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Translation de 360° ?

Un ami m’a signalé cette vidéo. Elle aurait pu m’être utile, au fond, moi qui ne connais pas ma gauche de ma droite. Cependant, c’est pour une raison mathématique que je vous la propose. Mais comme il est possible qu’une partie d’entre vous ne tienne pas plus de 30 secondes (moi j’ai eu du mal…), je vous signale tout de suite que ce qui m’intéresse se situe à partir de 58 secondes environ :

Je proposerais bien ce morceau en préambule des transformations à mes 4es : j’ai déjà étudié en cinquième les symétries, les translations et les rotations, mais les élèves les plus fragiles n’étaient pas allés très loin dans les rotations. Avec cette intro, nous pourrions faire réémerger les éléments caractéristiques des rotations et des translations. Et puis expliquer pourquoi cela ne veut absolument rien dire, ce que ce monsieur raconte.

Parce que même pour être drôle, il faut être précis mathématiquement, non mais sans blague.

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Pfff, c’est hyper compliqué !!!
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Activité de saison

Un ami m’a envoyé ces photos ; un prof de maths qui se ballade, ça s’interroge sans cesse, à des moments inattendus :

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Cela m’a donné envie de bricoler une petite activité rapide, qui me permette de réactiver la proportionnalité par une entrée intéressante : quels critères pour savoir si une situation est proportionnelle ou non ? En prime, je réactive aussi, dans le même domaine, les agrandissements-réductions. Et puis nous allons forcément aborder bien en face les différentes écritures d’un nombre : fraction, écriture décimale, pourcentage, valeur exacte ou approchée ? Il va falloir faire preuve d’initiative, pour répondre à certaines questions, et j’attends de voir ce que proposeront mes élèves. C’est sans prétention et je ne vais pas passer beaucoup de temps là-dessus, mais l’idée m’a plu.

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Je ne mets pas en ligne le corrigé, car j’ai des élèves qui me lisent…

La page suivante sera ensuite projetée au tableau pour aborder quelques questions intéressantes, comme la place des maths dans l’élaboration de ces cloches, en particulier en lien avec la musique.

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L’activité complète est ici : Une histoire de vieilles cloches

Et là en version modifiable : Une histoire de vieilles cloches

 

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« Le pays mathémagique, pays de la grande aventure » (1959)

Freddy m’a envoyé cette vidéo, que j’avais vue il y a des années, mais oubliée depuis (merci Freddy !) :

Dans la première partie, les Pythagoriciens se retrouvent qualifiés de « secte de copains grosses-têtes », et Donald va saluer son « pote Pythagore »…

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On rencontre aussi Lewis Caroll, on apprend que le basket « se joue en cercles, en sphères et en rectangles », on joue au billard, on coupe des cônes en tranches… « Les mathématiques sont mille autres choses qu’une suite de chiffres et d’équations ! », nous dit le narrateur. La conclusion est particulièrement intéressante car elle explique la différence entre représentation et modélisation, ce qu’est l’abstraction, coeur des mathématiques.

Bon, le problème c’est que je ne comprends rien à ce que dit Donald…

 

 

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Siouplé, un p’tit service ???

À la rentrée, j’anime un stage sur la différenciation pédagogique auprès de l’équipe d’un collège. J’ai bien senti ce matin que c’était une grosse préoccupation dans ma tête… Les collègues ont vraiment une demande, et ils veulent du concret : c’est vraiment sur le procédural qu’ils ont besoin d’accompagnement. Alors j’ai passé le plus clair de ma journée dessus, mis à contribution mon mari pour avoir des idées et des avis, et comme j’y réfléchissais déjà depuis un bon bout de temps, j’ai posé toute ma trame, et clarifié presque tous les contenus. Elle me semble plutôt pas mal, cette formation. Sans doute mieux que toutes les précédentes sur la différenciation, selon mes critères à moi.

Mais il me manque quelque chose : des évaluations différenciées. J’en ai en histoire-géo, et je pourrais utiliser les miennes en maths, mais je ne préférerais pas : animer sur ses propres supports, c’est compliqué. Alors je me tourne vers vous : auriez-vous des évaluations par ceintures, ou des variantes d’une même évaluation à me transmettre ? Et si vous avez des ressources dans d’autres disciplines, c’est encore mieux ! Des évaluations d’école m’iraient aussi, car le but est de s’en servir pour réfléchir, analyser les choix, pas pour les mettre en oeuvre ni s’en inspirer directement.

Ce serait vraiment top…

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L’APEMP, même le dimanche.

