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Fiches classes pour coopération de classe

Sur le site des Cahiers Péda, un article intitulé « Organiser la coopération dans sa classe« , par Pierre Cieutat, Sylvain Connac, Cyril Lascassies et Cécile Morzadec, introduit « treize fiches libres de droits » sur le thème de la coopération entre élèves. Intéressant, synthétique et dans un format vraiment pratique, je vous conseille d’aller voir. Pour ma part, la fiche sur l’andragogie, celle sur les conseils coopératifs et celle sur le marché des connaissances ont bien clarifié mes idées aujourd’hui.

 

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Il n’y a pas nécessairement de baguette magique

Ici, vous trouverez un article et une petite vidéo qui propose de réfléchir à des stratégies pour réduire l’anxiété associée à l’apprentissage des mathématiques et des sciences.

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« Les mathématiques sont une source de très grande anxiété pour les élèves, les filles sont sous-représentées dans le monde des sciences et des technologies, et celles qui vont développer un sentiment de non-compétence par rapport à ces disciplines le feront avant l’âge de 9 ans« . Alors comment faire, quels outils donner aux enseignants de primaire pour éviter cela ? L’outil Capture d’écran 2019-01-16 à 18.52.06.pngprincipal proposé par les deux intervenantes, Maude et Kim, c’est le temps. Le temps alloué aux sciences et en article aux mathématiques dans les programmations, mais aussi  le temps donné aux enseignants pour se former sereinement, en se confrontant eux-mêmes à leurs zones d’inconfort, à partir d’outils qu’ils connaissent déjà. En laissant les enseignants s’engager dans des domaines qui leur sont moins familiers, donc moins agréables à travailler et à enseigner, en les laissant échanger entre eux à partir de leurs découvertes, on leur permet d’avancer. C’est aussi l’occasion de travailler sur l’erreur, la leur d’abord, pour mieux appréhender, comprendre, accepter et traiter celle des enfants. L’une des intervenantes dit « Il n’y a pas nécessairement de baguette magique » : on peut trouver des solutions sans forcément « innover ».

« Accorder du temps, c’est accorder de la valeur » – Maude Lamoureux

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Le spectre du bon prof

Je suis une fan de la co intervention et du co enseignement. Je trouve cela très enrichissant : un autre regard, un autre ressenti, un cerveau et une paire d’yeux supplémentaires permettent de mieux réfléchir, mieux comprendre, et  de s’améliorer. J’apprends beaucoup sur la co intervention, en pratique, ces derniers temps, car les enseignants du premier degré dans les classes desquels j’interviens pratiquent de façon très naturelle et spontanée la co intervention avec moi. Ils sont capables de s’interrompre dans leur séance pour m’apostropher et me poser une question ou me demander de l’aide, ou réfléchir à haute voix en direct à l’analyse d’une parole mathématique d’enfant. Je trouve ça absolument extra, et notre travail en est vraiment facilité, sans parler de ma place et de mon statut dans la classe.

Un article des Cahiers péda n°549 de décembre 2018 aborde la question de l’efficacité de la co arton11893intervention, en présentant le témoignage de deux enseignantes après une séance à deux qu’elles ont « ratée » (c’est leur sentiment) et mal vécue. C’est très intéressant à lire et cela fait réfléchir à ce type de dispositif, mais aussi à la représentation de l’autorité chez les enseignants, à l’image et l’estime de soi.

Une des enseignantes, Sylvie, qui n’est pas le professeur de la classe, résume par ces mots : « je me suis sentie transparente ». En effet, les élèves ne l’ont pas écoutée comme ils écoutent « leur » enseignante. Ils appelaient « leur » professeur pour recevoir de l’aide, même lorsque Sylvie était passée juste avant répondre à leur problème. L’autre enseignante, Virginie, s’est aussi sentie mal à l’aise, car elle a eu du mal à trouver un positionnement qui lui soit naturel. L’article analyse tout ceci.

Le problème est complexe, mais se rapporte surtout à la posture des enseignantes. Elles s’entendent bien et ont déjà travaillé ensemble. Mais leur « contrat » de co intervention est chargé d’implicite. Dans les faits, en début de séance, « l’une fait classe, l’autre assure la discipline ». Au départ, Sylvie permet surtout de renforcer le contrôle sur les élèves.  Ensuite, la classe s’agite et les deux enseignantes sont en porte-à-faux : « aucune n’a osé élever la voix pour recadrer la classe sous le regard de l’autre ». Elles n’osent pas se fâcher, car « un bon professeur est celui qui ne crie pas en classe ». Et lorsque Sylvie explique qu’elle a eu l’impression d’être dépossédée de son rôle de professeur, on comprend qu’elle s’est sentie « auxiliaire ».

