A l'attaque !·Allez les jeunes !·école·Chez les élèves·Chez les chercheurs·Chez les collègues·cycle 2·En classe

Première rencontre avec les Noums

Aujourd’hui, c’était ma première visite dans une des écoles que je vais suivre cette année, dans une classe de grande section-CP, pour présenter les Noums aux CP. En dehors du fait que retrouver les classes de petits est un bonheur, que travailler avec des collègues PE est vraiment top, cette entrée en matière a été réussie et m’a permis de comprendre des forces de Noums que je n’avais pas envisagées clairement a priori.

Je profite de cet article pour lancer un appel : une collègue du Havre s’était portée volontaire, je lui ai répondu et depuis, impossible de retrouver nos messages et donc qui elle est. Si tu me lis, chère collègue, pourrais-tu me réécrire ? Je suis désolée, je ne comprends pas pourquoi je ne retrouve pas ta trace…

En tout cas, aujourd’hui, nous avons consacré une heure, en fin de matinée, pour présenter les Noums. Comme nous n’avons pas encore de tablettes, nous sommes passées par l’ordinateur et le vidéo projecteur, avec une participation du groupe entier pour commencer, et la verbalisation, la reformulation de ce que les enfants voyaient à l’écran. C’est assez magique comme la plupart percutent immédiatement (plus vite que moi, d’ailleurs, qui ai dû expérimenter et réfléchir davantage) :

Capture d’écran 2019-09-03 à 14.28.47
« C’est un noum à un seul oeil car il a qu’un carré. Il est tout seul. »
Capture d’écran 2019-09-03 à 14.29.01
« Il y a deux Noums, deux yeux, deux carrés. On en a ajouté un, ça fait deux. »
Capture d’écran 2019-09-03 à 14.29.13
« La quantité c’est deux, parce qu’on en a toujours deux mais là ils sont empilés. »
Capture d’écran 2019-09-03 à 14.29.17
« Ce Noum il représente aussi deux, il a deux yeux. Un carré a mangé un autre carré. Il y a plus deux carrés mais il y a deux yeux et il est plus grand. »
Capture d’écran 2019-09-03 à 14.32.06
Ils ont des nombres d’yeux pour dire le nombre, et là on les a rangés, ils sont plus grands parce qu’il y a des noums avec plus d’oeils dedans. Ils ont pas un plus gros ventre, ils sont plus hauts quand ils mangent.
Capture d’écran 2019-09-03 à 14.30.58
Un enfant propose : « le noum vert représente trois ». La maîtresse empile trois Noums 1. « Ah non, ça va pas, il est plus haut, c’est quatre alors. »
Capture d’écran 2019-09-03 à 14.31.03
« Là c’est ça, le noum vert il est quatre »

En plus, l’enseignante avec qui j’ai travaillé ce matin connaît bien Picbille et maîtrise de façon claire les objectifs et le vocabulaire. Dès cette première approche, le lien a été fait avec les décompositions, le calcul (le nombre se construit ici en lien direct et fort avec le calcul), les comparaisons, mesures et grandeurs… Les enfants ont émis des hypothèses, et l’enseignante les a laissés faire, sans que cela ne s’éternise, et avec une synthèse qui a permis à chaque enfant de s’attaquer au fichier ensuite. Moi qui ne connaissais pas ces enfants, j’ai tout de suite pu voir lesquels sont en difficulté, et la nature de leurs difficultés est apparue simplement. Mais remédier a été possible dans tous les cas (par exemple, un enfant connaît sa comptine, mais représente un Noum4 plus petit qu’un noum5, ou un autre dessine cinq Noums1 pour un Noum4 et ne peut pas procéder autrement que d’énoncer sa comptine en pointant, puis, pour se convaincre, en écrivant « des numéros pour être sûr ») ; reste à voir où ces enfants en seront à l’avenir.

Je ne suis pas fan des « méthodes » toutes faites, mais je suis fan des outils efficaces. Et là, on tient un début prometteur.

 

Chez les chercheurs·Culture mathématique·Lire·philo et maths

« il n’y a pas en ce monde de place permanente pour des mathématiques laides »

Cette semaine, nous avons fait notre petite excursion familiale à Paris : tout le monde dans le train de bon matin, palais de la Découverte le matin (avec une animation sur les illusions et le cerveau, très chouette), resto hongkongais le midi, Musée des Arts et Métiers l’après-midi et boutique de gaufres avant de partir. C’était une excellente journée, avec en prime un peu d’exercice : mon mari et les enfants n’aimant pas le métro, nous avons fait 14km à pieds.

