A l'attaque !·A quoi ça sert les maths ?·Actualité·Apprendre·Chez les chercheurs·Culture mathématique·Didactique·En classe·Enseignement·Evénement·Faut que je fasse mieux·Formation·Je suis fan·L'éducnat·Maths ailleurs·Mes projets·Partager les maths·Prof power·Tous ensemble !

Le colloque Plurimaths 2 022 :

C’est parti pour deux jours de formation à Paris :

Quel que soit le niveau d’enseignement (primaire, secondaire, université, formation des professeurs), et y compris dans l’enseignement ordinaire, élèves et enseignants ne sont pas toujours monolingues, loin de là. Ce plurilinguisme, interne ou externe, n’est souvent pas mobilisé en classe. Les didacticiens des langues montrent pourtant que le plurilinguisme peut être un levier pour enseigner les disciplines dites non linguistiques (telles que les mathématiques), quel que soit le contexte d’enseignement. De façon convergente, les didacticiens des mathématiques (Barton 2008Hache 2019) affirment d’une part que l’apprentissage des mathématiques comprend nécessairement une acculturation aux pratiques langagières des mathématiciennes et mathématiciens, et d’autre part que ce travail langagier est trop peu exploité.

Le colloque Plurimaths de l’automne 2022 est l’occasion de s’intéresser à la nature et à la variété des plurilinguismes des contextes d’enseignement, et aux pratiques développées en classe s’appuyant sur ce plurilinguisme. En quoi les contextes éducatifs contraignent-ils ou influencent-ils les choix opérés dans le recours au plurilinguisme en classe ? Comment situer les choix et expérimentations pédagogiques plurilingues ou monolingues des enseignants dans leur contexte d’enseignement ?

Source

Je vous raconterai, évidemment, au long de ces deux journées.

Actualité·Apprendre·BRAVO!!!·C'est bien pratique·Chez les collègues·Enseignement·L'éducnat·Ouaaaaaaaaaaaaah !!!·Tous ensemble !

Ouahouuuu, un traducteur inclusif !

Regardez un peu cette pépite :

Alors là, j’installe ça dès demain ! Merci !!!

A l'attaque !·Actualité·école·Chez les cadres·Chez les chercheurs·Chez les collègues·Enseignement·Evaluer·Faut que je fasse mieux·Formation·Je suis fan·L'éducnat·Maths pour tous·Mes projets·Tous ensemble !

Formation Normandie Inclusive

Deuxième jour de formation pour outiller les équipes (entières, agents inclus) en établissement sur l’école inclusive. Qu’est-ce que c’est chouette de travailler efficacement toutes et tous ensemble, et de contribuer à un projet éducatif et de société ! En termes d’ingénierie de formation aussi je m’enrichis. Comme quoi travailler ensemble en intermétier et former un collectif pour partager et diffuser, c’est aussi possible… Tout dépend où on se trouve, en fait.

Cette semaine a décidément été bien intense, et j’ai du boulot pour le weekend car mes seuls moments habituellement libres ont là été dévolu recevoir des formations. Mais c’était passionnant et je suis contente.

A l'attaque !·Actualité·Apprendre·Chez les cadres·Chez les collègues·Formation·L'éducnat·Mes projets·Tous ensemble !

Formation Normandie Inclusive

Aujourd’hui et demain, je suis en formation dans le cadre de Formation Normandie Inclusive. Ce matin, nous avons beaucoup échangé et réfléchi ensemble à ce qui nous a amenés là, en tant que formateur. C’était tout à fait intéressant. Voici quelques éléments que j’ai entendus de la part de monsieur Sauger, conseiller technique ASH auprès de la rectrice De l’académie de Normandie. J’ai vraiment aimé son propos, clair et direct.

Il faudrait parler d’école inclusive plutôt que d’inclusion. L’inclusion, en français, n’est pas un mot dont le sens correspond à ce que cela signifie en anglais.

