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Comment ne pas obtenir le DNB en 2017 ?

Bin c’est facile : en n’allant pas aux épreuves, ou en rendant copie blanche, ce qui est à peu près la même chose. Dans mon établissement, c’est la seule façon de louper ce diplôme qui, il faut bien le dire, ne signifie plus grand chose.

Ah non, pardon, on me signale que je me trompe : on peut ne pas aller aux épreuves et obtenir le DNB quand même, oups.

C’est une conséquence de la nouvelle évaluation pour le brevet : les équipes pédagogiques ont attribué des points aux élèves, selon leurs compétences, en s’appuyant sur les domaines du socle.2016_4pages_evaluation_A4moins_bdef_692036_760231_Page_1 Les élèves sont arrivés aux épreuves avec un total de points en général non négligeable. Voire avec le DNB déjà acquis. C’était le cas auparavant parfois, mais pas dans de pareilles proportions.

Quelques éléments et exemples pour réfléchir :

  • Dans mon collège, sur 104 candidats, 7 n’ont pas de mention, 16 ont une mention AB, 27 ont une mention B et 51 ont une mention TB. 3 candidats ne sont pas admis, avec des 0 dans les épreuves écrites. Avec 104 candidats, je ne calcule pas les taux : on peut presque convertir directement. Moins de 7% des candidats sans mention, on peut se demander pour qui le diplôme est calibré. D’un autre côté, peut-être en était-il de même les années précédentes ; j’avoue ne pas me rappeler.
  • Avec 19,5/100 en maths-sciences et 32/100 en français-histoire-géo-EMC, on peut être admis mention AB. Pour ceux qui ont la flemme de calculer, cela revient à 4/20 en sciences et 6,5 en lettres-histoire, en gros.
  • Avec 55/100 en maths-sciences et 54/100 en français-histoire-géo-EMC, on peut être admis mention TB. Ca fait du 11/20 dans les deux domaines.

Le DNB est à mon sens un examen devenu (pas seulement cette année, mais là on touche le fond) inutile, improductif et qui devient même porteur d’une certaine malhonnêteté : un élève qui part au lycée avec une mention peut se ramasser sévèrement. Pourtant, le message donné par cette mention au DNB est tout autre. 2016_4pages_evaluation_A4moins_bdef_692036_760231_Page_3

Alors à quoi cela sert-il ? Pas à préparer les élèves à l’idée du bac : même si le bac a aussi ses défauts, cela n’a pas grand chose à voir (enfin, jusqu’ici… Si j’ai bien compris, le fonctionnement du bac va se rapprocher de celui du DNB). Pas non plus à évaluer vraiment un niveau : parmi les 50% de mentions TB de mon collège, tous les élèves ne sont pas au même niveau. Pas du tout, même. Et pourtant :

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C’est juste, à mon sens, une mascarade, organisée par un système dont je fais partie. Ca me « chiffonne ».

 

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Le DNB nouveau est arrivé

Dans la dernière revue de presse des Cahiers Pédagogiques, Laurent Fillion revient sur la nouvelle mouture du DNB (diplôme national du brevet),commentée par Le Monde
L’article du Monde explique que « Dans nombre d’établissements, la majorité des élèves de 3e ont déjà le nombre de points pour décrocher l’examen, avant le coup d’envoi des écrits. »
« La validation de ce bagage [le socle commun], que tout élève doit avoir acquis à l’issue de la scolarité obligatoire, compte en effet désormais au brevet en lieu et place des moyennes de notes obtenues dans l’année. Son poids est même prédominant : le bilan des compétences de ce « socle », évaluées selon quatre niveaux de maîtrise – insuffisant (10 points), fragile (25 points), satisfaisant (40 points) et très bon (50 points) –, compte pour 400 points sur 700. »dnb2017-1.png

Mais Laurent Fillion nuance ces propos : « L’article oublie de préciser que c’était déjà le cas avec l’ancienne formule dans laquelle le contrôle continu comptait pour 200 points sur les 360 requis. On est donc passé de 55,55 % de la note globale à 57,14 % ! Pas de quoi crier au scandale.» En effet, la part du contrôle continu demeure approximativement la même. Ce qui change, c’est tout de même le nombre de points attribués aux élèves dans ce contrôle continu : dans mon établissement, les élèves partent avec des scores clairement plus élevés. Certains élèves ont même déjà une mention, ce qui n’arrivait pas auparavant. Il y a sans doute plusieurs causes à cela :

