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Mais quelle semaine !!!

Hier, j’ai participé à l’émission Etre et Savoir sur France Culture : après sept heures de cours et un club, zou en voiture, direction Paris, pour participer à l’émission en direct de 21h à 22h avant de regagner maNormandie pour un petit dodo. Et ce matin, pouf en cours à 8h, jusqu’à 17h, avec encore un club sur le midi. Et ce soir je lis une critique de Vous reprendrez bien un peu de maths, dans les Cahiers Pédagogiques. Jean-Michel Zakhartchouk qui critique mon livre, voilà encore une belle émotion !

Alors là, j’ai les yeux qui piquent et j’aspire simplement à récupérer et à rester tranquille un petit moment. C’est raté, car j’ai des trucs à faire et des tas de copies, mais bon, au moins je m’amuse ! Et puis j’ai dédicacé des livres à mes élèves, qui ont voulu faire la queue « comme dans les librairies » et que je leur demande « c’est pour qui ? », et j’ai appris hier que j’ai une attachée de presse, et là c’est quand même le top de la classe et c’est bien rigolo. En plus elle est vraiment super sympa.

En donnant le titre à mon article, je viens de m’apercevoir que non non non, on n’est pas vendredi mais mardi…Bon allez, bonne nuit !

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Mini projets, maxi maths : beau début de weekend !

Aujourd’hui en arrivant au bureau de l’APMEP, lorsque j’ai ouvert mes mails, j’ai eu une très jolie surprise : Stella Baruk m’a envoyé un commentaire sur notre ouvrage, à Marion Michel et à moi, Mini Projets, maxi maths. Alors là, lire un tel commentaire m’a fait tellement plaisir : « varié, original, parfois inattendu, et toujours ambitieux, d’une ambition qui est celle de débusquer dans les actions les plus quotidiennes les mathématiques qui peuvent s’y cacher, ou au contraire s’y introduire », « l’explicite de la parole »… Hé, Marion, regarde :

Bravo à votre co-auteure et à vous. Votre bonheur de travailler ensemble est on ne peut plus manifeste.

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La machine de François Abélanet : la fenêtre à anamorphoses

Pour aider François à commercialiser sa machine, il a besoin de votre aide : il lui faut avoir une idée du nombre de machines à fabriquer… Si cela vous intéresse, merci de compléter ce questionnaire !

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« Une passion inaltérée au coeur »

Paris Normandie a consacré un article à mon livre, Vous reprendrez bien un peu de maths ? dans l’édition du 10 novembre 2022. Je suis toute fière, bien sûr… Mais surtout une phrase m’a touchée :

Claire, 25 ans de métier et une passion inaltérée au coeur

Source

Bon, en fait j’ai 28 ans de métier. Mais c’est vrai, c’est toujours une passion, et c’est joliment dit par l’auteur de cet article.

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La règle des signes

Voilà un thème qui ne m’avait jamais laissée satisfaite : la règle des signes en quatrième. Mais ça, c’était avant. Cette année, j’étais fermement résolue à aborder la règle des signes d’une façon qui parle à l’intelligence. Alors en fait, les années précédentes aussi, hein : je ne cherche jamais à m’adresser à autre chose en classe. Mais arrivée devant le moment fatidique, je faisais de la soupe. Pas de la bonne soupe. Soit elle manquait de sel, soit elle était trop légère, soit je renversais la soupière au moment de servir.

J’ai parlé de mon approche de cette année ici, déjà.

Cet été, j’ai bien réfléchi : pourquoi ? Pourquoi cela me résiste-t-il ? J’ai identifié plusieurs points de blocages ou des obstacles :

  • Les élèves s’accrochent à des moyens mnémotechniques que leurs familles leur ont parfois déjà donné et ne cherchent pas à COMPRENDRE pourquoi « moins par moins ça fait plus ». Réagir en fournissant une réponse techniquement juste leur suffit, et pas à moi. Mais pour remédier à cela, il faut déconstruire. Pas facile du tout ;
  • Pour faire les choses bien, il faut avoir suivi un itinéraire progressif et précisément jalonné. Je pense que je n’avais pas eu la rigueur de le baliser de façon claire, et que la deuxième période était trop précoce par rapport à ce que j’avais traité déjà. Sauf que je veux aborder la règle des signes en deuxième période. Ca bloque trop de choses sinon ;
  • J’ai accumulé des frustrations sur ce thème et rendre les élèves exécuteurs est facile ; la balance entre les deux faisait sans doute que je choisissait la facilité, parce que parfois, on n’a pas de place pour la complexité, pour des tas de raisons différentes.