Ce n’est pas le handicap qui compte, c’est la situation de handicap. Le handicap ne regarde pas l’école.

La question à se poser, quand on enseigne, n’est pas « Comment devrait-on faire ? », mais « Que puis-je faire ? »

Avec la loi de 2005, on est passé de la protection à la participation

A l'attaque !·A quoi ça sert les maths ?·Actualité·BRAVO!!!·Chez les chercheurs·Culture mathématique·Décrochage·Education·Enseignement·Je suis fan·L'éducnat·Lire·Lycée·Maths et société·Merci les copains·Réformes·Tous ensemble !

Les maths dans le JDD : l’analyse de Nathalie Sayac

Dans cet article du JDD, on lit d’abord des constants : avant la réforme du lycée, 13 % des élèves de lycée général ne faisaient plus de maths à partir de la classe de première, contre 36 %, après la réforme. Les filles sont 55 % à faire le choix de la spécialité maths en première, contre 75 % des garçons, et 26 % conservent la spé maths en terminale, contre 52 % pour les garçons. 28 % des garçons issus de milieux sociaux très favorisés choisissent l’option maths expertes, contre seulement 14 % des garçons issus de milieux sociaux défavorisés. Voilà pour l’équité.

Voici des extraits de l’article écrit par Nathalie Sayac, professeure des universités en didactique des mathématiques, directrice de l’Inspe de Normandie, mais il faut aller le lire dans son intégralité :

C’est là une des premières causes de persistance du mythe, la difficulté à imaginer qu’un mathématicien ou une mathématicienne puisse être une personne banale, qui n’aurait ni araignée en broche ni grotte à habiter. On a, en effet, souvent l’image caricaturale d’un personnage avec lunettes et cheveux hirsutes, éloigné des contingences matérielles et de son temps. C’est une image totalement fausse et dépassée, qui persistera tant que les médias, les livres et les manuels scolaires la véhiculeront inconsciemment ou par négligence.

Source

Une autre piste peut être avancée pour expliquer la persistance de la vision élitiste que l’on a des mathématiques. C’est celle de son histoire dans le système scolaire français. Il convient en effet de rappeler qu’avant même qu’elle ne devienne LA discipline de sélection telle qu’on la connait aujourd’hui, cette discipline était réservée aux hommes et particulièrement à ceux issus de milieux que l’on qualifierait aujourd’hui de favorisés.

Ce n’est qu’à partir de 1880 que les femmes ont pu bénéficier d’un enseignement secondaire, et encore, avec un programme mathématique allégé par rapport à celui des hommes, les programmes scolaires n’ayant été unifiés qu’en 1924. En effet, on considérait jusque-là que les enseignements dispensés aux femmes devaient principalement contribuer à les former à devenir de bonnes épouses et mères de famille et qu’elles pouvaient se dispenser d’étudier des disciplines trop complexes, telles que les mathématiques.

source

A la fin de l’article, Nathalie relaie un propos d’élève qui fait vraiment mal :  « les profs ne travaillent que pour ceux qui vont prendre la spécialité Maths en Première et ne se préoccupent pas des autres ». Mais elle explicite d’une façon qui fait changer l’angle de vue : la nature des nouveaux programmes oblige les professeurs à adopter un rythme d’enseignement davantage adapté aux élèves se destinant à poursuivre leurs études en mathématiques qu’à ceux qui ne font pas ce choix : les élèves qui choisissent la spé vont avoir une épreuve de bac à très haut coefficient (coeff 16, soit plus d’un quart du poids dans les épreuves terminales et donc 16% de la totalité des poids), dont leur bac dépend directement. La pression du bac est telle que les enseignants ont cet objectif qui les contraint eux-mêmes et qui écrase le reste : faire réussir leurs élèves au bac. Mais alors l’autre objectif de l’enseignement des maths au lycée, développer la culture, outiller pour comprendre le monde d’aujourd’hui et ses enjeux, ne trouve pas d’espace pour se développer. C’est exactement en ce sens que l’heure et demie en plus proposée en première n’est pas une réponse à nos difficultés : on confond en permanence deux objectifs complémentaires mais différents.

