Activité rigolote·Allez les jeunes !·Au collège·Chez les élèves·Club maths·Compétences·En classe·Je suis fan·Manipuler·Maths par les jeux·Maths pour tous·Mes projets·Sixième·Tous ensemble !

Mathiavélique, le jeu diabolique !

En AP en sixième, mes élèves ont fabriqué un jeu, du début à la fin. J’ai beaucoup aimé ce moment avec eux, et ils ont produit un travail d’une grande qualité.

Nous aurons consacré neuf heures au collège à élaborer Mathiavélique, le jeu diabolique, plus plusieurs heures pendant le week-end, où ma fille, élève de cinquième, est passée à la réalisation des plans de la classe de sixième.

Voici notre planning de séquence :

Capture d’écran 2017-06-21 à 15.45.08.png

Nous avons utilisé 5 heures d’AP (pendant lesquelles pratiquement toute la classe est venue systématiquement, alors que la séance concernait des groupes), 3 heures de cours, 2 heures de club maths, et pas mal de temps perso, sur un week-end.

Nous avons remobilisé ou mobilisé beaucoup de notions mathématiques. Nous avons parlé pourcentage, aire, fluctuation… Les élèves ont été très investis, ce qui a permis d’obtenir un beau résultat, dont je suis vraiment très fière, même si je n’ai été que chef d’orchestre.

Ce matin donc, les élèves ont présenté le jeu à notre chef et à des surveillants. Ils ont été très bien : nous avions préparé la présentation, un élève se chargeait d’expliquer les règles, chacun a lu des questions. C’était très chouette et je crois que nous avons réalisé un beau boulot.

Ce qui est amusant et qui m’a évidemment beaucoup plu, c’est que les élèves ont choisi, outre un super titre et un parcours en forme de π, des catégories correspondant aux compétences. Ils se sont donc approprié ces compétences : lorsqu’ils créaient leurs questions, ils savaient me dire à quelle compétence elles se rattachaient. Je pensais qu’ils auraient préféré des domaines du programme, tels que espace et géométrie ou nombres et calculs, mais non.

Autre surprise : ce ne sont pas les compétences modéliser ou raisonner qui les ont embêtés, mais la compétence chercher. Pour celle-là, ils ont eu du mal. En revanche dans représenter ils ont mis sans hésitation les questions liées aux écritures des nombres. Ils ne se sont pas cantonnés à des représentations statistiques ou de géométrie.

Quelques photos de notre week-end, avec le passage au concret par ma fille :

Elle est restée avec nous ce matin pour l’heure de test, du coup, les sixièmes l’ont applaudie, tout contents de son travail. C’était très sympa, et est représentatif du bon esprit dans lequel ils terminent l’année, alors que leurs qualités en matière collaborative étaient plus que limitées en début d’année. Ils ont grandi, ces jeunes gens !

À l’avenir, j’aimerais que la réalisation aussi soit faite par les élèves de la classe. Là, nous étions contraints par le temps et je voulais que ce soit tout beau… Car mine de rien, il nous a fallu plusieurs heures pour réaliser le plateau !

A l'attaque !·Chez les collègues·Décrochage·Formation·Je suis fan·Lire·Mes projets·Question de grand·Tous ensemble !

Le dispositif Réapprendre à lire

Cela fait plusieurs articles que je consacre au dispositif de Valérie Vilmain, professeur des écoles en charge d’une section SEGPA en collège et qui intervient aussi auprès des élèves de 6ème ordinaire en difficulté de lecture. Ce dispositif, intitulé Réapprendre à lire, vise en priorité les élèves de sixième. Il peut être mis en œuvre pour des élèves plus âgés, mais dans sa première mouture il est pensé pour les petits car les recherches montrent qu’il est important d’agir avant la 5ème. Cela dit, Valérie a commencé à former des enseignants en lycée car il y a une demande.

Vous êtes nombreux à m’avoir envoyé des messages tout frustrés parce que je n’explicitais pas le dispositif. Je ne voulais pas le faire tant que je n’avais pas eu l’accord de Valérie. Parce que c’est le sien, quand même. Comme elle m’a donné son accord dès que je le lui ai demandé, voici donc quelques éléments.