Une fois que j’ai su que j’allais avoir des classes de quatrième cette année, je me suis donné de l’énergie. J’ai pensé à Laura, aussi, AED en prépro dans ma classe : il y a deux ans elle a dû voir quelque chose de peu convaincant. Moi qui la pousse à toujours être plus pointue, et qui la vois l’être avec tellement de talent, je ne pouvais pas me résoudre à ne pas chercher à expliquer vraiment la règle des signes.

Bon en fait, ça a été comme sur des roulettes. J’avais tellement lu ce document de l’IREM et ceux de l’Ifé (ici, )

La métaphore (le « repérage sur la droite graduée ») qui consiste à utiliser cette grandeur fonctionne cependant à peu près bien auprès d’un nombre significatif d’élèves pour ce qui concerne l’addition. Elle se complexifie pour la soustraction et se constitue en obstacle pour la multiplication des relatifs. En effet, la grandeur « déplacement » ainsi construite est une grandeur de dimension 1, et le produit devrait être associé à une grandeur de dimension 2.

file:///Users/claireauger/Downloads/PER-nombres-relatifs-5eme%20(1).pdf

J’ai donc modifié ma programmation en quatrième, pour travailler en première période :

  • Le rôle de la lettre dans le calcul
  • Le sens du signe =
  • Les réductions d’expression littérales
  • la distributivité
  • Les nombres relatifs : les comparaisons, l’addition, la soustraction, l’opposé

J’ai veillé à continuer, comme en cinquième, à aborder les nombres relatifs comme des nombres, et non comme des « graduations » : pas de thermomètre, pas de sous-sol numéroté, rien que des nombres. J’ai beaucoup parlé de représentation de nombres, aussi. J’ai assumé explicitement l’abstraction pour montrer aux élèves que ce que je voudrais leur transmettre, ce sont des outils de pensée, pas seulement (pas vraiment ?) des contenus, et donc certainement pas des formules magiques, trucs ou astuces pour avoir une bonne note sans peine.

Tout ça, j’ai l’impression de le faire tout le temps. Mais là il fallait que j’aille plus loin pour que le sens de ma démarche soit lisible pour les élèves : je devais le faire de façon articulée, tendue vers un objectif. Cela m’a demandé beaucoup de concentration et de préparation, parce que je suis plutôt du genre intuitive et spontanée. Et puis je change souvent de direction.

Cette semaine, nous y sommes arrivés, à cette fameuse règle des signes. La réactivation s’est super bien passée : bah oui, multiplier ne rend pas forcément un nombre plus grand, il suffit de voir quand on multiplie pas 0,5 ; l’opposé était là aussi. L’addition itérée de négatifs est bien posée : les élèves ont été capables de me parler spontanément de distances à zéro, d’écart à zéro, alors que je n’ai pas focalisé là-dessus, mais juste reformulé pour que le plus grand nombre d’élèves ait ce qui lui parle le mieux. En tout cas, les réactions des élèves pendant la réactivation étaient rassurantes.

J’ai utilisé pile poil les exemples du document de l’IREM cité plus haut, avec une recherche individuelle courte puis un débat collectif. Nous avons bien avancé. Pour se convaincre sans addition itérée que 4,2x(-8) donne un résultat négatif, je suis passé directement par la deuxième démonstration proposée, celle qui passe par 4,2x(0-8). Ca a été impec. Quand il s’est agi de travailler sur (-5)x(-3), les élèves ont pu le faire tout seuls. Nous avons discuté de la pertinence de ce que nous écrivions : pourquoi passer par là ? Pourquoi ce 0 dans la parenthèse ? Est-ce que « plus simple ça peut pas suffire » ? Puis nous avons eu une conversation sur l’abstraction, dont je parlerai plus tard.

Deux jours plus tard, nous avons posé la trace écrite, et les élèves ont su la refaire en autonomie pour la majorité. Ils ont aussi su m’expliquer pourquoi je trouve ça bien d’enseigner de cette façon la règle des signes. Evidemment, comme je leur ai dit que je trouvais peu pertinente par rapport au sens la comptine des ennemis de mes ennemis (sans compter que le concept d’ennemi m’est étranger, et que si j’en avais, je ne vois pas pourquoi les ennemis de mes ennemis seraient mes amis, franchement), les élèves me taquinent pas mal avec ça… Tssss. Ca change de décaler la virgule, déjà.

Je pense que j’ai fait passer un message, en plus de la règle des signes : un message quant à l’abstraction, à la valeur de la démonstration, à l’intérêt de généraliser, d’argumenter. La règle des signes est acquises par la quasi totalité des élèves sur la première évaluation flash, mais ça, c’est peut-être bien comme d’habitude. C’est sur des cas plus complexes que je saurai si cette entrée a rendu plus robustes mes élèves.

