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Etre en tension pour avancer

Pour approfondir mes connaissances et mes ressources sur l’accompagnement desRéférents Mathématiques de Circonscription, dans le cadre d’un dispositif de formation national, j’ai visionné récemment une conférence de Michel Vial, formateur à l’École de Métier de l’Accompagnement (Philippe Péaud nous a recommandé cette conférence, et je l’en remercie vivement !).

Je conseille vivement cette conférence, très intéressante, claire et accessible. Une parole de monsieur Vial me suit depuis que je l’ai entendue :

Être en tension, c’est être en dynamique. Au lieu d’y voir un défaut, il faut y voir une ressource.

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Luc Ria et les cocotiers

Hier, Luc Ria est intervenu aux Assises de la formation continue : « Changer de paradigme de formation ? Les conditions du changement ». Comme à chaque fois, son intervention a été claire, efficace, franche. Extraits :

  • La lesson study est un outil dont nous avons intérêt à nous emparer : c’est un dispositif au service du développement professionnel des enseignants, une fois transformée à la française. On prépare ensemble des leçons, on observe un volontaire qui présente la séquence d’enseignement et on fait suivre d’un débriefing avec un ami critique, pour ensuite proposer de nouvelles sessions et construire une mémoire qui conserve une littérature autour de ce type de dispositif.
  • Former efficacement passe par certaines étapes incontournables : il y a la co-description de l’activité, l’explicitation explicite et partagée des intentions de l’observateur et de l’observé, la co estimation de la pertinence de l’action observée, la recherche conjointe d’autres alternatives à tester concrètement.
  • Il est très intéressant d’augmenter la place de l’écoute des élèves, de l’analyse de leur comportement avec eux, sans limiter la co analyse aux adultes.
  • La question à se poser est : qui peut accompagner ce type de pilotage en établissement ? Il faut repérer les logiques de chacun, les décalages de compréhension, les difficultés.
  • Il faut une formation sérieuse de l’équipe, une charte éthique (objectifs, valeurs), des aménagements organisationnels significatifs et une définition d’un plan de formation sur mesure et sur un temps long. Favoriser les rencontres c’est aussi planifier  à l’année pour dégager du temps. Et il faut veiller à la pérennisation des collectifs, qui sont souvent cycliques, fragiles, voire cyclothymiques.
  • Le travail en intercatégorialité est d’une importance fondamentale. Les problèmes de pilotage intercatégoriel sont ceux qui constituent les freins les plus importants.
  • Il faut casser les frontières entre formation initiale et formation continue, pour envisager la formation continue tout au long de la carrière.
  • Demandons-nous toujours, en formation :

« Partageons-nous une même réalité scolaire ? »

et encore :

« Comment être complémentaires et non pas en concurrence ? »

et puis un peu de douceur pour les formateurs :

« Il est important de reconnaître les métiers intermédiaires de la formation, ces personnels qui sont passionnés par la formation, de reconnaître leurs compétences et la valeur ajoutée qu’ils apportent aux enseignants. »

Le passage d’agitation du cocotier :

« Quand je revois des vidéos qui datent d’il y a dix ans, je suis affligé de voir aujourd’hui les mêmes pratiques exactement. Il n’y a que le rétroprojecteur qui change. Il y a aussi de belles choses, évidemment. Mais on traîne. »

et enfin :

« Il faut avoir du courage et voir l’activité ordinaire, pour sortir de sa zone de confort. Il faut construire une autre forme d’accompagnement pour que la prise de risque soit possible. »

 

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Aux assises de la formation

Aujourd’hui, monsieur Blanquer est venu aux Assises de la formation. Voici ce que j’ai noté de son intervention :

La formation continue est essentielle. L’ambition doit être très grande : la formation initiale et la formation continue représentent le premier facteur de réussite du système scolaire. Ce n’est pas le seul, mais il est essentiel. Or nous avons un sentiment d’insatisfaction, pour la formation initiale comme sur la formation continue. Nous n’avons pas eu, à un moment donné, la lucidité de tirer un bilan, quitte à ce qu’il soit négatif. Le programme est à la fois simple et ambitieux : c’est doter ce ministère d’une véritable formation continue, pour les professeurs, les cadres, les personnels administratifs et de santé, pour le bien des élèves. Nous partons d’un système moyen pour arriver à un système qui doit devenir ou redevenir excellent. Nous devons éviter d’avoir « des trous dans la raquette ». La tâche est immense. 70% des professeurs n’ont pas eu de formation pendant les cinq dernières années, et parmi eux 65% la jugent de qualité insuffisante. On ne peut se permettre ni l’édulcoration des savoirs, ni le saupoudrage.

L’école de la confiance doit donner confiance aux élèves mais cela passe par la confiance et le bien-être au travail des personnels, ce qui est central.

