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Scientifique, littéraire, adjectifs non exclusifs.

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C’est la question posée par un article du Monde campus. Dans cette question, outre la sempiternelle question de la « suprématie » de la filière scientifique sur les autres, permet de réfléchir au terme de « valeur », appliqué à un individu…

Un jeune bachelier de la filière ES expose son point de vue, dans cet article : selon lui, il existe une « sacralisation » du bac S et des savoirs scientifiques.

Ce jeune homme semble d’abord s’étonner de la volonté de Sciences-Po « d’attirer des élèves aux profils diversifiés, notamment plus d’élèves « avec un parcours d’ingénieur, par exemple, ou de sciences dures », qui étaient pénalisés par la présence de ces épreuves. Des ingénieurs, des mathématiciens, des physiciens à Sciences Po ? Dans une école spécialisée en droit, sciences politiques, économie ou histoire ?« 

Heu oui, pourquoi pas ? Les bacs généraux demeurent assez… généraux. En S, on fait aussi de l’histoire, et pour peu qu’on soit un peu curieux on peut avoir développé des connaissances en sciences politiques, en économie… D’ailleurs alors on pourrait s’offusquer de l’accès de bacheliers L à sciences-po, puisqu’ils ne font pas non plus de sciences éco. Là, je ne suis pas du tout d’accord avec notre bachelier. Plus loin, il semble regretter que les prépas littéraires soient accessibles trop facilement aux scientifiques. Pour ma part, je trouve très bien que des bacheliers scientifiques puissent se lancer dans des études littéraires ; ce décloisonnement est plutôt rassurant. Il est regrettable en revanche qu’il n’existe pas davantage dans l’autre sens. Mais en effet c’est en S qu’on fait le plus de sciences, et l’accès aux connaissances scientifiques semble différent en terme d’autonomie des apprentissages. Il faudrait développer des passerelles, de vraies passerelles, vers les études scientifiques. Nous sommes d’accord là-dessus, l’auteur de l’article et moi.

Notre jeune bachelier fait le constat que la filière S est peuplée de non scientifiques. C’est vrai. Mais pourquoi pas ? Pourquoi faudrait-il absolument catégoriser les lycéens si jeunes ? S’engager dans telle ou telle filière, c’est choisir d’approfondir tel ou tel champ disciplinaire. C’est bien si cela ne rend pas cul-de-jatte dans les autres, non ?

« Quand j’étais lycéen, j’ai pu constater que la sacralisation de la filière S est intégrée par tous : élèves, parents et même certains professeurs. » Par tous, non. Par beaucoup, oui. Et c’est bien la filière S, pas le fait d' »être scientifique », qui est recherché. C’est en effet dommage, car il y a une sorte de déséquilibre. Là, nous sommes encore d’accord.

« Par-dessus tout, il faut se demander : pourquoi les S auraient-ils leur place partout ? Un bagage scientifique permet-il vraiment de s’adapter à n’importe quel domaine ? Un mathématicien aurait-il plus de valeur qu’un historien ou un artiste ?« 

Voilà de bonnes questions. A la dernière, évidemment non, et la question n’a même pas de sens car un individu n’a pas de « valeur ». Pourquoi les S auraient-ils leur place partout ? Le bac S est sans doute en fait le plus général. Et, comme je l’écrivais plus haut, un étudiant motivé peut bûcher pour acquérir une culture économique, littéraire, historique, mais plus difficilement scientifique, s’il est tout seul.

« Comme de nombreux étudiants que j’ai rencontrés au cours de mes études, je pense qu’il faut en finir avec l’admiration béate que l’on voue à la « rigueur », à l’« esprit de synthèse et de logique » qu’offre la filière scientifique, et valoriser à leur juste niveau les compétences diverses qu’offrent les autres filières.« 

Cette admiration de la rigueur, de l’esprit de synthèse, de la logique, n’a rien de béat. Ce ne sont d’ailleurs pas des qualités proprement scientifiques, et la filière scientifique n’est évidemment pas la seule à les développer. Et oui, valorisons toutes les compétences. Elles comptent toutes.