  • Pour un niveau insuffisant on attribue 10 points. Cela dit, je pense que les élèves n’avaient pas des moyennes de zéro non plus avant la réforme. Mais le fait de n’attribuer que quatre scores différents relève les totaux, comme cela a été le cas sur les épreuves de langues à l’oral au bac. C’est l’effet des paliers : cela profite aux élèves.
  • Dans un établissement comme le mien, dans lequel beaucoup d’élèves sont en réussite, on observe souvent un tassement des « bonnes notes » : comme il existe un nombre assez important d’élèves excellents, les très bons n’obtiennent pas forcément des notes excellentes… Et ainsi de suite. Or cette fois on n’avait le choix qu’entre quatre niveaux de maîtrise. Ici encore, cela a profité aux élèves : « très satisfaisant » a été attribué aux excellents, aux très bons, parfois aux bons. Je pense que ces seuils vont donc déclencher une pluie de mentions. Il est possible que le nouveau système profite particulièrement aux bons élèves, dans des collèges de ce type.
  • Dans mon collège (car je sais qu’ailleurs cela a pu être différent), les collègues ont réfléchi vraiment en termes de compétences : ils n’ont pas transformé des moyennes en niveau de compétences, mais ont essayé de mesurer vraiment les acquis fonctionnels des élèves, en prenant aussi en compte ce que les élèves savent faire en plus du scolaire pur. Ainsi, une nouvelle façon d’envisager les choses a naturellement émergé et de nouveaux critères d’évaluation se sont construits. L’évaluation, au final, n’est forcément pas la même.

Si je résume, donc, la part du contrôle continu est stable, en gros, mais la méthodologie d’évaluation et l’effet palier changent le nombre de points dudit contrôle continu.

La question suivante, c’est : est-ce que c’est grave ? Rappelons-nous que notre pays est mauvais aux tests internationaux, pour des raisons multiples et d’ordres variés, dont le fait que nos enfants sont stressés par une évaluation mal vécue, donc sans doute inadaptée. Laurent Fillion apporte une réponse :

« L’idée selon laquelle un examen n’aurait de la valeur que s’il n’était réussi que par un petit nombre est tout de même très critiquable quand il s’agit comme avec le DNB de valider les apprentissages communs à une très large majorité des élèves. Rien de scandaleux non plus au fait que des élèves l’aient déjà avant les épreuves finales. L’évaluation et la validation sérieuses des compétences travaillées au collège peuvent en effet suffire.

Et si le vrai scandale c’était d’avoir conservé ces épreuves écrites inutiles et coûteuses ?

Et pensons aussi à ces élèves qui ne parviendront pas à l’obtenir ..

Voilà, tout est dit !

Evénement·Formation·I'm not dead

Retour d’Epinal

Après Poitiers, me voici revenue du colloque d’Epinal. Qu’est-ce que je ramène avec moi, cette fois ?

  • Deux idées d’expérimentations en classe
  • Une super adresse de chambre d’hôtes
  • Une idée pour la formation des futurs profs de maths
  • Des pensées pour un collègue absentCapture d’écran 2017-06-15 à 06.25.51.png
  • Une idée pour la formation des futurs profs de maths et des futurs professeurs des écoles
  • Un coup de soleil
  • Un émulateur de calculatrice et des activités
  • Certainement plusieurs kilos, car ma collègue nous a déniché des restos incroyables !
  • Un niveau supplémentaire en langue des didacticiens
  • Un manque de sommeil avéré
  • Des projets, des échanges, des réflexions avec une collègue extra

Demain, il va falloir que je me mobilise à fond en classe : deux colloques coup sur coup, ça décale bien des réalités professionnels quotidiennes !

 

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Les gestes dans le cours de mathématiques

csabena.fotografia.pngHier, au colloque Copirelelm d’Épinal, Cristina Sabena, chercheuse à Turin, a animé une conférence sur les gestes comme ressource pour l’enseignant. Le colloque porte sur la sémiotique en mathématiques et le titre complet était : les gestes comme ressources sémiotiques dans les activités mathématiques : quelles implications pour les enseignants ? C’était absolument passionnant, et je vais creuser le sujet, en commençant par quelques lectures :

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Madame Sabena a développé l’idée selon laquelle les aspects perceptifs et corporels sont fondamentaux dans les apprentissages, y compris dans l’acquisition des concepts mathématiques. Notre corps et notre fonctionnement quotidien dans le monde structurent l’acquisition des concepts mathématiques. Nous apprenons par nos gestes, mais aussi par ceux des autres (cela renvoie aux neurones miroirs). Et nos gestes ne nous permettent pas seulement d’apprendre à faire. Ils sont aussi importants pour les actions  de planification, liées à la pensée.

