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Maths et anxiété

Sur le site Contact de l’Université de Laval, un article interroge : « Qui a peur des mathématiques ?« . Il y est question d’anxiété mathématique, concept qui est évoqué de façon assez récente. J’en avais parlé ici.

« Ce trouble bien réel (…) se manifeste surtout au début du secondaire, avec les premiers cours d’algèbre, mais peut se développer tôt au primaire, dès l’âge de 6 ans. «L’anxiété mathématique apparaît lorsque l’élève est déstabilisé par un nouveau concept sans lien apparent avec les apprentissages antérieurs, indique Bernard R. Hodgson, professeur au Département de mathématiques et de statistique. Par exemple, quand on introduit les fractions ou encore les “lettres” comme a, b, x et y en algèbre.»« 

« L’anxiété mathématique vient en quelque sorte mettre hors d’usage la partie du cerveau nécessaire pour réaliser une opération mathématique. La science tente encore de comprendre ce qui se passe, mais il semblerait que le stress, en monopolisant une partie de l’attention et de l’énergie du cerveau, diminue l’efficacité de certaines facultés comme la mémoire, la pensée critique et la capacité de résolution de problèmes.« 

« «Tous les gens normalement constitués sont capables de faire des mathématiques, soutient cependant Jean-Marie De Koninck, professeur émérite du Département de mathématiques et de statistique. Tous les enfants ont une affinité naturelle pour les nombres et les formes. Ils apprennent même à compter avant d’écrire. Malheureusement, certains perdent cette capacité à cause de préjugés et d’influences négatives extérieures.» Les mathématiques sont en effet associées à plusieurs stéréotypes: les maths sont complexes et difficiles à maîtriser, les garçons sont meilleurs que les filles. » «C’est faux, s’insurge Bernard R. Hodgson. (…) La réussite en mathématiques ne dépend pas tant de l’intelligence que de la discipline et du travail. Tous les grands mathématiciens expliquent leur succès par leur travail acharn黫 

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Dans la suite de l’article, l’auteur explique que le fait que les mathématiques soient une discipline obligatoire pour tous les niveaux d’enseignement (question d’actualité chez nous…), élitiste (ici elle va le devenir encore plus sans doute, puisque certains élèves feront peu de maths) et verticale (les nouveaux apprentissages s’appuient sur les apprentissages antérieurs, le plus souvent) sont des causes de difficultés. Il cite aussi le manque de lisibilité de l’utilité des mathématiques, le fait d’enseigner les techniques plus que le sens. 

Conclusion : « il faut rendre les mathématiques plus humaines, plus sympathiques« . Pour ma part, je pense qu’il faut s’employer à montrer à quel point les mathématiques sont humaines, utiles, et les enseigner de façon vivante, chargées d’histoire et prometteuses pour l’avenir. Elles deviendront « sympathiques », naturellement.

Et même, peut-être, les élèves auront envie d’en faire, même quand ce n’est pas obligatoire. Et même, peut-être, des adultes auront envie de les enseigner.

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« Je fais le pari de l’intelligence des enseignants »

Quelques paroles d’Yves Reuter, lors des échanges avec la salle :

  • L’identité des PE s’est construite sur la pédagogie et l’identité des profs du secondaire s’est construite sur la discipline. Il pourrait en être autrement.
  • La France est le pays qui réforme le plus et qui bouge le moins. Les collègues chercheurs d’autres pays regardent ça avec une certaine perplexité.
  • Il y a dans les neurosciences des travaux très importants qu’on ne peut pas et qu’on ne doit pas sous-estimer. Mais attention, pour passer des labos aux classes, il faut du temps, et les réformes ne devraient pas accélérer ce passage. Les chercheurs ne côtoient pas les élèves de la même façon que les enseignants, et il y a un problème de transférabilité. Sans compter que les neurosciences sont traversées par des théories différentes : Dehaene et Houdé, ce n’est pas pareil.
  • J’avais proposé qu’on diminue le temps de travail des enseignants et qu’on augmente les salaires, mais il y a eu des résistances. Mais les enseignants ont besoin de temps pour aller observer et écouter les enfants : pour déceler des causes, il faut mettre en place des dispositifs différents des évaluations formelles, et là on peut faire bouger des choses. Ce sont des dispositifs qui permettent de ne pas regarder tout le monde et être plus précis.
  • Je fais le pari de l’intelligence des profs.
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L’intelligence à la Hanouna

Paroles de Serge Boimare ce matin à Rouen :

« Les enfants réfractaires aux apprentissages de l’école n’aiment pas le silence. »

