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Grenade : les élèves et moi, on fait le mur.

Hier, j’ai mené la première séance sur les pavages de l’Alhambra. Nous avons travaillé la partie mémorisation, que nous allons réinvestir la semaine prochaine, et nous avons restitué les pavages dans leur contexte géographique et historique. À peine les ai-je affichés au tableau que les élèves me parlaient joyeusement de symétrie axiale… « Pourquoi me parlez-vous de symétrie ? » leur ai-je demandé ? « Faut bien que ça se rattache à des maths madame, faire des dessins ça va pas vous suffire, ça c’est sûr ! Ahana, on vous connaît !!! » Certes.

Unknown

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J’ai distribué à chacun son plan de pavage. Et là, ça s’est corsé. Au vu de la réaction générale, entre panique et perplexité, je me suis dit que j’avais peut-être tapé un peu fort… Les élèves avaient un mal fou à se repérer sur la feuille de tracé, par rapport au pavage lui-même. Et j’avais négligé la difficulté liée à l’agrandissement de fort coefficient.  Comme chacun avait un pavage différent, je me retrouvais à devoir aider tout le monde en même temps sur un support différent. Au secours !!! C’est ce qui arrive quand on s’embarque avec entrain dans une activité sans avoir réfléchi longtemps. Mais bon, nous étions justement embarqués, alors il fallait bien trouver un moyen de ne pas couler ; et puis j’aime bien quand il y a des problèmes : ça permet de chercher des solutions.

Et justement, c’est alors que j’ai eu un réflexe salvateur. J’ai dit à mes élèves : « Si vous faites une figure juste et propre et qu’ensuite vous la coloriez selon les règles que nous avons fixées, et faut qu’ça pète, souvenez-vous bien de cette règle-là, hé bien vos oeuvres, nous les accrocherons dans la classe pour renouveler la déco. » Et paf, enthousiasme général. Puis question collective : « Mais où, madame ??? Y a plus de place ». C’est tout à fait vrai, il n’y a plus de place. Un élève a proposé « Au plafond, il reste de la place encore », mais cela ne me plaisait pas. J’ai proposé à la place des décimales de pi, sur le mur du fond, mais les élèves ne voulaient pas, cette fois. C’est vrai qu’elles sont belles, mes décimales. Alors nous sommes tombés d’accord : tout autour du tableau. Je remiserai mes belles affiches actuelles dans le placard, je les conserverai (ce sont des travaux d’élèves et les sixièmes trouvent ça « dégoûtant » et « immoral » (!!!) de les jeter, ce que de toute façon je n’aurais pas fait, parce que j’y tiens).

À partir de là, tout s’est organisé : du tutorat (« madame je peux aller lui expliquer, le sien j’ai compris ! »), davantage de volonté (« Non mais je vais y arriver, madame, je vous appelle si vraiment j’trouve pas ») et des appels au secours nettement plus constructifs. Comme quoi les obstacles didactiques, parfois ça se surmonte à coup de motivation.

La consigne était de finir pour lundi. Mais j’ai eu peur que les élèves butent quand même sur des difficultés, alors aujourd’hui nous avons consacré les vingt dernières minutes de la séance à retravailler nos pavages. Sauf que cinq élèves avaient fini le leur déjà, et que pratiquement tout le monde avait bien avancé ! Mes élèves m’ont fait remarquer que je les avais sous-estimés (mais tout de même, quatre ou cinq avaient besoin d’aide), mais ils ont pu continuer à avancer, car c’est un gros gros boulot, quand même. Les plus rapides ont eu le droit de choisir un deuxième pavage (le premier avait été imposé en fonction du niveau de chacun), et ils auront un beau carré bleu d’objectif dépassé.

Maintenant, je vais ramasser tout ça lundi, vérifier que c’est bien, agrandir leurs productions et leur rendre. Ils devront trouver un ou plusieurs axes de symétrie et colorier en respectant ladite symétrie.

Je crois que je vais avoir un super beau mur hyper magnifique. Peut-être même que ma classe va être encore plus belle que l’Alhambra.

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Les stars de sixième 2

Pour les journées de l’APMEP à Nantes, j’avais filmé mes élèves de sixième, qui expliquent le principe maths et jeux de rôles. J’ai des tas de vidéos du coup, dont beaucoup sur leur ressenti par rapport à l’évaluation des compétences, et c’est intéressant aussi. mais je ne l’ai pas mis dans la vidéo pour Nantes, car le thème de l’atelier était Maths et JDR.

Mes élèves et leurs parents ont donné leur accord, alors les voici :

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Scientifique, littéraire, adjectifs non exclusifs.

