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Les jeunes à haut potentiel

Un vadémécum est en ligne depuis déjà un an, mais je ne l’avais pas encore lu, pour la scolarisation des élèves à haut potentiel (EHP). Il est simple, clair et facile à lire. Il présente ce qui sont au fond des évidences, mais des évidences pas si faciles que cela à mettre en oeuvre, de façon collective et individuelle : scolariser des enfants à haut potentiel, c’est délicat. Une partie de ces enfants sont en souffrance, parfois très vive. Vous me direz, scolariser un enfant, c’est délicat de toute façon. C’est fragile, une personne. Alors une personne à ce point en construction, en transformation, en évolution l’est plus encore.

Des grilles sont proposées, pour aider les enseignants à détecter ces enfants. Elles peuvent en effet nous être utiles pour nous poser les bonnes questions. En l’occurrence, se poser la question des EHP est déjà salvateur en soi : ces enfants ne sont pas toujours simples à faire travailler, à emmener dans une dynamique collective, et ils ont besoin de nous tout autant que les élèves en difficulté, en situation de handicap, etc.

Les grilles d’aide à l’observation ne constituent en aucun cas une liste de toutes les caractéristiques possibles ou nécessaires pour reconnaître un élève à haut potentiel. L’histoire personnelle de l’EHP et son environnement doivent être pris en compte, ainsi que l’avis d’un psychologue ou d’un médecin.

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Un lien à partir de la page Eduscol m’a emmenée vers le QADAPS, Le Questionnaire d’Aide à la Décision d’Ajustement du Parcours Scolaire. C’est un outil de dialogue collectif et collaboratif pour réfléchir aux possibilités d’ajustement scolaire. je ne le connaissais pas non plus.

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A l'attaque !·Formation·L'éducnat·Tous ensemble !

Etre formateur (en éducation prioritaire)

Ce matin, j’ai participé à l’animation d’une formation de formateurs en éducation prioritaire. C’est amusant de boucler ainsi la boucle : il y a quelques années, j’étais dans l’assistance. Voici le contenu de mon intervention, en ppt et en pdf, pour ceux que cela intéresserait.

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REP+ 13 janvier 2020 v4 sans comm (en pdf)

REP+ 13 janvier 2020 v4 sans comm (en ppt)

ça m'énerve·L'éducnat

Deux heures de paperasses

Je viens de passer deux heures à remplir des feuilles de frais. Je déteste cette paperasse à un point … indicible. J’ai joint des photocopies de ma carte d’identité, de ma carte vitale, écrit quatre fois mon numen, onze fois mon adresse et celle de mon collège, précisé le prénom de mon mari (?!), joint un bulletin de salaire, trois RIB (y compris pour des services pour lesquels j’ai déjà travaillé), trié des monceaux de reçus de péage, signé un acte d’engagement pour juillet dernier, bref j’ai les nerfs par-dessus le tricot. Parce que pendant ce temps-là, j’aurais pu avancer les formations, par exemple.

J’adore mon métier de formatrice, je suis conscience qu’il est nécessaire de cadrer et de justifier. Mais est-ce qu’on pourrait prendre conscience qu’on est en 2020 et que des moyens numériques existent ? Parce que là il y a même des frais que je dois renvoyer par la poste ! Même pas par mail !

Bon, je passe à autre chose, au moins c’est fait.

Groumpf.

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Actualité·Beaucoup de bruit pour rien·Chez les élèves·Chez les collègues·cycle 2·Evaluer·Evénement·L'éducnat·Zut.

Enseigner ou évaluer ?

Dans un article du 6 novembre, le Café Pédagogique pose la question des progrès ou non au regard des évaluations nationales de début d’année. Deux points de vue s’opposent : Jean-Michel Blanquer affirme des progrès, Roland Goigoux (entre autre) n’est pas de cet avis.

 « Les évaluations réalisées en cette rentrée – les deuxièmes complètes après celles de 2018 – montrent des progrès significatifs sur les points clés : la fluidité de lecture et la capacité de calcul. Nous vivons un moment historique pour l’école : d’une part, la maîtrise des savoirs fondamentaux est en hausse – autrement dit : le niveau des élèves remonte – et d’autre part, l’amélioration est plus forte pour ceux qui viennent des territoires les plus défavorisés. Ça répond à mes deux objectifs principaux : hausser le niveau général, assurer plus de justice sociale », affirme JM BLanquer dans le Journal du Dimanche du 3 novembre.

