Chez les élèves·Maths et musique·Si si c'est drôle

Le charme discret des matheux

En cherchant de quoi écrire un article sur maths et Saint Valentin, je suis tombée sur un article de Slate.fr qui m’a menée à cette vidéo. C’est assez terrible, et en plus ça vaut le coup de regarder jusqu’au bout pour le générique et les « bonus » (tout est relatif…). En tout cas j’ai été obligée de sortir les écouteurs pour sauver mon couple, ce qui, un jour de Saint Valentin, est ironique.

On lit, dans l’article de Slate : « Les paroles, à découvrir sous la vidéo, ne font que confirmer que ces mecs sont plus doués en maths qu’en hip-hop (ce qui n’est pas très pratique pour draguer)« . Ouah, tout de suite. Les matheux ont un charme particulier, voilà tout !

Voilà. Les maths, ça fait ça, chez certains individus.

 

C'est pas des maths!·Chez les élèves·Si si c'est drôle

On m’appelle bille de clown

Il n’y a pas très longtemps, j’arrive dans un établissement pour animer une formation, et je m’égare, avec aucune idée de l’endroit où se situe la salle que je doit atteindre. Je trouve un élève, et je m’avance vers lui, en essayant d’avoir l’air aimable (peut-être est-ce là mon erreur). Avant que je ne puisse lui dire quoi que ce soit, il me dit « Ah, c’est vous la prof de cirque ! ». « Heu, non, je ne suis pas prof de cirque ; peux-tu m’indiquer la salle xxx s’il te plaît? ». Gentil, l’élève m’explique.

Après quelques minutes de recherche et la certitude que la salle recherchée n’est pas dans ce secteur (cet élève se sera trompé entre gauche et droite, ou bien c’est moi), je croise un second élève. « Excuse-moi, peux-tu m’aider, … » et là il me coupe : « Vous êtes prof de cirque ? ». Et puis ensuite il m’indique la salle, que je trouve, partagée entre une franche hilarité et l’impression d’être victime d’une caméra cachée.

Mais en fait non, je dois juste avoir une allure de clown ou d’équilibriste, ou peut-être de dresseur de fauves, ou de cracheur de feu. Parce que c’est vrai que mon métier ressemble aussi à tout ça parfois…

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L’anxiété mathématique

Un article de Science Daily paru aujourd’hui explique ce qu’on savait déjà (mais ça fait toujours du bien de le rappeler), à savoir que l’apprentissage et la performance cognitive dépendent d’émotions telles que le plaisir, l’anxiété ou l’ennui. L’étude (allemande) s’est concentrée sur les maths.

Il en ressort que les élèves contents d’eux, qui sont capables de ressentir de la fierté pour la tâche (mathématique) scolaire, réussissent mieux que ceux qui ont connu la colère, l’anxiété, la honte, l’ennui ou le désespoir.

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L’étude a également constaté que la réussite en mathématiques « augmente les émotions positives des élèves et diminue leurs émotions négatives au fil des ans», et inversement pour les élèves en échec, avec l’apparition et le développement de  « l’anxiété mathématique et l’ennui mathématique », indépendamment d’autres variables (filles/garçons, CSP, …)

Il faut donc aider les élèves qui sont confrontés à des émotions mathématiques négatives à en sortir. Cela repose sur nous, enseignants : nous pouvons agir sur nos contenus, nos postures, pour aider les élèves à se sortir de leurs mauvaises ondes, mais il nous faut aussi, avec l’aide des familles, leur apprendre à s’analyser et se contrôler.

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Vendredi, on a scratché !

Petit bilan de la séance de vendredi avec les cinquième :

Voci d’abord ce que cela donne par Sacoche :

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Pour la première compétence, s’engager dans une démarche, j’ai accordé deux points verts lorsque toute la première page était traitée (le temps que les PC s’allument et se connectent, nous n’avons pu bénéficier que de quarante minutes de travail), et un carré bleu pour les élèves qui ont traité la première activité de la deuxième page. Mais tout le monde a bossé, sans exception.

