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Edumoov : pour le second degré aussi ?

À l’ESPE, mes étudiants ont eu à préparer une séquence dans le cadre d’un travail évalué. Plusieurs m’ont demandé s’ils pouvaient me transmettre leur séquence au « format édumoov ». Comme je ne suis pas contrariante et que je suis curieuse comme une belette en ce qui concerne des outils que je ne connais pas, j’ai fureté et j’ai accepté. Mais ensuite, je me suis promis d’approfondir : si autant d’étudiants du premier degré se tournent vers édumoov, c’est sans doute que c’est intéressant. Alors allons-y : j’ai transformé ma séquence Grenade pour mes sixièmes de mon format classique au « format » édumoov.

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D’abord, une précaution : c’est mon premier essai et je m’y suis mal prise entre séquence, séance et phase. La prochaine fois je ferai attention, mais je n’avais pas compris (et pas lu, en fait).

Ensuite, je n’ai pas lié les fichiers. Là aussi, je le ferai à l’avenir, mais comme c’était un essai en doublon, d’une séquence déjà écrite autrement, je n’ai pas voulu y passer plus de temps que nécessaire.

Maintenant, comparons. Voici ce que donne la séquence avec Edumoov :

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C’est vraiment très différent de ce que je faisais auparavant, avec mon tableau, qui ressemblait à ça :

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Je ne vois pas apparaître systématiquement la partie évaluation, alors que j’aimais bien ça. Il faudrait que je pense à l’indiquer moi-même. Pour le reste, cela me plaît bien, mais il va falloir voir à l’épreuve de la réalité, en classe. Je crois que je peux m’y retrouver.

Côté avantages, j’en vois plusieurs :

  • Je peux changer les temps a posteriori, ce qui me donnerait d’utiles indications pour les années à venir ;
  • Je peux relier aux objectifs directement à partir des programmes et du socle ; c’est prévu pour et ça c’est chouette et rapide ;
  • C’est gratuit ;
  • Les contenus sont en ligne et on peut les partager. Cela signifie que pour ceux d’entre vous qui me demandent les séquences en entier, avec les fichiers, ce serait simple : il suffirait de s’inscrire sur édumoov et d’aller récupérer tout le dossier, que je peux mettre en partage. Et cela signifie aussi que où que j’aille, j’aurai mes contenus accessibles. Chouette, ça.

Un inconvénient est que pour les enseignants du second degré, il faut demander par mail aux administrateurs de créer son établissement, puisque édumoov est prévu pour l’école. Mais mes étudiants m’ont dit qu’on pouvait s’en passer. Bon, pour ma part, j’ai demandé et en quelques heures c’était fait.

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Classe inversée en questions

Sur les Cahiers pédagogiques, Sylvain Connac, chercheur en sciences de l’éducation à l’université de Montpellier, revient sur la classe inversée. La classe inversée a fait l’objet d’un stage que j’ai animé récemment, pendant lequel j’ai bien compris que nous n’étions pas d’accord, certains stagiaires et moi. lire cet article m’a confortée dans mon analyse.

Sylvain Connac rappelle ce qu’est initialement le concept de classe inversée : les élèves lisent un chapitre d’ouvrage avant le cours, puis, une fois en classe, posent les questions que cette lecture a suscité chez eux. L’enseignant répond aux interrogations, anime les débats, attise les questionnements, et régule.

Les pratiques se sont extraordinairement diversifiées, en lien avec la classe inversée, en particulier dans la partie collective. Pour plus de détails, allez donc lire l’article de monsieur Connac.