Le mot geste est ici à prendre dans un sens étendu par rapport au langage courant : le regard, par exemple, en est un. Madame Sabena est italienne, et parle beaucoup avec les mains. Alors elle a pris soin, non sans humour, de préciser que toutes les cultures utilisent les gestes. Autrefois on les considérait comme de simples ornements de rhétorique, du discours, ou comme des moyens de décharge d’énergie excessive. Maintenant ils sont aussi considérés comme un aspect constitutif de la communication.

La pensée n’est pas simplement exprimée par des mots, elle existe aussi par eux. Gestes et mots sont intimement liés (par exemple, ils sont synchronisés). Mais ils sont aussi différents : les gestes forment un tout, sont non combinatoires, ont un sens propre selon l’individu et dépendent du contexte. Ce n’est pas le cas des mots.

Dans la suite de son exposé, madame Sabena a présenté des études de gestes filmés en classe. Elle nous a entraînés à repérer des types de gestes différents :

  • Les gestes iconiques ont une relation de ressemblance avec les contenus sémantiques du discours. Par exemple, le geste peut dessiner dans l’espace l’objet dont on parle, ou des caractéristiques de cet objet.
  • Les gestes métaphoriques ont un contenu pictural qui présente un concept abstrait sans forme physique. Ils ressemblent aux gestes iconiques, mais ne s’associent pas à un objet concret.
  • Les gestes déictiques indiquent quelque chose. Ils pointent vers un espace qui semble vide, mais qui ne l’est pas : il est plein d’importance conceptuelle.

Cependant, la classification des gestes doit tenir compte du contexte plus large dans lequel un geste est étudié. D’ailleurs un même geste peut appartenir à plusieurs catégories. L’interprétation des gestes est un domaine vraiment très … interprétatif ; on n’émet que des conjectures.

À partir des vidéos, Cristina Sabena s’est interrogée : quelle contribution spécifique peuvent donner les gestes, lorsqu’ils sont considérés comme des signes, pour le développement des signifiés en mathématiques, de résolution de problèmes, et surtout le processus d’argumentation en maths ?

 

Par l’observation des gestes des élèves, l’enseignant peut acquérir une meilleure compréhension des processus cognitifs des enfants, mais il peut aussi utiliser les gestes. Si par exemple un enfant associe à la parole un geste qui montre une représentation incomplète, erronée ou mal adaptée, l’enseignant peut reproduire le geste de l’élève, en l’associant à une parole correcte. En réutilisant le même geste, l’enseignant peut remédier à une représentation fausse, tout en respectant le schéma mental de l’enfant. D’autre part, en encourageant à utiliser des gestes, l’enseignant amène les élèves à expliciter leur pensée et à passer des significations individuelles à des significations institutionnelles. Il développe une culture commune, mais qui n’est pas formatée : chacun exprime une idée institutionnalisée à sa façon, en référence à son propre corps. Enfin, faire attention aux gestes, les analyser et les utiliser permet d’améliorer le contrôle de soi et la qualité de la transmission des apprentissages.

C’était passionnant. Cela m’a rappelé la lecture de La septième fonction du langage, dans ce que j’ai pu ressentir. Et je compte bien développer mes connaissances en la matière : dans sa conférence, Cristina Sabena a mis en mots, a rationalisé quelque chose qui me tient à coeur au quotidien dans mon enseignement.

Allez les jeunes !·Chez les collègues·Evénement·Je suis fan·Maths par les jeux·Tous ensemble !

Pour Navadra ?

Lundi prochain, Navadra entame la phase de collecte qui lui permettra, j’espère, de se développer en restant autonome. Or pour qu’une campagne de crowdfunding réussisse, il est impératif qu’au moins 20% du montant recherché soit atteint pendant les 2 premiers jours… Gros stress pour les concepteurs du jeu !

Si vous en avez envie, ce sera ici, dès lundi !

PS pour mes élèves : hé, les jeunes, vous êtes dans la pub de Navadra… Trop la classe, non ?

