Actualité·BRAVO!!!·Chez les chercheurs·Evénement

Karen Uhlenbeck, prix Abel

Un article du Monde d’aujourd’hui rend hommage à Karen Uhlenbeck, première femme à se voir attribuer le prix Abel. Le prix Abel est « accordé pour l’ensemble d’une carrière, tous les ans depuis 2003 par un jury de l’Académie norvégienne des sciences et des lettres. Elle est dotée de 6 millions de couronnes norvégiennes (environ 620 000 euros).« 

Karen Uhlenbeck est une chercheuse américaine. Elle a aujourd’hui 76 ans, « a été la première femme mathématicienne reçue à l’Académie nationale des sciences aux Etats-Unis » en 1976 et a été en 1990 « la deuxième femme seulement à présenter un exposé en séance plénière lors de la Conférence internationale quadriennale des mathématiciens« , après Emmy Noether en… 1932. 

« Aujourd’hui elle est chercheuse à l’université Princeton et au célèbre Institut d’études avancées (IAS). « La reconnaissance des réalisations de Karen Uhlenbeck aurait dû être beaucoup plus grande car son travail a conduit à certaines des avancées en mathématiques les plus importantes de ces quarante dernières années », estime Jim Al-Khalili, membre de la Société royale norvégienne.

Ses apports aux mathématiques s’étendent bien au-delà de sa discipline puisque ses travaux décrivant le comportement d’équations sur des surfaces diverses, servent notamment en physique à décrire le monde des particules ou à élaborer des théories quantiques de la gravitation. Le directeur de l’IAS, Robbert Dijkgraaf, souligne, dans un communiqué, qu’elle a « joué un rôle majeur dans les progrès des maths et a inspiré les générations suivantes de femmes à devenir des figures du domaine ». »

Karen Uhlenbeck-31.jpg

A l'attaque !·Apprendre·Chez les chercheurs·Evaluer·Formation·Je suis fan

Etre en tension pour avancer

Pour approfondir mes connaissances et mes ressources sur l’accompagnement desRéférents Mathématiques de Circonscription, dans le cadre d’un dispositif de formation national, j’ai visionné récemment une conférence de Michel Vial, formateur à l’École de Métier de l’Accompagnement (Philippe Péaud nous a recommandé cette conférence, et je l’en remercie vivement !).

Je conseille vivement cette conférence, très intéressante, claire et accessible. Une parole de monsieur Vial me suit depuis que je l’ai entendue :

Être en tension, c’est être en dynamique. Au lieu d’y voir un défaut, il faut y voir une ressource.

Capture d’écran 2019-03-19 à 09.58.24.png

Actualité·Ca fait pas du bien aux maths·Chez les cadres·Chez les chercheurs·Culture mathématique·cycle 2·Didactique·Lire

Rémi Brissiaud vs Stanislas Dehaene

Dans les Cahiers Pédagogiques, Rémi Brissiaud a publié cette semaine un article intitulé :

Maths : les fondements scientifiques de l’évaluation s’effondrent.

Il me semble important de le lire, ne serait-ce que pour pouvoir suivre l’actualité et comprendre ce qui se joue. L’article complet est ici.Une deuxième partie, à venir, portera sur l’articulation entre connaissances scientifiques et pédagogiques.