« Le soutien en petits groupes, ça ne sert à rien. »

« Notre but: stimuler le désir des meilleurs et leur faire atteindre l’excellence, et développer le plaisir d’apprendre des autres. C’est possible. »

« Le carnet de liaison devient souvent le carnet de rupture »

« Les enfants empêchés de penser ont une phobie du temps de suspension, ce tempsUnknownparticulier où il faut revenir à soi pour construire . Cela leur procure des sentiments parasites, des émotions excessives, des angoisses archaïques et infantiles extrêmement fortes, qui empêchent le travail intellectuel. Ces enfants ont un sentiment de toute-puissance, un refus des limites qui est  infantile, une volonté d’immédiateté qui les déstabilise. Tout cela remet en cause un équilibre psychique déjà précaire. Parfois l’agitation et la contestation en résultent, mais parfois c’est l’endormissement, l’inhibition, le repli, etc. »

« En gros, il y a quatre stratégies d’apprentissages appauvris qui permettent aux enfants empêchés de penser de se passer du temps réflexif de l’apprentissage : le conformisme de pensée, l’inhibition intellectuelle (des enfants finissent par devenir bêtes en limitant leur intelligence),  l’association immédiate (réactions rapides d’association à un mot, une image, pour ne pas laisser de vide ; c’est un comportement qui devient plus fréquent ces dernières années. En parallèle, ces enfants ont un intérêt pour l’infantile, le sexuel, l’infantile, une attirance pour le voyeurisme, un sentiment permanent de persécution. C’est une « intelligence à la Cyril Hanouna », peut-être très pertinente pour faire de la radio, mais pas pour apprendre), et la rigidité mentale (si je n’ai pas la réponse, c’est que la question est anormale et « pourrie », réaction parfois associé à la violence et contagieux dans les groupes). »

« Je n’aime pas qu’on me parle d’hyperactifs, de troubles de l’attention, de dyslexie, etc. Pourquoi faudrait-il convoquer les neurosciences ou la génétique pour s’occuper de ces enfants ? C’est beaucoup plus simple que cela. »

« Je ne vous présente rien de révolutionnaire. Je vous propose de faire des choses simples, qu’on nous demande de faire depuis longtemps. »

Vous pouvez aussi lire ici.

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Aider à cesser les bêtises, aider à être plus heureux

Une collègue m’a écrit pour me poser une question très intéressante : que proposer à un élève en commission éducative, lorsqu’il y paraît parce qu’il a transgressé des règles de l’école ?

C’est intéressant, parce que c’est une très bonne et difficile question. Mais je me suis trouvée embêtée, car la collègue ignore le profil de l’élève et quelles transgressions il y a eu. De ce fait, trouver la « bonne » réponse est difficile. Et puis je suis toujours un peu impressionnée que des collègues me demandent un avis ou un conseil, que ce soit sur ce sujet, sur de la pédagogie ou sur de la didactique, parce que je n’en sais pas plus qu’eux. Mais comme j’aime vraiment beaucoup rendre service, que j’adore réfléchir et apprendre et que je n’ai pas de complexes face à mes propres erreurs, voici ce que je lui ai proposé :

  • le tétra aide est un chouette soutien si l’élève est du genre explosif ou introverti. Il permet aussi à l’enfant de réfléchir sur soi, d’analyser son état d’esprit, de se responsabiliser.
  • un journal des apprentissages peut permettre de rétablir le dialogue (lire aussi ici)
  • un tutorat avec un référent aussi, et il permet de travailler la méthodologie, de parler des règles, de leur raison, de proposer des outils pour gérer la colère ou la frustration.
  • dans certains cas, on peut envisager aussi des aménagements d’emploi du temps
  • il faut s’assurer que l’élève a les bases : sait-il lire, comprend-il l’écrit, a-t-il les bases en maths, etc. ?
  • une grille de suivi, c’est efficace parfois à court terme. mais cela ne favorise pas l’autonomie et a des effets un peu durables si la famille est aussi partie prenante.
  • un PPRE et/ou l’aide aux devoirs pour accompagner l’enfant dans son travail, histoire de l’aider à travailler, à être dans les clous, à réussir, et lui donner des éléments de méthodologie de travail encore.

Ce qui est important à mon avis, c’est de ne pas se transformer en psy, ce que nous ne sommes pas, mais de réfléchir à quels dispositifs sont adaptés pour aider l’enfant à travailler et réussir au collège, et donc à être un élève le plus compétent, heureux et serein possible. Pour ça, souvent, il faut un cadre rigoureux. Boimare parle très bien de tout ça.

Je continue de réfléchir.