Je comprend l’amertume du jeune bachelier qui a écrit ces lignes. Je partage certains points de vue, mais l’excès tue la vérité.

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Maths en lumière, avec zones d’ombre

Kumi Yamashita est une artiste japonaise, qu’Yvan Monka a mis en lumière (…) récemment sur Twitter, ce qu’a repris eduscol. J’en profite pour conseiller à ceux qui ne connaîtraient pas le site d’Yvan Monka d’aller s’y promener.

Je trouve ces oeuvres, que je ne connaissais pas du tout, très belles, poétiques, parfois angoissantes. Kimi Yamashita travaille les ombres et la lumière (avec une seule source de lumière). Je trouve assez fantastique de parvenir à susciter chez le spectateur des émotions (enfin chez moi, c’est ce que ça a provoqué).

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Je crois que ma préférée est celle-ci :

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Cela pourrait être ma devise silencieuse.

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Les Euclidiennes d’Eugène Guillevic.

Lire dit-elle

Triangles d’ Eugène Guillevic

téléchargement

Isocèle

J’ai réussi à mettre
Un peu d’ordre en moi-même

Equilatéral

J’ai tendance à me plaindre.
Je suis allé trop loin
Avec mon souci d’ordre
Rien ne peut plus venir.

Rectangle

J’ai fermé l’angle droit
Qui souffrait d’être ouvert
En grand sur l’aventure.
Je suis une demeure
Où rêver est de droit.

EuclidiennesEugène Guillevic

Parallèles


On va, l’espace est grand,
On se côtoie,
On veut parler.
Mais ce qu’on se raconte
L’autre le sait déjà,
Car depuis l’origine
Effacée, oubliée,
C’est la même aventure.
En rêve on se rencontre,
On s’aime, on se complète.
On ne va plus loin
Que dans l’autre et dans soi.

Perpendiculaire


Facile est de dire
Que je tombe à pic.
Mais c’est aussi sur moi
Que l’autre tombe à pic.

Droite

Au moins pour toi,
Pas de problème.
Tu crois t’engendrer de toi-même
A chaque endroit qui est de toi,

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Mademoiselle Chiffre a-t-elle le CAPES ?

Ce matin, j’ai lu un commentaire de collègue qui est allé voir le Petit Spirou au cinéma. Il rapportait que mademoiselle Chiffre, la prof de maths à la plastique fort avantageuse, avait asséné que 7 puissance 7 donne 49 et que 3/4 est un chiffre. Ca fait saigner les oreilles, c’est sûr.

J’aime bien le Petit Spirou (la BD). Je lis le journal de Spirou depuis plus de trente ans et forcément, ça crée des liens avec certains personnages. Alors je suis allée regarder la bande-annonce, par curiosité, après avoir lu le message du collègue. Bin en fait ça pique aussi les yeux…

Premier exemple :

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Regardez sur le côté gauche du tableau :

18,54 = 10 + 8 + 0,5 + 0,4.

Ah, zut, les quatre centièmes sont devenus des dixièmes.

Oserais-je signaler que dans la dernière ligne un « a au carré » apparaît, qui n’est pas du tout au programme de l’école ? Et puis les parenthèses ne sont pas nécessaires, aussi. Mais allez, ça, c’est du détail.

Une autre ? Parce que quand même, dans la bande annonce il n’y a que deux vues de la classe de maths. Et les deux font hurler :

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On voit mal, mais sur la partir droite du tableau on a relié des nombres. Par exemple, 1/100 est relié à 0,10 ou encore 100/10 à 0,01.

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Quelqu’un parmi vous est-il allé voir le film, et pourrait me rassurer en me disant que tous les contenus disciplinaires sont du grand n’importe quoi ? S’il vous plaît, dites-moi que ce ne sont pas que les maths qui sont maltraitées, que c’est un parti pris « humoristique »… S’il vous plaîîîîîîît…

PS : cela dit, si confondre les dixièmes et les centièmes ou penser que 100/10 est inférieur à 1 relève d’une volonté humoristique, il faut s’interroger sur ce qu’est l’humour.