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Chez les cadres·Ecouter·Education·Enseignement·EPI·Evénement·L'éducnat·Réformes

Excellence et bonheur, d’accord. Le reste, faut voir.

Sur France Culture, dans l’émission d’hier de Rue des écoles, Louise Tourret et Marie-Caroline Missir recevaient  Jean-Michel Blanquer, notre nouveau ministre de l’Education Nationale.

En préambule dans l’émission, monsieur Blanquer a commencé par annoncer qu’il n’était pas dans une philosophie de détricotage et qu’il attendait qu’on arrête d’écouter les bruits, et qu’on l’écoute lui. Selon lui, ses propos sont déformés par les différents médias. Il veut rétablir de la confiance, entre tous les interlocuteurs de l’Éducation Nationale, les élèves et les parents. Il rejette l’image du « technocrate froid » et met en avant les mots « excellence et bonheur« . Il affirme rechercher le consensus, la sérénité à l’échelle collective.

  • Sur l’école primaire :

C’est la priorité annoncée de Jean-Michel Blanquer. Selon lui, c’est là que le principal se joue, avec une attention particulière de la classe de CP. Il fait référence à des études, mais il ne les cite pas, ce qui est dommage je trouve.

Notre ministre tient aussi beaucoup à l’école maternelle, qui doit être l’école du langage. Quelles innovations ? « Il y en aura certainement beaucoup« , répond-il, « mais je pense que ce sont principalement des innovations du terrain« , pensées et inventées par les enseignants.

  • Sur les rythmes scolaires :
Les rythmes ont déjà changé de multiples fois. L’offre scolaire risque d’être inégale sur le territoire, avec la possibilité de décider de façon locale. Cela dit, cette offre est d’ores et déjà inégale et hétérogène. La véritable question est : qu’est-ce qui profite le plus aux élèves, qu’est-ce qui les fait le mieux réussir ? Jean-Michel Blanquer en parle explicitement, en évoquant des études quant au « temps de l’enfant« , en particulier concernant les tout-petits. Mais il dit aussi que ces études ne montrent pas grand-chose, que la chronobiologie n’est pas une science exacte, et que tout dépend des réalités du terrain.
  • Sur la réforme du collège :
Le Café pédagogique pense que monsieur Blanquer est du côté de l’ « anti-pédagogisme ». En effet, dans Le Point, le ministre a déclaré : « Le pédagogisme doit désormais relever du monde d’hier« . Mon problème, c’est que je ne sais pas ce qu’est le « pédagogisme » (mon correcteur orthographique non plus d’ailleurs). Alors j’ai cherché. D’abord j’ai tapé « pédagogisme » dans le Larousse, et ça a fait planter l’application. Après un deuxième essai, le mot ne figure pas dans le dico.
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J’ai lu dans Le Figaro qu’il y a d’un côté les «pédagogistes», enclins à voir dans l’enfant un petit roi qui construit son savoir, et de l’autre, les «traditionalistes», persuadés que l’école d’hier faisait mieux que celle d’aujourd’hui. Les deux dénominations ne me semblent pas vraiment liées, en réalité. La première est grotesque, car faire construire son savoir ne fait pas de l’enfant un enfant roi, mais un enfant qui comprend. De l’autre côté, que l’école faisait mieux autrefois ne signifie pas grand-chose, car on ne définit pas ce que signifie « faire mieux ». Philippe Wattrelot synthétise ainsi sa pensée : « Dans sa dernière chronique dans le magazine Le Point, il {le ministre} prône une troisième voie entre le « pédagogisme » et le « traditionalisme ». J’ai pour ma part été agacé par l’utilisation de ce mot péjoratif de « pédagogisme » et la caricature qu’il y fait en parlant d’une pédagogie qui voit « dans l’enfant un petit roi qui construit son savoir». On peut déplorer ce schématisme. « . Mais Philippe écrit aussi  « Pour ma part, je l’ai croisé deux ou trois fois dans des studios de radios pour des débats. J’ai trouvé face à moi quelqu’un d’assez combatif, quelquefois excessif. Mais je sais aussi qu’il est capable sur certains points d’avoir une écoute attentive et constructive. » En tout cas, dans Rue des Ecoles, Jean-Michel Blanquer n’a pas été aussi virulent que dans son interview du Point, dans laquelle ses propos étaient clairs et non déformés par les médias.
Les personnels de direction ne ressentent pas tous la décision d’enterrer les EPI de façon positive (et les enseignants non plus, d’ailleurs, même si sans doute une majorité se réjouit) : cette année a été complexe, des efforts importants ont été déployés par nombre d’acteurs de l’éducation, et finalement, tout passe à la poubelle sans autre forme de réflexion. C’est vrai que cela paraît précipité et simpliste. Pour ma part, je ne formerai pas à ce à quoi je ne crois pas, en tout cas.
Dans Rue des écoles, monsieur Blanquer trouve que la réforme du collège n’était pas cohérente, car elle donnait et enlevait dans le même temps des moyens pour l’autonomie des établissements, qui est un principe qu’il trouve très important. Cette autonomie est fondée sur « l’idée de liberté chère à la France« , qui elle-même n’est pas en opposition avec l’idée d’égalité. Là encore le mot-clef pour monsieur Blanquer est la confiance, « avec une institution qui vient aider« . Il veut donc changer des choses, mais n’envisage pas cela comme des « retours en arrière« , mais comme de « nouvelles phases« .
Comment rétablir les classes bilangues et les langues anciennes sans moyens supplémentaires ? À cette question de Louise Tourret, monsieur Blanquer répond que les moyens, on les a déjà, et qu’il n’est pas besoin d’en ajouter. Mais ensuite il répond à autre chose : si on veut, on garde les EPI. Mais il n’y a aucun lien entre les EPI et les dotations horaires, puisque les EPI se font sur le temps scolaire, intégrés aux disciplines. Il n’y a aucune heure en plus pour les EPI.
  • Sur les programmes scolaires :