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C’est la question posée par un article du Monde campus. Dans cette question, outre la sempiternelle question de la « suprématie » de la filière scientifique sur les autres, permet de réfléchir au terme de « valeur », appliqué à un individu…

Un jeune bachelier de la filière ES expose son point de vue, dans cet article : selon lui, il existe une « sacralisation » du bac S et des savoirs scientifiques.

Ce jeune homme semble d’abord s’étonner de la volonté de Sciences-Po « d’attirer des élèves aux profils diversifiés, notamment plus d’élèves « avec un parcours d’ingénieur, par exemple, ou de sciences dures », qui étaient pénalisés par la présence de ces épreuves. Des ingénieurs, des mathématiciens, des physiciens à Sciences Po ? Dans une école spécialisée en droit, sciences politiques, économie ou histoire ?« 

Heu oui, pourquoi pas ? Les bacs généraux demeurent assez… généraux. En S, on fait aussi de l’histoire, et pour peu qu’on soit un peu curieux on peut avoir développé des connaissances en sciences politiques, en économie… D’ailleurs alors on pourrait s’offusquer de l’accès de bacheliers L à sciences-po, puisqu’ils ne font pas non plus de sciences éco. Là, je ne suis pas du tout d’accord avec notre bachelier. Plus loin, il semble regretter que les prépas littéraires soient accessibles trop facilement aux scientifiques. Pour ma part, je trouve très bien que des bacheliers scientifiques puissent se lancer dans des études littéraires ; ce décloisonnement est plutôt rassurant. Il est regrettable en revanche qu’il n’existe pas davantage dans l’autre sens. Mais en effet c’est en S qu’on fait le plus de sciences, et l’accès aux connaissances scientifiques semble différent en terme d’autonomie des apprentissages. Il faudrait développer des passerelles, de vraies passerelles, vers les études scientifiques. Nous sommes d’accord là-dessus, l’auteur de l’article et moi.

Notre jeune bachelier fait le constat que la filière S est peuplée de non scientifiques. C’est vrai. Mais pourquoi pas ? Pourquoi faudrait-il absolument catégoriser les lycéens si jeunes ? S’engager dans telle ou telle filière, c’est choisir d’approfondir tel ou tel champ disciplinaire. C’est bien si cela ne rend pas cul-de-jatte dans les autres, non ?

« Quand j’étais lycéen, j’ai pu constater que la sacralisation de la filière S est intégrée par tous : élèves, parents et même certains professeurs. » Par tous, non. Par beaucoup, oui. Et c’est bien la filière S, pas le fait d' »être scientifique », qui est recherché. C’est en effet dommage, car il y a une sorte de déséquilibre. Là, nous sommes encore d’accord.

« Par-dessus tout, il faut se demander : pourquoi les S auraient-ils leur place partout ? Un bagage scientifique permet-il vraiment de s’adapter à n’importe quel domaine ? Un mathématicien aurait-il plus de valeur qu’un historien ou un artiste ?« 

Voilà de bonnes questions. A la dernière, évidemment non, et la question n’a même pas de sens car un individu n’a pas de « valeur ». Pourquoi les S auraient-ils leur place partout ? Le bac S est sans doute en fait le plus général. Et, comme je l’écrivais plus haut, un étudiant motivé peut bûcher pour acquérir une culture économique, littéraire, historique, mais plus difficilement scientifique, s’il est tout seul.

« Comme de nombreux étudiants que j’ai rencontrés au cours de mes études, je pense qu’il faut en finir avec l’admiration béate que l’on voue à la « rigueur », à l’« esprit de synthèse et de logique » qu’offre la filière scientifique, et valoriser à leur juste niveau les compétences diverses qu’offrent les autres filières.« 

Cette admiration de la rigueur, de l’esprit de synthèse, de la logique, n’a rien de béat. Ce ne sont d’ailleurs pas des qualités proprement scientifiques, et la filière scientifique n’est évidemment pas la seule à les développer. Et oui, valorisons toutes les compétences. Elles comptent toutes.

Je comprend l’amertume du jeune bachelier qui a écrit ces lignes. Je partage certains points de vue, mais l’excès tue la vérité.

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Les journées de Nantes

Ca approche… La semaine prochaine, je serai en train d’animer un atelier, à cette heure-ci. Je dois mettre la dernière main à un de mes diapos, mais j’ai réussi à finir le montage du film de mes élèves hier, pour l’un des ateliers. Je suis très contente du résultat, et mes élèves ont été absolument super. Ils ont tout compris, et sont d’une bonne volonté touchante pour me rendre service en témoignant. Ainsi que leurs parents, qui ont accepté que leurs enfants soient filmés et que le résultat soit diffusé et mis en ligne. J’ai même des enregistrement en plus pour illustrer les compétences vues par les élèves, pour de futures formations.

J’ai hâte de leur montrer, à mes élèves, en avant-première !