De nombreuses critiques ont aussi émergé. Sylvain Connac les considère « comme des signes positifs, montrant une lutte effective contre l’immobilisme, le conservatisme, voire l’élitisme de nos pratiques traditionnelles d’enseignement ». En revanche, il s’interroge :  » Qu’inverse-t-on ? Est-ce la place de l’enseignant ou celle de la transmission des savoirs ? Quelle conception pédagogique ? » Et il écrit :  » il apparait que les capsules n’ont rien à faire en début d’une séquence d’enseignement, encore moins à la maison, au moment où les élèves les plus démunis sont seuls. La raison principale qui nous permet d’étayer cette thèse est que la cognition ne fonctionne pas ainsi. Si les capsules vidéos, aussi bien faites soient-elles, essaient d’apporter des réponses à des questions que les élèves ne se posent pas, le risque est immense que les informations comprises soient oubliées. C’est l’une des fonctions du sommeil, à savoir, procéder à un tri des données reçues par les sens au cours de la phase diurne, pour conserver dans les mémoires à long terme celles qui correspondent à des besoins. (…) En plaçant une capsule vidéo au démarrage d’une séquence d’enseignement, soit on intéresse les élèves qui ont eu l’occasion de se poser les questions relatives à ces savoirs ailleurs et autrement (et on exclut les autres, sans qu’ils ne s’en rendent compte), soit on donne l’impression à ceux qui répondent à la consigne qu’ils sont dans les attendus, alors que visionner de l’information n’est qu’une tâche subalterne. » A mon sens, faire visionner une capsule en début de séquence n’est pas forcément une mauvaise idée : partir d’une leçon étrangère aux élèves et détachée de leurs préoccupations et de leurs questionnements en est une. Proposer une capsule-accroche, une vidéo qui va déclencher la réflexion, en revanche, est un bon point de départ, à condition que les enfants soient tous en mesure d’y accéder, et de s’en emparer intellectuellement.

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Enfin, Sylvain Connac conclut : « Une dynamique s’est créée. Il aurait été suspect qu’elle ait pu trouver les réponses aux questions insolubles des pédagogies efficaces. Son principal atout est de mobiliser des enseignants sur le cœur de leur métier : ce qui aide leurs élèves à apprendre. (…) Son atout second est d’avoir révélé la question de la place des capsules numériques dans un processus d’enseignement. Leurs expériences nous ont permis d’avancer. Nul ne doute que les années à venir continueront à nous faire progresser sur ce périlleux chemin. »

J’aime beaucoup cette approche : je partage l’analyse de monsieur Connac. Malheureusement, je ne l’ai pas aussi bien formulé lors du stage que j’ai animé. Mais surtout, j’aime sa façon positive, dynamique, constructive, d’envisager ce débat.

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Des conseils de tablettophiles ?

Je demande depuis plusieurs années l’achat de tablettes pour ma classe, et il semble que ce soit pour cette année. Du coup, ma direction me demande des précisions, pour savoir quoi commander.

A minima, je voudrais utiliser Geogebra, Scratch, le tableur, et que les élèves puissent regarder des vidéos. Je n’ai pas confiance dans le wifi, très faiblard, et il faudra donc sans doute que je puisse transférer les vidéos en question de ma clef vers les tablettes, ou par tout autre moyen. Si le wifi est suffisamment fonctionnel, j’ai plein d’autres idées, mais je ne vais pas m’emballer avant même de les avoir, ces tablettes. Si déjà je peux les dégainer et faire bosser vingt minutes sur scratch ou autre sans avoir à traverser le collège pour aller en salle info, en l’ayant du coup réservée et immobilisée pour un moment seulement, ce serait bien.

Avez-vous des conseils ? Vous êtes sans doute nombreux à être équipés depuis un moment, et vous devez avoir des idées qui vont m’échapper.

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Le castor lituanien : visite annuelle en Normandie

poster_castor_2017Les inscriptions au concours Castor 2017 sont ouvertes. Créé en Lituanie en 2004, ce concours est organisé dans plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la Belgique et la France en particulier.