L’étude de la DEPP, sur le site du ministère, est plus prudente et plus factuelle. Je m’intéresse ici aux mathématiques.

On y trouve l’avis des enseignants quant aux questions posées. Par exemple, la question sur la ligne numérique est jugée pertinente par peu d’enseignants, en CP comme en CE1. J’espère que le ministère va s’emparer de la question, car il y a là matière à réflexion pour les évaluations à venir, et quant au fond, du point de vue didactique :

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En revanche, les enseignants sont beaucoup plus satisfaits des temps alloués pour les passations. On pourrait en discuter pour les sixièmes, tiens, aussi. J’aurais des choses à dire, moi.

Sur l’utilité des évaluations pour la construction des groupes de besoin, le paragraphe utile des mots positifs (plus d’un tiers, stable), mais c’est assez dramatique : ces Capture d’écran 2019-11-10 à 12.27.02.pngévaluations semblent vues comme une volonté institutionnelle de mesurer les performances, déconnectées de la classe, et pas comme un outil pédagogique, pour les enseignants ayant répondu au questionnaire.

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Regardons les « performances » en maths cette année en CP et en CE1 :

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Pourquoi cette controverse ? D’abord parce qu’en français il est des domaines qui régressent, comme la compréhension de mots et la reconnaissance de lettres, que moins d’élèves réussissent. Mais aussi parce qu’en fait l’évolution est très modeste :

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Globalement, il y a du mieux, en mathématiques. Ce mieux est modeste, pas dans toutes les compétences, pas pour toutes les catégories de niveaux, mais on peut se dire que c’est déjà ça : l’évolution est positive, et elle concerne tout de même un effectif important d’élèves. D’un autre côté, tout est une question de regard : on peut se concentrer sur les régressions ou les absences d’évolutions. Mais sur un temps si court, qu’attendait-on ?

Et pour les publics en zone d’éducation prioritaire ?

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Le Café pédagogique écrit :

Mais si les écarts se réduisent faiblement entre éducation prioritaire (EP) et non EP, l’écart entre Rep et Rep+ augmente. Le document Depp ne s’étend pas sur cette réalité. Mais les données de la Depp le donnent à voir.

En effet, certains résultats sont explicites :

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Pour Roland Goigoux :

« Quand le ministre dit que le niveau monte, il parle du niveau moyen. Mais quand on regarde entre Rep et Rep+ c’est le fiasco », nous a dit Roland Goigoux, un spécialiste reconnu des apprentissages qui avait déjà analysé les résultats de 2018. « En Rep+ les performances sont toujours aussi mauvaises. S’il y a une réduction entre éducation prioritaire et hors éducation prioritaire, elle est légère. L’effet des dédoublements est positif mais faible. Les dédoublements ne fonctionnent pas ».

Que d’agitation médiatique, de colères, d’argent dépensé, aussi, autour de ces mesures de performances… Au final, qui aident-elles ? Les élèves ? Les enseignants ? Au vu de leurs dires, elles semblent surtout ne rien changer, ne rien apporter dans les classes. Et comme toujours, on cherche à montrer des résultats immédiats, éclatants. Mais on est dans la vraie vie. Une vraie vie dans laquelle les écoliers apprennent, les enseignants enseignent, les formateurs forment. Mais nous voulons mieux, et nous sommes tous d’accord sur ce point : plus d’expertise, plus d’égalité. De nouveaux dispositifs de formation se déploient et auront, sans doute, des effets, pour peu qu’il soient pérennisés de façon cohérente. Tout le monde de serait ravi de constater des progrès qui promettent des jours meilleurs pour les enfants à l’école, et dans leur vie future d’adultes et de citoyens.

Alors peut-être le ministère pourrait-il nous laisser du temps ? Du temps, et du calme. L’urgence, nous l’avons comprise. La motivation pour changer les choses, nous l’avons.  Le courage et la capacité de travail aussi. Mais pour bien travailler, il faut nous laisser nous concentrer.