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Georges Rousse

Toujours dans ma lubie anamorphoses, j’ai découvert cette fois Georges Rousse, grâce à ma fille qui me l’a signalé : elle se souvenait de Varini et de Rousse, deux artistes qu’elle a étudiés en arts plastiques.

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Voilà encore un autre type d’oeuvres, qui joue différemment avec les couleurs et assume pleinement son rapport à la géométrie :

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Je ne sais pas encore précisément ce que je vais faire de tout cela, mais je vais en faire quelque chose pour mes élèves, c’est certain.

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Felice Varini

Il a quelques jours, j’ai écrit un article sur les anamorphoses de David Zinn. Un lecteur m’a envoyé deux références d’autres artistes qui pratiquent l’anamorphose, dont Felice Varini. Felice Varini est un artiste suisse qui a réalisé une anamorphose au musée des Beaux-Arts de Rouen, en plus. Sur son site, on découvre ses anamorphoses selon le point de vue idéal, mais aussi « hors point de vue », ce qui est vraiment intéressant et un appui solide pour faire comprendre à nos élèves ce qu’est une anamorphose :

« Cercle et ondes de cercle pour le trapèze » Montrouge 201

Hors point de vue :

Allez, pour le plaisir, une autre (parmi un choix incroyable de productions !) :

"neuf couronnes tangentes par les pôles" Zurich 2014

Hors point de vue à nouveau :

C’est vraiment extraordinaire. Je me demande si monsieur Varini utilise des maths directement, ou s’il procède par intuition, par expérience.

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Anamorphoses urbaines

David Zinn est un artiste qui crée des dessins de rue temporaires, à la craie, au fusain, à partir de la configuration de l’environnement : un tuyau, une brique manquante, une craquelure dans le trottoir et hop, son imagination et son talent graphique font le reste. C’est tout à fait remarquable.

David Zinn s’appuie sur l’ « anamorphose paréidolique » ou « anamorphose paréidolaire » : il combine les principes mathématiques des anamorphoses et de la paréidolie, qui est un  phénomène psychologique amenant à reconnaître des formes, des personnes, des animaux dans l’environnement usuel. Le grand classique de la paréidolie, c’est le fait de reconnaître des formes dans les nuages. Là, David Zinn nous aide bien : ses dessins sont si bien réalisés et font appel à un imaginaire tel qu’il faudrait vraiment résister pour ne pas voir ce qu’il induit…

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Les maths dans le grand bain

Dans le film Le grand bain, de Gilles Lelouche, sorti en octobre 2018, on entre par une « contradiction géométrique ». Il y est question de ronds, de carrés, de courbes, de lignes brisées. Je ne m’attendais pas à une telle entrée en matière !

Je l’ignorais, mais ce film a reçu le César des lycéens. Et un dossier pédagogique lui est consacré sur Eduscol. On y lit, par exemple :

UNE CHORÉGRAPHIE DE FORMES GÉOMÉTRIQUES

Dès le pré-générique, la question des formes s’impose au spectateur. Un iris, donc une forme ronde, vient souligner dans le plan les propos de la voix off : « Une question géométrique est l’histoire d’une planète ronde et débile qui ne sait pas pourquoi elle tourne, qui ne sait pas pourquoi elle tourne tout le temps, comme ça, autour d’un soleil rond et débile qui ne sait pas pourquoi il brûle tout le temps, comme ça ; mais c’est aussi le récit d’une courbe qui devient droite puis se transforme en angle rigide, l’histoire d’un carré qui dégage le rond d’un coup de règle… » De prime abord, la mise en scène pro- pose une vision assez ludique, proche de l’animation, et n’est pas sans évoquer les lignes et vastes open-spaces du Playtime de Jacques Tati (1967). La comédie de Gilles Lellouche joue avec cette ronde continuelle, à la fois formelle et narrative, qui se retrouve notamment dans l’emploi d’ouvertures et de fermetures « à l’iris ». Les lignes dominantes du film dessinent une trajectoire d’abord heurtée, pour que les personnages puissent épouser la courbe et affronter finalement la vie et ses tracas. La force du groupe se trouve dans ces lignes qui acceptent de se courber ensemble, afin de redéployer des corps disloqués par les aléas du quotidien. Bertrand (Mathieu Amalric) est dépressif, Marcus (Benoît Poelvoorde) mène sa boîte vers la faillite, Simon (Jean-Hugues Anglade) est un musicien raté, Laurent (Guillaume Canet) ne décolère pas contre le monde entier, Thierry (Philippe Katerine) est sans cesse rabaissé, humilié. Les personnages principaux sont encerclés par une médiocrité qui les englue. La figure du rond se retrouve aussi dans le « cercle vicieux » de l’alcoolisme où s’est enfermée Delphine (Virginie Efira) et auquel elle essaie de se soustraire en participant à des « cercles de parole ». Tous tentent d’échapper aux espaces fermés pour se projeter dans l’ouverture d’un nouveau cercle communautaire et sportif à sept, puis huit membres. Les formes géométriques du rond et du carré hantent le film. La figure carrée, qu’elle soit symbole ou décor, les asphyxie dans une vie écrasée par les pro- blèmes : le chômage et la dépression pour l’un, la logique de l’échec pour les autres. La géométrie se déploie pleinement dans le point d’orgue (climax) que constitue la séquence olympique de danse synchronisée. Le travail opéré sur les formes et les couleurs témoigne d’une victoire sur la matière et renvoie explicitement aux grands ballets aquatiques orchestrés par Busby Berkeley et aux comédies musicales hollywoodiennes portées par Esther Williams, que Thierry regarde d’ailleurs sur l’écran de télévision, en forme d’aquarium vitré, qui se trouve sur son bureau. Le carré de l’écran implose pour laisser libre court à une chorégraphie endiablée, parfaitement synchronisée, qui passe des formes circulaires aux formes carrées avec une aisance et une maîtrise parfaites. La piscine, elle-même, a des allures d’immense rectangle et la géométrie se retrouve dans la circulation des liens fraternels qui finissent par unir les membres de l’équipe. La vérité générale assénée en voix off au début du film – « Un carré ne rentrera jamais dans un rond » – est démentie par le finale : « Il est désormais une certitude que personne ne pourra remettre en question, pour peu qu’on en ait l’envie : un rond peut rentrer dans un carré. »