  • « Les « nouvelles » évaluations CP-CE1 sont les premières à être qualifiées de « cognitives ». On comprend mal pourquoi une évaluation scolaire, dans sa forme classique, ne pourrait pas être également qualifiée ainsi. C’est pourquoi on soupçonne que l’emploi de l’adjectif « cognitif » renvoie à l’usage que ferait cette « nouvelle évaluation » de résultats issus des sciences cognitives. (…) Il y a ceux correspondant à une évaluation scolaire « classique » :(…) … et deux autres items qu’elle qualifie de « prédictifs », ce qui est évidemment plus précis que « cognitifs ». Ce sont ces derniers items qui font l’originalité de la nouvelle évaluation. »
  • Rémi Brissiaud développe ensuite son point de vue sur le « sens des nombres » annoncé par Stanislas Dehaene : « La capacité de distinguer deux collections dès que leurs tailles sont suffisamment différentes est une compétence de bas niveau qui est effectivement largement partagée dans le règne du vivant : un grand nombre d’organismes sont génétiquement équipés afin de distinguer précocement un gros tas de nourriture d’un petit tas. C’est pourquoi la plupart des chercheurs en sciences cognitives font le choix de s’exprimer différemment de Stanislas Dehaene : ils parlent d’un « sens inné des ordres de grandeurs » (le mot anglais utilisé est magnitude) alors que lui choisit de parler d’un « sens inné des nombres » ou encore d’un « système inné de nombres approximatifs ». (…) Comme la notion de nombre naît de la comparaison des quantités, elle présuppose donc cette notion : il n’y a pas de conception possible des nombres sans celle préalable des quantités ! Or les quantités sont définies à une unité près et, donc, pour accéder aux nombres il faut procéder à une analyse des collections unité par unité. (…) Présentons un résultat qui invalide l’idée que les bébés disposeraient d’un « sens inné des nombres ». Les nourrissons de moins de trois jours différencient une collection de 10 points et une autre de 30 points, mais ils différencient aussi une collection de 25 points et une autre de 75 points… En fait, ils différencient de grandes collections qui sont dans un rapport de 1 à 3 (dans cette comparaison visuelle, c’est le rapport qui importe !). En revanche, des bébés bien plus âgés ne font pas la différence entre une collection de 2 et une de 6, c’est-à-dire de petites collections qui, elles aussi, sont dans un rapport de 1 à 3. Ce résultat est totalement contre-intuitif : les nourrissons réussissent avec de grandes collections ce que des bébés plus âgés échouent avec de petites collections ! Ceci plaide en faveur de l’hypothèse que le traitement inné des collections ne porte pas sur des quantités analysées unité par unité, mais sur des ordres de grandeur. »
  • « Lorsqu’un chercheur reproche à Stanislas Dehaene sa façon de s’exprimer, il rétorque que pour qualifier les compétences innées des bébés, il n’utilise pas le mot « nombre » isolément parce qu’il lui accole le mot « approximatif ». Cependant, l’usage de l’expression « nombre approximatif » est surprenant parce que le propre du nombre est d’être défini exactement : 4 n’est ni 3, ni 5 ! (…) Ainsi, l’usage de l’expression « nombres approximatifs » pour qualifier les compétences innées des bébés crée une double confusion : un traitement non numérique, la comparaison des ordres de grandeur, est qualifié de numérique et un futur traitement numérique de haut niveau est désigné de la même manière qu’un traitement non numérique inné. En s’exprimant ainsi, Stanislas Dehaene ne rend pas service à l’école et aux enseignants. »
  • La recherche « conduit à étudier le rôle de trois variables : 1°) Le sens inné des ordres de grandeur. Pour l’évaluer, ils utilisent une épreuve de comparaison de collections de points. Les auteurs de la recherche disent explicitement que cette partie de leur travail est un test de la théorie exposée par Stanislas Dehaene dans son ouvrage The Number Sensé2°) Le résultat à l’épreuve de comparaison que l’on trouve dans l’évaluation CP-CE1. 3°) Le résultat à un test d’intelligence non verbale, les matrices de Raven. Leur conclusion est sans appel : le sens inné des ordres de grandeur n’explique en rien les performances à l’épreuve dite de la ligne numérique. En revanche, les deux autres variables contribuent à la réussite de manières importantes et proches. »
  • « L’interprétation donnée par Stanislas Dehaene de la réussite à l’épreuve dite de « la ligne numérique » est donc erronée ce qui, évidemment, laisse mal augurer des remédiations proposées aux élèves qui échoueraient.« 
Apprendre·Chez les chercheurs·Compétences·Ici et ailleurs·L'éducnat

Le référentiel de compétences des enseignants australiens

Franck Ramus, du CNRS et de l’ENS, nous a présenté aujourd’hui, lors des Assises de la formation continue, les travaux du groupe de travail du comité scientifique de l’Éducation Nationale sur la formation des enseignants. En particulier, il nous a présenté une réflexion sur le référentiel de compétence des personnels enseignants.

Selon lui, le référentiel de compétences est listé plus qu’organisé ou hiérarchisé. Il y a une absence de progressivité aussi au niveau de détail. Trop de compétences sont visibles au premier niveau et il est peu mémorisable (et méconnu de la plupart des enseignants par ailleurs).

Franck Ramus nous a présenté le référentiel australien. Et je dois dire qu’il semble très bien fait : il est très clair et lisible.

Chaque compétence est explicitée par niveau de maîtrise : la première colonne est celle d’un enseignant en formation, la dernière est celle d’un enseignant formateur. Cela permet d’affirmer le principe de formation continue au long de la vie, et de progression professionnelle.

Le référentiel est ici, ou en téléchargement là : QCT_AustProfStandards[1]

Capture d’écran 2019-03-15 à 12.19.54Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.04Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.10Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.16Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.22Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.28Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.34Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.39Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.44Capture d’écran 2019-03-15 à 12.20.55Capture d’écran 2019-03-15 à 12.21.00Capture d’écran 2019-03-15 à 12.21.08Capture d’écran 2019-03-15 à 12.21.14

 

A l'attaque !·Actualité·Chez les chercheurs·Evénement·Faut que je fasse mieux·Formation·Je suis fan·Tous ensemble !

