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Mathiavélique, le jeu diabolique !

En AP en sixième, mes élèves ont fabriqué un jeu, du début à la fin. J’ai beaucoup aimé ce moment avec eux, et ils ont produit un travail d’une grande qualité.

Nous aurons consacré neuf heures au collège à élaborer Mathiavélique, le jeu diabolique, plus plusieurs heures pendant le week-end, où ma fille, élève de cinquième, est passée à la réalisation des plans de la classe de sixième.

Voici notre planning de séquence :

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Nous avons utilisé 5 heures d’AP (pendant lesquelles pratiquement toute la classe est venue systématiquement, alors que la séance concernait des groupes), 3 heures de cours, 2 heures de club maths, et pas mal de temps perso, sur un week-end.

Nous avons remobilisé ou mobilisé beaucoup de notions mathématiques. Nous avons parlé pourcentage, aire, fluctuation… Les élèves ont été très investis, ce qui a permis d’obtenir un beau résultat, dont je suis vraiment très fière, même si je n’ai été que chef d’orchestre.

Ce matin donc, les élèves ont présenté le jeu à notre chef et à des surveillants. Ils ont été très bien : nous avions préparé la présentation, un élève se chargeait d’expliquer les règles, chacun a lu des questions. C’était très chouette et je crois que nous avons réalisé un beau boulot.

Ce qui est amusant et qui m’a évidemment beaucoup plu, c’est que les élèves ont choisi, outre un super titre et un parcours en forme de π, des catégories correspondant aux compétences. Ils se sont donc approprié ces compétences : lorsqu’ils créaient leurs questions, ils savaient me dire à quelle compétence elles se rattachaient. Je pensais qu’ils auraient préféré des domaines du programme, tels que espace et géométrie ou nombres et calculs, mais non.

Autre surprise : ce ne sont pas les compétences modéliser ou raisonner qui les ont embêtés, mais la compétence chercher. Pour celle-là, ils ont eu du mal. En revanche dans représenter ils ont mis sans hésitation les questions liées aux écritures des nombres. Ils ne se sont pas cantonnés à des représentations statistiques ou de géométrie.

Quelques photos de notre week-end, avec le passage au concret par ma fille :

Elle est restée avec nous ce matin pour l’heure de test, du coup, les sixièmes l’ont applaudie, tout contents de son travail. C’était très sympa, et est représentatif du bon esprit dans lequel ils terminent l’année, alors que leurs qualités en matière collaborative étaient plus que limitées en début d’année. Ils ont grandi, ces jeunes gens !

À l’avenir, j’aimerais que la réalisation aussi soit faite par les élèves de la classe. Là, nous étions contraints par le temps et je voulais que ce soit tout beau… Car mine de rien, il nous a fallu plusieurs heures pour réaliser le plateau !

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Les gestes dans le cours de mathématiques

csabena.fotografia.pngHier, au colloque Copirelelm d’Épinal, Cristina Sabena, chercheuse à Turin, a animé une conférence sur les gestes comme ressource pour l’enseignant. Le colloque porte sur la sémiotique en mathématiques et le titre complet était : les gestes comme ressources sémiotiques dans les activités mathématiques : quelles implications pour les enseignants ? C’était absolument passionnant, et je vais creuser le sujet, en commençant par quelques lectures :

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Madame Sabena a développé l’idée selon laquelle les aspects perceptifs et corporels sont fondamentaux dans les apprentissages, y compris dans l’acquisition des concepts mathématiques. Notre corps et notre fonctionnement quotidien dans le monde structurent l’acquisition des concepts mathématiques. Nous apprenons par nos gestes, mais aussi par ceux des autres (cela renvoie aux neurones miroirs). Et nos gestes ne nous permettent pas seulement d’apprendre à faire. Ils sont aussi importants pour les actions  de planification, liées à la pensée.

Le mot geste est ici à prendre dans un sens étendu par rapport au langage courant : le regard, par exemple, en est un. Madame Sabena est italienne, et parle beaucoup avec les mains. Alors elle a pris soin, non sans humour, de préciser que toutes les cultures utilisent les gestes. Autrefois on les considérait comme de simples ornements de rhétorique, du discours, ou comme des moyens de décharge d’énergie excessive. Maintenant ils sont aussi considérés comme un aspect constitutif de la communication.

La pensée n’est pas simplement exprimée par des mots, elle existe aussi par eux. Gestes et mots sont intimement liés (par exemple, ils sont synchronisés). Mais ils sont aussi différents : les gestes forment un tout, sont non combinatoires, ont un sens propre selon l’individu et dépendent du contexte. Ce n’est pas le cas des mots.