Que retenir de l’analyse proposée par cet article ?

  • Le co enseignement ou la co-intervention est un dispositif différent de l’enseignement en solo et doit être pensé en ce sens. L’ « autre » enseignant ne vient pas comme une cerise sur le gâteau, mais comme un de ses ingrédients, au même titre que l’enseignant en charge de la classe ;
  • Sans doute une phase d’observation mutuelle serait profitable, pour que chacune des enseignantes comprenne le style de l’autre. Ainsi elles pourraient concerner ce style par la suite, quand bien même il est différent (ce qui serait encore mieux !) ;
  • L’implicite, c’est vraiment toujours contre-productif dans l’acte pédagogique, voire franchement négatif ;
  • Beaucoup d’enseignants ont une estime de soi fragile. C’est dommage, car c’est à tort. Le regard de l’autre (parfois un autre en fait imaginaire) reste pesant, dans bien des cas. Difficile alors de rendre collectif ce métier encore bien solitaire. En particulier, les idées reçues sur le « bon prof » sont délétères lorsqu’elles se ramènent à des postures stéréotypées : un bon prof ne crie pas, un bon prof terrorise (on dira se fait respecter, ou fait régner l’ordre…), un bon prof donne des devoirs, etc. Mais comme je l’ai entendu ce matin de la bouche d’IPR, la mission de l’enseignant est de faire progresser les élèves. Il n’est pas là question de « bon prof », ni de le réduire à un garde-chiourme déversant du savoir à ingurgiter et que ça saute. Dans l’article, on constate comme deux enseignantes volontaires et qui réfléchissent aux moyens d’aider au mieux leurs élèves peuvent être freinées par ces stéréotypes. Heureusement, elles ne se sont pas arrêtées là. Mais elles auraient pu choisir la facilité et se décourager, car surmonter l' »échec » (ressenti) de leur premier essai a dû leur demander courage et énergie.

Le mieux est encore d’aller lire l’article en entier, et puis le Cahier en entier aussi !

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Soustraction et différence

Sur les deux dernières semaines d’école, j’ai eu la chance de participer à une séance d’introduction sur la différence, en CP, par la méthode ACE, dans trois classes différentes. C’est chouette, parce que cela m’a permis d’en voir différentes versions. Dans les trois cas, on était dans l’introduction, mais pas forcément exactement au même stade. Il s’agit de l’unité 8,  intitulée « découvrir la différence comme écart ».

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Dans la ressource ACE accessible ici (et le document est là, juste au-dessus de ce paragraphe), l’introduction annonce qu’il va s’agir de « dire la différence et l’écrire », puis progressivement la représenter (avec les trains et les schémas lignes-trains) pour aboutir à une symbolisation de la représentation, puis la modélisation de la soustraction avec l’utilisation du signe « – ». « Il existe ainsi une progressivité, au sein du module, dans l’appropriation de la différence/soustraction ».

Un des objectifs est de poser la différence « sans aucunement mobiliser des situations prototypiques de la soustraction (retrait, enlever, etc.), mais en se centrant sur la comparaison des quantités. En effet, puisque les élèves disposent de deux collections, il n’est pas nécessaire d’user des termes « retrait » et « enlever » qui apparaissent lorsque la recherche de la différence/soustraction se réalise sur la collection la plus grande (on part alors de la plus grande collection et on « enlève » pour montrer ce qui « reste »). Ici, les élèves sont en présence de deux collections et la différence est matérialisée par ce qui est « en trop » ou « en moins » (…) Le professeur portera une attention particulière au vocabulaire employé par lui-même et par les élèves notamment en insistant sur le fait que ni la différence (en tant que résultat d’une soustraction), ni la soustraction elle-même ne doivent être assimilées à un retrait. Le professeur n’usera donc pas des termes « enlever », « retirer », etc. Il utilisera systématiquement des procédures de « formulations synonymes » en disant et en faisant dire aux élèves, par exemple : « la différence entre 7 et 4 est 3, ou la différence entre 7 et 4 c’est 3», « 7 est plus grand que 4 de 3 », « 7 c’est 3 de plus que 4 », « 4 c’est 3 de moins que 7 », « 4 est plus petit que 7 de 3 ». »

