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Star Jean de la Varende Wars

Aujourd’hui, mon collège a vécu une journée toute particulière : une journée Star Wars.

Les élèves sont arrivés ce matin dans un établissement décoré, avec des stormtroopers et compagnie dans tous les coins. Ils se sont rendus en cours (assez ébahis) au son du thème principal de Star Wars, ils ont déjeuné Star Wars, ils ont répondu à un quizz Star Wars, réfléchi à des énigmes Star Wars, le tout avec effets sonores et visuels… Plusieurs enseignants ont joué le jeu et avaient prévu des contenus en lien avec Star Wars.

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J’ai trouvé l’initiative vraiment super : dans la catégorie « créons une culture commune », c’est top. Les élèves et les enseignants pourront se référer à cette journée, et elle aura forcément transformé le collège, sans nuire aux apprentissages : on peut s’amuser (d’une façon organisée, et qui respecte les règles de vie commune) et travailler. On travaille même mieux… Si, si !

Les personnels qui ont préparé l’évènement se sont donné un mal de chien. Pour les voir vus oeuvrer hier, je suis admirative. C’est vraiment chouette de voir une telle belle énergie juste au service des élèves.

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Mon équerre à moi que j’aime <3

Sur Twitter, un fil de discussion parlait équerre, ce matin. Un collègue cherchait une équerre sans graduation. Pour ma part, j’en ai reçu une lors des journées de la Copirelem, l’année scolaire dernière :

Elle vient d’ici donc, mon équerre :

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Je n’ai aucune action chez Arboiserie, rassurez-vous. Mais je suis fan de mon équerre, qui, en quelques semaines, a tout changé dans mon utilisation. Je rêve d’avoir la même pour le tableau. Et du coup, je vais m’en fabriquer une.

Pourquoi cette passion pour mon équerre ?

Pas de graduation

Une équerre, c’est là pour l’angle droit. Pas pour mesurer. On peut faire d’une pierre deux coups avec une équerre graduée, mais alors c’est une « équerre-règle-graduée ». Les élèves manipulent bien mieux avec une équerre sans graduation. Les graduations ont une influence directe sur leurs précédés manipulatoires : ils la placent « le long du 0 » et il n’est pas toujours sur le sommet de l’angle droit, ou bien cherchent en même temps à mesurer et à obtenir une perpendicularité. Pour des enfants de cycle 3 ou de début de cycle 4 parfois, c’est trop en même temps, et ils ne savent plus vraiment à quoi sert l’équerre.

Pas d’hypoténuse

Alors là, c’est ça le point le plus fort pour moi. Par là j’entends pour ma manipulation personnelle. J’ai un souci de latéralisation : la gauche et la droite ne signifient pas grand-chose pour moi, et même haut et bas sont des mots que je confonds. C’est sans doute dû au fait que je suis ambidextre et que je peux écrire dans le bon sens ou en miroir, voire simultanément de chaque main. Ca a un côté bête de foire, mais ce petit handicap a des tas de conséquences : je confonds facilement abscisse et ordonnée, ligne et colonne, horizontal et vertical, et puis pour lire une carte et même un gis, c’est laborieux. Dans mon métier c’est embêtant. Comme je le sais, que j’en ai conscience et que je l’ai accepté, je me concentre, je préviens les élèves, pour qu’ils soient quand même vigilants, et au final je me trompe assez peu je crois (sauf pour me déplacer en voiture). Je suis juste beaucoup plus lente que la moyenne. Mais c’est aussi toute la manipulation d’objets à retourner qui me fait très mal aux neurones, et en particulier l’équerre, avec en tête la construction de deux droites perpendiculaires et, pire, la construction de parallèles avec l’équerre qui coulisse le long de la règle.

Mais avec cette équerre-là, tout va mieux pour moi. Enfin je n’ai que des côtés de l’angle droit, et l’hypoténuse, qui n’a globalement comme utilité que de proposer une poignée et de consolider l’instrument n’induit aucune confusion dans ma petite tête. Enfin, l’équerre se présente juste pour ce qu’elle est : un gabarit d’angle droit.

Je vous assure que depuis que je l’utilise, je n’ai plus de confusions. Et je ne suis pas la seule : quand un élève contemple, perplexe, son équerre, la faisant tourner et tourner encore comme s’il pouvait la considérer dans douze sens différents, je lui prête la mienne. Magique : l’élève la place comme il faut. Sans hypoténuse, pas de confusion possible.

Cela va d’ailleurs dans le sens du travail de la collègue chercheuse qui m’a éveillée à tout ceci : maintenant, pour poser le vocabulaire des outils de construction (nous passons du temps à désigner et répéter « sommet de l’angle droit », « côtés de l’angle droit », « angle droit » en balayant bien l’angle lui-même et non pas en montrant le « coin », et pour le compas « mine », « pointe », « écartement » en montrant bien un segment et non un arc de cercle) j’utilise mon équerre. Ensuite nous passons à celle des élèves et ils perçoivent que leur équerre est plus compliquée et pourrait les induire en erreur. J’essaie aussi qu’ils comprennent ce qu’est conceptuellement une équerre, une règle non graduée, et. Cela me prend évidemment du temps, d’autant qu’il faut pas mal réactiver et insister, mais aujourd’hui mes sixièmes sont capables de guider, depuis leur place, un camarade au tableau pour lui faire réaliser une construction en réfléchissant à l’ambigu et l’implicite. Et ça, c’est très satisfaisant. Cette collègue, par ses conseils, a révolutionné ma façon de voir et mon enseignement de la manipulation, d’une façon qui m’a stupéfiée après vingt ans de carrière.