Et au final, ce la continue de nuire à cette si belle discipline, qui s’enferre dans le scolaire et reste à distance de la culture générale.

A l'attaque !·Actualité·Chez les élèves·Chez les cadres·Chez les chercheurs·Chez les collègues·Chez les parents·Chez moi·Culture mathématique·Education·Enseignement·Enseignement supérieur·Evaluer·L'éducnat·Maths et société·Tous ensemble !

La faute à qui ?

Dans un article du Monde, je viens de lire ceci :

Il (le ministre de l’éducation nationale) ajoute toutefois que cette baisse du niveau « est globale », et qu’« il ne faut pas simplement rejeter la responsabilité sur le niveau précédent ». « Chaque niveau doit assumer ses missions en la matière, et nous devons agir de manière coordonnée jusqu’à l’enseignement supérieur ».

Article du Monde du 13/11/22

Bien, nous sommes d’accord. Les enseignants de tous les niveaux travaillent sérieusement, et autant que les autres. C’est vrai aussi que nous devons toutes et tous réfléchir à ce que nous pouvons améliorer et unir nos forces. Maintenant, monsieur le ministre pourrait aussi interroger la façon dont on considère (voire traite) les maths dans notre société. Cela s’est aggravé ces dernières années, mais c’est tout un rapport aux savoirs en général et à la discipline en particulier qui est à interroger, y compris en dehors du milieu éducatif. La peur des maths (et donc le dégoût, naturellement lié et parfois salvateur) est à lier à l’élitisme, et donc à tout notre système éducatif pré et post bac, à la représentation de l’évaluation dans notre pays. Et puis il y ale rôle du gouvernement.

Les mathématiques ne doivent pas être un outil de sélection, mais un outil de développement personnel et collectif, un outil d’émancipation, de bonheur et de culture.

On n’y est pas, mais il y a des réparations possibles, tous ensemble.

A l'attaque !·A quoi ça sert les maths ?·Actualité·ça m'énerve·Beaucoup de bruit pour rien·Ca fait pas du bien aux maths·Chez les cadres·Culture mathématique·Décrochage·Dur dur·Enseignement·Evénement·L'éducnat·Lire·Tous ensemble !

Et si on FAISAIT des maths au lieu de causer ???

Bon, bon, bon. Alors donc notre ministre a sorti un plans maths. Ooooh, chouette. Qu’y lit-on ?

En intro, je résume : ça va mal mais on a plein de médailles et de prix.

Afin non seulement de continuer à promouvoir l’excellence, mais aussi réconcilier tous les élèves avec les mathématiques et encourager l’égalité filles-garçons, Pap Ndiaye, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, présente la stratégie qui fera de 2023 « l’année de promotion des mathématiques à l’école ».

Source

Ok. Promouvons, si c’est en faisant des maths. Parce que juste demander aux collèges d’ouvrir un compte Facebook, cela me fatigue.

Ensuite, à l’école primaire, on poursuit le plan de formation actuel et on revalorise les CPC dès cette année. Ca, c’est très bien, de revaloriser les CPC, parce que vu leurs conditions salariales et la charge de travail, le fait même que des collègues soient CPC volontairement me stupéfie.

Au collège :

  • Encourager la création dans chaque collège d’un club de maths à partir de la rentrée 2023 pour cultiver le goût pour les mathématiques et le plaisir d’en faire ;
  • Mettre en place des groupes à effectifs réduits en classe de 6e en mathématiques, tant pour soutenir les élèves qui en auraient besoin que pour stimuler les élèves les plus avancés ;
  • Créer un cadre national de compétences en mathématiques (CNCM) sur le modèle du cadre européen de référence pour les langues (CECRL) pour certifier le niveau atteint par chaque élève en fin de 3e.
Source

Bon avec mes quatre clubs chaque année, je pense qu’on est tranquilles. Par contre si ça se trouve, je pourrais en être payée, avec plus que de l’estime, je veux dire. Parce que là tous mes midis en club, à raison d’1h par jour, cela doit me rapporter entre 0€ et 240€ par an. Vous aurez bien compris que je ne fais pas cela pour l’argent, mais pour mon plaisir et celui des élèves. Par contre un jour c’est l’absence de rémunération qui me fera arrêter, parce que parfois je fatigue de n’avoir jamais de pause.