Nous aurons bien travaillé en matière de formation initiale si les rectorats finissent par avoir confiance dans les institutions de formation initiale pour assurer la formation. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Il nous faut réfléchir à la question du pilotage. Aujourd’hui il relève du PAF. Dedans, plus de 200 items, assez largement méconnu des personnels et il n’est l’objet d’aucun dialogue social. Le vivier de formateur apparaît limité. Il y a une confusion entre formation et information. C’est pourquoi nous allons proposer la création d’un schéma directeur pluriannuel de la formation continue, piloté conjointement par la DGESCO et la DGRH, avec aussi l’IG, qui définira sur 3 à 5 ans les priorités stratégiques du ministère et a ventilation des contenus de formation, entre formation institutionnelle (il en faut), formation continue de métier et formation continue destinée à l’évolution professionnelle. Il y aura donc un PAF national à destination des cadres et un PAF académique destiné notamment aux professeurs. Canopé s’affirme comme opérateur de la formation. La formation en présentiel pourrait s’appuyer sur les universités, donc les espe, et en parallèle il y a les formations en établissement. Le développement de la gestion de ressources humaines de proximité doit s’accompagner d’un développement de la formation continue de proximité. Le chef d’établissement doit être un responsable de la formation continue de ses personnels.

Un exemple de formation vertueuse : celle de la stratégie mathématique. Ce modèle peut nous inspirer. Les objectifs sont clairs : passer d’une formation courte et peu dense à une offre concentrée, longue et profonde, en incitant les coopérations entre pairs. Nous devons abandonner la recherche de solutions miracles pour aller plutôt vers les innovations qui vont permettre des évolutions, en faisant le pont avec l’enseignement supérieur. Le point central, c’est la circonscription ou l’établissement. Exemple de la formation des RMC, dispositif tout à fait inédit.

Il y aura des moyens supplémentaires pour la formation, qui est une très grande priorité.

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Le jeu de maths des CE2-CM1

Aujourd’hui, nous avons continué la création du jeu en CE2-CM1, avec la collègue de la classe, Christelle. Nous avions animé des séances de jeux mathématiques ensemble, et lorsque j’ai proposé à Christelle de réaliser un jeu avec les élèves, pour d’autres élèves (et pour eux aussi), elle a sauté sur l’occasion. J’ai parlé ici de nos premières séances. C’est vraiment super, et j’adore ces heures : nous communiquons efficacement toutes les deux, et c’est une véritable collaboration. Les enfants sont à fond et travaillent plus vite que ce que nous avions prévu… Nous sommes sûres à présent d’arriver au bout du projet.

Comme je ne peux pas aller toutes les semaines dans l’école, car j’ai d’autres écoles à suivre et des formations à animer par ailleurs, notre travail est en pointillés. Pourtant, lorsque je reviens, les enfants savent tout de suite pourquoi et se mettent dans la tâche très rapidement. En plus, ils nous font des gâteaux.

En janvier, nous avons coanimé une première séance, d’une heure et quart, pour expliquer aux enfants le but et les modalités de l’activité. Je leur ai présenté le jeu que mes élèves de sixième avaient confectionné il y a deux ans, et les enfants ont commencé à réfléchir à des questions, avec leurs réponses ;

Toujours en janvier, nous avons animé une autre séance, toujours d’une heure et quart, pendant laquelle les enfants ont terminé de proposer des questions. Entre temps, nous avions trié leurs précédentes propositions, et nous avions défini ce qui nous manquait, du point de vue des thèmes mathématiques convoqués. Les enfants avaient alors produit toutes les questions, en fin de séance.

En février, Christelle a fait recopier les questions choisies, sur des brouillons au format des cartes que nous utiliserons : ainsi, les enfants s’entraînaient et se familiarisaient avec la taille du support, le fait de devoir écrire droit, sans ajouter de fautes, de façon lisible. Christelle a consacré deux séances de quarante-cinq minutes à cela ;

Aujourd’hui, nous sommes passés à la copie définitive sur les cartes commandées par Christelle. En une heure et quart, toutes les cartes ont été recopiées. En parallèle, quatre élèves travaillaient avec moi : ils ont travaillé sur la flèche et sur le plateau. Pour la flèche, il leur a fallu faire apparaître six secteurs égaux. Nous avons donc utilisé le compas, pour construire un hexagone. Ils étaient ravis, car c’est un instrument qu’ils ont encore peu utilisé, vu la programmation. Ils ont ensuite colorié, et il s’est agi de construire le chemin de fer (nos pions sont des wagons, notre chemin sur le plateau est donc en forme de rails). Placer des points tous les 2cm précisément, quelle aventure ! Le 0 de la règle se retrouvait régulièrement loin de l’origine du rail, le long de la règle partait de plus en plus loin du segment sur lequel s’appuyer… C’était hyper intéressant pour moi de réussir à faire travailler en même temps les compétences mathématiques engagées, les compétences de motricité, et de maintenir concentration et motivation. J’ai vraiment beaucoup aimé mener ce travail.

