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Le référentiel de compétences des enseignants australiens

Franck Ramus, du CNRS et de l’ENS, nous a présenté aujourd’hui, lors des Assises de la formation continue, les travaux du groupe de travail du comité scientifique de l’Éducation Nationale sur la formation des enseignants. En particulier, il nous a présenté une réflexion sur le référentiel de compétence des personnels enseignants.

Selon lui, le référentiel de compétences est listé plus qu’organisé ou hiérarchisé. Il y a une absence de progressivité aussi au niveau de détail. Trop de compétences sont visibles au premier niveau et il est peu mémorisable (et méconnu de la plupart des enseignants par ailleurs).

Franck Ramus nous a présenté le référentiel australien. Et je dois dire qu’il semble très bien fait : il est très clair et lisible.

Chaque compétence est explicitée par niveau de maîtrise : la première colonne est celle d’un enseignant en formation, la dernière est celle d’un enseignant formateur. Cela permet d’affirmer le principe de formation continue au long de la vie, et de progression professionnelle.

Le référentiel est ici, ou en téléchargement là : QCT_AustProfStandards[1]

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ya du stuck dans le curriculum

Sans doute sur Twitter, ou sur un autre blog, j’ai découvert le blog Pédago21. Je me suis régalée (même si de prime abord je n’ai pas compris certaines expressions, cf. mon titre), en commençant par un article de Marius Bourgeoys, de janvier 2017, intitulé « On n’enseigne pas pour faire des bulletins ». Tout est dit dans son titre.

Marius Bourgeoys regrette les échéances fixes d’évaluation, qui imposent aux élèves et étudiants d’apprendre dans un temps normé, qui ne leur correspond pas forcément. « Dans la vraie vie, personne ne se demande à quel moment on a appris ce qu’on sait. Tout ce qui compte, c’est ce qu’on fait avec ce qu’on sait ». Alors il interroge la notion de programmation, la façon de construire une programmation : « tout le monde sait que la planification est linéaire mais l’apprentissage, organique. (…) dans la salle de classe d’aujourd’hui, on n’enseigne pas pour faire des bulletins. Le système nous demande encore de faire des bulletins. Pas de problème, mais on enseigne pour que les élèves apprennent, qu’ils se développent, qu’ils deviennent compétents, qu’ils trouvent leur voie/x. Pour y arriver, ils ont davantage besoin d’un guide que d’un juge. Un guide, comme un parent, ça prend le temps ». Mais monsieur Bourgeoys tempère : l’enseignant  « doit aussi être le juge à certains moments, pour répondre aux critères de performance attendus du système et pour produire les documents de communication formels (bulletins). (…) L’enseignant doit donc être conscient en tout temps du rôle qu’il joue. Un guide, ça donne de la rétroaction. Un juge, une note. Lequel soutient l’apprentissage et est au service de l’élève? Lequel est au service du système? J’insiste, les 2 sont nécessaires. Tout dépend de la posologie 🙂 Quoi qu’il en soit, les élèves sont plus importants que le contenu qu’on enseigne! Il faut que ça paraisse dans nos actions. »

Marius Bourgeoys termine son article par « les 3 questions que vos élèves devraient être invités à vous poser tous les jours :

  1. Qu’est-ce qui est important dans ce qu’on apprend aujourd’hui? (grande idée, ne pas leur dire que tout est important, ce n’est pas vrai)
  2. Pourquoi c’est important dans la vraie vie? Pourquoi c’est important pour vous?
  3. Qu’est-ce qui sera important pour le juge? (performance mesurée par test / tâche / projet / bulletin…) »

Je vous invite à aller vous promener sur ce blog : c’est une pépite.

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Activité rigolote·Apprendre·Ici et ailleurs·Je suis fan·Merci Pierrick·Patatipatata·Si si c'est drôle·Y a pas qu'le boulot dans la vie !

Mais qu’est-ce donc que cette chose ?

