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Genre, mathématique

Olivier Longuet a trouvé cette couverture :

J’adore les observations et les analyses d’Olivier :

Une couverture de comics qui m’a fait marrer : Prodigo de Mark Millar. Pour présenter le personnage le plus intelligent et complet de la terre, faites le poser à côté d’un violon, d’un jeu d’échecs, d’un livre d’une sulfateuse et devant un tableau rempli de formules mathématiques.

On se dit à première vue de la couverture que le type est un génie, et aussi un homme d’action à la hauteur de son génie. Sauf que, regardez le tableau de plus près.

Le tableau est composé de nombreuses formules censées nous impressionner. En fait, 3 fois les mêmes formules et figures comme sur un papier peint (je veux le même papier peint pour mon bureau), et ces formules sont du niveau lycée, et sans vrai lien logique, d’ailleurs

Pour poser un personnage dans une BD, faites le poser devant un tableau de formules mathématiques. Ca impressionne.

https://twitter.com/OLonguet/status/1526198427599654912?s=20&t=XaMQx_VJaFosw7aO9MKOqg
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Réaction du bureau de l’APMEP au projet de programme de première en mathématiques

Le bureau de l’APMEP a écrit et publié un communiqué qui pose sa réaction devant le projet de programme de mathématiques de première.

L’APMEP a pris connaissance du projet de programme de mathématiques dans le cadre de l’enseignement scientifique et mathématique, en classe de première. Le ministère, sous pression, propose en urgence un aménagement inadapté sur une structure que nous dénonçons depuis le début avec force et sans relâche.

Ce n’est pas acceptable car cela ne permettra pas une formation de qualité.

Le projet de programme, aux allures de catalogue, renforce l’instrumentalisation des mathématiques sans leur donner de perspective culturelle et sociétale, ni les considérer comme objet d’étude. Or, le tronc commun doit contribuer à diffuser et à partager une culture commune. L’horaire annoncé (une heure et demie par semaine) ne permet pas la formation de l’ensemble des élèves à l’activité mathématique et le traitement de la totalité des contenus.

Le CSP s’est appliqué à répondre à la commande ministérielle qui n’était pas raisonnable. Nous dénonçons aussi le projet de programme comme ne répondant pas aux enjeux de formation du citoyen éclairé. S’il propose des thèmes incontournables, nous identifions le peu de finesse dans son contenu et le manque de souplesse dans son déploiement. L’articulation avec l’option mathématiques complémentaires n’est pas pertinente ; le risque perdure d’une aggravation de la désaffection des filles pour la spécialité de mathématiques.

Comment réconcilier les élèves avec les mathématiques avec les contenus proposés avec un si petit horaire ? L’APMEP demande, encore et toujours, la création d’une deuxième spécialité de mathématiques, complétant un enseignement de mathématiques du tronc commun, ainsi que la possibilité de conserver en classe de terminale les trois spécialités choisies en classe de première. Elle ne se satisfait pas de ce projet de programme, tant sur son contenu stéréotypé que sur sa déclinaison dans les établissements.

L’APMEP craint la grande souffrance qu’engendrera la mise en œuvre de cette proposition pour les élèves, leurs familles et les équipes éducatives.  

Le bureau national

https://www.apmep.fr/Reaction-du-bureau-de-l-APMEP-au
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Des albums et des maths : attention, référence (anglophone) FABULEUSE

Nathalie Sayac m’a aujourd’hui fait découvrir le site de Natthapoj Vincent Trakulphadetkrai, Mathsthroughstories. Alors là attention, vous qui aimez lier littérature et enseignement des mathématiques, j’espère que vous lisez l’anglais, parce que sinon vous allez passer à côté d’une pépite. Evidemment, les albums étant en langue étrangère c’est moins utilisable pour nous que s’ils étaient en langue française, mais d’abord certains sont traduits, et ensuite voilà une mine d’idées et de ressources transférable.

Le propos de ce site est de lier l’enseignement et de l’apprentissage des mathématiques par le biais d’histoires et de l’écriture créative, de façon concrète, comme par exemple en :

  • Découvrant des histoires mathématiques, nouvelles et classiques, pour pour nos élèves, au travers d’une grande base de données ;
  • Accédant à des tas d’informations au travers d’articles de blog, de critiques de livres et d’idées de contenus de séances ;
  • Apprenant à créer nos propres livres d’images d’histoires mathématiques.

J’en ai pour un moment d’exploration, mais j’ai voulu partager à mon tour cette découverte incroyable de Nathalie.

L’équipe est internationale, mais sans Français… Il va falloir remédier à cela vite fait, si c’est possible, parce que quand même, enfin bon.

