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Karma

Ce matin, c’était duuuuur d’aller bosser : aphone, pas simple d’animer les cours. Et puis j’étais vraiment crevée par un rhume qui essayait de prendre le contrôle. Mais divers projets me font sauter pas mal d’heures et je ne voulais pas en perdre davantage, alors zou.

Après deux heures d’une lutte acharnée entre ce satané virus et moi, j’ai senti que je commençais à prendre le dessus. Ma voix était revenue, ma pêche en croissance linéaire, bref je me disais « tu vois, tu as bien fait de venir bosser, on va bien avancer avec les 5e3 », quand trois élèves d’une autre classe se plantent devant loi avec y grand sourire et me disent qu’à ma place, ils iraient voir mes feuilles A3.

Okèèèè. Ils sont très facétieux, ces trois-là, alors je me suis un peu méfiée. Mes feuilles A3 sont roulées dans un coin de la classe. Dans le cylindre central, habituellement vide, il y avait ça :

Que dire ? Merci, déjà.

Là, je ne suis presque plus enrhumée. Ma peêrevient en suivant une croissance exponentielle. Je crois que c’est le pouvoir de la gentillesse chocolatée et gratuite. Mon virus n’a pas supporté.

Haha.

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Lundimardimercredijeudi tempête, vendredi croisière

Les épreuves de bac de spé de ma fille sont passées, et super bien passées.

Le CAPPEI de mon mari est la semaine prochaine, mais tout devrait aller comme sur des roulettes tellement il est fort, mon mari.

J’ai presque fini mon mémoire.

Bon, j’ai trois projets éditoriaux dont la maquette est à finaliser, mais je vois où je vais.

Je commence une formation pour une nouvelle certification la semaine prochaine.

C’est l’anniversaire de mon élève de PPRE, alors on a joué « à voir dans l’espace à tellement de dimensions ».

Ce matin, j’alterne le chaperon (dont je suis fan) et l’algorea (dont je suis fan).

Et la journée a commencé avec Noé, qui nous a amené une boîte de gâteau à partir de la recette de lundi. Ils étaient booooons, ces petits gâteaux, et puis c’est tellement gentil !

Et ce soir, hop dans le train, pour aller rejoindre les copains et les copines de l’APMEP et parler maths et enseignement des maths tout le weekend !

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Le bac et ma fille : la délicatesse qui répare

Dans la catégorie bonne nouvelle, et même franchement excellente nouvelle, après des aménagements bien ajustés pour l’épreuve pratique de NSI, nous venons d’être informés d’aménagements pour le grand oral : ma fille aura son moment d’interactions par écrit (ça c’était prévu), que ce soit pour recevoir les questions ou pour y répondre, mais, surtout, les questions seront le plus fermées possible, le barème adapté, et le jury aura été mis au courant des aménagements en amont. Et ça, ça change tout. Pour ma fille comme pour le jury, d’ailleurs.

Ce que ça change aussi, c’est ma sérénité à moi. J’ai un énorme poids en moins. J’ignore si Alice réussira ses épreuves, mais au moins elle est prise en compte, en tant que personne et non sous la forme d’un numéro de candidat dérangeant. La communication avec les inspecteurs qui s’en chargent a été fluide, empreinte de bienveillance, sans l’ombre d’un jugement. Délicate, en fait. Je vis cela comme une réparation.

Je sais que des personnes se sont senties heurtées, vexées, peut-être blessées par ma communication, des articles ici ou la lettre ouverte commune avec d’autres parents d’enfants autistes. Evidemment mon intention n’était pas de heurter qui que ce soit, mais simplement de faire respecter les droits de ma fille et de lui permettre de passer au moins ce fichu bac. Elle a 17 ans, et ça fait bien 12 ans de lutte scolaire, donc de lutte personnelle. Elle tient bon, mais c’est vraiment dur. Et donc, si des personnes de bonne volonté se sont senties heurtées, j’en suis désolée ; mais il faut que nous nous interrogions collectivement : pourquoi ces personnes n’ont-elles pas eu vent plus tôt du cas de ma fille, alors que nous nous sommes attaqués à la demande d’aménagements pour le bac dès le début de la classe de seconde ? Pourquoi faut-il hurler pour être entendu en plus haut lieu que l’établissement scolaire ? Le lycée (équipes enseignantes, de vie scolaire, infirmière, administration) sont montées au créneau avec nous ; la médecine scolaire aussi. Eux aussi ont été frustrés des fins de non recevoir, eux qui oeuvraient activement à rendre le quotidien scolaire d’Alice moins difficile. Des services académiques ou ministériels m’ont dit (mais jamais écrit, bien sûr) des choses violentes : « Estimez-vous heureuse qu’elle soit en terminale ! C’est rare dans un cas comme le sien », « L’égalité, madame, vous savez ce que c’est ? » (oui, et l’équité, aussi), « Votre fille n’est peut-être pas faite pour le bac, à un moment il faut savoir s’arrêter », sans compter les « Elle est timide, en fait, hé bien c’est l’occasion, elle se force, elle respire et voilà ! », « Tout le monde est capable de passer le grand oral. Tout le monde. C’est une promenade de santé ». On m’a plusieurs fois affirmé que ce n’était pas le corps d’inspection qui s’occupait des aménagements, intimé de ne pas m’adresser à eux ; et tout ça, c’était faux. Peut-être les personnes qui m’ont dit cela ont-elles fait une erreur, peut-être suis-je tombée au mauvais moment, mais en attendant derrière il y a une personne, une famille, un combat, de la souffrance.