Je suis en vacances depuis jeudi soir, youpi (le mot est faible). À peine rentrée de ma séance sur Problèmes menant à l’étude d’une fonction et Fluctuation d’échantillonnage, nous avons pris la direction du Loiret, pour partir à nouveau sur les traces d’un abbé du XIXe siècle dont mon mari a trouvé des lettres et qui fait l’objet de ses recherches, tout à fait passionnantes. Cela a été l’occasion de passer deux jours en escapade, de rencontrer des personnes d’une gentillesse réconfortante, de fouiller dans des archives municipales et paroissiales, à l’affût de la moindre trace du curé de mon mari, de la reconstruction de son église, de devis pour un presbytère, de mentions d’incendie… Le tout agrémenté de la gastronomie locale, c’était vraiment extra.

Bref, nous arrivons dans notre relais, qui date de la guerre de Cent Ans, quand même. La chambre « mandarin » est décorée dans le style… mandarin. Je m’arrête devant cet objet :

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Évidemment, je vois deux π à peine déguisés, côte à côte. J’examine, je retourne l’objet :

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Là, en supposant que le premier symbole est une ébauche d’un 3, je lis les quatre premiers chiffres de l’écriture décimale de la troncature de π au millième.

Diantre, me dis-je, c’est rigolo. Et je me tais, parce que je me dis que mon mari va me dire que décidément c’est grave. J’ai conscience que je vois des maths partout partout.

Mon mari examine de son côté la chambre, s’arrête devant le même objet, et m’appelle, goguenard : « regarde, il y a même π ! » Et il le retourne, et fait la même observation que moi.

 La veille, il m’était venu en aide en complétant la liste de compétences des programmes de maths, que j’énumérais, et où il m’en manquait une…

Ça doit être particulier, tout de même, de vivre avec moi. Brutalement je m’en rends compte.

D’un autre côté, moi, je cherche des traces de curé du Loiret…

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Le zéro prend un coup de vieux

Sur le site de Découvertes archéologiques, on peut aujourd’hui lire un article issu du New Scientist (« History of zero pushed back 500 years by ancient Indian text« ), sous le titre « Un ancien texte indien repousse l’histoire du zéro de 500 ans ».

Une série récente de datations au carbone repousserait de 500 ans l’apparition du zéro : Un ancien texte indien repousse l'histoire du zéro de 500 ans-1alors que la plus ancienne apparition du zéro apparaissait sur le mur d’un temple du 9e siècle à Gwalior en Inde, le voici, sous la forme d’un point, dans un texte indien appelé manuscrit de Bakhshali, composé de 70 feuilles d’écorce de bouleau, qui « semble être un manuel de formation pour les moines bouddhistes » selon Marcus du Sautoy, de l’Université d’Oxford. Découvert par un fermier en 1881 à Bakhshali, dans l’actuel Pakistan, le livre est conservé depuis 1902 dans la bibliothèque bodléienne de l’Université d’Oxford. Mais il a été daté pour la première fois au radiocarbone ; on le pensait dater du 9e siècle, mais les pages les plus anciennes remonteraient entre 224 et 383 apr. J.-C..

Le statut du zéro n’était sans doute pas le même que celui d’aujourd’hui, mais tout de même, c’est une découverte importante.

Un ancien texte indien repousse l'histoire du zéro de 500 ans

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Attaque nocturne prévue cette semaine

De Grenade, j’ai ramené ce bouquin :

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Je pense que nous allons nous en servir assez rapidement pour entamer les symétries axiales. Je vais commencer par choisir des motifs. Je ne sais pas encore si je choisi un motif pour deux ou un pour quatre. Ensuite, je pense demander aux élèves de trouver les axes de symétrie, sans tenir compte des couleurs, en réactivant comme cela a été vu à l’école. Puis nous ferons une mise en commun pour en parler.