Lire l’édito d’Alice Ernoult, intelligent et mesuré, au petit déjeuner. Se régaler à l’avance de la lecture des articles du nouveau Au fil des maths. Compter sur les ressources en ligne pour mes prep aujourd’hui. Finir la journée en corrigeant les travaux facultatifs de mes élèves, made in APMEP. Voir dans mon agenda que la journée régionale approche. Penser à comment m’organiser pour les journées nationales.

Voilà quelques-unes des raisons qui me font m’adhérer à l’apmep.

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Evaluation rime avec ambition

Récemment, un collègue est venu dans ma classe avec une demande qu’on ne m’avait pas encore faite : être en observation lors d’une évaluation. Je reçois régulièrement des collègues d’autres établissements dans ma classe, mais en général ils souhaitent « voir comment je fais », voir des mises en oeuvre d’activités de manipulation, le lien manipuler-verbaliser-abstraire, comment les compétences sont mobilisées explicitement,  comment la coopération est un levier, comment je différencie. J’aime beaucoup ces visites, car mes collègues allient expertise, tact et franchise : ils me font progresser, nous échangeons, en général durablement.

La requête de mon collègue était donc originale. Il m’a expliqué être intrigué par mes « méthodes » (je n’ai pas de méthodes, je m’adapte pour amener mes élèves à atteindre mes objectifs, en fonction de ce qu’ils sont) et penser « tout voir au travers des pratiques évaluatives ». Ça se défend : dis-moi comment tu évalues, je te dirai comment tu enseignes ? Possible.

Mon collègue a donc attendu une évaluation mensuelle pour venir observer. Il n’a pas aimé du tout, dans un premier temps. J’ai eu l’impression d’avoir en face de moi le moi-même d’il y a vingt ans : une Claire qui voulait une classe-autobus, notait au quart de point, considérait les évaluations comme des bilans, d’une certaine façon des événements dans la vie de la classe. Du coup, je l’ai bien compris.

Voici ce qu’il n’a pas aimé :

Les élèves se déplacent sans demander la permission, sans cesse.

Ils ne se déplacent pas sans cesse, mais lorsqu’ils en ont besoin : pour déposer leur carnet parce qu’ils ont besoin d’emprunter un rapporteur, pour aller chercher du brouillon, pour emprunter un glisse-nombre, pour venir me poser une question au bureau, pour venir à la table d’appui parce qu’ils se sentent en difficulté et ont besoin d’un coup de pouce. Cela ne me gêne pas : j’aime cette autonomie, qui les rend davantage chercheurs, car plus responsables.

Les élèves n’ont pas les mêmes sujets, quand même c’est embêtant en terme d’équité.

Je trouve plutôt inéquitable de proposer à certains élèves des tâches dont je sais qu’ils ne peuvent pas les réaliser, et à d’autres des tâches dont je sais déjà qu’ils savent les traiter. Mon but est de les pousser à aller plus loin, avec comme niveau minimal celui du socle. L’évaluation des compétences est en conséquence : j’attribue un point vert pour réaliser tout à fait bien une tâche au niveau du socle, et deux points verts à qui va plus loin. Et même le Graal, le carré bleu, à qui dépasse franchement les objectifs. Pour certains de mes élèves, les carrés bleus, c’est l’objectif. Pour d’autres, c’est d’avoir « moins de rouge », ou d' »avoir vert » dans une compétence donnée. Ça me va, si c’est bien vu. Et sinon, on en discute pour recalibrer les objectifs personnels qui se décalent. Car chacun doit avoir de l’ambition.

Traiter des exercices sur les décimaux avec un glisse-nombre, c’est trop facile.

Je ne crois pas. Je vois dans l’usage du glisse-nombre, comme de tous ces outils que je mets à disposition, un outil d’apprentissage. Aujourd’hui, mes évaluations ne sont pas un « clou du spectacle » : ce sont des non-événements, et des moments d’apprentissage. Probablement parmi les plus efficaces. Les élèves se détacheront de ces outils, progressivement. Je leur laisse le temps. Plusieurs viennent en chercher à mon bureau et ne l’utilisent pas vraiment : ils le regardent, l’ont en main et c’est tout. Cela les rassure, sans doute. Dans quelques semaines, tous auront le glisse-nombre dans la tête.

Réévaluer des compétences anciennes échouées, c’est trop compliqué et ça ne donne pas de poids à l’évaluation initiale.