Je n’ai pas non plus reçu de réponse à notre lettre, de la part des 37 élus à qui je l’ai envoyée, sauf du cabinet du premier ministre qui m’a informée que ce n’était pas son affaire et que le ministère de l’éducation nationale me répondrait.

Je vous laisse imaginer l’impasse dans laquelle se trouvent les familles qui ne connaissent pas l’éducation nationale : je suis prof, tenace, en lien avec beaucoup d’interlocuteurs à l’intérieur du système, qui m’ont aidée. D’autres n’apprécient pas ou me trouvent pénible et je suis capable de l’entendre, et de le relativiser sans me sentir illégitime : soit ils sont frustrés car ils auraient aimé pouvoir intervenir et nous nous entendrons, car ce n’est ni leur faute, ni la mienne, soit nous resterons en désaccord car le problème est plus profond.

En attendant, l’air est plus léger sur nos épaules. Merci beaucoup, beaucoup aux inspecteurs qui nous ont apaisés.

Alice entame la dernière ligne droite et ensuite une nouvelle ère commence.

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Mes 5e3 et leurs 3 heures de maths du jeudi

Je m’étais lamentée ici sur la perspective de retrouver mes 5e3 pendant 3 heures de suite : 1 heure avant le déjeuner, 2 heures ensuite. Sur les 3 heures et demie hebdomadaires, c’est bof. Une semaine sur deux, depuis la rentrée de septembre, nous vivons cela.

Habituellement, je prévois en conséquence : une heure de rallye, une heure de salle info ou une heure de projet sur les trois. Mais cela ne me met pas en avance, d’autant que c’est ma classe la moins à l’aise et dans laquelle il y a le plus d’élèves qui peuvent se comporter d’une façon qui ne nous fait pas gagner du temps. Et là, nous sommes en période 5 et j’ai moins de mou : nous avons globalement fini la programmation, il me reste un peu de GeoGebra et de tableur, mais pas n’importe quand… Cela devient compliqué. Là, jeudi, j’avais prévu ceci, en tout :

  • La découverte de l’inégalité triangulaire ;
  • La leçon sur l’inégalité triangulaire ;
  • 6 exercices sur l’inégalité triangulaire, à chercher, résoudre puis corriger (fin présumée de la première heure) ;
  • La correction de 4 exercices sur les fractions ;
  • La leçon de synthèse sur la comparaison de fractions ;
  • 2 exercices à chercher, à résoudre, à corriger ;
  • Le leçon de synthèse sur les additions et les soustractions de fractions (fin présumée de la deuxième heure) ;
  • Des exemples pour comprendre, expliciter, verbaliser, réguler, remédier ;
  • 3 exercices à chercher, à résoudre, à corriger ;
  • Des exemples pour savoir comment résoudre les exercices de la fois prochaine, sans avoir besoin d’aide à la maison ;
  • Le bilan pour l’évaluation à venir la semaine suivante, avec identification des compétences et tout et tout.

Et après ça, je prévoyais de donner des exos à résoudre à la maison et paf ça roule.

C’était ambitieux, mais voilà : nous avions bien avancé avant les vacances, et j’avais envie de réimpulser un rythme bien soutenu, tout en alternant les phases de parole, de recherche, de correction, de synthèse.

M’enfin, quand même ça faisait beaucoup.

Je m’étais dit : et si au bout des 3 heures je leur proposais un moment de liberté, où ils joueraient à des jeux de la ludothèque ou bien liraient ? En en discutant avec mon mari, je me suis rendu compte que leur laisser ce moment au cours des deux heures de l’après-midi serait préférable. J’avais un peu peur d’avoir du mal à récupérer l’attention après, mais bon, j’avais envie d’essayer, et de leur faire confiance.

