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Mots et maux (2)

Même classe, même jour, même exercice que :

  • Ferid nous propose les nombres 51, 52 et 53 pour répondre à la question. Qu’en pensez-vous ?
  • C’est bon, ça marche.
  • Mais nous on a une autre solution madame !
  • Ah oui, allez-y.
  • 1, 52 et 103.
  • Qu’en pensez-vous, les autres ?
  • La somme ça fait 156 et c’est des entiers, mais ça va pas parce qu’ils sont pas consécutifs. Nous on avait fait l’erreur aussi au début.

Ils expliquent à leurs camarades, et les convainquent.

  • Vous voyez comme les mots sont importants? Si je ne comprends pas la signification de chaque mot « entier », « somme », « successif » dans le champ des mathématiques, je risque de ne pas comprendre la question et de répondre à côté. C’est pour ça qu’il faut que vous demandiez, lorsque vous n’êtes pas sûrs, ou, encore mieux, que vous alliez vérifier dans mon ami dico. Alors on fait quoi, on garde ou pas la proposition 1, 52 et 103 ?
  • Non, on peut pas, ça va pas puisqu’ils sont pas successifs.
  • Ok. Quelqu’un a une autre idée ?
  • Oui, oui. Enfin non, mais on cherche et on va presque trouver !
  • Mais non madame, c’est pas possible, on a trouvé les seuls qui peuvent correspondre à la consigne !
  • Pourquoi ?
  • C’est logique, il n’y en a pas d’autres !
  • Vous êtes convaincus, tous ? P’têtre qu’il a raison… Ou p’têtre qu’il se trompe… Comment pourrais-tu convaincre tes camarades ? Ou te convaincre que tu te trompes ?
  • Je sais pas. … Aaaah si je sais, je fais le montrer avec du calcul littéraire. Je vais mettre un chiffre du genre « z » à la place du truc et je vais raccourcir le calcul comme on a appris et ensuite je vais solutionner le « z ».
  • Et comment tu vas faire le celui d’après de z ?
  • Celui d’après de z, c’est avec +1, puisqu’il est successif. C’est pour ça que j’ai pris z, sinon avec a bah ça aurait été b. Tu peux prendre que z.

Je n’ai même pas le temps de réfléchir à la façon dont je vais amener les élèves à reformuler cette jolie trouvaille, comment je vais leur faire comprendre que a ou z, c’est la même idée : ils se replongent tous dans leurs calculs. Je me demande ce qu’ils font. Je circule, j’observe. Ils ont tous écrit une modélisation correcte, une équation qui traduit la consigne. Certains butent sur la résolution, les autres leur expliquent que c’est une « opération à trou sans trou ».

Ils trouvent 51 pour le premier entier, et complètent par 52 et 53. Et me déclarent :

  • Il a raison, Antoine. Parce que quand on a écrit le problème avec une lettre, et qu’on a réduit et qu’on a résolu, ça donne ça et il n’y a rien d’autre que ça peut donner.
  • Ça fait une solution unique, madame.
  • Enfin unique mais c’est les trois nombres ensemble qui sont uniques, quoi.
  • Quand même madame, c’est cool le calcul littéral ! C’est genre fort, quoi !
  • Par contre Antoine il dit z, mais ça peut être a, ou x, ou n’importe quoi d’autre, parce que le truc qu’on met à la place pour imaginer il a pas d’importance.
  • Oui, moi j’ai fait un smiley. Ça marche aussi.
  • Ah oui, c’est vrai. b c’est pas le successeur de a dans les maths. C’est dans l’alphabet, que c’est vrai, chuis bête.

Ouahou. Je suis sortie épuisée, mais ouahou. Ils ont compris plein de choses, sans moi.

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J’espère qu’ils sont fiers.

Aujourd’hui, j’allais dans les écoles, comme tous les jeudis-vendredis.

