumée, j’ai de quoi faire briller les yeux : « on va redécouvrir les fractions ! C’est pas génial, ça ??? »

Cette fois, c’est moi qui suis un peu déçue : je sens que ma proposition ne remporte pas une adhésion de fou. Pourtant, moi, c’est une de mes séances préférées. Et c’est tellement important de savoir que 2/7 désigne le nombre qui, multiplié par 7, donne 2 unités (je suis sérieuse) ! Heureusement qu’à cet instant il y avait mes chaussons noëlo-mathématiques, pour faire sourire mes élèves de 6e à 16h30, sinon c’était la déprime.

Alors j’ai dégoupillé les Lego, nous avons manipulé, débattu, synthétisé, et finalement, les élèves d’une de mes deux classes ont eu encore plus d’idées d’écritures de nombres que je n’en ai jamais reçues ! Le tout en me disant que leurs neurones allaient fondre, mais en continuant de me proposer des variantes…

Un objectif principal pour moi était de montrer que les nombres ont des tas d’écritures différentes, qui ne modifient pas le nombre lui-même. J’illustre en général ça par :

Vous, que vous mettiez un maillot de bain, une cravate ou un pyjama, c’est toujours vous ! Vous ne renvoyez pas la même image, mais c’est toujours vous ! Simplement, selon les contextes, certaines tenues vous semblent mieux adaptées ou sont plus pratiques : on met le maillot de bain pour se baigner, le pyjama pour dormir, la cravate pour « faire classe », peut-être. C’est pareil pour les nombres. Selon l’usage qu’on en a, on leur choisit la tenue la mieux adaptée. A condition de savoir ce qu’il y a dans leur garde-robe.

Nous avons ensuite discuté des atouts et des inconvénients pour chacun, des différents types d’écriture, et recensé ce qui faisait consensus :

Demain je retrouve ces élèves deux heures, et je pense que nous avancerons bien encore, car là ils étaient vraiment en forme malgré leur grande fatigue de fin de période.

Et nous finirons l’année 2 020 2 021 (merci Delphine 🤪) en étant fiers du travail accompli !

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Imagine le bout des droites…

J’avais posé à mes élèves une question, lors de la petite évaluation sur droites, demi-droites, segment, alignement et appartenance :

On est au bord gauche de la feuille.

La grande majorité de mes élèves a raisonné correctement, en imaginant, compétence que je m’emploie à développer chez eux, en mathématiques. Mais la formulation de leurs réponses est vraiment passionnante ;

Il y a une élève qui n’a pas d’idée :

Il y a celles ou ceux qui justifient, mais leur argument est faux :

Il y a ceux qui ont la bonne idée, mais restent encore en géométrie instrumentée, soit en vrai (personne n’a tracé sur la table, mais j’ai vu des élèves prendre deux règles et les poser le long des droites pour voir ce qui se passe, sur leur bureau) :

soit dans leur tête (certes, la géométrie instrumentée dans la tête, c’est un concept qui peut paraître curieux. Mais pourtant, c’est bien ça : ils imaginent qu’ils tracent) :

Il y a ceux qui inventent des mots (j’aime bien, moi, sécanter) :

Et il y a ceux qui ont conceptualisé et argumentent par des propriétés, sans le vocabulaire efficace, mais avec soin :

ou avec le vocabulaire adapté :

Je suis très contente des efforts de justification, en tout cas, car très peu d’élèves ne se sont pas lancés. La majorité imagine, ce qui me semble vraiment important. Et leurs productions m’apportent beaucoup quant à leur avancement. A suivre…

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« Voir des filles belles et intelligentes une fois par an »

Ce matin, paf :

Quand j’ai montré ça à mon mari, lui qui a organisé la semaine dernière son débat sur « Qu’est-ce qu’être Français », il en est resté baba : il a loupé des arguments de poids…

La journaliste reprend bien madame Pécresse sur la souffrance animale, qui enchaîne de façon politicautomatique avec la ritournelle classique, mais elle ne mentionne pas la souffrance féministe. Pourtant, aïe : l’emploi du mot « fille » en dit déjà long. Mais le « une fois par an » (vous noterez la petite pause, riche de suspense) est vraiment la cerise sur le gâteau.