Le ministre a annoncé des « évolutions » des programmes, en particulier en français et en histoire. Au collège, « il ne faut pas supprimer les programmes actuels mais les faire évoluer grâce à des repères annuels et aux initiatives que nous prendrons en matière de formation des professeurs et de développement des outils pédagogiques« . news502.gifÇa ressemble à la mort des cycles. Je suis vraiment profondément perplexe devant l’absence totale de réflexion (ces décisions sont prises trop vite pour être vraiment réfléchies) et de concertation. Et, mais je l’ai déjà dit, devant le déploiement d’énergies et d’argent investis dans les formations l’année dernière et cette année. C’est absurde et indécent.

Sur les programmes de français et d’histoire, monsieur Blanquer dit : « L’apprentissage du français repose sur le vocabulaire et la grammaire. La progression de l’élève doit se faire selon un programme, clair, explicite et structuré« .  En histoire, le ministre veut que l’on avance « de façon structurée et explicite : aller du simple au complexe. Il est normal de déployer une chronologie narrative« , reprenant au passage l’accusation de l’absence de chronologie dans les programmes d’histoire. J’en connais que ça va contrarier… D’autant que les programmes d’histoire sont toujours chronologiques.

  • Sur l’innovation :

Jean-Michel Blanquer affirme ne pas y être opposé, au contraire. Il se dit ouvert à toutes les expérimentations, à condition d’être évaluées, ce qui est effectivement normal. La question se pose alors de la façon d’évaluer, des outils d’évaluation. Il se peut, en tout cas, « progressiste« , prêt à aller chercher partout les bonnes idées.

  • Sur le redoublement :
Monsieur Banquer semble revenir sur la suppression des redoublements.  Pourtant, la recherche a établi des résultats en défaveur du redoublement, et cela de façon internationale. Nathalie Mons explique : « La recherche montre que le redoublement pour les élèves en difficulté scolaire n’a pas d’effet positif. Il faut réfléchir de façon posée. On ne peut pas systématiquement à chaque quinquennat entamer des politiques différentes« . En fait si, manifestement, on peut. Mais on ne devrait pas. Mais Rue des Ecoles n’a pas abordé cette question.
  • Sur les devoirs faits à l’école :
Madame Missir explique que le dispositif existait sous le gouvernement Sarkozy, mais que Najat Vallaud-Blekacem l’a supprimé, faute de moyens pour payer les enseignants pour l’animer. Mais rien de plus dans l’émission de France Culture, qui a manqué de temps pour aborder tous les sujets.
  • Sur le baccalauréat :
Jean-Michel Blanquer veut le remuscler et le rendre plus utile. Il parle de « perspectives d’évolution« , mais affirme ne pas vouloir le supprimer.
Dans sa dernière partie, Louise Tourret interroge Paul Vannier, enseignant d’histoire-géographie en lycée, responsable du programme éducation de la France insoumise, candidat au élections législatives de 2017.