Ce matin j’ai vu mise en oeuvre la méthode Picbille en CE1 et c’était très très intéressant, comme toujours d’ailleurs. En plus, à chaque fois que je viens dans les classes, j’apprends en matière de gestion de groupe : nos collègues PE, qui n’ont pas de vie scolaire comme dans le second degré, qui s’adressent à des enfants plus jeunes, qui passent la journée entière avec les enfants, gèrent au quotidien des situations qui sans doute nous mettraient nous dans l’embarras.

Un des moments forts de la journée, ça a été le calcul mental : l’enseignant a repris la famille des quatre-vingts et des quatre-vingt-dix, et, à coup de « et encore deux », « et encore un », les enfants sont arrivés à 100. Et alors là, quel magnifique enthousiasme : déjà, à 99, les enfants se sont exclamés « 99 !!! C’est incroyable !!! ». Et arrivés à 100, ça a été « Ouaiiiiiiiis, 100!!! », « C’est la fête, on est à 100! », et les enfants en ont profité pour exprimer le nombre 100 sous plein de formes différentes : 80+10+10, 80+20, 90+10, 10+10+…+10, 10×10… J’espère que l’enseignant s’est senti fier : c’est bien lui qui a allumé ce feu, cette envie de faire des maths. C’était beau à voir.

Et cet après-midi , j’ai introduit et animé la séance, dans une autre école, grâce à la gentillesse de la collègue qui a bien voulu me laisser mener la mise en activité. Nous avions décidé de faire construire un jeu aux enfants, sur le modèle de celui que j’avais fait élaborer aux sixièmes. Aujourd’hui, il s’agissait de leur expliquer l’objectif, les règles du jeu, et de leur faire concevoir des questions.

J’ai donc expliqué tout ça aux enfants, et pour moi cela a été une expérience très forte : il m’a fallu me concentrer fort pour m’adresser à eux avec les bons mots. Ils ont été super attentifs, et moi je me sentais tellement trop grande, juchée sur mon mètre quatre-vingt, mes talons et l’estrade… Mais ça s’est bien passé, et ensuite ils ont bossé d’une façon qui nous a scotchées : ils ont réussi à se concentrer vraiment longtemps, à produire des tas de questions super, et tout le monde a travaillé dur, dans une ambiance très sympathique. Ils ont rédigé une centaine de questions, ce qui est plutôt pas mal !

Le bilan est vraiment de grande qualité, même si certaines productions ne pourront pas être retenues. Le plus frappant, c’est que ce qu’ils ont produit une majorité de problèmes, et que ces problèmes sont bien des problèmes et sont intéressants. J’espère que l’enseignante est fière : c’est sa pratique quotidienne de problèmes qui les a amenés à considérer ce type d’exercices avec autant de naturel et d’envie.

Et puis c’est rigolo, j’ai passé avec eux quatre ou cinq jeudis après-midi et ils me connaissent déjà bien…

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Activité rigolote·Cycle 3·En classe·Question de grand

L’activité légos et fractions : les docs

Dans cet article, je présentais une activité sur les fractions que je mène en sixième. Voici les supports :

activité  fractions sixième (pdf)

activité  fractions sixième (doc)

(6) nombres en écriture fractionnaire – leçon (pdf)

(6) nombres en écriture fractionnaire – leçon (doc)

Et une partie de ces documents complétés par les élèves l’année dernière :

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Le conseil institutionnel-coopérativo-collaboratif

Je ne sais plus comment appeler mon conseil de demain : un amie au top dans le domaine m’a expliqué que ce que je vise est un conseil institutionnel. Mais sur mes affiches j’ai écrit conseil coopératif. Alors bon, c’est le conseil de LA classe, voilà. J’ai expliqué ici ce que j’en attendais.