Les enseignants dans les classes desquels je suis allée avaient bien conscience de ce que j’ai reproduit ci-dessus. Ils sentaient aussi a priori que cela allait être difficile, de faire passer la notion de différence pour des raisons différentes : un des enseignants avait le sentiment de ne pas avoir bien compris la séquence, dans ses tenants et ses aboutissants, un autre savait ses élèves agités à ce moment-là, et le troisième pensait que les acquis précédents n’étaient pas suffisamment solides pour construire par-dessus. Et en effet, nous avons galéré, dans chaque cas. Dans les trois classes dans lesquelles je me suis rendue, j’ai vu trois façons différentes d’aborder la séquence. Dans les trois classes, les enseignants m’ont proposé de participer, et c’était passionnant. Je les remercie, d’ailleurs, au passage, d’être tous si constructifs, ouverts et accueillants.

Dans une des classes, nous avons travaillé à partir de la bataille des nombres/trains : les enfants piochaient des étiquettes dans une enveloppe et devaient comparer. Il fallait d’abord les écrire sur l’ardoise et indiquer entre les deux l’un des symboles >, < ou =. Ensuite, pour les plus à l’aise, il s’agissait de savoir de combien son nombre était plus grand ou plus petit. Quelques élèves ont d’eux-mêmes écrit la soustraction, mais la plupart n’ont pas réussi à déterminer la différence et ont proposé des résultats qui semblaient relever du hasard. Comme les enfants n’avaient pas eu de récré à cause de la pluie, ils se concentraient difficilement. Nous n’avons pas eu l’impression de réussir à les mettre tous en activité de façon efficace, même si de belles remarques ont été formulées. Nous avons donc recentré sur les comparaisons et donné la parole aux deux élèves qui réussissaient à déterminer la différence, pour qu’ils expliquent à leurs camarades. Nous verrons ce qui sera passé dans les jours à venir.

Dans une autre classe, l’enseignant est parti sur le schéma ligne, et est revenu aux trains, car les enfants ne voyaient pas où nous voulions en venir. Là, il m’est apparu clairement que c’est le vocabulaire qui coinçait : l’enseignant s’interdisait toute une catégorie de mots, car il avait à cœur de respecter ce qu’il avait lu dans les documents ressources. Mais ne pas dire « on enlève », « on retire », « moins », « soustraction », posait un problème : l’enseignant se sentait contraint dans son langage et craignait d’employer des mots qu’il employait les années précédentes en introduisant la soustraction. Du coup, il était bridé dans son expression, dans la forme mais aussi dans le fond. Il ne disposait plus de moyens naturels pour lui d’exprimer la différence. De leur côté, les enfants avaient bien du mal à comprendre et exprimer eux-mêmes « de moins », « de plus ». Nous avons décidé de passer par une visualisation du train avec des cubes collés au tableau, avec des jeux de couleurs. Il m’a semblé que nous avions réussi au final à faire comprendre le mot « différence », mais l’enseignant n’était pas de cet avis : selon lui, c’est nous qui avions fait le travail en représentant la différence d’une couleur différente, et les enfants n’ont fait que dénombrer les cubes de cette couleur. Avec le recul, je pense que c’est l’enseignant qui a raison. Mais nous pédalions tellement dans la semoule, les enfants étaient perplexes et il n’y avait pas de dynamique d’apprentissage, alors nous cherchions des solutions pour rattraper notre séance.

Dans la dernière classe, l’enseignant pensait dès le départ que ses élèves n’avaient pas consolidé suffisamment les décompositions, et s’est adapté a priori. Nous avons retravaillé les décompositions et les comparaisons. Les enfants ont construit des tours de cubes et l’enseignant leur a demandé si leurs tours étaient « identiques ou différentes », et quelle était leur différence le cas échéant. Alors là, ça a été très très intéressant : le mot « identique », qui appartient au langage courant, n’a pas du tout projeté les enfants dans le cadre des mathématiques. Leurs tours étaient toutes différentes, même lorsqu’elles étaient constituées d’autant de cubes : elles n’avaient pas le même enchaînement de couleur, un cube était « plus tourné » que dans l’autre tour, voire « il y a un cube là il est mordu et sur l’autre non », alors que les deux tours comportaient quatre cubes tous rouges. Il ne faut sans doute pas entrer par là dans la notion de différence mathématique. Nous nous sommes dit que si nous avions demandé aux enfants si leurs tours étaient « égales », nous aurons sans doute obtenu davantage de réponses « conformes ». Mais pour autant, peut-on dire de tours qu’elles sont égales ? En fait on induit chez les enfants qu’on se fiche de la tour, et que ce qui compte est le nombre de cubes qui la composent, mais du coup c’est un peu de la « manipulation ». D’un autre côté, il faut bien choisir une entrée qui nous emmène là où nous voulons aller…