Le concours couvre divers aspects de l’informatique, se présente sous une forme ludique et accessible aux enfants du CM1 à la terminale. Il est gratuit et ne requiert aucune connaissance préalable en informatique. Les élèves participent de façon individuelle ou en binôme. Dans notre établissement, nous participons depuis plusieurs années et ça marche toujours aussi bien ! Il faut juste une salle info.

Les élèves atteignant un score donné sont ensuite qualifiés pour une deuxième manche, et ainsi de suite. Les manches suivantes (on passe alors du castor à l’algorea) peuvent avoir lieu à la maison ou au collège.

Cette année, le concours Castor a lieu entre le 12 et le 25 novembre. Pour vous inscrire, c’est ici.

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Interdire ou éduquer ?

Dans La Croix, Philippe Watrelot, professeur de SES et ancien président du Cercle de recherche et d’action pédagogiques, s’exprime contre l’ambition de monsieur Blanquer d’interdire les téléphones portables.

Son argumentaire est empreint de bon sens : en premier lieu, l’impossibilité concrète d’interdire les téléphones portables en classe : « On ne peut pas demander à l’école d’interdire alors que personne n’est en mesure de le faire à l’extérieur ! » Il rappelle que les usages de téléphone en classe sont d’ailleurs depuis longtemps sanctionnés :  » Une forme d’interdiction est donc déjà effective. »

Alors plutôt que d’interdire, Philippe Waterloo propose d’être constructif, de  » saisir cette formidable opportunité que représente cet outil pédagogique, tout en fixant des règles strictes d’usage pour éviter les abus. Car l’enseignement peut s’appuyer sur les instruments numériques que possèdent les élèves« . Il illustre son propos : le téléphone portable permet d’effectuer des recherches, permet à l’enseignant d’évaluer, par exemple. Montrer à quoi cet outil peut servir de façon raisonnée fait partie de l’éducation souhaitable du jeune. Je suis tout à fait d’accord avec ce point de vue.

Je ne pense pas, par ailleurs, que l’interdiction brutale et autoritaire du portable soit éducative. Éduquer, c’est étymologiquement faire sortir l’enfant de son état premier. Une définition datant de 1690 dans le Dictionnaire d’Antoine Furetière propose : “ Soin qu’on prend d’élever, de nourrir les enfants ; se dit plus ordinairement du soin qu’on prend de cultiver leur esprit, soit pour la science, soit pour les bonnes mœurs. ” Or contraindre de façon purement autoritaire ne cultive pas l’esprit. Et cultiver l’esprit, c’est exactement ce que l’école se doit de faire : transmettre la culture, développer le savoir vivre ensemble, permettre à ces jeunes gens de se connaître, d’être en mesure de vivre leur vie de façon autonome et raisonnée. Dans ce cadre-là, le téléphone portable, c’est vraiment secondaire, et c’est de mon point de vue une erreur de focaliser sur lui.

Toujours dans La Croix, Philippe Donatien, secrétaire général du Syndicat indépendant des personnels de direction de l’éducation nationale, s’exprime en faveur de la proposition de monsieur Blanquer, et répond à ce que je viens d’écrire : de son point de vue de chef, il estime que « les portables perturbent le fonctionnement d’un établissement« . D’abord, « ils ont un impact négatif, déjà connu depuis longtemps, en termes pédagogiques et disciplinaires. Avec Internet, il est devenu ingérable de lutter contre la triche« . Voilà qui me paraît très exagéré. C’est vrai, il arrive qu’un élève cherche à utiliser son portable pour tricher. Mais il ne me semble pas que ce soit ingérable, et je n’ai pas trouvé de collègue me confirmant ce sentiment.

Philippe Donatien écrit ensuite que « le droit à la déconnexion devrait aussi concerner les enfants, et que nous sommes face à un réel enjeu de santé publique« , ce avec quoi je suis tout à fait d’accord. Mais alors apprenons-leur à se déconnecter, plutôt que de chercher à l’obtenir par la force. Ce sera sans doute plus efficace à long terme : les enfants se déconnecteront aussi en dehors de l’école, si nous les convainquons.