En 6e, j’attends de voir les « groupes à effectifs réduits » : dans ma classe de 6e, j’ai 29 élèves dont 12 dans des situations extraordinaires dans leurs apprentissages. Je ne parle pas des dys, hein. Je parle des élèves qui ne savent pas lire, qui ont des handicaps physiques invalidants, qui sont malades, les hyperlaxes qui ne peuvent pas écrire, les élèves qui ne parlent pas du tout français, les élèves autistes, etc. Ma classe est formidable, adorable et super sympa. Mais aider tout le monde et chacun, c’est la folie furieuse. Alors oui, je veux bien des groupes en effectifs réduits, de façon plus fréquente qu’aujourd’hui : je vois mes élèves en demi-classe une heure par quinzaine, c’est peu, et ils sont en deux groupes chacun hétérogènes, ce qui ne permet pas une remédiation efficace.

Pour le cadre national, je suis perplexe : le DNB ne compte pas ? Parce que si vraiment on veut lui trouver une utilité, c’est de donner une idée du niveau atteint par rapport à une norme, non ? Ou alors on fait le truc du CNCM (on manquait d’acronyme, c’est vrai) et on vire le DNB. Là, je suis partante et même je ferai un article enthousiaste.

Au lycée, ça m’énerve. On nous ressort l’idée du module de réconciliation. Je n’en peux plus de cette idée de réconciliation, défaitiste à l’extrême, et dévalorisante pour les enseignants d’école et de collège. Point positif : le LP n’a pas été oublié. Et pour les maths en première et terminale,  » Rendre obligatoire en classe de 1ère générale l’heure et demie de mathématiques pour tous les élèves n’ayant pas choisi la spécialité mathématique, afin de solidifier la formation commune de tous les élèves en mathématiques ». Bon, attendons de savoir comment, qui, quoi. C’est un progrès par rapport à ce qui se passait, disons.

Autre point de vigilance : les inégalités filles-garçons (je préfèrerais les inégalités de genre, car beaucoup d’élèves ne se reconnaissent ni dans fille, ni dans garçon ; c’est plus complexe. Parler tout le temps de la dichotomie filles-garçons renforce des stéréotypes) et liées à la pauvreté. Là, on sent la phrase qui fait bien :

Pour lutter contre les stéréotypes de genre, l’objectif est d’atteindre d’ici 2027 la parité filles-garçons dans les spécialités mathématiques, physique-chimie et mathématiques expertes (les filles sont majoritaires en SVT), et tendre vers la parité pour les autres enseignements (Sciences de l’ingénieurs – NSI – numérique et sciences informatiques).

Source

Pourquoi est-ce que je râle encore ? Parce que dans cette phrase il n’y a rien et qu’on y confond cause et conséquence. Pour améliorer la situation, il faut FAIRE des maths. Pas de l’affichage, mais des MAAAAATHS ! Former, revaloriser, rendre compétent et compétente.

Bref, je me calme. C’est dimanche soir, on ne va pas pulvériser un beau weekend comme ça pour des bêtises.

Mais quand même : « Lutter plus précocement (dès l’école maternelle) contre les stéréotypes de genre qui découragent les filles », ok, comment ? « Fixer des objectifs chiffrés d’orientation pour concentrer les efforts sur les secteurs scientifiques où les filles sont très minoritaires », très bien, en faisant quoi ? « Décliner dans chaque académie dès les prochaines semaines cette stratégie de promotion et de revalorisation des mathématiques », non, il faut FORMER !!! Et puis quoi, elles sont dévalorisées, en elles-mêmes, les mathématiques ??? Non : c’est le gouvernement qui porte cette dévalorisation.