Alors le matin, j’ai posé les règles :

  • J’ai noté au tableau ce que je voulais faire sur les 3 heures. C’était notre objectif, non négociable sauf imprévu ;
  • J’ai annoncé qu’il y aurait une pause entre tel et tel point, dont la durée dépendrait de notre avancement ;
  • J’ai essayé d’être explicite : pendant la pause, interdiction de courir, de sortir de la classe, de parler fort, de « faire des histoires » (c’est une classe à « histoires »).

La veille, le mercredi, la classe avait été agitée, j’avais dû lutter pour conserver l’attention et obtenir une ambiance de travail. Hé bien là, non. Impec. Nous avons fait la pause assez tôt, finalement, et tout terminé ensuite ; dès la première heure nous avions de l’avance. Cette pause a duré 20 minutes entre le moment où je l’ai annoncée et le moment où nous avons vraiment repris le travail. C’est plus que ce que je pensais, mais c’était le contrat. Plusieurs élèves ont demandé les devoirs pour les faire pendant la pause et être débarrassés à la maison ; une élève en a profité pour aller plus loin avec moi, en s’attaquant aux fractions négatives. Une autre m’a demandé de lui réexpliquer ce qu’elle n’avait pas compris. Beaucoup ont joué au puissance 4, aux échecs, beaucoup aussi ont lu des livres ou des bandes dessinées. Un élève a bousculé volontairement une camarade et lui a fait mal ; il a dû alors finir tout le reste de la pause à sa place. Pour les autres, j’ai trouvé ça vraiment profitable et tranquillisant aussi pour moi. A la fin de la séance, quand j’ai regardé qui avait participé, je me suis aperçue que pour la première fois, toutes et tous les élèves s’étaient exprimés pendant ces trois heures. Et plusieurs élèves en difficulté m’ont dit, en partant, qu’ils et elles avaient trouvé la journée super et avaient compris plein de choses.

La question que je me pose, c’est si c’est la nouveauté qui a permis d’atteindre cet objectif, ou si ce type de dispositif va tenir la route toute la fin de l’année.

Mais enfin, je suis satisfaite, déjà. C’est vrai, nous avons vraiment bien travaillé. Et je ne suis pas rentrée crevée comme parfois.

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Joie

Alors que je suis bloquée à la maison pour cause de Covid (avec un variant dont le numéro est 417, même pas un nombre premier, quelle misère…), que je me demande si nos anamorphoses en ruban adhésif sont déjà par terre (je devais faire coller les contours aux élèves dans la semaine, et là après ce sont les vacances… Dans trois semaines, que va-t-il rester ???), je reçois d’assez nombreux messages d’élèves et de parents, tous plus gentils les uns que les autres.

Hé bien ça fait du bien, vraiment. Le must, c’est l’élève qui me remercie pour « cette période pleine de joie ». Quel joli mot, « joie », et quelle belle chose que de l’associer à la période du collège, pas forcément la plus agréable de l’existence…

Attendez un peu la rentrée… On en a, des trucs chouettes à faire ! Bon, c’est pas si grave que le nombre 417 ne soit pas premier, allez.

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Des innovations qui font bouger le monde…

Céline Valette m’a signalé cette innovation de fou (et que tu penses à moi en voyant cela m’a amusée et fait bien plaisir, Céline…) :

Alors bon, je pense que c’est l’occasion de travailler le décimal dans toutes les familles : quelle fraction d’anniversaire peut-on fêter ? Pourquoi ? Et d’ailleurs, Vahiné a-t-il prévu la bougie-barre-de-fraction pour celles et ceux qui ont envie de fêter leur tiers-niversaire ? J’espère bien, non mais sans blague.

On n’arrête pas le progrès…

Par contre, le premier qui fait bouger la virgule sur le gâteau, je déboule. Que ce soit dit.

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C’était mieux avant

Alors que je fourbis mes aiguilles à coudre et ma colle à paillettes pour avancer nos projets Regards de géomètre, Twitter permet d’exhumer des pépites. Voici une affiche datant des législatives de 2012, qui m’avais échappée à l’époque. Heureusement je peux tout de même en profiter aujourd’hui :

Extraordinaire. Et élu, d’ailleurs.

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16.

C’est le nombre de pages de mon mémoire qui sont écrites, là tout de suite. J’arrive à l’analyse des entretiens pour valider ou invalider mes hypothèses. Autrement dit, je rentre dans le dur. J’en suis bien contente et j’ai hâte de voir si je rame ou si j’arrive à réfléchir de façon satisfaisante, et à écrire.