Autre argument : « certains n’échangent plus du tout avec les autres élèves pendant le temps scolaire et connaissent à peine leurs camarades. » Pour ma part je n’observe pas cela : ce matin je regardais les enfants en récré, et ceux qui manipulaient leur téléphone (assez peu en fait) échangeaient, communiquaient « en vrai » en montrant à leurs camarades des vidéos ou des jeux.

En revanche, il est vrai que « il faut que les parents arrêtent de légitimer cet usage mobiledecompagnie02permanent. Il est inadmissible qu’ils tentent de communiquer avec leur enfant lorsqu’il est en classe. En cas d’authentique urgence, je sais par expérience que le rôle d’intermédiaire du personnel éducatif est essentiel. » Communiquer avec les parents est donc également indispensable : « l’école se doit d’éloigner les portables parce que son rôle est aussi de préserver les enfants de situations familiales parfois compliquées« .

Monsieur Donatien conclut ainsi : « pour toutes ces raisons, je suis favorable à l’interdiction des portables. (…) Mais aujourd’hui, c’est techniquement impossible. (…) J’appelle donc à ce qu’on nous donne le cadre légal nécessaire. Dans le cas contraire, nous serons forcément ridicules, et les parents pourront contester nos mesures. Le problème dans ce genre de débats, c’est qu’on nous envoie toujours au front sans garanties.« 

En fait, tout ce débat me donne l’impression qu’à peu près tout le monde est d’accord : il faut un usage raisonné, responsable et, pour beaucoup de jeunes, moindre de leur portable. Le téléphone portable doit laisser l’école fonctionner, voire contribuer à davantage d’efficacité en classe, ponctuellement. C’est sur la méthode que les avis divergent. Car en lisant Philippe Donatien, je me faisais la réflexion que je partage nombre de ses arguments. Mais pour ma part, je crois assez peu à l’autoritarisme. Je crois à l’autorité basée sur l’explication, je crois qu’on peut faire comprendre ce qui est légitime, juste et vrai, même si cela va demander plus de temps. C’est ça qui me gêne dans ce débat, en fait : le choix de la méthode.

 

 

 

A l'attaque !·Actualité·Nouvelles technologies

Ca y est, je l’ai reçue !

Voilà, ça y est, ma calculatrice Numworks est arrivée et elle est en train de se mettre à jour. J’ai cherché comment la programmer au départ, mais il semble que ce n’est possible qu’après la mise à jour proposée. La mise à jour ajoute entre autre une version bêta de Python permettant d’écrire et d’exécuter un programme. C’est une version de test et certaines fonctionnalités pourraient être indisponibles. Une version finale sera publiée prochainement, nous dit la doc.

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Bon, allons-y et explorons !

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Actualité·Merci les copains·Nouvelles technologies·Si si c'est drôle

Et si on jouait à l’école ?

Je dois vraiment être en manque d’élèves, mais alors que je me préparais à retrouver les miens, un de nos enfants nous a parlé avec gourmandise d’un jeu qui m’a donné envie : Academia School Simulator.

Il s’agit de construire, organiser et gérer une école. Le jeu est de la même équipe que Prison Architect. Dans quelques jours, une version beta sort. Cette version anticipée sera valide pendant un an. Son prix n’est pas encore donné. Ensuite, la version définitive sera proposée. Ceux qui auront acheté la beta bénéficieront de la version définitive automatiquement, avec des comportements plus fouillés, un emploi du temps dans lequel on choisit le thème du cours, une gestion plus détaillée des infractions au règlement, que l’on pourra configurer plus précisément, etc. Déjà, les concepteurs ont analysé finement les besoins des enseignants : on peut choisir le type de café en salle des profs.

C’est super, quand en weekend nous n’aurons plus d’élèves, nous pourrons jouer à en avoir !

La page steam du jeu est ici.