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Le glisse-nombres de tableau et ses extensions

Hier, ma fille et moi avons finalisé le glisse-nombres dont j’avais parlé ici. Bon, entre le glisse-nombres et moi, c’est une fixette de longue date. Mes élèves de sixième l’utilisent beaucoup, puis apprennent à s’en passer, mais y reviennent les jours de fatigue ou devant une difficulté particulière. Et au fil du temps je constate que des élèves de cycle 4, jusqu’en troisième, vont parfois en chercher un sur mon bureau, « pour être sûr ». Le glisse-nombre de tableau est pour moi indispensable : pas une semaine sans que je l’utilise, et pas seulement en sixième. Mais cette année des élèves de quatrième ont eu une idée qui m’a semblé judicieuse, relayée par une question d’élèves de sixième, puis de troisième.

Des élèves de quatrième étaient en difficulté sur la notation scientifique. Ils m’ont demandé si nous ne pouvions pas réaliser un glisse-nombres qui les soutienne : un glisse-nombres sur lequel on pourrait visualiser par exemple ceci :Capture d’écran 2019-07-14 à 15.22.42.png

 Leur question m’a trotté dans la tête. Oui, on peut, mais ça va faire grand. En même temps, que des élèves de quatrième pensent eux-mêmes à élargir le glisse-nombres à la notation scientifique m’a plu : ils se souviennent de l’intérêt du glisse-nombres et font le lien.

La même semaine, des élèves de sixième m’ont demandé ce qu’il y a « avant et après le glisse-nombre », comme « cases » et comme « catégories ». Enfin, des élèves de troisième en difficulté sur la mémorisation des préfixes auraient voulu associer ces préfixes au glisse-nombres. Mais le mien était trop court.

Bon, là, c’en était trop, il fallait trouver une solution.

Alors donc hier, atelier glisse-nombres à la maison, avec décoration et claquage de la plastifieuse en prime. Faut que je m’en rachète une : trois glisse-nombres, elle n’a pas supporté.

Voici la partie centrale, à peu de choses près comme avant :

Capture d’écran 2019-07-14 à 15.13.59

Quelques modifications toutefois par rapport à l’ancien glisse-nombres :

  • des codes couleur pour faciliter la lecture par regroupement
  • pas de virgule : elle sera autocollante et amovible, et, comme Ludovic l’avait proposé, n’apparaîtra qu’une fois l’écriture décimale reconstruite.

Les décos sont faites maison :

Ensuite, les glisse-nombres annexes :

Capture d’écran 2019-07-14 à 15.15.24Capture d’écran 2019-07-14 à 15.14.38

En tout, ça fait un ensemble dans ce goût-là (la déformation est due au mode panorama pour réussir à tout avoir sur la même photo) :

Capture d’écran 2019-07-14 à 15.15.38

En prime, nous avons fabriqué des petits cartons aimantés, de différentes natures. Le but est que j’en distribue aux élèves, en fonction de leur niveau de classe et du programme, et qu’ils aillent les appliquer au tableau, au-dessus des glisse-nombres, à la bonne place.

Capture d’écran 2019-07-14 à 15.14.26Capture d’écran 2019-07-14 à 15.14.14

Et nous avons fait la même chose avec les préfixes :

Capture d’écran 2019-07-14 à 15.14.50Capture d’écran 2019-07-14 à 15.15.02

En revanche attention, ces préfixes peuvent permettre un lien avec les mesures, mais je me refuse absolument à utiliser le glisse-nombres pour des conversions. Lorsqu’on effectue des conversions, rien ne glisse : certainement pas la virgule, qui n’a pas sa place dans un tableau de conversion, et les chiffres non plus, puisqu’un tableau de conversion est seulement un appui de lecture. Ce serait donc utiliser le glisse-nombres d’une façon cognitivement radicalement différente, ce qui pourrait atténuer ses bienfaits didactiques.

Puriste du glisse-nombre je reste donc.

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Les wrap’ups de Thomas

J’avais parlé ici des wrap’ups, que mon copain Abdel m’avait fait découvrir. Hier, c’est Thomas, un super collègue que j’ai eu la chance d’avoir comme étudiant et que je croise à présent sur les événements mathématiques, m’a envoyé des photos de ses réalisations :

Ce qui est chouette, c’est que c’est sur mon blog que monsieur Maussion a découvert les wrap’ups. Et il a « poussé le concept », avec la découpeuse laser de son établissement, pour en créer qui soient adaptés à ses besoins pédagogiques.

Créer le modèle a pris 30-45 minutes. Et comme Thomas est en poste dans un lycée bien équipé, il en a profité à bon escient !

Ils sont forts, ces jeunes !

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Le démultipliox

Stéphane Robert, formateur lillois, a attaqué direct lundi matin à Lyon : avant même l’ouverture de la formation il m’avait collé dans les mains un dérivé du Pliox. Il s’agit, à partir du carré multicolore, de faire apparaître un carré de quatre petits carrés, vert, puis bleu, puis rouge puis jaune. Le vert, c’est facile. Pour les autres couleurs, il m’a fallu l’aide de mon fils. Et à mon fils, il a fallu l’aide de sa sœur. A trois, nous avons réussi. Pfiou !