J’aimerais écrire que j’y crois, qu’il y a de l’espoir, que les choses vont changer. J’aimerais présenter tout cela comme positif. D’ailleurs en réalité je ne demande qu’à être convaincue. Mais nous avons eu, j’ai ressenti tellement de déceptions, je me sens tellement abandonnée par le ministère, que je ne veux pas risquer d’être à nouveau dépitée. Le plan Villani-Torossian, tel qu’il était initialement, et tout son déploiement de base, porté par une véritable ambition et une énergie incroyable, était formidable et efficace. On voit ce qui en a été fait. Quant à la réforme du lycée… Alors si vraiment on veut améliorer les choses, on sait comment faire. Mais pour ça, il va falloir des moyens et des décisions. De vraies décisions. Et de vrais moyens.

A l'attaque !·Actualité·ça m'énerve·Décrochage·Dur dur·Enseignement·L'éducnat·Lire·Oups·Tous ensemble !

Faute de candidats, le ministère de l’éducation nationale prolonge les inscriptions aux concours d’enseignement

C’est le titre d’un article du Monde d’aujourd’hui : une prolongation de deux semaines de la période d’inscription à tous les concours de recrutement 2023 a été décidée par le ministère, pour les candidats aux concours d’enseignants, de conseillers principaux d’éducation, de psychologues de l’éducation nationale, de personnels administratifs. Ils ont ainsi jusqu’au 2 décembre pour s’inscrire. Les bruits de couloirs murmurent qu’il y aurait encore moins de candidats que l’année dernière. C’est pas foufou, ça, de ne pas vouloir faire un boulot pas si simple, qui amène souvent à se déplacer loin de chez soi, sans médecine du travail, sans gestion des ressources humaines, qui va encore se compliquer, insuffisamment payé, mal considéré dans la société et par l’employeur lui-même (qui met sur le dos des enseignants les réussites insuffisantes des élèves) ?

Ils sont difficiles, les gens, rholala…

Mais rassurons-nous : notre ministre assure qu’on va « prendre le temps ». Prendre le temps de prolonger la période d’inscription alors que si les gens ne s’inscrivent pas, ce n’est pas qu’ils ont zappé, c’est qu’ils ne veulent pas, prendre le temps de bien réfléchir la revalorisation que moi, par exemple, je n’aurai pas, abandonné parce que je suis une vieille prof censée gagner bien assez avec ses cours tout recyclés d’une année sur l’autre (non mais l’insulte… Encore une preuve du manque de connaissance du métier !). Si encore on prenait le temps de nous écouter vraiment, pour réfléchir à moyen et long terme, plutôt que de jouer les concernés en mettant un bout de scotch par-ci par-là sur des fuites (ou à côté des fuites, aussi) de la coque du bateau qui coule ?

C’est tellement de mépris, tout ça. Pour les profs, les élèves, les parents, et les potentiels candidats au concours.

Sur cette infographie du site devenir enseignant, ils ont même réussi à oublier d’indiquer la date… Et puis bon, il ne faut pas trop croire ce qu’on y lit : en étant agrégée je gagne moins que ce qui est indiqué pour un certifié avec mon ancienneté. Difficile de prendre ces informations au sérieux !

A l'attaque !·Actualité·APMEP journées 2022·Chez les élèves·Chez les cadres·Chez les chercheurs·Chez les collègues·Education·Enseignement·Evénement·Expo de maths·L'éducnat·Maths et genre·Maths pour tous·Tous ensemble !

Comment prendre conscience des stéréotypes que les enseignants véhiculent sans le savoir ?

C’est le thème de la question d’actualité des la commission école-collège.