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Pour les clubs de maths

L’académie d’Orléans-Tours propose un dossier de ressources pour les clubs de maths.

Pour commencer, le dossier propose des pistes de réflexion et d’organisation pour se lancer, avec des conseils et de points de vigilance simples et efficaces. Ensuite, de multiples variations sont proposées : atelier de Jeux de stratégie, atelier de polyèdres, atelier MATh.en.JEAN, club «De tout et de rien», club «Je suis curieux, j’expérimath’», club atelier mathématiques, club éolienne, club robotique, challenge création d’un jeu vidéo, club Rubik’s cube, club vidéos mathématiques… Il y en a vraiment pour tous les goûts et toutes les envies ! Dans chaque cas, des exemples d’activités sont proposées, et les compétences mises en oeuvre mises en valeur. Les entrées sont variées et très ouvertes : le club de tout et de rien est vraiment top, par exemple, et montre comme tout est possible, comme donner envie en développant des apprentissages peut se faire par des voies diverses !

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Pour ma part, cette année j’ai fait ce que j’ai pu, sans jamais avoir le temps de prendre du recul et de suivre un fil directeur… J’étais plus méthodique les années passées. Mais l’année prochaine, ce sera différent, et ce dossier va m’y aider !

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Par tous les points de mon plan à moi

Une nouvelle lubie m’a atteinte aujourd’hui : clarifier mes références didactiques en géométrie. A l’origine, une question que je me suis posée, dans un CP rural, la semaine dernière. Alors depuis ce matin, dès que j’ai un moment, je lis, j’absorbe, je compulse, j’engloutis. Je suis dans la phase de nourrissage intensif, tendance gloutonnerie. Aucune idée de sa durée… Je sais qu’ensuite viendra la phase de focalisation, celle qui me permet de trier, de catégoriser et de définir un fil rouge à suivre pour arrive là où je dois aller. Où ? Je ne le saurai qu’à la fin.

Parfois, je me fatigue moi-même. Mais la machine est enclenchée, je ne peux que suivre le mouvement que mon cerveau m’impose.

Mais j’ai croisé un poème de Desnos, en chemin. J’ai trouvé ce poème magnifique, et moi qui ne suis pas toujours sensible à la poésie, il me parle, il m’emporte. Il m’a interrompue dans ma frénésie de lecture. Depuis, je le relis.

Par un point situé sur un plan
On ne peut faire passer qu’une perpendiculaire à ce plan.
On dit ça…
Mais par tous les points de mon plan à moi
On peut faire passer tous les hommes, tous les animaux de la terre
Alors votre perpendiculaire me fait rire.
Et pas seulement les hommes et les bêtes
Mais encore beaucoup de choses
Des cailloux
Des fleurs
Des nuages
Mon père et ma mère
Un bateau à voiles
Un tuyau de poêle
Et si cela me plaît
Quatre cents millions de perpendiculaires.

Robert Desnos, « La géométrie de Daniel », 1939