Mais avant tout, des remarques :

  • Je ne rentrerai pas dans les détails car il faudrait diffuser tous les supports. Je ne vais présenter que des éléments et des principes. Lorsque Valérie forme les enseignants à s’approprier ce dispositif, elle transmet TOUS les outils CLEF EN MAIN et justifie ses choix par les apports de la recherche. Par exemple, les enseignants disposent du planning séance par séance avec ce qu’ils ont à faire, de façon exhaustive. Si vous demandez cette formation, vous aurez tout ça. Mais je pense que diffuser les documents dans leur ensemble sans les expliciter en présentiel n’est pas constructif. Il faut le mode d’emploi, avec les ressources ;
    Valérie forme cette année plusieurs formateurs pour diffuser plus largement le dispositif dans les années à venir. On peut donc penser que davantage de formations sur ce thème auront lieu à l’avenir.
  • L’originalité de ce dispositif est son organisation rigoureuse, avec alternance de mises en activité différentes et ensuite réactivation de ces mises en activité. Les outils utilisés sont des outils déjà éprouvés, comme le ROC.

Dans un premier temps, il s’agit de dépister les difficultés des élèves, et d’identifier le degré de ces difficultés. Ça, c’est le rôle du ROC. Les élèves commencent par corriger un texte qui comporte des fautes. On obtient un premier score. Ensuite ils écrivent une dictée dans laquelle on repère certaines erreurs d’orthographe, certaines difficultés de syntaxe. Enfin, ceux qui obtenu un score faible aux deux premières épreuves lisent un texte en une minute, et l’enseignant dénombre le nombre de mots lus et le nombre d’erreurs. Au final, on dispose d’un score qui permet d’évaluer le niveau de l’élève en fonction de son niveau de classe (CM2/6è/5è). D’autres documents permettent de mieux repérer les difficultés « fines » : quels phonèmes, quels graphèmes posent particulièrement problème à l’enfant.

Tout ceci provient d’ici :

Capture d’écran 2017-05-26 à 09.08.55.png

Ensuite, c’est la partie pas rigolote : une fois un groupe constitué, il faut jongler avec tous les emplois du temps pour réussir à élaborer un calendrier pour faire travailler les élèves. Idéalement il faut prévoir vingt séances. Pour ma part, ce sera le cas l’année prochaine, mais cette année c’est trop juste.

Et puis c’est parti. D’abord, on se présente tous, on explique ce qu’on fait là, ce qui va se passer, quels types de difficultés les ont amenés là. Les élèves expriment une réelle souffrance face à la tâche scolaire en général, ce qui est logique puisqu’ils comprennent mal les écrits. On présente le logiciel gratuit Les clés du code aux élèves. On leur explique le principe et on les laisse faire, pendant la première heure. Les élèves ont une fiche de scores, sur laquelle ils reportent leurs performances. Ils ont des consignes, comme toujours traiter au moins une entrée « j’écris » par séance.

Capture d’écran 2017-05-30 à 18.27.52.png

Ensuite, plusieurs séances font alterner Les clés du code et de la fluence. Les élèves vont être amenés à lire des textes choisis pour l’occasion. A chaque séance, par groupe de trois par exemple, ils liront chacun leur tour le même texte pendant une minute, et ce trois fois (sur 2 séances, chaque texte doit être lu 6 fois pendant 1minute par chaque élève). Ainsi, l’enseignent peut attribuer un score de fluence, score qui évolue de façon formidable au fil du temps (et rapidement, en plus, ce qui est vraiment un levier majeur pour les élèves, qui veulent constater des progrès rapides).

Les séances suivantes alternent jeux de mémorisation du lexique (mots irréguliers) et Les clés du code. On propose aussi des jeux de reconnaissance systématique sur consonnes et voyelles.

Capture d’écran 2017-05-30 à 18.30.57.png

Encore deux séances sont consacrées à la fluence et aux Clés du code, en alternant, puis on travaille sur des cas particuliers, comme les lettre S et G qui possèdent plusieurs valeurs.

En fin de dispositif, l’enseignant dresse un bilan individuel avec chaque élève.