Les intervenantes nous ont expliqué que les enseignants se construisent, malgré eux bien sûr, des stéréotypes dans les trente premières secondes de l’année scolaire. Ces stéréotypes peuvent se répercuter sur la façon de s’adresser aux élèves, sur le vocabulaire employé, etc., et en conséquence sur les performances des élèves, sur la vie de la classe. Les manuels renforcent trop souvent les stéréotypes.

Les stéréotypes ne se construisent pas seulement en classe : des études montrent que dans les familles, lorsqu’un enfant pose une question, les garçons reçoivent des réponses plus explicatives, sur l’ingéniérie, et les filles reçoivent des réponses descriptives.

Jamais on ne peut contrôler les stéréotypes tout le temps. Mais lutter contre la tendance à s’y laisser aller, créer de la dissonance cognitive pour s’appuyer sur le sentiment de déception de soi, permet de progresser.

Certains gestes, quotidiens ou professionnels, permettent de changer les choses : ne pas avoir recours à des blagues sexistes ou ne pas y rire, ne pas faire des plans de classes filles-garçons alternés. J’aime beaucoup cette dernière idée : alterner filles et garçons, c’est renforcer la différence filles-garçons, c’est déjà signifier qu’on catégorise ainsi et que cela a une importance. Or cela ne devrait pas en avoir.

Les mathématiques renforcent en elles-mêmes le stéréotypes à cause de leur valeur sociale : quand un enfant est bon en mathématiques, il y a un effet de halo qui rend secondaires les autres disciplines. En associant maths et intelligence on renforce des biais de jugement. L’enfant bon en maths est considéré comme intelligent. La réputation scolaire se construit alors, puis le biais de confirmation prend le relai et rend encore plus difficile de changer les choses.

Comment progresser dans nos gestes professionnels ? Verbaliser pour faire prendre conscience et amener, avec bienveillance, à progresser ; développer l’empathie en faisant se mettre à la place des autres ; pointer qu’une fille qui réussit en maths (par exemple) n’est pas une exception. Il faudrait aussi des formations, avec des formateurs bien formés. Mais on n’en est pas encore là…

Une collègue a posé une question très intéressante : toutes les actions du type filles et… ne renforcent-elles pas aussi les stéréotypes, justement ? La réponse apportée a été qu’on n’est pas obligé de mettre tous ses oeufs dans le même panier : former des groupes de filles libère la parole et peut provoquer des déclics. C’est un peu triste d’en arriver là mais sans doute productif. D’un autre côté, il faut aussi organiser des moments d’échange, avec tout le monde, pour faire aussi changer les mentalités côté garçon, et les attitudes côté filles lorsqu’elles sont dans un groupe dans lequel il y a des garçons.

Notre boussole devrait être de nous demander comment de faire entendre de chaque élève, et non comment se faire entendre des filles, comment se faire entendre des garçons, etc. Et, comme je l’ai écrit hier, en catégorisant de façon binaire, on oublie toutes les personnes que ne se reconnaissent pas dans cette dichotomie. La lutte contre les discriminations ne mènerait-elle pas à trop vite se centrer sur filles-garçons ? C’est un problème d’équilibriste, tout cela. Les intervenantes ont évoqué la question : la catégorisation binaire en général (noir/blanc, homme/femme) est vraiment à réfléchir pour la faire battre en brèche.

Une infographie de 2017, par le ministère de l’Education nationale, avant que la mobilisation collective ne la fasse être modifiée

Je remercie les collègues qui ont échangé pour ces questions d’actualité. Une collègue qui a relaté l’histoire d’une de ses anciennes élèves a été étreinte par l’émotion, et je trouve ça absolument magnifique, ce souffle qui nous pousse pour nos élèves, qui avant tout sont des personnes. Pas des filles/garçons, pas des riches/pauvres, pas des sportifs/pas sportifs, sans questions d’origines… Des personnes. Et notre boulot est vraiment plus qu’un boulot parfois.

A l'attaque !·Actualité·Chez les collègues·cycle 1·cycle 2·Cycle 3·Cycle 4·Enseignement·Evénement·Genre·L'éducnat·Maths pour tous·Tous ensemble !

