Apprendre·Chez les collègues·Enseignement·Lire

L’explicite, c’est confus.

Sur les Cahiers Pédagogiques, Jean-Pierre Fournier proposait le 4 février dernier un article intitulé « Explicite… C’est pas clair ! » Comme je travaille sur des formations sur le thème « enseigner de manière explicite », le titre m’a attirée. Un dossier est à paraître bientôt, qui développera la question.

Selon Jean-Pierre Fournier, concerné de façon très vive par les effets délétères dearton11984-ec735 l’implicite vu son quotidien professionnel, l’explicite est une notion tentaculaire et mal définie : « Expliciter, pour certains, c’est soigneusement dé-tail-ler : « Je répète encore une fois ? » Pour d’autres, c’est annoncer la couleur (« On va parler de… »), les modalités (« On récapitulera tout cinq minutes avant la fin, revoyons la leçon d’hier »), l’objectif (« On va travailler sur cette photo de château en Écosse, c’est pour acquérir la forme interrogative ») et faire attention aux mots qu’on emploie. Aux références, surtout (…). Être explicite, c’est aussi faire le lien entre les différentes disciplines.« 

Sa vision à lui, c’est qu’ « être explicite, c’est aussi tenir un langage de vérité : ne pas entonner les rengaines officielles du type « Travaille-si-tu-veux-avoir-un-bon-métier-plus-tard » (réponse : « Mais alors pourquoi faire de la musique ? »), ne pas nier face aux parents la fonction sélective de l’école sans que ce soit pour autant un lamento ou un renoncement : par exemple, parler des codes du langage. Un peu de socio-linguistique (avec les élèves aussi) ne fait pas de mal. Dire, enfin, que nous vivons dans des lieux situés, et que savoir à quoi s’en tenir aide à s’y retrouver. Bref, ne pas refuser d’appeler un chat un chat« .

J’avoue ne pas avoir les idées plus claires après cette lecture, et ce serait même le contraire. Ce qu’écrit Jean-Pierre Fournier m’intéresse et me questionne, mais mon explicite à moi se situe plus dans le cadre de l’enseignement et moins dans le champ politique. Je partage tout à fait ses objectifs de clarté et de sincérité envers élèves et familles, mais je suis plus en recherche de l’explicite dans l’enseignement : pour l’aspect philosophique et déontologique, je suis plus au clair, je crois. Jean-Pierre Fournier conclut : « l’objectif, pour les élèves, est d’être le plus possible en maîtrise de leur scolarité. C’est une double nécessité. Savoir pourquoi on est là, ce qu’on y fait, c’est devenir peu à peu un citoyen du savoir et non un simple sujet obéissant (ou pas !) à ses parents et aux profs. Et d’ailleurs, ça marche mieux quand on sait ce que l’on fait. Là aussi, démocratie et efficacité vont de pair« . Cette conclusion montre bien en effet les multiples sens et domaines d’application de l’explicite : entre l’enseignement explicite comme courant (éducation directe), enseigner de manière explicite et ce que propose monsieur Fournier ici, je crois qu’on manque de mots.

images.jpg

Apprendre·Chez les cadres·Chez les chercheurs·Chez les collègues·Enseignement·Formation·I'm not dead·Quel beau métier·Tous ensemble !

L’Ifé, ça requinque!

Dans le train qui me ramène à grande vitesse vers ma tribu, je fais le bilan de mon séjour lyonnais : je reviens plus en forme qu’en partant. Avec des interventions claires et revigorantes ce matin, un travail en intercatégorialité naturelle cet après-midi, des formateurs dynamiques, simples, ouverts, des rencontres impromptues tellement agréables, le mot clef aura été générosité.

En plus j’ai eu le temps de réviser tout bien comme il faut ma formation de demain dans le train… Tout va bien!

Apprendre·Chez les chercheurs·Décrochage·Enseignement·Evénement·Formation

« Je fais le pari de l’intelligence des enseignants »

Quelques paroles d’Yves Reuter, lors des échanges avec la salle :

  • L’identité des PE s’est construite sur la pédagogie et l’identité des profs du secondaire s’est construite sur la discipline. Il pourrait en être autrement.
  • La France est le pays qui réforme le plus et qui bouge le moins. Les collègues chercheurs d’autres pays regardent ça avec une certaine perplexité.
  • Il y a dans les neurosciences des travaux très importants qu’on ne peut pas et qu’on ne doit pas sous-estimer. Mais attention, pour passer des labos aux classes, il faut du temps, et les réformes ne devraient pas accélérer ce passage. Les chercheurs ne côtoient pas les élèves de la même façon que les enseignants, et il y a un problème de transférabilité. Sans compter que les neurosciences sont traversées par des théories différentes : Dehaene et Houdé, ce n’est pas pareil.
  • J’avais proposé qu’on diminue le temps de travail des enseignants et qu’on augmente les salaires, mais il y a eu des résistances. Mais les enseignants ont besoin de temps pour aller observer et écouter les enfants : pour déceler des causes, il faut mettre en place des dispositifs différents des évaluations formelles, et là on peut faire bouger des choses. Ce sont des dispositifs qui permettent de ne pas regarder tout le monde et être plus précis.
  • Je fais le pari de l’intelligence des profs.
A l'attaque !·école·cycle 2·Enseignement·Formation·Manuels scolaires·Mes projets·Tous ensemble !