Quelques extraits, tout à fait résumés :

Caractéristique clé 1 : Une histoire, une histoire, une histoire !

Les livres d’images doivent contenir une histoire impliquant des personnages, des décors, des intrigues, etc. Trop souvent, beaucoup d’entre nous supposent que tous les livres d’images contiennent une histoire. C’est une erreur. Dans le contexte des livres d’images sur les mathématiques, un titre très apprécié tel que « One Is a Snail, Ten Is a Crab » (Sayre & Sayre, 2003), constitue un excellent exemple de livre d’images sur les mathématiques qui ne contient aucun élément d’histoire. Bien que ce titre soit très utile pour aider les jeunes enfants à apprendre à compter et à additionner grâce à une série d’illustrations de personnes et d’animaux ayant un nombre de pattes différent (par exemple, « 1 est un escargot. 2 est une personne. 3 est une personne et un escargot »), il ne s’agit pas d’une histoire mathématique dans la mesure où il ne contient aucun élément de récit.

Plus précisément, « Un escargot, dix crabes » peut être décrit comme un livre d’images sur les concepts mathématiques. Malgré cette distinction, il ne faut pas nécessairement en déduire que les livres d’images conceptuels sont de moindre qualité que les livres d’images narratifs. Mais il est important que nous disposions tous d’un langage précis pour comprendre de quoi nous parlons.

La caractéristique clé 2 est la Résolution de problèmes; la 3 est l’aspect ouvert des démarches mathématiques envisageables. En n°4, il faut que les concepts mathématiques soient représentés de façon variée. En n°5, « Utiliser les idées fausses courantes comme point d’enseignement » est cité, et en n°6 le fait de se concentrer sur UN concept mathématique. Viennent ensuite l’exactitude mathématique, la diversité des personnages, l’aspect innovant dans l’approche des concepts mathématiques et la clarté de l’écriture. Rien que cette typologie est intéressante et fait écho au mémoire que je m’échine à écrire pour mon DE sur le thème d’enseigner les maths par les albums.

C’est étourdissant, tout ce que propose ce site.

On peut s’inscrire à la newsletter. Pour moi, c’est fait.

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Je me lance dans le grand bain,

mais je garde ma bouée canard, quand même. En rentrant du bureau de l’APMEP de ce weekend, j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres la nouvelle édition de Premiers pas vers les maths, de Rémi Brissiaud. Je regrette profondément que Rémi n’ait pas pu l’amender et la compléter lui-même, mais je suis très très fière que Retz m’ait confié cette tâche.

Non mais sans rire, il y mon nom dessus !!!

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Des étudiants des écoles normales supérieures montent au créneau

Des étudiants des Ecoles normales supérieures ont écrit une tribune au Monde, « pour une recherche impliquée, davantage connectée à la société ». Après des étudiants d’AgroParisTech, voici donc une nouvelle prise de position de jeunes, et bravo.

La beauté des sciences est parfois de n’avoir d’autre but que de chercher à saisir la réalité qui nous entoure. Mais que restera-t-il du vivant à étudier si nous n’avons rien fait pour l’empêcher de s’effondrer ? Pourra-t-on encore monter de grands projets scientifiques internationaux dans un monde où les conflits climatiques et technologiques proliféreront ?

Ainsi, la communauté mathématique peut mettre à profit sa connaissance des systèmes complexes pour améliorer les modèles avec lesquels les climatologues anticipent l’ampleur des sécheresses à venir, ce qui sert ensuite aux agronomes pour mettre au point des variétés résistantes. De même, des géographes et sociologues peuvent se saisir de ces travaux pour identifier à l’avance les populations vulnérables et des politiques d’adaptation efficaces. La recherche impliquée est suffisamment riche pour que toutes les disciplines puissent y participer et que la recherche fondamentale y trouve une place essentielle.

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2022/05/11/alignons-notre-pratique-scientifique-sur-les-enjeux-imperieux-de-ce-siecle_6125674_1650684.html

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Vers la génération spontanée de profs de maths

Voilà que tout le monde s’agite dans les médias : dans Libé, la Croix, le Monde, le Figaro, France Inter, etc.

C’est tout de même curieux : nous profs, et particulièrement nous à l’APMEP, nous n’avons eu de cesse de dénoncer la situation, d’alerter devant la chute régulière du nombre de candidats, le niveau des candidats, la non attractivité du métier, les bouts de ficelle et tout et tout. Mais aujourd’hui, tout le monde s’émeut comme s’ils étaient surpris. Je ne comprends pas, mais c’est ainsi.

