Actualité·Au collège·Chez les élèves·Chez moi·Coup de fatigue·En classe·Si si c'est drôle

Toujours plus à l’ouest

Un élève ouvre on cahier en début de cours. Il semble perplexe, je le vois. Il relève la tête et lève la main :

– Madaaaaame, ya quelqu’un il a écrit des trucs que je comprends pas dans mon cahier de maths !

– Ah, c’est bizarre, non ? Fais voir.

– N., c’est ton cahier d’anglais. C’est toi qui a écrit tout ça. En cours d’anglais.

– Ah ouais.

(sourire penaud)

– J’ai dû confondre mes cahiers à cause de la couleur.

– Il est rouge aussi, ton cahier de maths ?

– Non, il est vert.

Note : je suis fan de Tryphon, ce n’est pas moqueur.

Bon moi, à la fin de l’heure, comme nous avions beaucoup découpé, j’ai clamé bien fort, doigt en l’air et ton sévère : « Et attention, hein, les papier, par terre ! » Il ne manquait que « Je ne veux pas en voir un seul dans la poubelle ! » et c’était parfait.

Moi aussi je tryphonne.

Actualité·Au collège·Chez moi·Coup de fatigue·Dur dur·L'éducnat

Comment ça, ça fait une semaine ???

Wow, seulement ? J’ai l’impression d’en avoir trois dans les pattes… Il faut dire que trois classes en cas contact, ça change des choses. Faire cours et visio en même temps, c’est différent, et assez fatigant. En classe, nous veillons déjà à mobiliser tout le monde, à n’oublier personne ; là il faut en plus de l’attention aux présents « physiques » garder un oeil sur le tchat, écouter si l’ordi émet le « boubip ! » qui signale qu’un élève en distanciel lève la main, faire attention à ce que la caméra cadre bien les contenus de cours, qu’on ne perd pas la connexion… Il faut scanner à chaque fin d’heure toutes les productions et les écrits pour les déposer sur Pronote, de façon encore plus détaillée que d’habitude, et ça prend du temps et des neurones. Avant tout ceci, il a fallu modifier les programmations, car l’hybride ne permet pas les mêmes gestes pédagogiques que le présentiel. Et, horreur ultime, je suis vissée à mon bureau car c’est ma visualiseuse qui est projetée au tableau et partagée dans Ma classe à la maison. Alors ça, c’est franchement pénible : je suis une gigoteuse, contrainte à la sédentarité.

Mais globalement, les élèves ont bien joué le jeu. 3 n’ont pas participé dans une classe de 6e, 7 en 5e ; ce n’est pas parfait, mais peut-être sont-ils malades, n’ont pas accès à un ordi ou n’ont pas internet, et cela aurait pu être pire. J’ai préparé de quoi leur permettre de revenir sans stress. Au moins, je sais que je peux procéder ainsi.

Le weekend va être une occasion de prendre une respiration pour aborder la suite avec sérénité, ce qui m’a parfois manqué cette semaine… Déjà j’ai pris une saine décision : ne plus tenter de comprendre le protocole. Je m’occupe de la classe, du péda, du dida, et c’est tout. Ca m’évite de m’énerver, de ne rien comprendre et de devoir réactualiser mes informations toutes les demi-journées.

Allez les jeunes !·ça m'énerve·Chez les élèves·Chez moi·Culture mathématique·Faut que je fasse mieux·Maths pour tous·Mes projets·Si si c'est drôle

Convexité, parapluie et éclair choco-noisette

Ma fille a lancé, au déjeuner d’hier, une conversation sur la convexité (merci David 😉 ). Il se trouve que je ne retiens jamais convexe et concave. Je sais que convexe c’est la dérivée croissante, donc la dérivée seconde positive. Mais je n’arrive pas à automatiser le lien avec au-dessus ou au-dessous de la tangente, ni l’allure des courbes. Si je réfléchis ça finit par venir, mais à condition d’écrire et de dessiner. Ca coince, quoi. Je suppose que cela a à voir avec mon problèmes gauche/droite, haut/bas, tout ça. J’avais donc trouvé comme moyen mnémotechnique de retenir que s’il pleut sur une courbe convexe alors l’eau s’écoule, et concave alors l’eau s’accumule dedans.

Là, vous vous dites, ouah, ça doit pas être facile d’être elle. Je comprends, mais je m’en sors, en fait. C’est juste que j’envisage mon environnement de façon assez fantaisiste, souvent. Très souvent. En général, en fait.