Des fiches et des méthodes : généralités

Dans le cadre de ma mission de formation dans le premier degré, j’ai élaboré une série de fiches liées à des « méthodes » (le terme est mal choisi, j’y reviendrai), avec des extraits qui illustrent mon propos. J’ai ainsi construit une fiche sur :

  • la MHM (Nicolas Pinel)
  • les Numéras (Serge Petit)
  • Picbille (Rémi Brissiaud)
  • Le méthode de Singapour de la Librairie des Écoles (Monica Neagoy)
  • ACE (Pascal Percheron)
  • Mes premières mathématiques (Stella Baruk)

Dans presque chaque cas, il s’agit de travaux collectifs, je ‘n’ai indiqué que le nom de la personne dont j’ai compris qu’elle avait piloté.

Je me suis donné comme contrainte de faire tenir la description en une page, de l’organiser toujours de la même façon, de soumettre la production aux auteurs et de choisir ensuite des extraits qui me semblent représentatifs, sur 7 pages. Comme ça, ça fait 8 pages en tout, et je peux imprimer sur deux A3.

La contrainte de soumettre la production aux auteurs m’a permis de veiller à rester objective : il y a des « méthodes » que je préfère à d’autres, forcément. Cela m’aussi permis de rencontrer ces auteurs ou de communiquer directement avec eux, et c’était très chouette. Je les remercie d’ailleurs de leur accueil et de leur bienveillance, du temps qu’ils ont bien voulu me consacrer. Mais le but n’était pas de promouvoir telle ou telle. Pour moi l’objectif était avant tout de comprendre et de mémoriser les principes, les spécificités, les objectifs de ces travaux. Il fallait que je sache de quoi je parle, de quoi on me parle. Ainsi je comprends mieux ce qui se passe en classe lorsque j’en vois une mise en oeuvre, mais je dispose aussi d’un plus large panel de propositions pour apporter des réponses à des préoccupations de professeurs des écoles.

Je vais fond publier ici mes fiches, de façon progressive : Serge Petit et Nicolas Pinel m’ont autorisée à publier avec les extraits, et pour ACE j’ai eu l’accord du super-CPC-spécialiste-d’ACE Frédéric Le Mevel, et les contenus sont de toute façon en ligne.

Stella Baruk a validé ma fiche, mais j’attends de savoir si je peux publier des extraits ou seulement la fiche, car il s’agit d’un manuel qui s’achète, il y a donc des questions de droits d’auteur.

Je n’ai pas réussi à joindre la Librairie des écoles ni Rémi Brissiaud, malgré plusieurs tentatives, mais je ne désespère pas de trouver le bon réseau pour y parvenir.

N’hésitez pas à me faire parvenir vos retours, quels qu’ils soient, et à me proposer d’autres ressources : je suis partie sur celles que je connais ou que vois déployées en classe, mais je suis prête à aller plus loin maintenant !

école·BRAVO!!!·Chez les chercheurs·Chez les collègues·CRPE·cycle 1·cycle 2·Didactique·Enseignement·Formation·Je suis fan·Tous ensemble !

La mallette du nombre (3)

Pour finir cette première visite de la mallette du nombre, voici un exemple de contenu proposé. Il vous faudra télécharger Xmind si vous n’en disposez pas déjà, pour ouvrir ces contenus : ils sont présentés sous forme de carte mentale.

Prenons un exemple au hasard dans la riche liste d’activités proposées : le jeu de l’ordre. Déroulée dans son intégralité, la carte mentale ressemble à ça :

Capture d’écran 2019-01-02 à 10.36.49.png

Tout est expliqué de façon complète et simple. Un document présente l’activité, un autre le matériel, photos à l’appui, d’autres les différentes étapes de l’activité. Des vidéos montrent l’activité des enfants et le témoignage des enseignants, qui sont très intéressants et font vraiment comprendre les tenants et les aboutissants de l’activité. Des objectifs en terme d’évaluation sont aussi proposés.

Quel dommage que je n’aie pas eu connaissance de la mallette l’année dernière, alors que j’enseignais à des M2… C’est un outil vraiment fantastique et solide. Pour moi qui suis du second degré, j’ai l’impression qu’on m’apporte tout sur un plateau, avec des justifications étayées à chaque étape. J’ai tout téléchargé, et je vais découvrir chaque activité tranquillement. J’espère que les collègues qui ont construit ce magnifique travailler l’ont partagé ont conscience de sa valeur.

Capture d’écran 2019-01-02 à 10.50.55.png

Demain je regarde la mallette boulier chinois, et je vous raconte.