Transparence

L’équerre est transparente, ce qui est bien plus pratique… puisqu’on voit au travers… 🙂

Vous ai-je convaincus ?

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Ma coiffeuse et les maths

Ma coiffeuse, c’est une personne très intéressante. Elle parle peu, seulement après réflexion, mais quand elle parle, c’est parce qu’elle a des choses à dire. Hier, elle m’a parlé de son rapport aux maths. C’était intéressant, car cela m’a renvoyée aux débats actuels sur l’appétence pour les maths et les langages des mathématiques.

Appelons ma coiffeuse madame B. En fait j’ignore comment elle s’appelle, mais ce sera plus pratique.

Madame B a eu un rapport douloureux en maths. Elle s’en souvient, plusieurs dizainesUnknown d’années plus tard, comme d’une humiliation : « quand on ne comprend pas les maths, on se dit qu’on est bête. Ceux qui comprennent ont l’air de faire ça si simplement, et ils disent « mais enfin comment tu ne comprends pas ça??? » « . Pour madame B, le problème des profs de maths qu’elle a rencontrés est qu’ils étaient « trop forts » pour pouvoir expliquer. Pour eux, tout était trop évident. Elle aurait voulu davantage de pédagogie, qu’on l’entoure, qu’on la rassure. Elle a trouvé que ses profs étaient des personnes sympathiques et gentilles, mais elle s’est sentie exclue.

Lorsque j’ai demandé à madame B pourquoi il était plus humiliant de ne pas réussir en maths que dans une autre discipline, elle m’a répondu deux choses :

  • les maths, ça montre comment on raisonne. Et on aimerait qu’on nous dise qu’on raisonne bien ;
  • dans les autres disciplines, il y a toujours des moyens de contourner une difficulté. On peut faire appel à des exemples, trouver d’autres façons d’exprimer ou de représenter les choses, et le sentiment d’impasse n’existe pas, alors qu’en maths si.

En approfondissant, madame B a fini par formuler que les maths ont un langage particulier, et que les reformulations y sont moins aisées, parce que souvent inadaptées ou peu rigoureuses. Elle s’est donc sentie enfermée dans des démarches exclusives. Et puis elle explique aussi que les maths sont une discipline de l’abstraction et de la généralisation, et elle ne se sent à l’aise ni avec l’un, ni avec l’autre : elle a besoin de concret, et n’en a pas rencontré assez à l’école en maths, et préfère les exemples aux généralités, peut-être par manque de confiance en elle, peut-être à cause d’un entraînement insuffisant du point de vue hypothético-déductif, peut-être justement en raison du côté abstrait des notions et des concepts engagés.

En peu d’arguments j’ai pu lui montrer, à madame B, qu’elle avait des compétences pour le raisonnement. Sinon elle ne ferait pas aussi bien son métier de coiffeuse, et elle n’exprimerait pas tout ça avec autant de recul, de réflexivité, d’ouverture d’esprit. Elle en a formulé, hier, des conjectures, des implications, des généralisations. Elle a usé de contre-exemples, mais n’a jamais affirmé par l’exemple. C’est d’ailleurs d’avoir réfléchi à tout cela qui lui a permis d’éviter à ses enfants de souffrir comme elle en maths. Elle a dialogué avec les enseignants alors, avec ses enfants aussi, et ils ont surmonté des situations mal engagées. Sa conclusion était que l’effet enseignant est terriblement puissant, d’ailleurs.

Aller chez le coiffeur est un grand plaisir pour moi, parce que c’est un luxe, un moment où je perds inutilement du temps. Cela me fait un bien fou. Mais avec madame B, c’est en plus intéressant.

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Transformation…

Les pavages de l’Alhambra s’affichent…

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Il en manque encore quelques-uns. Décrocher certains vieux travaux m’a faut tout drôle mais c’est beau et les élèves ont réaménagé le reste de la déco pour me laisser quelques affiches que j’aore. Quant à mes cinquièmes, ils ont envie de le faire aussi. Je vais donc pouvoir afficher des pavages encore non utilisés car sans symétrie mais avec des translations.

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Cadeau de Noël

Aujourd’hui, dans mon établissement, j’animais le premier module du dispositif « Réapprendre à lire ». Il s’agit de seize heures avec dix élèves de sixième pour leur permettre de surmonter des difficultés de décodage qui les empêchent de comprendre avec suffisamment d’aisance les écrits à partir desquels ils doivent étudier. Ces élèves ont été dépistés par des tests qui nous ont montré qu’ils lisaient trop peu de mots « courants » en un temps donné, ou avec trop de difficultés.

Pour ce premier module, de présentation, d’organisation et de travail sur le code, j’essaie de faire comprendre aux élèves qu’ils savent lire, mais de façon un peu partielle, et que des étapes ont été manquées dans leur parcours ; nous allons donc y remédier. Je fais attention car je ne veux surtout pas entamer leur estime de soi, mais au contraire la développer ! Un élève me répond « Bah oui chais pas lire, chais dire les mots ! C’est pas ça lire : lire un livre, j’peux pas, c’est même pas agréable alors que je voudrais bien, moi, ça fait genre et tout, t’as l’air intelligent et pis tu lis des trucs qu’existent pas« . Ça partait plutôt bien donc.

J’explique ensuite aux élèves que nous avons calé les seize heures sur trois semaines, de sorte que le module soit dense et plus efficace, et qu’à Noël nous ayons fini. Un élève s’exclame alors, tout spontanément « Ouah madame, trop bien : notre cadeau  de Noël, c’est qu’on saura lire !« .

🙂