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Les shadoks comptent aussi

Alors que j’ai traité il y a une semaine de la numération shadok, un article sur blogdemaths propose une explication très complète de leur système, qui revient sur ce que nous avons vu en classe avec mes sixièmes, et avec de très belles maths ensuite.

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Il y a là matière à concocter des activités de la sixième à la spé de terminale S !

Demain, on regarde la vidéo avec mes sixièmes :

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L’honneur de l’esprit humain

Aujourd’hui j’ai trouvé dans ma boîte mail une belle citation, en réaction au « fameux » exercice de Nathan qui défraie la chronique :Unknown

Dans une lettre du 2 juillet 1830 adressée à Adrien-Marie Legendre, Carl Gustav Jakob Jacobi (mathématicien allemand de la première moitié du XIXème siècle) écrit :

« M. Fourier avait l’opinion que le but principal des mathématiques était l’utilité publique et l’explication des phénomènes naturels ; mais un philosophe comme lui aurait dû savoir que le but unique de la science, c’est l’honneur de l’esprit humain, et que sous ce titre, une question de nombres vaut autant qu’une question du système du monde. »

Merci Catherine pour ce partage !
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Samedi soir, dîner en famille

  • Je suis embêtée, j’ai plein d’élèves de cinquième dans l’éval diagnostique ils écrivent que deux droites sont parallèles parce qu’elles sont face à face. Moi je voulais qu’ils disent qu’elles sont perpendiculaires à une même droite.
  • Face à face ???
  • Comment ça face à face ?
  • Ben en face l’une de l’autre, quoi
  • Oui, ils veulent dire que l’écartement est constant je pense
  • Mais face à face c’est pas possible, sinon ça ferait une seule ligne !
  • ???
  • Heu non, pourquoi? Imagine que les droites aient des yeux, et elles se regardent comme ça, face à face, tu vois ?
  • Mais elles ne peuvent pas sauf si ça fait une seule droite !
  • Mais pourquoi tu dis ça ? 
  • Tu le mets où les yeux ?
  • Bin au bout, où veux-tu qu’on les mette ?
  • Y a pas d’bout à une droite, c’est infini. Tu ne peux pas mettre les yeux « au bout » : elles n’ont pas de bout.
  • Il faut les mettre dessus, comme ça, tu vois
  • En fait les bouts qui n’existent pas, ce serait des petits bras de la droite
  • Oui, des petits bras, mais infinis quand même…
  • On mettrait les yeux au milieu, ahahaaaaahaaaa elle est bonne (flop)
  • Et pourquoi on ne pourrait pas diviser l’infini ? Il a un milieu, l’infini : c’est quand il y a l’infini d’un côté et l’infini de l’autre !
  • Dans ce cas-là, son milieu est partout, c’est embêtant.
  • Ah tiens j’avais une question au fait : un point, physiquement, ça n’existe pas ?
  • Non, c’est un concept.
  • Donc quand tu dis que tu dessines un point tu en dessines plein.
  • Oui.
  • D’ailleurs c’est bizarre parce qu’un point c’est défini par l’intersection de deux droites et une droite c’est défini comme un ensemble de points alignés ?
  • Beeeeeeen
  • Mais sur un segment, qui est fini, il y a une infinité de points ? Et sur une droite aussi ? Mais la droite elle est pas finie…
  • Oui, dans le segment et dans la droite il y a une infinité de points et c’est le même infini.
  • Alors que la droite contient le segment…
  • En fait elle est bête la question de ton évaluation : si un point n’existe pas, une droite non plus, et donc se poser la question de savoir si elles sont parallèles ça n’a pas de sens.
  • Ils auraient dû te dire : vos droites elles n’existent pas, donc zut.
  • Ben tu vois j’aurais bien aimé, j’aurais mis un carré bleu je crois.