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Allez les jeunes !!!

Aujourd’hui a lieu la finale du concours Alkindi, et trois élèves des collège Hyacinthe Langlois y participent cette année, représentant notre académie. Leur prof, Christophe Simon, est tout fier, et il a bien raison. Les trois collégiens, Antonin, Pierre et Jimmy, ont travaillé dur et vivent là une belle aventure ! Christophe a déclaré à Actu : « Pierre a fait des choses que je suis incapable de faire et il était plus rapide que moi ! »

Voilà donc une belle brochette : prof extra, collégiens extra !

Bonne chance les jeunes, et surtout : profitez !

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Partageons les maths !

Sur le Café Pédagogique, l’Expresso de ce matin aborde la « note d’analyse et de propositions » du CSP quant aux nouveaux programmes du lycée.

Révisions de programmes conséquentes, changements dans les épreuves du bac : voyons donc voir. François Jarraud relève « un curieux mélange entre traditionalisme et une certaine ouverture », et « la profonde réorganisation imposée à l’enseignement technologique pour la seule raison de le plier au modèle de l’enseignement général ».

François Jarraud écrit encore : « Globalement le CSP critique l’encyclopédisme des programmes et demande qu’ils laissent le temps à la pratique et à l’autonomie des élèves. Mais il suffit de regarder la liste des auditions pour voir que le CSP a accordé beaucoup d’importance à de petites associations disciplinaires connues pour leur conservatisme et aussi à des groupes professionnels (Fédération des psychologues, société informatique de France) dont la légitimité pédagogique reste à démontrer.« 

Si l’on fait un (très) rapide tour disciplinaire, on note la disparition de l’épreuve d’écriture d’invention en français. En histoire-géo, le CSP regrette qu’on répète plusieurs fois dans le parcours scolaire l’étude des mêmes thèmes. De façon générale, le CSP exprime la volonté de tester plus de connaissances dans les épreuves et moins de supports documentaires, ainsi que de réduire la subjectivité de l’évaluation (en particulier dans les épreuves d’invention et d’oral, y compris le « grand » oral).

La série technologique, si elle n’est pas modifiée dans sa structure en filières, est toute même touchée par des modifications importantes : en STMG plus de droit et l’apparition du nouvel enseignement « management sciences de gestion et numérique », un gros remaniement des disciplines spécifiques en ST2S ainsi qu’en STL.

Et les maths ? On lit, pages 2 et 3 :

« Les différents acteurs s’accordent pour considérer que les programmes ont adopté des dimensions trop vastes qui ne favorisent guère l’approfondissement. En outre, comme l’ont signalé Cédric Villani et Charles Torossian dans leur rapport de mission, la construction du raisonnement en mathématiques s’est vue minorée et le sens même de la démarche mathématique s’est dilué du fait, notamment, de l’effacement relatif de la démonstration, tant dans la terminologie fondamentale que dans les pratiques régulières de classe.

Cette baisse de l’exigence vis-à-vis du raisonnement a conduit à proposer des exercices altérés dans leur cohérence globale car segmentés et appareillés de consignes guidant à l’excès la réflexion. La construction des compétences fondamentales s’est vue amoindrie : les élèves, certes capables de réussir des exercices d’application, se trouvent pour la plupart d’entre eux démunis devant des situations inédites qui requièrent néanmoins les mêmes outils et les mêmes procédures.

De manière générale, il conviendrait de donner le primat à la construction du raisonnement mathématique, à l’appropriation de la démarche de démonstration, aux pratiques de calcul, et de renouer avec l’exigence dans l’enseignement des mathématiques ou dans le recours aux outils mathématiques dans d’autres champs disciplinaires. Le cycle terminal mérite de retrouver une véritable ambition avec des programmes moins étendus mais plus approfondis, permettant aux élèves intéressés et motivés une entrée sereine dans le supérieur.