C’est bien rigolo en tout cas. Bienvenue au club maths, démultipliox !

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RMC, formation 2.2.7

  • 2 pour la vague 2 ;
  • 2 pour mon deuxième thème présenté (je passe de l’accompagnement à la géométrie, pour cette fois) ;
  • 7 comme la septième version de ma préparation.

J’ai tout bien rangé dans mon cartable : mon puzzle, les polydrons, la corde à treize noeuds, de la ficelle, les conditions nécessaires et suffisantes du parallélogramme, des solides en bois, des cubes logiques, des équerres… Et ça c’est juste pour aujourd’hui.

J’ai hâte de voir si elle est bien calibrée, cette formation.

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Pavages et transformations : un de plus !

Sur le blog Un de plus ! , l’auteur, une collègue pleine d’énergie et hyper réflexive, propose une activité de pavages s’inspirant de M.C. Escher. Elle propose en téléchargement des productions sur les transformations, ses activités de pavage et des propositions de trace écrite. Je ne mets pas ces documents en lien ici, de sorte que ceux d’entre vous que cela intéresse aillent sur son site. C’est .

Cela m’a donné envie de commencer par ça en club maths, l’année prochaine. Je vais changer de salle, avoir plus de place et pouvoir créer des pôles d’activité pendant le club. Je vais aussi avoir une robuste et grande table pour les bricolages. Et en plus le prof de techno va être à côté, et ça c’est chouette… Bref, je commencerais bien par une activité de ce type, à tous les niveaux, en attaquant comme Un de plus, par l’étude des transformations dans les pavages d’Escher. Travailler les symétries, rotations, translations, mais aussi des compositions de transformations, ce serait bien chouette. Je voudrais vraiment mathématiser et aller assez loin, de façon explicitement formalisée. Modéliser, quoi.

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Je vais cogiter ça. Je travaille déjà Escher sur les représentations de solides, nous avions réalisé des pavages. Mais je voudrais aller plus loin dans les maths. Merci à cette collègue de son partage !

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Ca, c’était au début. Depuis il y en a plus !
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« Ce qui saute aux yeux ne saute pas aux mains » (Y Hatwell)

Mon ami Nourdin, qui sait qu’en ce moment je cogite et je me cultive intensivement sur la géométrie, et qui est aussi du genre à cogiter frénétiquement, m’a envoyé des ressources sur la géométrie pour les élèves déficients visuels. Pascal Aymard, enseignant spécialisé CAEGADV 2nd degré (il s’agit du certificat d’aptitude à l’enseignement général des aveugles et des déficients visuels), a élaboré et mis à disposition un document, tout à fait passionnant. Merci Nourdin de m’avoir transmis ces documents : tu as vu juste, c’est pile poil complémentaire de l’approche que j’avais choisie…

Pascal Aymard écrit en introduction :

L’acquisition de connaissances géométriques élémentaires est essentielle pour comprendre et transformer l’environnement spatial. En particulier, si une personne en situation de handicap visuel veut ‘être au monde’, la représentation mentale et la manipulation de données géométriques constituent pour elle, un intérêt et un enjeu des plus prégnants.

Par exemple :

La locomotion s’appuie sur les notions de points, de repères, de direction et de sens pour localiser. Lors de nos déplacements, nous évaluons les distances et les mesures d’angles, nous projetons inconsciemment sur des axes imaginaires, nous utilisons des intersections, des parallèles, des perpendiculaires, des symétries et nous avons besoin d’identifier la forme des pièces, des objets qu’elles contiennent, la forme des rues. Pour lire un plan ou un croquis, pour mémoriser des trajets simples ou longs, les personnes aveugles et les instructeurs en locomotion utilisent en permanence un vocabulaire, des notions et des techniques de raisonnement géométrique travaillées en classe.

Voilà qui présente joliment l’aspect crucial de l’apprentissage de la géométrie, pour tout individu. Dans la suite, Pascal Aymard présente les particularités de la perception des enfants déficients visuels et les erreurs récurrentes dans l’identification haptique, constatées chez les personnes voyantes et non-voyantes. Son écrit permet de réfléchir différemment à ce qu’est une image mentale et ouvre les champ des possibles pour favoriser la naissance de ces images mentales chez nos élèves, quelle que soit leur vision.   Et il cherche à répondre à cette question :

Et, s’il convient de se demander comment adapter, il n’en demeure pas moins essentiel de savoir quoi et pourquoi adapter…

Dans la deuxième partie, Pascal Aymard présente la boîte à pliages géométrique :

Associer le pliage du papier et la pensée géométrique semble parfaitement naturel

Le vocabulaire utilisé est évidemment d’une importance fondamentale dans les apprentissages des enfants mal-voyants ou non-voyants. Le document est explicite quant aux objectifs et à la progressivité du lexique, et propose des pliages, avec des narrations de séances, de dialogues avec les élèves.

Il y a beaucoup à prendre dans ce document, pour alimenter notre réflexion pour tous nos élèves. Je vous en conseille vivement la lecture.