J’ai fait circuler les documents : les élèves ont rempli le questionnaire sur l’ambiance générale et j’ai posé les petits papiers avec des smileys sur les tables, en espérant que des élèves en rempliraient, et pas seulement des smileys pas contents. Bilan : les fiches sont tout à fait constructives, plutôt lucides. J’ai récupéré 9 papiers positifs, et j’en ai conservé 4. Les élèves m’ont rendu 5 propositions, dont 2 que j’ai conservées. Et j’ai 10 papiers concernant des difficultés ou des problèmes, dont 3 que j’ai conservés, mais sans doute n’en étudierons-nous que 2.

Mon classeur est prêt, j’ai un président, un secrétaire et un ordre du jour. Je pensais que cela allait être terrible pour la première fois, mais les écrits des élèves montrent qu’ils ont compris l’idée. Il faut dire que j’ai consacré un long moment à expliquer. Mais au moins, ils ont entendu. Pour le reste, on verra demain.

J’espère que ce conseil de la classe sera productif, car la lecture des bulletins aujourd’hui est assez terrible. La classe dysfonctionne franchement.

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Contre le surmenage, amusons-nous !

Mon emploi du temps ces trois dernières semaines est très très chaud. Heureusement, je ne fais que des choses qui m’intéressent, j’ai ma famille pour me ramener sur Terre quand je pars trop loin et un milieu professionnel vraiment sympa. Mais quand même, j’ai hâte que cela se calme un peu, histoire de m’entendre penser. Cela ne devrait pas tarder : ce week-end, je souffle.

Pour combattre le stress, je me dis tout ça, et puis je me concentre sur le fait de profiter : ne pas se sentir enfermé, contraint, voir ce qui est drôle beau, surprenant. Aujourd’hui, je me suis créé une belle occasion.

En sixième, nous avions à corriger des exercices sur les angles. Ça sonne, les élèves entrent, je fais faire le silence total quelque minutes pour qu’ils se calment, puis je souffle dans les bronches de ces sixièmes qui ont encore mis les nerfs à mes collègues. Jusqu’ici, tout est normal… Je regarde ce que nous devons faire : corriger des exercices sur les angles. Et puis je vois un de mes élèves, au fond, avec un super tee-shirt :

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Appelons-le M. Je reste là, silencieuse, à regarder son tee-shirt, le feutre véléda en l’air et les angles projetés au tableau. « Il est top, M, ton tee-shirt. Il me donne envie de faire un problème ouvert, là, tout de suite. Il n’a rien à voir avec les angles et tout, mais franchement, c’est l’occasion, non ? On le fait ? Vous en pensez quoi ? »

Bon, je vous laisse deviner la réaction des élèves : si on peut faire autre chose que ce qui est prévu, si le déroulé n’est pas linéaire, s’ils voient dans les yeux du prof un peu de fantaisie et d’envie, ils sont contents. Alors zou, le problème Dudu du château de cartes :

Les élèves ont débattu, bien cherché, et écrit une trace de recherche. Ils ne sont pas loin d’avoir trouvé, mais nous n’avons pas eu le temps d’aller au bout des calculs. Ils ont à finir pour vendredi ; je verrai ainsi s’ils ont bien compris.

Je me suis bien amusée, on a réfléchi dur. On on a utilisé le matériel pédagogique d’un de mes élèves !

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Le conseil de LA classe

Cette année, je voudrais proposer à mes élèves de sixième dont je suis PP un conseil type classe coopérative (enfin, de loin. Je m’en inspire juste). Je pense que cela pourrait profiter à ces enfants, et puis j’ai envie de tester ça depuis longtemps.

J’ai lu un document de Jean Le Gal, car j’ai besoin de conseils et même d’éléments du mode d’emploi d’un tel conseil. J’ai aussi lu ceci.

« Le conseil occupe une place essentielle. Il est la structure instituante, le lieu d’échange de parole où, ensemble, les membres du groupe analysent les différents aspects de leur vie commune, confrontent leurs points de vue, prennent des décisions et en évaluent l’application. Son organisation est donc fondamentale. Pour être crédible, il doit être efficace. »

Bien. Soyons efficaces, donc. Comment je fais, au juste ?