La baisse est liée au désamour (légitime) du métier de prof de maths, mal considéré, tellement moins bien payé que dans un autre emploi à qualification égale, à la désaffection des mathématiques, et aussi au fait que cette année il faut un master 2 pour passer le concours, au lieu d’un master 1 jusqu’à l’année dernière. Forcément, le vivier de candidats a encore diminué. Mais ne nous inquiétons surtout pas : Edouard Geffray (DGESCO) est intervenu pour rassurer les foules anxieuses. Non seulement « les élèves auront bien un professeur devant eux à la rentrée, y compris en mathématiques », mais « on recrute des professeurs compétents ». Comment ? Mystère : les mathématiques reviennent à raison d’une heure et demie par semaine en première, ce qui crée des besoins supplémentaires, et on a moins de profs. C’est même la première fois que les admissibles (pas les admis, mais les candidats ayant le droit de se présenter aux épreuves orales d’admission) sont moins nombreux que le nombre de postes (si c’est vraiment anticipé comme le dit Edouard Geffray, quelque chose m’échappe). Cela semble un problème arithmétique assez simple, représentable par un schéma en barres et modélisable par un schéma additif :

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La disparition de ma maîtresse

Les éditions Hygées ont publié un livre : La disparition de ma maîtresse, de Benoît Broyart, illustré par Marine Cariou et avec les apports du psychologue Baptiste Fiche. C’est un livre sur le deuil, « un livre pour ne pas rester seul avec ses questions ».

J’ai trouvé ce livre juste. Il normalise le chagrin et la colère, l’envie de continuer de vivre et le refus de « passer à autre chose ». Il montre comme chacun réagit différemment, qu’on a le droit de ne pas aller bien, il met en lumière le rôle des parents en lien avec celui des enseignants et des professionnels de santé. Je trouve futé d’avoir choisi d’aborder le deuil par le décès de la maîtresse, qui occupe un espace à part, hors de la famille mais dans un cercle familier et affectif. Les compléments proposés par le psychologue sont simples, s’adressent directement aux enfants en leur proposant une solution de boîte à souvenirs pour faire de la place pour l’avenir, sans oublier.

Je vais lire ma mère à deux vitesses, sur la bipolarité. C’est une belle collection, en tout cas.

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Les nombres sourds et les transports de Pythagore

Roger Mansuy a mis à jour encore une pépite : Théorie des incommensurables, ou Moyen de calculer les nombres sourds, & de mesurer les surfaces irrationnelles…, édité en 1788.

L’ouvrage s’ouvre sur un passage qui porte sur la légende de Pythagore :

Lorsque ce Philosophe se fut apperçu que le quarré de la diagonale étoit égal à deux fois le
quarré du côté, il fit éclater ses transports , & pour que sa reconnoissance put égaler en quelque sorte
le bienfait qu’il recevoit des Dieux, il leur offrit une hécatombe.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9635378n/f16.item, page 2

« Il fit éclater ses transports », j’adore. Pareille lecture fait éclater les miens, de transport, mais ne génère aucune hécatombe, toute pacifiste que je suis. Je lirai ce passage à mes quatrièmes l’année prochaine, au moment où je fais le clown autour de Pythagore.

Qu’est-ce qu’un nombre sourd ? Les collègues sur Twitter ont répondu : c’est un nombre irrationnel (dit encore incommensurable). π est sourd, et paf.

Merci, chers collègues, de partager ainsi votre (très impressionnante et très enrichissante) culture.

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Euclide et Stern-Brocot : même combat ?

Des collègues m’ont signalé, sur Culture maths, un article de Jean-François Abadie sur la médiante de deux fractions, autrement (et affreusement) appelé théorème du cancre :

C’est un très très très bel article, dont la lecture est adaptée à des lycéens en maths expertes, des enseignants, des étudiants en maths ou en info. Je me suis régalée…

On voyage, dans ce texte, des fractions aux matrices, des suites à de la programmation.

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Le cannabis et (pas) moi

J’ai lu aujourd’hui un livre qui va trouver sa place dans les bacs de ma classe dès demain :

Ce petit livre est édité par les éditions Hygée des Presses de l’EHESP, en partenariat avec la MILDECA, et est à destination des jeunes de 13 ans et de leur entourage. Il est écrit par Sophie Bordet-Pétillon et illustré par Clémence Lallemand. Dans la même collection existe déjà Les écrans et moi. L’addictologue Hélène Donnadieu-Rigole, chef du service addictologie au CHU de Montpellier, apporte des réponses supplémentaires.

Le livre permet de comprendre les effets du cannabis sur la santé, des risques comme le « bad trip » ou de dépendance. Il responsabilise le lecteur sans jugement, sans être moralisateur, en évoquant la question de la dépénalisation, en évoquant aussi l’alcool et le tabac, au lieu de mettre en parallèle consommateurs de cannabis et de drogues dites dures.