Pour ma part, j’ai trouvé difficile de démarrer dans ce dispositif. Je crois que je ne voyais pas bien à quoi servait Les clés du code, ce que le logiciel allait apporter aux élèves. Avec un petit peu de recul, j’ai compris. Il m’a suffi de regarder et d’écouter les élèves de mon groupe, et cela m’a permis de vraiment m’approprier le dispositif. J’ai encore à travailler mon rôle lors des jeux, en apprenant presque par cœur certains « trucs » de Valérie, qui ne font pas partie de ma culture professionnelle de matheuse mais qui m’ont tellement convaincue en les voyant que je veux pouvoir réagir spontanément comme elle. Il reste donc du boulot, mais le jeu en vaut la chandelle. Comme je l’ai expliqué récemment, c’est un dispositif qui fait se sentir vraiment utile, parce que son efficacité est mesurable et que les progrès réalisés sont rapides. Les élèves les voient et ils s’impliquent, à fond.

Si vous avez envie d’aller plus loin, téléchargez les clés du code et farfouillez sur internet sur le thème de la fluence. Et puis on en reparle ?

Chez les chercheurs·Chez les collègues·Club maths·Culture mathématique·Expo de maths·Je suis fan·Lire·Manipuler·Maths et arts·Maths et musique·Maths par les jeux·Maths pour tous·Mes projets

Ma journée des maths à moi

Hier, nous sommes allés à Paris, mon mari et moi. Pour ma journée des maths rien qu’à moi.Cela a été une super journée. Je vous raconte (si, si).

Nous sommes partis en train très tôt, ce qui m’a donné l’occasion de commencer à lire deux bouquins sur les nombres qui attendent depuis un bon moment sur mon bureau :

Capture d’écran 2017-05-28 à 10.28.45.png

D’une part, j’avais envie de m’immerger dans les maths, dès le début de la journée. D’autre part, je réfléchis en ce moment à un dispositif de remédiation sur le nombre, pour les élèves arrivant au collège et en difficulté, et il me faut réactiver, apprendre et réfléchir. Comme notre train avait une fâcheuse tendance à s’arrêter dès qu’il rencontrait une gare, j’ai eu le temps de bien avancer les bouquins. J’ai relevé cette jolie citation de Lebesgue :

 » À aucune époque les mathématiciens n’ont été entièrement d’accord sur l’ensemble de leur science que l’on dit être celle des vérités évidentes, absolues, indiscutables, définitives. « 

Arrivés à Paris, nous avons rejoint le Palais de la Découverte, après avoir glandouillé un peu en sirotant du café frappé, parce qu’il était trop tôt. Je voulais revoir le département mathématiques du musée, et visiter l’exposition sur les probabilités.

Capture d_écran 2017-05-28 à 10.42.10

Je consacrerai un article sur cette exposition, pour pouvoir la présenter de façon approfondie.

Côté département de maths, il y a deux pôles, en gros : la fameuse salle π, que je vais pouvoir présenter à mes élèves demain, et une salle sur pavages et transformations planes. La salle π a surtout de l’intérêt pour des jeunes si il y a présence d’un animateur, d’autant qu’ils sont vraiment intéressants au Palais de la Découverte. Quant au pôle pavages et transformations, il y a des activités sympas à faire, avec des manipulations bien choisies. J’aurais eu mes cinquièmes sous la main, nous aurions passé un certain temps là.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’après-midi, nous sommes liés au salon culture et jeux mathématiques qui se tient place Saint Sulpice jusqu’à mardi. C’était un très bon moment, pendant lequel nous avons discuté, joué, navigué entre des passionnés.

Nous avons pu retrouver l’équipe de Navadra, toujours aussi souriante et sympa, et avec des projets de ouf : Navadra est en train de devenir un jeu en 3D !

Capture d’écran 2017-05-28 à 10.55.12.png

Pour l’avoir vu, ça rend vraiment bien ! Et ils ont encore des tas de projets en développement…

Capture d’écran 2017-05-28 à 12.11.08.png

Nous sommes rentrés bien fatigués, bien cuits, et j’ai des tas d’idées. Et puis demain, nous allons pouvoir changer un peu la déco de la classe et tester les nouveaux jeux !

Dur dur·I'm not dead·Mes projets

L’année qui s’effiloche

Il y a quelque temps, j’ai eu cours pour la dernière fois avec mes étudiants de master 1. Je ne vois plus qu’une fois mes étudiants de master 2. J’ai compté combien il reste d’heures de maths en cinquième, et j’ai assez de doigts pour les dénombrer… Cela ne doit être guère mieux avec les sixièmes, d’autant que je pars à Poitiers et à Epinal pour des séminaires en juin. Il n’y a que les formations qui continuent à fond à fond. Ma charge de travail a du coup diminué, même si je continue à travailler beaucoup, évaluations de fin de semestre obligent. Et puis je passe pas mal de temps à aider les enfants de copines pour préparer le bac.