Pour la première partie de la proposition, c’est un peu vrai, c’est compliqué, en tout cas délicat et chronophage. Mais mes élèves progressent bien ! Pour la deuxième partie, je ne suis à nouveau pas d’accord : les élèves veulent réussir du premier coup. Mais ils savent que s’ils échouent selon leurs critères, ils auront une autre chance. Encore aujourd’hui, une élève est venue me voir, la voix tremblante, en fin d’évaluation : « madame, il y a trois exercices que je n’ai pas réussis, est-ce que vous croyez que je pourrai refaire une évaluation sur ces compétences-là pour me rattraper ? » Oui, c’est possible, je prépare ça pendant le week-end et à la prochaine heure de perm tu la fais, ai-je répondu. Ma petite élève a retrouvé le sourire : elle est sûre de pouvoir être compétente la fois prochaine, car de son propre aveu « elle n’est pas loin d’y arriver ». Elle savait bien ce que je lui répondrais, et pourtant elle avait quand même une grosse angoisse de ne pas avoir réussi du premier coup.

Moi mes élèves, sans notes, ils ne travailleraient pas.

Ah bon ? Pourquoi les miens travaillent sans note, alors ? Note ou pas note, ce n’est pas la question : évaluer n’est pas noter. À mon sens tout est définitivement dans l’ambition, l’exigence. C’est ça qui donne de l’importance, un prix, aux apprentissages.

Évaluer les compétences c’est trop compliqué.

Au début, c’est différent et les gestes professionnels ne sont pas les mêmes, il faut donc trouver ses marques. Aujourd’hui, je pense corriger plus rapidement, et, surtout, bien mieux, au sens où je peux décrire précisément ce que mes élèvent savent et ne savent pas, savent faire et ne savent pas faire encore.

Et puis finalement…

Le collègue est reparti avec les évaluations de mes élèves, photocopiées. Aujourd’hui, il m’a réécrit : il évolue car il voit des productions qui le surprennent : mes élèves s’expriment beaucoup à l’écrit (pas forcément de façon juste et efficace, mais ils expliquent leurs arguments), vont plus loin que les attendus que mon collègue estime « classiques », répondent même lorsqu’ils ne sont pas sûrs d’eux, sont capables de transformer une consigne pour me montrer qu’ils savent « faire des choses », quitte à la simplifier (« j’ai remplacé 5/7 par 1/3 parce que là je sais faire »). Il voit quelles compétences sont acquises, lesquelles sont  retravailler. Même mon référentiel semble faire sens pour lui, ce qui est un très bon signe dans un temps si court. Malheureusement, je ne fais pas réussir tous mes élèves. Mais personne ne me rend copie blanche, personne n’a rien appris. Ce n’est pas suffisant, mais c’est mieux qu’en début de carrière.

En discutant avec mon collègue, je me suis rendu compte que j’étais assez sûre de mes pratiques évaluatives. Ça change un peu : j’ai une furieuse tendance à douter. Mais là, avec le bénéfice de l’expérience, je suis bien en équilibre. J’espère ne pas m’encroûter… Ni me contenter de trop peu. Je ne crois pas, mais au cas où, je vais y réfléchir.

J’ai hâte de continuer d’échanger avec ce collègue : la contradiction argumentée, c’est un bon carburant !

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Cliché, quand tu nous tiens….
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La vie sans chiffres

Une pièce de théâtre s’intitule La vie sans chiffres. Un ami prof de maths me l’a signalée, et il va sans doute aller la voir, ce qui me permettra d’en avoir plus.

La pièce est écrite et mise en scène par Olivier Dutaillis, interprétée par Joëlle Serrane. La pièce est adaptée du roman d’Olivier Dutaillis  » Le jour où les chiffres ont disparu  » (Albin Michel). Elle a été présentée au Festival d’Avignon en 2017 et 2018. Elle est aujourd’hui programmée au Théâtre du Gymnase Paris-Bell. La fiche indique :

La vie sans chiffres serait tellement moins stressante !

Anna, musicienne talentueuse, interrompt sa carrière, atteinte d’un mal étrange : mathématopathie aiguë !
Elle part alors en guerre contre la dictature des chiffres…
Est-elle folle ou visionnaire ?

Les critiques des spectateurs sont excellentes : la comédienne réalise manifestement une belle performance et la pièce est dynamique et poétique.

Toute la question est de savoir si on parle dans la pièce de vivre sans chiffres ou de vivre sans nombre. Cela m’a fait penser au livre de Daniel Tammet, l’Eternité dans une heure, qui raconte le rapport aux nombres de diverses sociétés et présente une tribu (des Amérindiens d’Amazonie, les Pirahã) qui ignore le nombre, avec toutes les conséquences que cela présente.

Mais c’est curieux : on parle souvent de dictature des chiffres, jamais de dictature des lettres.

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