Mais en réalité mon système de mémorisation ne fonctionne pas du tout, parce que c’est le contraire. Le parapluie dans le sens usuel, il est concave. J’ai mis du temps à croire ma fille, et j’ai eu tort. Mon mari, qui n’est pas matheux de coeur, trouvait ça super logique, sa version. Et il a commencé à m’expliquer qu’il suffisait de regarder l’axe des abscisses et l’axe des ordonnées, et à me dire que si on retournait sa feuille, l’axe des abscisses n’était plus l’axe des abscisses ou quelque chose comme ça. Alors ça s’est fini que j’ai pris ce que j’avais sous la main pour lui montrer que si on retourne un repère, à part les écritures sur les axes, ça ne fournit pas d’indication et que l’axe horizontal reste horizontal, et pareil pour le vertical. En revanche je suis d’accord qu’une courbe convexe « devient » concave (en fait non, mais son allure, disons) et réciproquement.

Ca a fait sourire ma fille, qui a sauté avec allégresse sur le téléphone pour prendre des photos.

On ne sait jamais ce que réserve un déjeuner, chez nous. Et sans doute encore moins un dîner, parce qu’alors nous avons encore plus de choses à raconter et à discuter.

En attendant, il faut que je me trouve une image mentale. Je pense que le problème est lié au mot : clairement, « convexe », pour moi, ça va vers l’extérieur, et « concave », c’est tout grave, comme sonorité, et ça rentre.

Actualité·Au collège·Chez moi·Dur dur·Message

Bon, bin allez, soyons claire.

Je vais suspendre les moments qui brassent les groupes dans ma classe. Je pourrais aménager pour que telle classe vienne à tel moment, etc., mais ça va être compliqué et forcément des élèves vont passer leur temps à essayer de passer au traverser de mes mailles. Alors pour cette période, on ferme. Prendre une décision claire et simple va me reposer psychologiquement.

D’habitude, j’anime un club maths le mardi, un le jeudi et un le vendredi, de 12h30 à 13h40, au collège. J’ai environ 45 élèves de classes mélangées. Avant les vacances, j’avais réparti par niveau, déjà. Mais là, je ne veux pas porter de risque de responsabilité de transmission accrue du virus, ni être absente, donc éviter de l’attraper moi-même.

D’habitude, à chaque récré, matin et après-midi, j’accueille des élèves pour jouer ou lire, ou discuter. Je pense que mes récrés vont être consacrées uniquement à désinfecter les marqueurs pour les passages au tableau, à nettoyer les tablettes, à aérer à fond à fond, encore plus qu’avant, à ramasser les mouchoirs en papier gentiment laissés par-ci, par-là :

D’habitude, j’accueille des élèves qui sont en permanence dans ma classe, alors que j’ai cours avec d’autres. Ca peut monter à une dizaine d’élèves car ma classe est grande et les élèves jouent bien le jeu. Mais là, pareil, d’autant que le nombre d’heures de permanence va sans doute augmenter et que cela pourrait devenir ingérable :

J’ai prévu quelques points en visio avec les absents, car j’en ai dores et déjà pas mal dans mes classes. Raison de plus pour me dégager les midis, car j’aimerais ne pas charger la barque plus qu’elle ne l’est déjà… Mine de rien, cela représente plus de 7 heures hebdomadaires d’extra scolaire, les clubs et les récrés !

Actualité·Chez moi·Merci !·Parole·Patatipatata·Quel beau métier·Tous ensemble !

8 ans de blog, wouhou !

Aujourd’hui, ma Pierre plus ou moins Carrée a 8 ans. Il roule il roule, ce petit caillou, quelle que soit sa forme réelle !

Vous êtes encore plus nombreux que les années précédentes à me lire, et je vous en remercie avec sincérité. C’est toujours un peu étrange, lorsque je prends vraiment conscience d’être lue. Cela m’arrive lorsque je croise des collègues qui me parlent comme s’ils me connaissaient (et bien, en plus !) alors que moi, je ne les connais pas du tout. C’est très très très bizarre. Cela m’arrive aussi lorsque des collègues me cherchent lors d’événement mathématiques pour me remercier (et parfois même m’offrent des cadeaux !!!)…

Mais en règle générale, j’écris sans penser à la réception. J’écris parce que j’en ai besoin, parce que j’ai des chose à partager, mais que je lance comme des bouteilles à la mer (le désespoir et la solitude en moins), sans attente. J’écris aussi pour rendre service, au cas où ce que je dépose ici pourrait être utile à d’autres, faire gagner du temps. Je crois que j’écris aussi beaucoup pour me forcer à faire mieux : exposer des contenus m’oblige à les travailler différemment. Vos remarques, vos critiques, vos retours d’expérience me nourrissent.