Mais cela me soulage d’avoir réussi à aller au bout de ce que je voulais faire. Là, c’est bien fait à mon sens. En même temps en me relisant je trouve ça d’un élémentaire assez ébouriffant, et je me demande pourquoi j’ai rencontré de telles difficultés. En même temps, cela ne me gêne pas du tout, intellectuellement. C’est même intéressant de voir comme on peut patiner sur tel ou tel sujet. Peut-être n’avais-je pas assez tricoté ma progression et ma programmation, et les élèves ne pouvaient pas suivre naturellement. j’ai vraiment besoin que les étapes viennent d’eux le plus possible, mais pour cela il faut que tout s’articule, qu’ils aient compris, intériorisé, mémoriser.

Ce que c’est complexe, ce boulot !

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La minute Pap vs le billet Lelièvre

Lorsque j’ai vu « la minute Pap », j’ai été consternée. Je n’ai rien écrit, je n’en ai parlé qu’à mon mari. Mais entre ce titre, la réalisation-maison et le contenu (la construction est à interroger je trouve, par rapport à l’objectif, et puis le vocabulaire m’a heurtée à un moment donné), c’était douloureux. Je me suis tue parce que je ne veux pas râler dès que le ministre fait ou dit quelque chose. Dans le fond, c’était tellement peu important.

Mais en fait non. En fait c’est significatif et important. Claude Lelièvre a écrit un billet de blog sur cette « minute Pap ». Je suis donc officiellement atterrée et ce que je ne faisais que pressentir, faute d’avoir creusé, Claude Lelièvre le met très explicitement en mots.

Allez lire son billet, c’est éclairant. Je le résume mais c’est justement pour vous donner envie de le lire :

Jules Ferry, n’a jamais sorti sa montre à 11 heures, puis déclaré  »à cette heure tous les enfants de septième sont en train d’écrire le même mot de la même dictée’‘. D’une part, il n’y a jamais eu de classe de « septième » dans les écoles communales publiques, chères à Jules Ferry. D’autre part Jules Ferry n’était pas un fan des dictées : 

A la dictée – à l’abus de la dictée – il faut substituer un enseignement plus libre […]. C’est une bonne chose assurément que d’apprendre l’orthographe. Mais il y a deux parts à faire dans ce savoir éminemment français : qu’on soit mis au courant des règles fondamentales ; mais épargnons ce temps si précieux qu’on dépense trop souvent dans les vétilles de l’orthographe, dans les pièges de la dictée, qui font de cet exercice une manière de tour de force et une espèce de casse-tête chinois.

Discours de Jules Ferry au Congrès pédagogique des directeurs et directrices d’écoles normales, et des inspecteurs primaires du 2 avril 1880

Et enfin Jules Ferry encourageait l’initiative des instituteurs et institutrices.

Claude Lelièvre étaie son article par des citations et rétablit la paternité des pseudo-citations de monsieur le ministre (ou de ses avisés conseillers). Ce n’est pas la minute Claude, c’est un article de monsieur Lelièvre.

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Des tables dans la rue

Delphine Julie m’a envoyé ces photos prises au détour d’une balade, à Courbevoie :

Sympa, de trouver des maths au sol ! Ces tables de multiplication peuvent être matière à bien des jeux, mais aussi à de multiples observations mathématiques… Et c’est plus sympa qu’un bête trottoir…

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Apothéose

Alors voilà, ce matin, une journée dense mais normale s’annonçait : de bon matin je me suis retrouvée à nettoyer une poubelle toute dégueu, j’ai coupé les cheveux de mon mari, nous avons fait le ménage à fond les ballons, après quoi j’ai participé à une visio de deux heures pour un projet éditorial, et puis nous avons déjeuné entre amis. Nous avons fait une super partie de jeux de rôles, marquée par mon incarnation de Nostradamus, tout en assertions philosophiques et en moulinets de bras. Bref, grand moment avec mes joueurs. Et puis j’ai débarrassé, vérifié mes mails, prévu la journée de demain, entre matinée de travail avec Marion pour écrire Mini projets, maxi maths pour le CE1, déjeuner en famille, préparation d’un carrot cake, correction de six paquets de copies et opéra en soirée.

Et puis je me suis assise à l’ordi avec le sentiment du devoir accompli, et j’ai lu mes mails.

Et là que vois-je ?

Je vois que René Cori cite mon nom dans son compte-rendu des journées de Jonzac.

René Cori.

Le dernier jour, l’assemblée générale de l’association, où ce sont surtout des questions de fonctionnement interne qui ont été débattues, a donné à Claire Lommé, membre du bureau national, l’occasion d’enchanter l’auditoire avec un joli poème qu’elle a composé pour promouvoir les brochures de l’APMEP !

Moi, Claire Lommé, j’ai enchanté René Cori.

Bon alors là, c’est bon, je ne pourrai pas faire mieux.

Ca va me faire un moment, c’t’histoire.