Mais quelque chose de curieux se produit à chaque fois que je m’attelle à ce mémoire. Il parle d’instrument : les albums jeunesse comme instruments au service des enseignants en mathématiques aux cycles 1, 2 et 3. A chaque fois que je m’y remets, soit deux à trois fois par mois, mais vraiment à chaque fois, il faut que je reprenne tout quant au sens de l’instrumentation et de l’instrumentalisation. Pas moyen de fixer la compréhension de ces deux concepts. Pourtant plusieurs formateurs me les ont expliqués, réexpliqués, j’ai lu des tas d’articles, pris des notes et tout. Et pas moyen. Je pense avoir compris, et la fois d’après, d’évidence non. Je me dis que je me trouve devant ce que doivent ressentir certains élèves, et je voudrais retenir au moins cette impression-là.

Ce qui me sauve, c’est le bouchon de bouteille de lait de Laurent Courbon, de l’Ifé.

Un bouchon de bouteille de lait, au départ, c’est un artefact : il a été conçu par des gens pour clore une bouteille de lait.

Si on me donne un bouchon de bouteille de lait, avec ou sans bouteille (tiens, je ne suis pas sûre. Il faudrait que je pose la question à Laurent), je vais l’observer et identifier des caractéristiques : par exemple, celui qui est dans mon frigo, il est vert, il a partie vis du côté creux, il est solide, il forme un cylindre, il a des stries sur la face latérale. Là, on est dans l’instrumentation, car l’objet me parle à moi (enfin pas vraiment, j’en suis consciente, hein). Mais ce bouchon peut permettre de tracer des cercles. Si je l’utilise pour tracer des cercles, je suis du côté de l’instrumentalisation : c’est moi qui le détourne de l’usage prévu par ses concepteurs. Je construis ce qu’on appelle un schème d’usage, c’est-à-dire une sorte d’algorithme de tracer de cercles avec mon bouchon. Le triplet artefact-sujet-schème forme l’instrument.

Si tout cela est correct, j’ai peut-être re-re-re-re-re-…-re-compris instrumentation et instrumentalisation. Ou pas. Wait and see.

Ce qui est rigolo avec l’histoire du bouchon pour tracer des cercles, c’est le même instrument qu’un compas, mais pourtant les deux n’ont pas le même sens, comme Laurent nous l’a expliqué : le compas, avec sa pointe et sa mine, véhicule l’idée de centre et celle d’équidistance des points du cercle au centre ; il y a une conceptualisation qu’il n’y a pas du tout dans le bouchon, qui transmet plutôt la notion de courbure, de régularité du contour, pour distinguer du polygone qui a des sommets. C’est chouette, ça, je trouve.

Et comme le compas peut aussi être un instrument de report de longueurs, un même artefact peut donner naissance à deux instruments différents.

Bon, j’y retourne. J’ai des hypothèses sur le feu.

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Grandeurs et mesures en CP

Alors là, c’est une expérience concluante. nous avons fait du calcul, des grandeurs et mesures et de la résolution de problèmes, parfum chocolat.

Bon, à table.

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« Voir des filles belles et intelligentes une fois par an »

Ce matin, paf :

Quand j’ai montré ça à mon mari, lui qui a organisé la semaine dernière son débat sur « Qu’est-ce qu’être Français », il en est resté baba : il a loupé des arguments de poids…

La journaliste reprend bien madame Pécresse sur la souffrance animale, qui enchaîne de façon politicautomatique avec la ritournelle classique, mais elle ne mentionne pas la souffrance féministe. Pourtant, aïe : l’emploi du mot « fille » en dit déjà long. Mais le « une fois par an » (vous noterez la petite pause, riche de suspense) est vraiment la cerise sur le gâteau.

Madame Pécresse vante l’existence même de l’institution Miss France, ça part mal. Et elle souhaite être présidente de Français qui mangent du fois gras devant la télé, où des femmes se donnent à élire sur des critères discutables, avec en fond un sapin qui clignote ? Là encore, je comprends la joie que peut procurer un sapin de Noël, le plaisir de manger des mets qu’on aime et tout et tout. Mais c’est sa vision des Français ? On aurait pu parler liberté, libre arbitre, projet de société, culture ou fraternité, tiens. Le foie gras, c’est moyennement fraternel. Miss France, c’est moyennement égalitaire.

Et surtout, les pauvres ne sont donc pas français.

Bon, je vais travailler.