D’ici à la prochaine fois, les enfants vont décorer les plateaux (nous construisons deux jeux), et lorsque je reviendrai je pense que nous finaliserons, ou même peut-être que nous pourrons essayer le jeu ! Et il faudra lui choisir un nom. J’ai entendu des propositions : Multimaths, Mathématoc, et Matthias a proposé Mathématthias.

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Un progrès pour les formateurs

Jusqu’ici, les remboursements de nuitées dans le cadre de la formation s’élevaient à 45€ par nuit. Or, trouver un hébergement dans une grande ville pour 45€, avec le petit déjeuner, c’est mission impossible. Cela menait à diverses solutions, comme payer de sa poche (sachant qu’on avance les frais, qui sont très longs à être remboursés, ce qui complique considérablement les choses), co-loger quand c’est possible (très sympa par ailleurs, mais pas toujours possible), ou loger dans des endroits improbables (j’ai des souvenirs mémorables : passer devant 41 camionnettes d’affilée pour arriver à l’hôtel, et qu’une amie finisse pas s’étonner qu’elles n’aient pas froid, toutes ces dames-là, aussi peu couvertes en plein hiver, ou bien dormir deux heures parce que les Slovaques de l’étage du dessus avaient gagné leur championnat de hockey et fêtaient ça en vomissant par la fenêtre juste au-dessus de la mienne, ou dormir à peine plus parce que ma charmante collègue se transformait en ourse la nuit et ronflait d’une façon impressionnante). Et bien c’est fini !  Fini de loger dans des quartiers excentrés, fini de laisser 60€ dans une action de formation : sans viser les hypercentres ni le luxe, les formateurs vont pouvoir profiter d’un confort raisonnable. Je râle quand je ne suis pas contente, mais là, je suis franchement satisfaite de ce changement. Qu’être formateur ne soit pas particulièrement lucratif, c’est normal : personne ne me force. Mais que cela grève un budget, c’était anormal.

Voilà ce qui est en vigueur à compter du premier mars :

« Ce jeudi 28 février,  les textes relatifs à la réforme du cadre réglementaire des frais de déplacementsont été publiés au Journal Officielavec une entrée en vigueur au 1ermars 2019. Les évolutions réglementaires sont les suivantes : la revalorisation des indemnités kilométriques et la revalorisation de taux d’indemnisation forfaitairedes nuitées :

  • passage de 45 à 70€ pour le taux forfaitaire de base ;
  • création d’un taux d’indemnité forfaitaire de nuitée à 90 € pour les villes de plus de 200 000 habitants(Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux, Lille et Rennes, dans l’ordre décroissant)et les communes de la métropole du grand Paris dont la liste est définie par l’article 1erdu décret n°2015-1212 du 30 septembre 2015 constatant le périmètre fixant le siège ;
  • passage du taux forfaitaire de 60 à 110 €  pour une nuitée à Paris ;
  • la création d’un taux forfaitaire d’indemnité d’hébergement à 120 € pour les agents reconnus en qualité de travailleurs handicapés et en situation de mobilité réduite (condition cumulative);
  • l’alignement des modalités de décomposition des taux de l’outre-mer sur celles de métropole avec la suppression de notion des tournées outre-mer ;

En revanche, il faut passer par Chorus ou une appli que je ne connais pas pour réserver ses nuitées, et là je suis perdue. Je vais devoir me renseigner, car je dois aller former dans le cadre de la mission de référent mathématique en circonscription, à Rennes et à Bordeaux. J’ai besoin de comprendre rapidement ce qu’il faut faire.

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C’est tout de même une super bonne nouvelle : déjà que je dépense un argent considérable pour ma classe et mes élèves, et pour mon propre équipement, les formations ne vont plus nous coûter. C’est bien, parce que c’est juste : formateur, c’est un métier, qu’on fait pour les autres (on a envie d’être utile) et pour soi (on échange et on apprend, tout le temps), mais c’est avant tout un métier.

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Un dossier pour les formateurs en cycle 2

Sur le site de l’académie de Lille, un dossier est proposé par la mission maths, avec une multitude de ressources pour les formateurs maths en cycle 2. Il se trouve que c’est justement ce que je fais cette année, suivre des enseignants de cycle 2 dans leurs classes. Alors je suis allée explorer ce dossier, et je n’ai pas été déçue : c’est une mine.

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On trouve dans ce dossier des repères institutionnels (des points sur les contenus, les programmes, les repères, les progressions, les évaluations), des ressources didactiques (conférences, articles), des vidéos avec analyse de la séance observée. Celle sur la numération en CP, avec les cerises, m’a beaucoup intéressée, et j’aurais aimé discuter avec l’enseignant filmé sur la représentation et le manipuler-verbaliser-abstraire. J’en ai aussi profité pour me reprendre une petite dose de Stella Baruk.

Le tout est très structuré et clair, et c’est facile de retrouver ce que l’on cherche. C’est vraiment un très beau travail et c’est extra de le faire partager ainsi : c’est très très utile !

J’aimerais bien la même chose avec la géométrie, les grandeurs et les mesures… 🙂