Pour les enfants, « le conseil est bien perçu comme un lieu important d’information, d’analyse, de régulation et d’organisation, où ils partagent le pouvoir collectif avec l’adulte. Ils ont une possibilité réelle d’influer directement sur leurs conditions de vie et de travail. Mais le pouvoir du conseil dépend des capacités de l’enseignant à faire respecter ses décisions : je ne peux partager que le pouvoir que je détiens moi-même. »

À partir de mes lectures, j’ai mitonné un modus operandi à moi.

Le conseil de classe « institutionnel » ayant lieu lundi 10 décembre, je vais proposer le « conseil coopératif » le vendredi précédent. J’ai la classe en deuxième heure du matin, heure où ils sont réceptifs, et cela me laisse une heure le lundi pour ajuster ou revenir sur des questions s’il y a lieu.

Avant le conseil, le mercredi, j’expliquerai aux enfants que nous avons un problème : les professeurs de cette classe se plaignent du comportement d’une douzaine d’élèves, soit pas loin de la moitié de la classe. Je voudrais qu’ils réfléchissent à pourquoi (pourquoi les professeurs se plaignent-ils ? Pourquoi certains élèves ne respectent-ils pas certaines règles du collège et de la classe ?) et aussi à des propositions pour que la situation s’arrange. Et puis s’ils ont d’autres choses à dire, cela sera permis. Pour pouvoir intervenir pendant le conseil, il faut que ce que chacun a à dire soit écrit et signé.

Je vais proposer un questionnaire, comme je le fais habituellement, mais cette fois j’ai emprunté le sien à une collègue. Il me semble plus pertinent que le mien. Je ferai remplir ce questionnaire le mercredi, pour avoir le temps de le lire et d’en donner une copie aux délégués. Évidemment, les élèves seront prévenus. Cela nous fera une base de travail pour le vendredi.

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À partir de ce questionnaire, et aussi en ayant distribué à ceux qui veulent les coupons, je ferai un affichage du type « Je félicite », « Je remercie », « j’ai un problème », « j’ai une proposition ». Les fois suivantes, je laisserai cette tâche aux délégués.

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Si les élèves ne s’expriment pas, j’essaierai le vendredi de diriger leur réflexion sur le règlement des conflits et des problèmes relationnels au sein de la classe, qui, je pense, sont en fait la source des débordements. Évidemment, je m’attends à ce que ce soit délicat : certains enfants sont très tendus avec d’autres et il ne faut pas que le conseil aggrave des choses. Il faut donc poser un cadre :

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Si des propositions émergent, je proposerai un vote.

J’ai bien noté les points de vigilance :  » laisser au groupe le maximum d’initiative, mais l’accompagner vers son autonomie ; intervenir pour l’aider à clarifier un problème, à choisir une solution, à gérer les perturbations… et refuser, en l’expliquant, les décisions contraires aux finalités, principes et valeurs de la classe. »

Je suppose que le premier conseil va être difficile, voire décevant. J’essaierai d’en proposer assez régulièrement, peut-être sur l’heure du midi lorsque les sixièmes déjeunent en dernier. Mais il y a deux externes dans la classe… Ou alors je le propose en dernière heure de la journée, si mon chef est d’accord, puisque ce n’est pas un cours (il ne faut pas dépasser les six heures quotidiennes)

Si j’ai le temps vendredi, ou sinon le lundi avant le conseil, je ferai aussi le point de façon plus individuelle, comme d’habitude, en distribuant le bulletin à chacun et en faisant remplir ce questionnaire-là :

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Bon. Oh là là, c’est confus, non ? Je résume :

Mercredi : les élèves remplissent le questionnaire « général » sur la classe et je distribue des coupons à ceux qui veulent ;

Vendredi : conseil de la classe, à partir de ce que j’ai ramassé le mercredi ;

Lundi : bilans individuels.

Ah non, c’est clair dans me tête en fait.