Alors les jeunes, vraiment,

Unknown

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Kaamelott en sixième

Aujourd’hui, nous avons travaillé sur une séance de géométrie. Je voulais réactiver perpendiculaire, parallèle, sécant, et inciter encore sur l’importance du langage.

J’ai donc proposé de nouveau (je fais ça tous les ans) un extrait de Kaamelott. Et les élèves avaient une « fiche de visionnage » à remplir :

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Cette année, j’ai eu envie de consigner les réponses obtenues :

Première question : globalement, j’ai eu comme réponse « trois hommes » ou « quatre hommes », dont parfois « le roi », « le prince », « le sire » ou « le seigneur » voire « un des personnages est de haute importance », ou des précisions du type « ils sont plutôt chevaliers », ou « l’aubergiste », « l’écuyer », « deux prisonniers », et « deux esclaves tout nus ». Ouhlala, que vont imaginer les parents…

Deuxième question :

J’ai obtenu :

  • 10 « dans un château », ou « dans le sous-sol d’un château »
  • 5 « dans la cave »
  • 3 « dans un bar/une auberge »
  • 3 « dans une prison/un cachot »
  • 2 « Au Moyen-Âge » / « Au Moyen-Âge-Antiquité »
  • 2 sans réponse
  • 1 « dans un chêne » (???)

Les deux réponses qui en fait répondent à « Quand se déroule la scène ? » m’intéressent : voilà de quoi retravailler en AP.

Pour la troisième question, le résumé, voici des extraits :

  • « Ce sont des personnes qui discutent de géométrie »
  • « Deux personnes disent n’importe quoi et le roi les contredit »
  • « Deux hommes discutent de comment casser la pierre et ils se trompent de mots. Le roi explique comment employer les bons termes « parallèles » et « perpendiculaires » »
  • « Deux personnes inventent des mots qui n’existent pas »
  • « Ils veulent tracer des parallèles et des perpendiculaires mais sur la pierre on peut pas »
  • « Ils croient que 22 c’est impair »
  • « Ils disent comment se taper dessus »
  • « Ils s’embrouillent. Il y en a un qui a raison et l’autre qui se complique la vie »
  • « Ils font une démonstration de karaté en utilisant des mots inexistants »
  • « Ils sont en désaccord sur des termes géométriques »
  • « Ils veulent couper un taureau »

J’ai obtenu beaucoup de réponses correctes, voire très bien exprimées. A la première fiche de visionnage, sur une autre vidéo, ce n’était pas le cas. Je pense que mes petits élèves commencent à comprendre ce que je veux : ils s’expriment bien davantage.

La question 4 a été réussie par presque tous les élèves, avec des degrés de précision variés. Un élève a écrit :

« Je pense que mon professeur veut que je comprenne que les mots c’est important. Si on ne dit pas les bons précisément on ne comprend pas. Mon professeur veut aussi qu’on ne s’ennuie pas (vidéo marrante) ».

On avance.

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L’exo 78

J’ai donné un exercice à rédiger à la maison à mes élèves de sixième. La plupart ont essayé de justifier un peu, mais je suis tout de même surprise des disparités… Exemples :

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En même temps c’est habituel, la résistance des élèves à justifier. Mais il me semble que j’insiste beaucoup, voire que je suis franchement lourde avec ça. Je pense qu’il s’agit d’un défaut de motivation pour certains, qui ont la flemme d’écrire et de réfléchir pour expliquer, et d’un défaut de maturité pour d’autres : exposer sa démarche de façon intelligible, c’est difficile.

Nous allons en parler demain…

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40%

C’est le taux d’élèves de sixième, dans mon établissement, identifiés comme en difficulté ou en grande difficulté par le test ROC.

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ROC signifie « Repérage Orthographique Collectif ». C’est un test qui dure moins d’une demi-heure, qui peut être déployé en classe entière. Il permet d’identifier les élèves en grande difficulté avec la langue écrite (lecture, orthographe). Le but est de définir un niveau d’alerte en orthographe, servant à repérer les élèves dont le niveau de lecture doit être examiné au moyen d’une épreuve individuelle de lecture. Cette deuxième évaluation permettra de repérer les lecteurs précaires. Et là, nous mettrons en place des groupes de remédiation pour leur réapprendre à lire.

Le souci, c’est que 40% d’élèves en difficulté, cela représente 42 élèves. Même en supposant que seulement une vingtaine soient en difficulté lors du deuxième test, il va être difficile de nous organiser pour prendre en charge autant d’élèves. Ou alors il faudra prévoir deux vagues.

Je commence à planifier le test de lecture demain, auprès de ces 42 élèves. Et on verra bien.

Ce qui m’inquiète, c’est que de toute façon 40% de notre cohorte d’élèves de sixième ont un gros souci de compréhension et de production d’écrit. C’est beaucoup, 40%.

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