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Schizophrénie et correction de copies

Voici ce que j’ai trouvé dans une copie de sixième :

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Comme je corrigeais à fond, sur le coup, je me suis dit : « cet élève a répondu au pif… N’importe quoi. »

Je suis passée à la copie suivante. Je l’ai corrigée, avec une petite voix qui me répétait : « le pif, chez les élèves, ça n’existe pas souvent… Tsss tsss, pas sérieux, ton boulot, cocotte… »

J’ai repris la copie précédente. J’ai regardé et je me suis dit : « il n’a rien compris, ok ». Pourtant on l’a travaillé en classe, et j’ai repris avec lui certains exos spécifiquement. Ca m’a énervée, que tout soit faux.

Je suis passée à la copie d’après encore. Je l’ai corrigée, et la petite voix, qui commençait à m’agacer sévère, me disait : « Ah oui d’accord, ça t’énerve et c’est tout. Super productif, bravo. Et l’élève, là, qui n’a effectivement toujours pas compris, tu le laisses tomber ? Parce que tout est faux ça ne vaut pas la peine de gratouiller ? Tu n’as pas envie de comprendre ??? Comment vas-tu l’aider, si tu ne comprends pas ? Et dis donc, c’est pas ça, ton boulot, comprendre ce que les gamins ne comprennent pas pour qu’ils puissent le comprendre ? »

J’ai soupiré. La petite voix s’est tue un moment, j’ai recherché la copie et je l’ai mise de côté. J’ai fini mon paquet en paix. En plus elles étaient drôlement bien réussies, ces évaluations. Enfin, presque… Le presque qui dérange ma petite voix.

Et puis j’ai re-regardé cette production. En fait c’est très intéressant, ce qu’il a fait, cet élève :

  • il comprend la logique de la suite proposée : chacune des quatre propositions le montre, il effectue la « bonne » opération, que ce soit une addition ou une soustraction, de dizaines, ce centaines, de milliers ;
  • tant qu’il n’y a pas de retenue à gérer, tout va bien ;
  • dès qu’une opération induit une retenue, paf-badaboum : il reprend le premier nombre de la ligne et ajoute ou retranche une centaine au lieu d’une dizaine, un millier au lieu d’une centaine. Seule la dernière ligne fait exception, et je me demande si le deuxième chiffre est un 1 ou un 7. Si c’est un 7, peut-être l’élève était-il arrivé au bon résultat mais qu’écrire trois chiffres au lieu de quatre l’a perturbé, ou peut-être ne lui a pas semblé logique.

En tout cas, le souci de cet élève est bien le passage des unités aux dizaines, des dizaines aux centaines, etc. Sans doute voit-il les choses comme une incrémentation ou une décrémentation d’un chiffre qui a bougé dans les premières propositions, et de ce fait il bloque quand cette opération devient impossible : il n’envisage pas qu’elle ait une influence sur les chiffres qui l’entourent. Il est dans l’ordinal, je pense. Mais pour pouvoir répondre, il a trouvé des stratégies de contournement. Et comme il s’agit d’être logique, plusieurs stratégies sont possibles : l’exercice n’est pas fermé.

Comme cet élève bénéficie d’un PPRE, je vais voir la collègue qui s’en occupe pour lui proposer des remédiations précises qui convoquent la structure décimale du nombre. De mon côté, je suis en train de lui chercher des fiches qu’il puisse traiter de façon assez autonome : évidemment, cet élève est en très grande difficulté, alors autant revenir dès que possible sur ce qui lui manque à la base. Mais pour avoir réussi à ce qu’il me fasse confiance une fois où il s’est lancé et a brillé, en en bouchant un coin à ses camarades, je sais qu’il est volontaire. mais comme cela doit être difficile, de suivre le rythme !

Moralité : la flemme, c’est vraiment pas beau.

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Happy FLE

Happy FLE est une nouvelle application pour smartphones, lancée par l’association Forum Réfugiés-Cosi. Elle est gratuite, n’exige pas de connexion internet une fois installée, et permet aux primo-arrivants de découvrir la langue française à travers des situations de tous les jours. Elle ne se suffit pas en elle-même pour apprendre le français, mais est un point d’appui supplémentaire et en autonomie. L’application propose des exercices répartis en six thèmes : les transports, l’environnement, la santé, les achats, le logement et l’administration.

Ici par exemple, il s’agit d’associer des mots-étiquettes à des vêtements.

Sur les deux exemples suivants, on écoute la question : « Quelle est votre taille » déclenche les choix de la capture de gauche, et « Comment voulez-vous régler / En espèces » déclenche celle de droite.