Luc Ria et les cocotiers

Hier, Luc Ria est intervenu aux Assises de la formation continue : « Changer de paradigme de formation ? Les conditions du changement ». Comme à chaque fois, son intervention a été claire, efficace, franche. Extraits :

  • La lesson study est un outil dont nous avons intérêt à nous emparer : c’est un dispositif au service du développement professionnel des enseignants, une fois transformée à la française. On prépare ensemble des leçons, on observe un volontaire qui présente la séquence d’enseignement et on fait suivre d’un débriefing avec un ami critique, pour ensuite proposer de nouvelles sessions et construire une mémoire qui conserve une littérature autour de ce type de dispositif.
  • Former efficacement passe par certaines étapes incontournables : il y a la co-description de l’activité, l’explicitation explicite et partagée des intentions de l’observateur et de l’observé, la co estimation de la pertinence de l’action observée, la recherche conjointe d’autres alternatives à tester concrètement.
  • Il est très intéressant d’augmenter la place de l’écoute des élèves, de l’analyse de leur comportement avec eux, sans limiter la co analyse aux adultes.
  • La question à se poser est : qui peut accompagner ce type de pilotage en établissement ? Il faut repérer les logiques de chacun, les décalages de compréhension, les difficultés.
  • Il faut une formation sérieuse de l’équipe, une charte éthique (objectifs, valeurs), des aménagements organisationnels significatifs et une définition d’un plan de formation sur mesure et sur un temps long. Favoriser les rencontres c’est aussi planifier  à l’année pour dégager du temps. Et il faut veiller à la pérennisation des collectifs, qui sont souvent cycliques, fragiles, voire cyclothymiques.
  • Le travail en intercatégorialité est d’une importance fondamentale. Les problèmes de pilotage intercatégoriel sont ceux qui constituent les freins les plus importants.
  • Il faut casser les frontières entre formation initiale et formation continue, pour envisager la formation continue tout au long de la carrière.
  • Demandons-nous toujours, en formation :

« Partageons-nous une même réalité scolaire ? »

et encore :

« Comment être complémentaires et non pas en concurrence ? »

et puis un peu de douceur pour les formateurs :

« Il est important de reconnaître les métiers intermédiaires de la formation, ces personnels qui sont passionnés par la formation, de reconnaître leurs compétences et la valeur ajoutée qu’ils apportent aux enseignants. »

Le passage d’agitation du cocotier :

« Quand je revois des vidéos qui datent d’il y a dix ans, je suis affligé de voir aujourd’hui les mêmes pratiques exactement. Il n’y a que le rétroprojecteur qui change. Il y a aussi de belles choses, évidemment. Mais on traîne. »

et enfin :

« Il faut avoir du courage et voir l’activité ordinaire, pour sortir de sa zone de confort. Il faut construire une autre forme d’accompagnement pour que la prise de risque soit possible. »

 

Sans titre.png

A l'attaque !·Actualité·BRAVO!!!·Chez les chercheurs·Culture mathématique·Evénement·Expo de maths·Nouvelles technologies

Emma et les 31 000 000 000 000 décimales

Un article de la BBC News relate l’histoire de Emma Haruka Iwao :

Capture d’écran 2019-03-14 à 22.27.29.png

Comme nous sommes le jour de π, forcément, c’est le moment d’en parler. Google a attendu cette date pour diffuser l’information.Capture d’écran 2019-03-14 à 22.26.45.png

Emma Haruki Iwao, employée de Google au Japon, a calculé 31 000 milliards de décimales de π, en utilisant les ressources de son entreprise. Fascinée par π depuis qu’elle est enfant, Emma a lancé le calcul, nécessitant 170 To de données, pendant 11 jours et 25 machines virtuelles. Et elle ne compte pas s’arrêter là…

A quoi ça sert les maths ?·Apprendre·Chez les chercheurs·Culture mathématique·Expo de maths·Je suis fan·Maths et arts·Maths et musique·Maths pour tous

Maths et papillons

Le Laboratoire de Mathématiques Raphaël Salem (CNRS, Université de Rouen Normandie) propose des compléments à cette affiche dont j’avais déjà parlé ici et qui fait beaucoup réagir mes élèves, d’ailleurs :

PosterLesMathsCaSertARien.png

Sur leur site, nous pouvons maintenant trouver la même affiche, mais interactive, avec neuf des verbes reliés à des contenus :

Voilà une très chouette initiative, que je vais montrer à mes élèves en classe !