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Vous reprendrez bien un peu de cliché ?

Sur le site de Marianne, j’ai lu ce matin un article qui m’a fait bondir. Véronique Marchais, professeur de français et co-auteur du manuel scolaire Terre des lettres, fait sa fête à la formation intiale des enseignants, à l’ESPE. Tout en nuance, l’article explique que le « lent naufrage de l’école française » est la faute des ESPE, qui propose une « formation initiale aujourd’hui réduite à un embrigadement« , infantilisante, « imposant une démarche unique« , espèce d’éteignoir de la liberté pédagogique et de l’esprit critique. L’ESPE apparaît d’ailleurs comme rangée dans la catégorie « institution », quel qu’en soit le sens.

J’invite cette dame à venir nous rendre visite, dans notre ESPE, quand elle veut. Elle aura un contre-exemple de ce qu’elle prétend. Elle écrit : « Qu’on se le dise : le professeur qui réfléchit est une espèce en voie de disparition, menacée par les réformes en cours. » C’est une honte, d’écrire ça. Ce que nous faisons dans mon ESPE, c’est justement donner l’envie, les moyens, la conscience de la nécessité de réfléchir par soi-même, pour être le plus efficace possible, tout en prenant du plaisir à enseigner.
La suite est l’avenant : c’était mieux avant, doxa, dogme, pédagogues (on a échappé aux pédagogos, merci madame), idéologie, refus de la réalité… Tout est en miroir, en fait, et c’est une charge-défouloir qui n’est en rien constructive, et qui est mensongère. Dommage : il serait intéressant de discuter vraiment. Car non, l’enseignement descendant et magistral n’a pas réussi. C’est bien pour cela que les professionnels ont cherché des solutions. Solutions imaginées, construites et testées grâce à leur liberté pédagogique, la même que l’auteur de l’article imagine niée. Au contraire, la réforme, justement, l’affirme comme jamais, et la permet concrètement davantage qu’auparavant. Et puis les enseignants gardent ce qui fonctionne : il n’est pas question de changer juste pour changer. Chaque enseignant est libre de décider de ses pratiques, et le fait en réfléchissant aux meilleurs façons de faire réussir les élèves. Car c’est cela qui doit nous guider : ni des querelles de clocher, ni des positions de principe, ni la recherche d’un pouvoir qui n’existe pas. Notre seul moteur, c’est de faire réussir les élèves, c’est-à-dire de les préparer à leur vie d’adulte, d’humain, de citoyen.
« Il faut réaffirmer la liberté pédagogique ; C’est cela, et cela seul qui pourrait “inverser la courbe” du lent naufrage de l’école française. »  Merci madame, d’avoir trouvé la solution.
Je retourne donc exercer « vulgairement » mon métier, avec l’impression de réfléchir par moi-même, alors que je ne suis qu’une exécutante manipulée qui pense de travers.
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Mathchoum

– Il est rigolo votre nez madame !

– Non, il n’est pas rigolo, il est rouge.
– Vous avez un rhume ?
– Oui. Un gros.
– C’est bête, hein, vous dites toujours que les maths c’est utile pour tout, mais vous voyez, c’est pas utile pour le rhume.
– …

En hiver quand j’attrape un gros rhume, mon nez coule comme une fontaine et je prends la précaution de préparer chaque matin deux paquets de n mouchoirs en papier chacun que je mets respectivement dans la poche droite et dans la poche gauche de ma veste. Quand j’ai besoin d’un mouchoir, je choisis au hasard l’une des poches et je prends un mouchoir qui s’y trouve jusqu’au moment où je constate pour la première fois qu’une poche est vide.
Quelle est la plus petite valeur de n qui me donne plus de 3 chances sur quatre de trouver au moins 4 mouchoirs dans la deuxième poche afin d’avoir le temps de remplir à nouveau mes poches ? Calculer pour cette valeur de n, l’espérance mathématique du nombre de mouchoirs qui restent dans la deuxième poche.

Ahaaaaa, et toc ! C’est utile pour avoir toujours des mouchoirs dans ma poche !
Ce problème s’adresse aux élèves à partir de la classe de première.
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Dans le métro à Paris

Lors des journées du CRAP, j’ai eu l’occasion de prendre le métro. Même si je préfère flâner nez en l’air à la surface, il m’a bien fallu m’enterrer un peu.
Même dans le métro, j’ai eu de quoi me mettre sous ma dent de prof de maths.

D’abord, une citation de Ben :

N’importe quoi… Monsieur Ben, je trouve que vous écrivez des bêtises. D’abord, la vérité n’est pas forcément belle. Ensuite, en communiquant ce que vous communiquez, vous passez cette pseudo-vérité par le filtre de votre subjectivité. Et enfin, le fait que 1 + 1 = 2, ce n’est pas une vérité, c’est une convention.

Ensuite, voilà-t-y pas qu’Oscar Wilde s’en mêle et joue son gars-de-base-qui-a-un-truc-à-dire-sur-l’éducation.

D’aaaaccord. Alors déjà je ne suis pas sûre, même si je ne trouve pas d’exemples pour étayer mon propos, là tout de suite, et ensuite on pourrait discuter sur l’assimilation éducation-enseignement. C’est faible, comme propos, je trouve. Ca m’a agacée. Et ne me sortez pas l’amour : aimer, ça s’enseigne, par l’exemple, dès tout petit petit.
Cela dit, en farfouillant sur Oscar Wilde, j’ai trouvé une « peut-être citation » que je trouve tout à fait admirable : à l’agonie, Oscar Wilde aurait dit « Soit ce papier peint disparaît, soit c’est moi ». Alors là, chapeau bas, cela ne manque pas de panache.

Demain, je vous raconterai les chaussettes spécial matheux.

C’est l’aventure, quand je vais à Paris…

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Les maths, c’est deux fois plus important que l’histoire-géo. C’est le Monde qui le dit.

Ben oui, et je le prouve : ce matin, sur une quarantaine d’articles, on en trouve 15 sur l’Euro (ça va être loooooong), 4 sur les grèves, 2 sur les élections américaines, 2 sur les pluies de la semaine dernière, un seul sur la Syrie, un seul sur le Pérou…
Mais le premier article qui parle de maths (en vue du bac) est en 20e position. Alors que le premier sur une autre discipline est en 40e position, et c’est l’histoire-géo.

Conclusion : les maths, c’est deux fois plus important que l’histoire-géo.

Ben quoi, c’est pas du journalisme scientifique, ça ?

Ah, je croyais…

Heureusement, le toujours excellent Fabrice Erre est là pour nous réconcilier (parce que là, mon mari prof d’histoire, il boude…) :