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Enseigner les bons comportements

Un article sur Gynger reprend des apports et un diaporama de Franck Ramus :

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Pour qui a déjà étudié ou écouté Franck Ramus, rien de nouveau, et pourtant, remettre le  nez dans ces contenus est toujours sain. Pour se remémorer la règle des 5 (commentaires positifs) pour 1 (commentaire négatif), pour relire que les punitions dégainées en réflexe sont improductives, voire contreproductives, pour se souvenir que les enfants et les adolescents ne raisonnent et ne réagissent pas comme des adultes, bref, pour réfléchir et réguler nos nerfs.

Aujourd’hui, en relisant sur les récompenses, je me suis aperçue que c’était tout à fait en lien avec mon système de maths et jeu de rôles.

Enseigner les bons comportements est une entreprise exigeante, sans doute plus consommatrice d’énergie intellectuelle. Mais chercher à « étouffer une rébellion », même individuelle, est à long terme bien plus fatigant, car cela ne fonctionne pas et ne permet pas de transmettre efficacement des apprentissages. Et puis ce n’est pas satisfaisant humainement, éthiquement, par rapport au métier.

 

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Pas touche à mes ondes cérébrales.

Une collègue m’a signalé ce reportage du Wal Street Journal. Beaucoup d’articles sont parus ces derniers temps dans la presse anglophone sur le sujet :

Wouahou, impressionnant. Il s’agit d’une expérimentation, pas d’une pratique généralisée. Quelques écoles chinoises sont engagées dans ce processus, et des écoles espagnoles et brésiliennes semblent aussi intéressées. Les bandeaux utilisent des capteurs électroencéphalographiques pour détecter l’activité cérébrale des enfants.

Toute la question est de savoir pourquoi on veut analyser l’activité cérébrale de ces enfants. J’ai des conjectures, mais elles ne sont pas très positives… Et on fait quoi des enfants qui ne se concentrent pas assez selon les critères établis ? On applique ça aussi aux adultes, histoire de savoir qui travaille bien et qui glandouille ? D’ailleurs, le même genre de matériel est utilisé pour mesurer le stress d’ouvrier ou l’attention de conducteurs de transports en commun.

Et si on faisait des capteurs pour savoir comment ils rêvent ?

Merci Isabelle pour le lien !
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Vivre son homosexualité à l’école

Récemment, j’ai découvert deux court-métrages sur l’homosexualité par des lycéens. La première partie de Comme un regard, par Théodore Tomasz, jeune réalisateur de 18 ans,  qui a tourné au lycée Camille Claudel à Digoin, dans le département de la Saône-et-Loire. Son travail est remarquablement abouti et sonne juste.

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J’avais précédemment visionné un autre court-métrage d’élèves, collectif cette fois, plus ancien :

Il y aussi un projet, intitulé PD, d’Olivier Allard, dont je n’ai vu que le teaser.

Il est urgent et indispensable que les personnels enseignants soient amenés à parler de l’homosexualité à l’école : les enseignants sont bienveillants, mais ont-ils tous conscience de la violence, parfois invisible, qui entoure les jeunes homosexuels, bisexuels, transsexuels, pansexuels, etc. ? Les deux court-métrages cités plus haut évoquent la mort, le suicide, les violences parentales et par les pairs.

C’est tout de même incroyable d’en être encore là. Face à ces comportements inacceptables d’exclusion, les enseignants ont un rôle à jouer, par un comportement exemplaire et une parole explicite, responsable, apaisante.

C’est si joli d’être amoureux…

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Les ENT, dépassés ?

Le Café Pédagogique rapporte sa lecture d’un rapport de la Cour des comptes sur le plan numérique, jugé accablant. Différents points sont évoqués : le « pilotage désastreux », y compris financier, le mélange des rôles entre opérateurs et ministère, le plan tablettes, les accroissements des inégalités sociales, la surestimation du rôle du numérique dans la réussite à l’école… Un autre point, crucial pour les enseignants, est abordé : les ENT, jugés dépassés.

La Cour souligne les « résultats décevants des ENT » qui n’ont pas réussi à devenir les supports d’usages pédagogiques comme on l’avait imaginé.  » Entre 7 et 8 enseignants sur 10 déclarent ne jamais utiliser les ressources ou les services de l’ENT pour préparer leurs cours, personnaliser l’accompagnement des élèves, produire des contenus pédagogiques avec les autres enseignants ou encore faire collaborer les élèves entre eux », note le rapport. Les enseignants préfèrent d’autres outils pour collaborer. Pour la Cour il est clair que les ENT sont dépassés.  » L’efficacité des espaces numériques de travail (ENT) en termes de sécurité et d’usages s’avérant décevante, leur pérennité, dans un environnement technologique qui a beaucoup évolué depuis leur création mérite aujourd’hui d’être réinterrogée ».