Madame Pécresse vante l’existence même de l’institution Miss France, ça part mal. Et elle souhaite être présidente de Français qui mangent du fois gras devant la télé, où des femmes se donnent à élire sur des critères discutables, avec en fond un sapin qui clignote ? Là encore, je comprends la joie que peut procurer un sapin de Noël, le plaisir de manger des mets qu’on aime et tout et tout. Mais c’est sa vision des Français ? On aurait pu parler liberté, libre arbitre, projet de société, culture ou fraternité, tiens. Le foie gras, c’est moyennement fraternel. Miss France, c’est moyennement égalitaire.

Et surtout, les pauvres ne sont donc pas français.

Bon, je vais travailler.

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Petit exo, grandes réflexions

Aujourd’hui, j’ai eu mes sixièmes, chacune deux heures (pas à la suite). Nous avons corrigé un exercice du manuel Dimensions : le 9 page 211, sur les droites, demi-droites, segments, sur l’appartenance, l’alignement. Avec une de mes classes, j’ai renvoyé la correction à la deuxième heure car j’étais juste pour la mener tranquillement et que beaucoup m’avaient dit avoir été en difficulté, voire en échec face à cet exercice. J’ai eu raison : ce « petit exo » nous a pris un temps considérable, mais pour la bonne cause : nous avons pu aborder du conceptuel, et des éléments de langage très importants.

Alors j’en ai fait une petite vidéo. La voici !

Je crois qu’un des défaut que j’apprends à combattre, avec l’expérience, c’est la précipitation : peu m’importe de consacrer une demi-heure à une correction d’un exercice qui, en le donnant, m’avait sans doute paru un support de réactivation. Puisque nous avons creusé profond dans la compréhension, puisque nous avons verbalisé, qu’une majorité d’élèves se sont exprimés, mes objectifs sont atteints : nous avons vraiment fait des maths. L’activité mathématique, ce n’est pas cravacher pour défiler les exercices. C’est du fait-main, et comme tout artisanat, cela prend du temps et parfois il faut s’y reprendre. Alors ça ne se voit pas sur le cahier de textes, et alors ?

En tout cas, j’adore être surprise et que mes élèves me permettent d’aller au fond des choses, m’ouvrent leur pensée mathématique. Et c’est un bel exercice, bien conçu. Bravo aux auteurs.

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Les maths, est-ce que ça compte ?

Ca y est, j’ai reçu mon exemplaire du numéro des Cahiers Pédagogiques que nous avons coordonné, Baptiste Hebben et moi. Y a pas à dire, ça fait tout drôle et je suis très fière, et heureuse d’avoir pu travailler avec autant de personnes formidables et passionnées.

Dans ce numéro, vous retrouverez Baptiste Hebben, Pierrick Auger, Adèle Encoignard, Gwenael Le Guével, Charles Torossian, Eric Roditi, Sébastien Planchenault, Alice Ernoult, Madisson Bodart, Anaïs Kerenneur, Dimitri Cauchie, Marielle Bruyninckx, Michel Fayol, Valentina Celi, Serge Petit, Emmanuelle Perrier, Carole Cortay, Christophe Gilger, Olivier Lebour, Sophie Poilpot, Mireille Morellato, Christophe Blanc, Ludovic Galeazzi, Carine BOuton, Frédérique McGirt, Claire Piolti-Lamorthe, Sophie Roubin, Nathalie Braun, Véronique Le Clec’h, Cécile Arthus, Adeline Bartin, Guillaume Caron, Viviane Monnerville, Pierre Eysseric, Claire Guille-Biel Winder, Frédérick Tempier, Cécile Berrouiller, Pierre-Alain Filippi, Delphine Tardy, Marianne Baccounnaud, Monique Royer, Sylvie Grau, Thomas de Vittori, Marie-Pierre Visentin, Khaouthar Lamouchi Chebbi, Imen Labidi, Stella Baruk et Monica Neagoy. Et le souvenir bien vif de Rémi Brissiaud.

Ca fait beaucoup de très beau monde, avec de jolis propos…