Les compétences qui figurent majoritairement dans « autres » sont celles correspondant à la page 2, donc traitées par peu d’élèves.

Les élèves ont plutôt bien joué le jeu, sauf trois qui ont répondu complètement à côté, et qui n’ont donc pas dû écrire les scripts demandés, ou alors qui ne les ont pas testé correctement, et qui ne m’ont pas appelée.

« Utiliser le vocabulaire adéquat » n’a pas été suffisamment réussie : je demandais des liens avec le vocabulaire mathématique (abscisse, ordonnée, repère), et je n’ai pas souvent eu ce que je voulais. J’ai évalué assez sec, d’ailleurs, car j’avais explicité à l’oral mes attendus.

« Expliquer, argumenter » n’est pas non plus très bien réussie, car sur scratch, j’ai trouvé que mes élèves régressaient dans la verbalisation : ils se sont trop souvent contentés d’un mot ou deux, sans phrases construites.

De mon côté, j’attendais de voir ce que les élèves me répondraient aux différences entre s’orienter et tourner. J’ai souvent obtenu ceci :

Mais j’ai obtenu aussi ça (attention, parfois ça pique aux yeux du point de vue de l’orthographe…) :

Nous reprendrons tout ceci avant la prochaine séance, après les vacances, et je mènerai un débat sur ce thème, avec une trace écrite proposant les productions des élèves ci-dessus.

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Suis-je apte au consensus ? Il vaudrait mieux !

Il y a quelques semaines, une IPR avec laquelle je travaille m’a signalé qu’une conférence de consensus était organisée par le CNESCO, sur le thème de la différenciation pédagogique. Elle m’a conseillé de postuler, car l’expérience semblait très enrichissante.  Le jury de la conférence de consensus a pour rôle d’auditionner des experts qui répondront aux questions qui leur auront été posées. Il est chargé de la rédaction collégiale de recommandations suite aux séances publiques.

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J’ai postulé alors que j’étais aux journées du CRAP. J’ai complété le questionnaire avec une grande spontanéité, et paf, j’ai été sélectionnée. La sélection consiste en un pré-choix pour garantir la variété des profils (enseignants du 1er et 2nd degrés, enseignants stagiaires, conseillers principaux d’éducation, psychologues, conseillers pédagogiques, inspecteurs, chefs d’établissement, formateurs en ESPE), puis par un tirage au sort parmi plusieurs centaines de candidatures. Il y a donc une part de bol.

J’étais très très contente, et impressionnée. J’avais raison : après deux premiers rendez-vous avec mes petits camarades de consensus, je suis encore plus contente. Et j’ai trouvé ma place.

En mars, j’y retourne pour la dernière ligne droite. D’abord, nous allons écouter des experts et apprendre des tas de choses (Ces audiences sont publiques, mais les places se sont arrachées en deux jours et demi). Nous avons déjà étudié leurs points de vue et posé des questions. Nous allons en poser de nouveau. Puis, après deux jours où nous aurons alterné ces auditions et des réunions de réflexion, nous allons nous atteler à écrire le document de recommandations.

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Je ne peux que vous conseiller de postuler, si une conférence aborde un thème qui vous concerne et vous intéresse. C’est vraiment une expérience formidable, épuisante et qui transforme. On en ressort plus savant, en ayant plus et différemment réfléchi, et en ayant débattu avec des acteurs variés de l’Education Nationale. Je vous conseille aussi la lecture des documents de recommandation sur le redoublement, la numération et la lecture.

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La souffrance par les maths

On entend régulièrement des adultes ou des jeunes gens parler de leur rapport en maths de façon douloureuse. J’en ai un exemple pour vous, tout frais.

J’aide une jeune fille en maths. Appelons-la Marianne.