Mais voilà, ça s’effiloche.

Capture d_écran 2017-05-20 à 17.40.05En même temps que je déteste ce moment, je vois avec soulagement les vacances se profiler. Cette année aura été dure, vraiment dure. Je vais profiter, cette fois. l’année dernière j’ai bossé tout l’été mon CAFA, mais cette fois, je souffle. J’aurai des choses à préparer, forcément, mais ma liste part dores et déjà pour être bien plus raisonnable. Je vais profiter de ma famille, je vais me remettre à lire autre chose que des lectures de prof, je vais faire du sport, je vais manger des framboises.

N’empêche, là tout de suite, j’aime pô.

A l'attaque !·Activité rigolote·Allez les jeunes !·Au collège·Chez les élèves·En classe·Maths par les jeux·Maths pour tous·Mes projets·Sixième

Francis avance !

Aujourd’hui, deuxième séance de sixième sur notre jeu, dont il faut décidément que nous lui trouvions un nom. Pour le moment une élève m’a proposé de l’appeler… Francis. Bon, je ne pense pas que ce soi le nom définitif, mais comme c’est la seule proposition que j’ai eue, je vais la conserver de façon temporaire.

Nous avons reçu notre commande :

Capture d’écran 2017-05-19 à 19.30.07.png

Les élèves ont bien avancé les questions. Il faut que j’essaie de faire le point ce weekend, mais avec les copies à corriger, les évaluations à construire et les échanges universitaires hyper super proches, je ne suis pas sûre d’avoir le temps. Je crois qu’ils ont été vraiment prolifiques et en tout cas ils ont vraiment essayé de suivre les consignes données, et de trouver des questions qui correspondent à chacune des six compétences des maths.

ce qui est chouette, c’est que ce travail amène les élèves à tout reparcourir de notre année, de ce que nous avons appris ensemble. Une réactivation joyeuse et dynamique, et en plus de façon vraiment collaborative.

Bon les jeunes, chose promise chose due : vos mains immortalisées pour la postérité !

Capture d’écran 2017-05-19 à 19.30.16.png

A l'attaque !·Allez les jeunes !·Apprendre·Au collège·C'est pas des maths!·Chez les élèves·Chez les collègues·Décrochage·Formation·Je suis fan·Mes projets

Réapprendre à lire

J’ai commencé depuis un moment un atelier de remédiation-lecture. J’ai été formée par une super prof, dont je parle ici.

Aujourd’hui,  j’ai fait le bilan et j’ai regardé ces jeunes gens. Plusieurs choses m’ont frappée :

  • Ils ont l’air heureux, ils ont le sourire. Mais ils sont aussi très sérieux. Ils s’investissent fort et essaient de progresser, à chaque nouvel essai ;
  • Mélanger des 6e-5e-4e ne pose aucun problème ;
  • Mon contact avec certains de ces élèves, que j’ai aussi en classe, est formidablement meilleure d’un point de vue quantitatif (ils ont là un espace pour communiquer avec moi) et qualitatif (ils ne sont pas gelés par le groupe classe et j’ai le temps de les écouter vraiment, même si développer leur propos prend du temps) ;
  • Certains élèves doivent avoir été bien malheureux jusqu’ici : ils ont développé des stratégies de compensation plus ou moins avancées pour masquer leur handicap de lecture et donc de compréhension, mais ils ne doivent pas percevoir correctement leur « environnement scolaire », particulièrement écrit ;
  • Ils font des progrès incroyables à une vitesse impressionnante !

Je suis vraiment heureuse d’avoir été formée à ce dispositif. J’ai hâte de continuer le travail engagé, et de pouvoir mesurer les effets lorsque j’aurai du recul.

Ce qui me plaît le plus dans tout ça, à part le contact humain, la communication et le sourire retrouvé de certains de ces jeunes, c’est de voir qu’en fait, on peut trouver des solutions à des situations pour lesquelles on n’était pas sûrs qu’il en existe.