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Là, nous devrions pouvoir commencer à modéliser les symétries axiales. Et à ce niveau, je rajouterai comme contrainte que la symétrie respecte aussi les couleurs. De là, je demanderai aux élèves de refaire le pavage grâce au patron fourni dans le bouquin, mais de sorte qu’ils utilisent plusieurs couleurs et respectent deux symétries axiales différentes.

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Je ne suis pas sûre d’être très claire… Demain j’extrais des pavages et ensuite je m’attaque à ma fiche de prep. Ce sera plus clair à transmettre alors.

Je vais réfléchir à utiliser ce support aussi en cinquième, pour les transformations.

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A Mayotte, un tiers des plus de quinze ans n’ont jamais été scolarisés

  • Un tiers des plus de 15 ans jamais scolarisés (2% en France « hexagonale »);
  • 74 % de taux de réussite au baccalauréat à Mayotte (88,5% sur l’ensemble de la France) ;
  • 85 % des élèves échouent en première année d’études supérieures (54% sur le plan national) ;
  • 74 % des jeunes Mahorais connaissent des difficultés de lecture…

Les investissements de l’État pour l’éducation à Mayotte sont en progression constante (117 millions d’euros en 2003 contre 337 millions d’euros en 2015), mais largement inférieures à la moyenne nationale (en 2015, l’État investissait en moyenne 7760 euros par élève en France et seulement 4132 euros par élève mahorais). Pour le CESEM, à l’origine de ce rapport, ce retard est essentiellement imputable à trois causes : des établissements en nombre insuffisant et aux équipements inadaptés, un manque de formation des enseignants et des élèves fatigués et insuffisamment nourris.

Le cas de Mayotte est complexe et particulier. Mais le gouvernement abandonne là des enfants français. Et à voir les articles dans les journaux suite à ce rapport, ce n’est vraiment pas notre préoccupation majeure.

C'est pas des maths!·Chez les élèves·Chez les collègues·Chez les parents·Enseignement·Ici et ailleurs

Etre enseignant, être élève en Turquie aujourd’hui

Un article duMonde.fr  présente une situation alarmante pour les élèves et les enseignants turcs. Depuis le coup d’Etat raté du 15 juillet, « au nom de la lutte contre le terrorisme, 37 000 personnes sont actuellement gardées à vue ou ont déjà été inculpées, 110 000 autres ont été mises à pied, dont un quart d’enseignants ».
Une enseignante témoigne : « Parmi mes collègues, certains se sont retrouvés du jour au lendemain sans travail, sans protection sociale, sans argent. Leurs noms ont été publiés au Journal officiel, ils figurent en rouge sur le portail du gouvernement, ils ne retrouveront même pas un job de garçon de café car aucun employeur ne voudra d’eux. Tous ne sont pas, loin s’en faut, des partisans de Fethullah Gülen [le prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis, désigné par Ankara comme l’instigateur du putsch raté], il y a aussi beaucoup d’enseignants syndiqués à gauche. Je ne peux m’empêcher de penser que mon tour viendra », soupire la jeune femme.

Une maman, aussi, qui commente la nomination dans le lycée de sa fille d’un nouveau directeur, « un vrai commissaire politique, un militant du parti au pouvoir [le Parti de la justice et du développement, AKP, islamo-conservateur] ». A la suite de la réforme, plus de la moitié des enseignants de cet établissement ont été mutés (23 sur 47), une nouvelle équipe pédagogique a pris le relais. Elle dit encore : « Les cours notamment de maths, de physique, de littérature sont de moins bon niveau. Les activités extrascolaires comme le dessin, la musique, le théâtre, ne sont pas encouragées. Les clubs ferment un à un. Les filles ont interdiction de porter la jupe ou le short ». Une autre maman renchérit : « Ils enquiquinent les élèves pour un oui ou pour un non, surtout les filles. La mienne s’est teint les cheveux, elle a été convoquée. Nous nous sentons atteints dans notre mode de vie ».