L’épreuve de mathématiques, qui constituera dans le nouveau lycée l’aboutissement d’un parcours de spécialité, devra retrouver une véritable ambition dans ses exercices, notamment en sollicitant davantage la réflexion du candidat et en l’invitant à construire une démarche de résolution de problème : c’est la démonstration, dans ses vertus formatrices, qui devra retrouver sa juste place.« 

Axer les enseignements sur la réflexion, la démonstration, l’autonomie de pensée, la résolution de problème, les prises d’initiative, c’est très bien. Lire que les mathématiques seront enseignées aux « élèves intéressés et motivés » fait mal, en revanche. Pourquoi faudrait-il que les maths soient réservées à ceux qui disent en avoir envie ? Elles font partie de la culture, sont nécessaires pour vivre de façon éclairée ; et pourquoi certaines disciplines concernent-elles tous les élèves alors, même si ils ne s’y intéressent pas ? Je ne suis pas une folle des maths à fond pour tous. Mais il y a des choses que chacun doit savoir et doit savoir faire, et cela concerne aussi les maths. Avec des programmes adaptés, en lien avec les besoins du citoyen, avec des ponts vers les autres disciplines (pas seulement du champ scientifique : des liens vers la géo, les SES, la philo, les langues vivantes, l’EPS…) on pourrait motiver et intéresser les élèves, je pense, dans leur très grande majorité. Pourquoi baisser les bras ? Quand en seconde tu n’as pas envie de faire des maths, il est trop tard ? L’envie, ça se fait naître et ça s’entretient, aussi. C’est aussi ça, notre métier : intéresser les jeunes pour leur permettre de développer connaissances et compétences, dans un maximum de champs disciplinaires.

Et puis limiter l’accès aux maths à ceux qui l’ont « décidé », c’est aussi rendre les maths encore plus élitistes, agrandir la fracture. Certains sont à la hauteur, et d’autres pas ? C’est du mépris. Je déteste ça.

Mais bon, bref, c’est comme ça. Passons à la suite, avec les disciplines en lien direct avec les maths : côté SPC, on note la recommandation de « remathématiser » les SPC « en redonnant toute leur place à la modélisation et à la formulation mathématique des lois physiques » : « un recours plus restreint aux outils mathématiques a limité l’acquisition d’un véritable raisonnement scientifique » lit-on dans le paragraphe SPC. 

L’enseignement de sciences numériques et technologie sera assuré en seconde par des profs de maths ayant choisi l’option informatique (heu, il y en a beaucoup ?) et des professeurs de technologie. Au cycle terminal, l’enseignement scientifique associera les disciplines scientifiques, avec pour but de « se familiariser avec les raisonnements et les démarches caractéristiques de la science » et de développer la logique rationnelle.

En terminale, l’enseignement de « maths expertes » visera « un réel approfondissement dans la maîtrise des notions mathématiques, pour répondre aux besoins de formation des élèves qui se destinent notamment aux classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs et aux études scientifiques à l’université », et qui auront choisi dès le départ de faire un maximum de maths : ils auront « fait le choix d’enseignements de spécialité scientifiques dans le cycle terminal et notamment de l’enseignement de spécialité de mathématiques, choisi en classe de première et conservé en classe terminale ». « Maths complémentaires  » s’adressera en revanche « aux élèves qui auront choisi en classe de première les mathématiques parmi les trois enseignements de spécialité et qui auront décidé de l’abandonner en classe terminale pour se concentrer sur les enseignements de spécialité de physique-chimie et de sciences de la vie et de la Terre ».

 

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Enfers et fantômes d’Asie, etc.

Ma fille et moi avons passé deux jours à Paris, sur le thème de l’Asie. Nous avons écumé les musées, boutiques et restaurants qui proposaient des éléments de culture japonaise, chinoise, coréenne, asiatique en général. J’ai découvert beaucoup de choses qui m’était étrangères, chouette ! Parmi nos ballades, nous en avons fait une qui n’était pas prévue : dans le métro nous avons entraperçu une affiche pour cette exposition :

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Epouvante, horreur, fantastique : le moins qu’on puisse dire, c’est que le kitch ne date pas d’hier… Nous avons soigneusement évite les écrans, diffusant des films qui nous auraient impressionnées (attention si vous emmenez des enfants jeunes, ça tape, quand même, les films diffusés, en tout cas pour les personnes à sensibilité de pâquerette comme nous).

Le rapport aux fantômes, aux esprits, aux démons en Asie est décrit jusqu’à nos jours. C’était tout à fait inattendu, et très intéressant : un vrai parcours culturel. Et tout est beau, de l’entrée avec les lanternes vacillantes, les mannequins qui piquent aux yeux, les mangas de Hokusai, les masques…

Nous vous conseillons cette expo, en tout cas : elle nous a semblé « différente », avec un mélange des époques qui donne pourtant une image homogène du rapport à l’épouvante, avec autant de fantaisie que de gravité, sans qu’on puisse démêler les deux. En plus, nous l’avons parcourue attentivement en toute fin de journée, jusqu’à la fermeture (un musée qui ferme à 21 heures, quel bonheur pour les visiteurs!), dans une ambiance tout à fait particulière.