Et voilà, je touche du clavier le coeur de mon propos pour cette année : les messages que je reçois d’une partie des personnes qui me lisent, hé bien ça, c’est franchement fantastique. Vous m’envoyez des descriptions critiques de ce que vous avez mis en oeuvre, des propositions de prolongements, d’améliorations, des questions hyper pointues sur pourquoi ci ou comment ça, et tout cela est absolument top. Collègues, parents, chercheurs, élèves, étudiants : qu’est-ce qu’on réfléchit mieux à plusieurs !!! Et puis les doux messages de remerciements, hé bien ça fait un bien fou, aussi. Voilà. Je ne vais pas cracher dans la soupe : la gentillesse est une valeur sûre et fondamentale pour moi.

Alors je vous prie de m’excuser si je ne vous ai pas répondu ; c’est que cela m’a échappé, car en principe je réponds à toutes et tous. Je répondais rapidement, avant, mais c’est plus difficile maintenant : j’ai beaucoup plus de messages et je me suis lancée dans pas mal de projets. Mais cela ne doit pas vous freiner : jamais vous ne m’enquiquinez, au contraire ! Ca prendra le temps que ça prendra, mais je vous répondrai.

Bon sinon, quoi de neuf cette année ? Alors voyons… Je me suis lancée dans des projets éditoriaux, déjà, ce qui est un grand saut pour moi. Sans doute d’ailleurs ce blog est-il à l’origine de ceci, car j’ai acquis de la confiance et de la rapidité pour écrire, et qu’il m’a rendue plus visible. Je ne peux rien dire des projets non aboutis, mais pour le moment il y a le petit livret des Noums et le numéro des Cahiers Péda (« Les maths, est-ce que ça compte« ), coordonné avec Baptiste Hebben.

Depuis le début de l’année 2020, je suis plus impliquée dans les Cahiers Péda, Maths en Scène et Animaths, j’écris pour MathémaTICE et le Café Péda, je participe à Maths en vie, et je crois que mon événement à moi de l’année, dans la catégorie mathosphère, c’est d’être entrée au comité et au bureau de l’APMEP. En écho avec mes autres engagements, car tous se nourrissent les uns des autres, c’est un lieu, un collectif dans lequel je me retrouve complètement. Cela me fait un bien fou.

Alors contre vents et marées, et nous savons toutes et tous que ça souffle fort et que ça tangue sévère, en route pour une neuvième année de blog. Et pas seulement. Et avec vous, si vous le voulez bien.

Mon année 2021 en images, côté maths :

Actualité·Chez moi·Message·Patatipatata

24 décembre, 18h29

Hé bien moi, le 24 décembre à 18h29, je viens de terminer une intervention pour Limoges, prévue à mi-janvier. Je suis assez contente de son contenu. Reste à voir ce que cela donnera à l’épreuve de la réalité.

Je me suis bien amusée, et j’ai été efficace. J’imagine toutes les personnes qui en ce moment même doivent s’agiter entre temps de cuisson et derniers paquets cadeaux, tous les enfants qui piaffent d’impatience… J’aime bien cette idée. Et d’ailleurs, je vais aller nous mitonner un bon petit réveillon, à mon tour. Tranquillement.

Joyeux Noël à toutes celles et ceux qui le fêtent, et bonne soirée à tous les autres !

Actualité·Chez moi·Je suis fan·Quel beau métier·Si si c'est drôle

Sérieux ?

« Sérieux, madame ? »

Bin oui, sérieux. Je peux porter un tee-shirt de Noël,

Des boucles d’oreilles de Noël,

Des chaussons de Noël,

Faire la distribution des chamallows aux gagnants du concours d’estimation de la période,

Et faire mon travail avec un grand sérieux.

Si, si.

D’ailleurs, quand j’ai coursé un élève qui avait fait une balayette à une camarade, que je l’ai attrapé et disputé puis puni, il m’a prise tout à fait au sérieux. Même si j’étais en chaussons en plein milieu de la cour.

🙂