Après la classe, nous sommes allées voir les collègues avec deux tours. Nous leur avons montré une tour bleu-rouge-bleu et une tour bleu-rouge-rouge. À la question « ces deux tours sont-elles identiques ? », toutes les enseignantes nous ont répondu non. À la question « ces deux tours sont-elles égales ? », elles nous ont répondu oui. Et ce, quel que soit l’ordre des questions. Le mot « égal », dans ce contexte, projette donc davantage vers le champ des maths (en tout cas, pour des adultes…).

Alors au bout du compte, que retenir de tout ceci ?

  • Le vocabulaire est autant un appui qu’une difficulté en maths. S’appuyer sur le langage courant peut être utile, à condition (à mon avis) d’aborder explicitement les différences (aaaaaaargh) et les spécificités des mots en maths. Je pense qu’il ne faut pas chercher à pousser les parallèles et au contraire formuler ce qui sinon va rester implicite et freiner ou empêcher les apprentissages.
  • C’est difficile de s’approprier une méthode, de comprendre a priori et du premier coup les ressorts didactiques, les choix effectués par des chercheurs qui ont dû y travailler en équipe et pendant un temps considérable. Ce n’est pas grave : faire changer des pratiques, c’est sur le temps long. Les enseignants que j’ai vus, et moi aussi puisque  je suis intervenue dans chacune de ces séances, ont eu conscience de ne pas atteindre leurs objectifs. Pour autant, nous n’avons pas non  plus construit de représentation fausse dans l’esprit des enfants. Simplement, il faut que nous y revenions, forts de nos expériences, que je vais pouvoir mutualiser. Avec un peu de chance je vais aussi obtenir des éclairages de la part d’experts d’ACE, qui sont toujours ouverts aux échanges. Je vais leur écrire, même, tiens.
  • Ce travail d’accompagnement, les binômes que nous formons avec les professeurs des écoles, c’est véritablement passionnant. Dans ma pratique en classe, mes observations, nos échanges, ce que je comprends, tout cela me transforme. Et j’espère que les collègues des écoles y trouvent aussi leur compte, mais je suis assez confiante, vu la quantité et la qualité de nos échanges.
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Le boulier chinois

Je me suis enfin attaquée à la mallette du boulier chinois, très beau travail collaboratif de l’ESPE de Bretagne de l’IREM de Brest. Sésamath a participé pour le développement des bouliers virtuels.

Dans ce dossier, on découvre l’utilisation du boulier chinois (et aussi du boulier japonais). Des ressources permettent de bien comprendre, de s’entraîner, d’expérimenter  les schémas mentaux convoqués par son utilisation, mais aussi de visionner et de lire des témoignages d’enseignants, de CPC, etc. qui analysent et proposent des retours d’expérience. Des fiches permettent de construire ses propres bouliers.

Des fiches présentant des mises en oeuvre en classe sont à disposition, de la grande section au CM2. Les productions d’élèves sont très intéressantes.

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Un article est consacré à la classe de sixième, avec de prolongements de l’utilisation du boulier sur les décimaux. Des exercices sont également proposés.

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Alors maintenant que je sais faire joujou avec mon boulier( mais je manque de plasticité intellectuelle, clairement), que vais-je en faire ?

J’hésite entre proposer des activités avec le boulier lors de la prochaine séquence, « la virgule de Stevin », our fractions et décimaux, ou me lancer seulement au club maths.

Me lancer au club maths serait un moyen tranquille d’expérimenter, de comprendre les difficultés des élèves et les différents écueils. Mais c’est peut -être dommage de s’y limiter.

L’autre question est : l’animation de Sesamaths passe-t-elle sur tablettes ? Jusqu’ici, rien de ce que j’utilise sur Sesamaths n’est possible sur les tablettes de ma classe. Et cela va considérablement compliquer les choses si je ne peux pas les utiliser.

Ou alors on fabrique nos bouliers, au club, dans un premier temps.

Mmmmmmh. Mouimouimoui.

Il faut que j’en parle à ma collègue.