Dans la suite de son exposé, madame Sabena a présenté des études de gestes filmés en classe. Elle nous a entraînés à repérer des types de gestes différents :

  • Les gestes iconiques ont une relation de ressemblance avec les contenus sémantiques du discours. Par exemple, le geste peut dessiner dans l’espace l’objet dont on parle, ou des caractéristiques de cet objet.
  • Les gestes métaphoriques ont un contenu pictural qui présente un concept abstrait sans forme physique. Ils ressemblent aux gestes iconiques, mais ne s’associent pas à un objet concret.
  • Les gestes déictiques indiquent quelque chose. Ils pointent vers un espace qui semble vide, mais qui ne l’est pas : il est plein d’importance conceptuelle.

Cependant, la classification des gestes doit tenir compte du contexte plus large dans lequel un geste est étudié. D’ailleurs un même geste peut appartenir à plusieurs catégories. L’interprétation des gestes est un domaine vraiment très … interprétatif ; on n’émet que des conjectures.

À partir des vidéos, Cristina Sabena s’est interrogée : quelle contribution spécifique peuvent donner les gestes, lorsqu’ils sont considérés comme des signes, pour le développement des signifiés en mathématiques, de résolution de problèmes, et surtout le processus d’argumentation en maths ?

 

Par l’observation des gestes des élèves, l’enseignant peut acquérir une meilleure compréhension des processus cognitifs des enfants, mais il peut aussi utiliser les gestes. Si par exemple un enfant associe à la parole un geste qui montre une représentation incomplète, erronée ou mal adaptée, l’enseignant peut reproduire le geste de l’élève, en l’associant à une parole correcte. En réutilisant le même geste, l’enseignant peut remédier à une représentation fausse, tout en respectant le schéma mental de l’enfant. D’autre part, en encourageant à utiliser des gestes, l’enseignant amène les élèves à expliciter leur pensée et à passer des significations individuelles à des significations institutionnelles. Il développe une culture commune, mais qui n’est pas formatée : chacun exprime une idée institutionnalisée à sa façon, en référence à son propre corps. Enfin, faire attention aux gestes, les analyser et les utiliser permet d’améliorer le contrôle de soi et la qualité de la transmission des apprentissages.

C’était passionnant. Cela m’a rappelé la lecture de La septième fonction du langage, dans ce que j’ai pu ressentir. Et je compte bien développer mes connaissances en la matière : dans sa conférence, Cristina Sabena a mis en mots, a rationalisé quelque chose qui me tient à coeur au quotidien dans mon enseignement.

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Réapprendre à lire : capsule lancée !

Hier, l’équipe de Canopé venait au collège pour tourner une capsule autour du dispositif réapprendre à lire. Valérie Vilmain, qui a pensé le dispositif, sa mise en oeuvre et la formation des enseignants qui va avec, était là pour être interviewée, ainsi que ma collègue documentaliste, qui anime l’atelier avec moi.

Au départ, ça partait carrément mal : quatre absents, et parmi les autres, seuls deux élèves avaient le document autorisant à être filmé. Ouille, l’angoisse ! Heureusement A et E étaient là, avec leur document tout bien rempli. Ils ont donc été filmés, eux, et ont été interviewés. J’était déçue car ce sont deux élèves qui se sont débloqués assez brutalement en lecture, et que nos élèves allophones n’étaient pas filmables, ce qui est bien dommage. En plus cela a été très compliqué d’un point de vue logistique. Heureusement les surveillants ont été super et m’ont gardé les élèves lorsque j’avais  besoin de m’éclipser pour répondre aux questions. Valérie et ma collègue doc ont été évidemment super, mais ça c’était plié d’avance ; mais le bonheur du jour a été les deux élèves qui se sont exprimés. Ils ont été formidables, authentiques et tellement émouvants ! Du coup, ma déception de na pas avoir d’élève encore en difficulté à filmer en lecture s’est envolée.

L’année prochaine, on recommence ce dispositif. Mais dès le début de l’année, de façon plus carrée et en reprenant toutes mes notes pour être sûres de tout bien faire : comme Valérie était là, nous nous sommes rendu compte que nous faisions des choses de travers. Mais nous avons prévu du temps, avec ma collègue doc, pour reprendre tout ça. Et elle va suivre elle-même la formation de Valérie, pour que nous consolidions notre méthodologie.

Plusieurs capsules seront bientôt disponibles sur le site de Canopé, sur des sujets divers, tels que la co-intervention, le lire-écrire-parler. J’indiquerai les liens à ce moment là.

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Pour Navadra ?

Lundi prochain, Navadra entame la phase de collecte qui lui permettra, j’espère, de se développer en restant autonome. Or pour qu’une campagne de crowdfunding réussisse, il est impératif qu’au moins 20% du montant recherché soit atteint pendant les 2 premiers jours… Gros stress pour les concepteurs du jeu !

Si vous en avez envie, ce sera ici, dès lundi !

PS pour mes élèves : hé, les jeunes, vous êtes dans la pub de Navadra… Trop la classe, non ?

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