Commission école-collège : la menace du stéréotype

Pour clore la journée, c’est la commission école-collège. Ensuite nous filerons à la piscine, non mais ho hé faut varier les plaisirs ! Mais avant le plouf, parlons école et parlons collège, ensemble. Le but de la réunion est de formuler des questions que nous poserons demain à nos intervenants.

https://www.apmep.fr/Les-mercredis-de-l-APMEP-echanges-et-formation

Le sujet sur lequel nous avons échangé est :

Menace du stéréotype et gestes professionnels : quelle vigilance ?

Un document de la DGESCO va bientôt sortir à ce sujet ; l’APMEP voulait recueillir la parole et les interrogations des collègues. C’est un article de l’INED qui a impulsé l’idée de ce thème dans la commission :

Une collègue a expliqué qu’un établissement a analysé les commentaires dans les bulletins, et que cette analyse est éloquente : le mot difficulté est utilisé négativement pour les filles (elles ont des difficultés mais font des efforts), le mot capacité est utilisé négativement pour les garçons (ils ont des capacités mais font peu d’efforts).

Pour ma part, j’ai interpellé sur le risque de figer les interrogations sur les questions de différences (ou pas) filles-garçons. Je pense que la question du genre est dépassée, de la façon dont nous l’abordons. Quelle importance qu’un élève soit fille, garçons, ni l’un ni l’autre, les deux ou pas toujours pareil ? En quoi est-ce important ? Pourquoi cela doit-il définir les individus. Je me demande si nous ne faisons pas fausse route, si nous ne faisons pas collectivement profondément erreur (je ne parle pas de l’APMEP mais de la société). Et en même temps, il faut défendre les droits de chacun. Alors faut-il sur-catégoriser ou au contraire dé-catégoriser ? Je crois que je préférerais la deuxième solution, à supposer que ce soit fait de façon intelligente. Mais c’est compliqué car ces personnes vont avoir des expériences de vie différentes et qui dépendent de qui elles sont. Cela rejoint ce qu’on appelle le color-blind ou le color-conscious. En plus, quelle que soit notre bonne volonté, notre éthique, notre morale, notre vision de l’égalité ou de l’équité, nous sommes aussi modelés par la société, imprégnés de stéréotypes malgré nous. Nous en détectons certains, parfois avec horreur, et nous les déconstruisons alors. Mais dans d’autres cas nous ne pouvons pas parvenir à les identifier. Dans mon cas, mes enfants m’aident beaucoup.

Finalement, une question est : la classe, le système-classe, permet-il de faire vraiment groupe, de construire des dynamiques harmonieuses qui fassent vivre une véritable mixité ? Sans doute pas et c’est terrible.

Est-ce que l’école est bien l’endroit où on doit lutter contre les stéréotypes en les mettant en mots ? Est-ce que notre objectif ne doit pas être plus global, pour travailler à l’équité sans verbaliser ces stéréotypes qui les renforceraient ? Ou bien au contraire faut-il mieux les expliciter car au final tout le monde les a reconnus, plus ou moins consciemment ? Le système scolaire peut-il faire autrement que de créer ou consolider du stéréotype ? Comment ?

Sur la question filles-garçons, le ministère a expliqué que le fait d’avoir une case de plus, avec la case fille et la case garçon, leur pose un problème, et je ne comprends pas pourquoi : je comprends que si on fond tout le monde dans un seul groupe on ne peut plus analyser les différences et donc le poids des stéréotypes. Mais avoir une possibilité de s’identifier comme non binaire donne à mon avis au contraire une finesse de plus d’analyse… Il va falloir que nous acceptions d’envisager la violence que représente cette dichotomie fille-garçon pour toutes les personnes qui ne s’y retrouvent pas.

Ce que ça fait du bien d’échanger ainsi…

Comment de bonnes intentions font un gros flop… La fille en robe et en rose…