La Cour est très inquiète de la domination d’entreprises privées en ce qui concerne les notes des élèves.  » Dans presque tous les établissements du 2nd degré, la confection des emplois du temps repose désormais sur un unique logiciel externe qui expose potentiellement toute l’institution à un risque de vulnérabilité », note le rapport.  » La DINSIC (Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat)  partage le constat d’une quasi-dépendance du ministère de l’Éducation nationale s’agissant des logiciels de gestion de la vie scolaire. Cette situation doit, selon cette direction, conduire à interroger « des choix technologiques profonds au ministère de l’Éducation nationale ». En clair, la Cour recommande d’interdire ou de racheter Pronote.

Je suppose que ce rapport n’aura aucune incidence, mais au moins sur les ENT, ça défoule.

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« Il y a des mots qui ne se disent pas, même pour rigoler »

Un rapport est paru, relayé par le Café Pédagogique, qui « présente en la matière plusieurs témoignages, affligeants et édifiants. Il analyse aussi les processus qui, à l’Ecole, mènent à la haine. (…) Dans une société encore très hétéronormée qui ne reconnaît que deux sexes et rejette l’idée de non-binarité, les LGBTphobies frappent celles et ceux qui ne correspondent pas à l’image attendue« .

La campagne du ministère de l’Education Nationale est là, avec des témoignages de jeunes.

Et nous, enseignants, nous nous devons en effet d’être clairs et attentifs. « Pédé », c’est un mot qui ne se dit pas, point. J’ai quelques élèves qui ont bien du mal à l’assimiler. Je crois qu’un nouvel affichage va venir habiller ma classe.

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Bon prof, mauvais prof ?

Un article du Café Pédagogique aborde la question de l’ « effet-maître ».

L’effet-Maitre, ou effet-professeur, désigne l’influence d’un enseignant donné sur la réussite de ses élèves. On ne se place alors pas seulement dans l’optique de telle ou telle méthode, telle ou telle progression, mais dans une optique plus générale, plus personnelle, liée à toutes les façon d’enseigner et d’être en classe du professeur.

La question est de savoir si cette effet-maître existe, pour commencer? Or différentes études, dont une étude d’ampleur internationale récente (le document est en anglais) se sont penchées sur la question .

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La question à peine cachée, c’est la question du mérite. Le sujet est donc épineux. Et les critères discutés dans la communauté scientifique ; B Suchaut, membre du Conseil scientifique, dit :   » l’efficacité de l’acte pédagogique (est) en partie liée au contexte d’enseignement, c’est-à-dire à la classe et aux élèves qui la composent. Pour le métier d’enseignant, la définition même du concept de mérite ne va pas donc de soi et nécessiterait de mobiliser des indicateurs nombreux pour l’appréhender dans son ensemble« .

Cependant, cette question de l’effet-maître est intéressante pour les contenus de formation continue : si on savait quels leviers sont efficaces, on pourrait transmettre l’information et former en ce sens.

L’étude publiée actuellement met en avant que le niveau de formation initial, la formation professionnelle des enseignants (à l’entrée dans le métier, en particulier) et l’augmentation de la rémunération, qui permet « d’avoir de meilleurs candidats pour le métier d’enseignant et de garder des professeurs expérimentés : augmenter de 1% la paye augmente de 3% les résultats des élèves.« 

Bonne nouvelle, donc : « l’étude montre que des politiques globales concernant les conditions d’exercice du métier d’enseignant ont un impact sur l’efficacité du système éducatif. Elle nous sort donc des calculs visant à sélectionner les « bons » profs et punir les « mauvais » « .

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Enseigner, « formule de vie »

Je prépare une formation sur la différenciation, pour la semaine de la rentrée. En chemin, je suis tombée sur cette parole de Freinet :

« Il faudrait surtout rappeler aux parents et aux maitres qu’un éducateur qui n’a plus Unknowngoût à son travail est un esclave de son gagne-pain et qu’un esclave ne saurait préparer des hommes libres et hardis ; que vous ne pouvez pas préparer vos élèves à construire demain le monde de leur rêve si vous ne croyez plus à ce rêve ; que vous ne pouvez pas les préparer à la vie si vous ne croyez plus à cette vie ; que vous ne sauriez montrer la voie si vous êtes assis, las et découragé, à la croisée des chemins ! “J’ai retrouvé la dignité d’un métier qui est pour moi formule de vie”, vous dira l’éducateur moderne. Imitez-le!… »

Voilà une parole éminemment politique, lorsqu’on la lit aujourd’hui : toute la question est de savoir ce qui éloigne le maître de cet enthousiasme, et comment le restaurer. Car le décrochage n’est pas l’apanage des élèves…