Marianne est une jeune fille très sérieuse, pour qui l’intérêt des maths est principalement scolaire : Marianne veut réussir, pour elle-même, pour que ses parents ne se fassent pas de souci, et pour se conformer à une norme sociale. Elle a commencé son année de seconde de façon très positive, en obtenant de bons résultats. Et puis le thème des vecteurs a déboulé dans son cahier, en même temps qu’elle a attrapé la grippe. Elle a raté une semaine de cours, et elle est perdue, d’un coup. Le fragile équilibre qui lui permettait de bien réussir est rompu. En quinze jours, Marianne a perdu confiance, ne donne plus de sens à ce que son professeur essaie de lui transmettre. Un devoir commun arrive, qui l’angoisse beaucoup.

Marianne pourrait sembler une jeune fille banale et scolaire. Mais non, elle est bien plus complexe et particulière. Elle est riche d’une histoire personnelle, dotée d’une culture solide, capable d’humour, de distance, courageuse.

Mais Marianne a un devoir maison à faire. Son devoir est truffé d’automatismes à appliquer dans des cas tous plus particuliers les uns que les autres, avec des pièges dans tous les coins. Aucune question ne se rapporte à un problème, une contextualisation. C’est de la méthode pour la méthode. Je sais qu’il faut travailler les automatismes, mais c’est vrai que ce devoir est parfaitement indigeste, et très difficile du point de vue technique pour un élève de niveau « normal ».

Alors que se passe-t-il, pour Marianne ?

D’abord, elle se met à rejeter les maths.

Ensuite, elle souffre.

Enfin, elle se dit qu’il faudrait qu’elle « fasse L » l’année prochaine.

Voilà ce qu’on trouve sur son cahier :

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Je sais que son professeur veut bien faire les choses. J’ai donné des devoirs dans le même style, dans ma carrière. Je ne cherche pas à juger l’enseignant, mais à nous faire réfléchir, collectivement : nous n’avons pas toujours l’occasion de voir l’envers du décor, qui plus est une réaction comme celle de Marianne, bonne élève, positive et constructive. Car que lisons-nous ici ? Marianne souffre : elle appelle au secours et ne pas comprendre lui brise le coeur. Et que fait-elle alors ? Elle rejette les maths : c’est nul, ça ne sert à rien, c’est la pire matière du monde. Elle met l’objet de souffrance à distance, et en fait elle pourrait commence à décrocher. Sa famille, elle-même et moi allons nous appliquer à ce que ce ne soit pas le cas. Mais chacun de nous, enseignant, devons réfléchir. Moi-même, cette semaine, n’ai-je pas mis Timéo (avec le calcul littéral), Louanne (avec la proportionnalité) ou Andreï (avec les patrons de solides) dans cette situation ?

Sans doute au moins l’un d’eux. Et ce n’est pas acceptable. Nous devons donc toujours garder cela à l’esprit : lorsque nos élèves décrochent, nous avons sans doute une carte à jouer. Nous dire que tout se joue dans la famille, dans la tête ou le coeur de l’élève, dans la société, c’est faire comme Marianne : c’est mettre à distance l’objet de notre propre frustration professionnelle.

Sauf que nous sommes adultes, et professionnels. Et puis c’est intéressant de chercher une solution à un problème.

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Parfois, c’est simple

La semaine dernière, je me désolais de ne plus avoir autant de travaux facultatifs à corriger, pour égayer mes dimanches soirs… Cela avait un côté reposant, bien sûr, car corriger des dizaines de travaux chaque semaine, constitués de consignes différentes, est long et assez fastidieux, même si j’ai des corrigés types très pratiques. Mais quand même, c’était tristounet, ce manque d’envie des enfants.

Alors je leur ai juste dit, il y a une semaine : « Ben alors, c’est mou du genou là, les travaux facultatifs. Vous n’avez plus envie d’avoir des XP en plus ??? »

Ben voilà. En une semaine, j’en ai reçu 86, des travaux facultatifs. Dont des problèmes qu’ils ont inventés, et dont ils attendent que je les résolvent, ce qui est particulièrement extra. De très belles constructions géométriques, aussi, d’élèves qui habituellement me torchonnent les figures en évaluation, et qui là m’ont fait de petites merveilles.

Bon, ben c’était facile en fait.

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Ma pochette déborde…