Et puis cela donnera aussi aux visiteurs l’occasion de voir ou revoir les collections permanentes, qui sont au final ce qui a le plus marqué ma fille sur l’ensemble du séjour. Le musée du quai Branly est vraiment absolument magnifique. On en ressort ébahi par tant de diversité, ému par la proximité que l’on ressent devant ces objets qui viennent de si loin et datent de si longtemps.

 

 

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« C’était une chouette journée, madame, je suis content »

Ainsi a conclu un de mes élèves, repartant avec son lot pour être arrivé en deuxième position : aujourd’hui, mes élèves de sixième ont accueilli les élèves de CM2 d’une des écoles du secteur, pour un rallye mathématique. Un bon moment de recherche, pendant lequel j’ai été fière de voir comme mes élèves se voulaient pédagogues et respectueux de leurs camarades. Je les avais avertis : un an de plus ce n’est rien, je ne veux pas qu’on roule des mécaniques, et bien souvent ce sont des élèves des écoles qui trouvent la solution qui fait la différence. Ecoutez-vous, échangez, expliquez vous vos démarches.

Hé bien les jeunes, je suis contente de vous. 🙂

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Les maths, c’est (aussi) la fête !

J’ai fini ma journée avec des activités festives :

  • demain, rallye mathématique avec les CM1/CM2 du coin. J’ai donc mis de jolis rubans sur les lots, choisis avec soin ce weekend. Les petits goûters sont prévus aussi. Et, évidemment, les problèmes à tordre, à déplier, à ratatiner…

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  • à la rentrée, finale du rallye IREM. L’organisation est finalisée : les mots aux parents, les pique-nique, les tickets de métro.
  • et pour finir, j’ai réservé ma participation à un colloque pleiiiiiiiin de matheux. En croisant les doigts pour que ça marche, parce que je n’ai pas encore le financement. Mais je suis optimiste.
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Les raisons de la colère

Le Café Pédagogique s’est procuré des notes de services écrites par notre ministre, Jean-Michel Blanquer, sur l’enseignement de la lecture, de la grammaire et du vocabulaire, du calcul et de la résolution de problèmes. Le Café pédagogique propose son analyse ici (pour le français) et là (pour les maths). Pour ma part, je n’ai pas encore tout lu. En revanche j’ai lu la réaction de Dominique Bucheton. En voici juste l’introduction :

« Soyons clair, c’est un texte très politique !  Les injonctions  du ministre ne tiennent pas la route et   sont en contradiction complète  avec les textes officiels, les avancées scientifiques et la culture  professionnelle qui n’est plus celle des années soixante. La visée centrale est électoraliste.  Il s’agit de plaire à un public nostalgique , conservateur, bourgeois ou non, mais attaché à la tradition, à l’image rêvée de l’école de pépé !   Plaire  aussi à ceux ou celles qui n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe à l’école, qui ne comprennent souvent pas comment ni pourquoi leurs enfants sont orientés. Le   ministre leur  joue le jeu  des choses simples,  des évidences café du commerce « ah , la grammaire, ils en font plus assez, je vous le dis ! Ne dit-on pas que ce sont les plus gros mensonges qui passent le mieux ?« 

Madame Bucheton est en colère, et cela ne manque certainement pas de panache. J’ai hâte de lire tout cela de façon approfondie, mais avant tout je suis désolée. Désolée de voir comme le dialogue est rompu, désolée de voir comme les personnels de l’Education Nationale (à tous les niveaux) se sentent maltraités et méprisés, désolée de voir cette énorme fracture détruire encore les liens humains, désolée pour les enfants, qui sont ceux pour qui nous travaillons tous. Madame Bucheton prône que « ensemble on est plus intelligents« , que « le développement singulier a besoin du collectif« , je l’ai vue mettre toute son intelligence et son énergie à former les enseignants pour faire réussir tous les enfants. Quand on lit aujourd’hui sa tribune, on mesure la violence de la politique actuelle, dont j’espère qu’elle ne la découragera pas.