UnknownDans le train, j’avais emmené Le goût de mathématiques, que je lis par morceaux. Il s’agit
d’un petit livre, un recueil de 29 textes parlant de mathématiques, choisis par Yasmin Liassine. L’ouvrage est édité chez Mercure de France. J’aime bien ballades ce petit livre avec moi, car il se picore facilement. Là, un texte a particulièrement attiré mon attention : celui de G.H. Hardy, né en 1877, enseignant à Cambridge, qui fit venir d’Inde Ramanujan.

Les formes créées par le mathématicien, comme celles créées par le peintre ou le Unknown.jpgpoète, doivent être belles ; les idées, comme les couleurs boules mots, doivent d’agencer harmonieusement. La beauté est le premier critère : il n’y a pas en ce monde de place permanente pour des mathématiques laides. Je dois à présent m’en prendre à une idée fausse, encore largement répandue (beaucoup moins de nos jours, pourtant, qu’il y a vingt ans) que Whithead appelait « superstition littéraire », selon laquelle l’amour des mathématiques, la valeur accordée à leur beauté, serait « une monomanie limitée, pour chaque génération, à quelques excentriques ». Il serait rare, de nos jours, de trouver un homme cultivé parfaitement insensible  l’attrait esthétique des mathématiques.

G.H. Hardy, L’apologie d’un mathématicien, paru en 1940

A l'attaque !·Actualité·Chez les cadres·Chez les chercheurs·Chez les collègues·Chez moi·Formation·Je suis fan·Mes projets·Quel beau métier·Tous ensemble !

Les affaires reprennent

Oh, là, un mail qui valide mon projet de CP… Et là, un autre qui me donne le feu vert pour le CE1… Ah tiens, zou, c’est parti pour les Maths en Scène… Un projet pour ces sixièmes-ci, avec des maths dedans ? Ok ! Et un projet pour ces sixièmes-là, avec de l’histoire dedans ? Je marche !

IMG_2917

Ouhlala j’adore cette période ! Où est-ce que j’ai rangé mon cahier à projets moi ? Ahhh, le voilà.

 

Activité rigolote·C'est bien pratique·Chez les chercheurs·Club maths·Culture mathématique·Expo de maths·Maths et arts·Maths pour tous·Mes projets

Une pyramide de chez Salem

Sur l’excellent site des Sorciers de Salem, le labo universitaire de maths rouennais, une page est dédiée à la construction d’une pyramide de Sierpinsky.

Capture d’écran 2019-08-20 à 08.52.49.png

Il s’agit d’un mix entre le tétraèdre à plier et la pyramide, et on peut ainsi réaliser de grannnnndes pyramides.

pyramide-fdls

Voici les instructions, à retrouver sur la page des Sorciers :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Chez les chercheurs·Culture mathématique·Expo de maths·Vidéos

Forms in nature in computer

Le National Science Programm a réalisé un film d’animation intitulé Forms in nature.

Je suis un peu perplexe sur le lien géométrie-nature présenté ici : ce sont des images construites, des représentations de la nature qui sont présentées. Et tout joli que ce soit, ce n’est pas la réalité et le lien est biaisé. En revanche, on pourrait utiliser cette vidéo pour expliquer ce qu’est la modélisation, et montrer comment les mathématiques (ici les formes géométriques) permettent de représenter le monde, non pas forcément pour le montrer fidèlement, mais pour faire comprendre ce qu’on cherche à représenter, dans un but de communication. Parce que je pense qu’il est très important que les élèves comprennent en quoi consiste la modélisation, explicitement.

Capture d’écran 2019-08-09 à 18.33.00.png

ça m'énerve·Chez les chercheurs·Lire

Compassion, empathie et querelle de mots

Dans un article publié sur Le Temps, Paul Bloom, psychologue canadien, promeut son livre : «Against Empathy. The Case for Rational Compassion». J’ai lu l’article et j’ai eu l’impression que nous n’entendons pas tous le même sens au mot empathie. Pour moi, l’empathie est la capacité de comprendre ce que ressent l’autre, et la compassion se rapporte plus à une sorte de lamentation et de partage de souffrance.

Paul Bloom dit : « L’empathie consiste à ressentir ce que ressent l’autre. La compassion consiste, elle, à se soucier de quelqu’un qui souffre, sans pour autant éprouver soi-même ce qu’il ressent. » De ce fait, l’empathie ainsi envisagée dévore celui  qui la ressent (jusqu’au burn out) et « justifie » des erreurs de jugement (on s’engage émotionnellement « pour » quelqu’un qui ne constitue qu’un cas particulier et on est amené à se tromper sur une généralité), alors que la compassion est plus intellectuelle et noble.

Cet article m’a laissé très perplexe : en plus de mon problème de vocabulaire, il assène des clichés, je trouve :

Il y a une attitude générale dans la culture occidentale (et en tout cas aux États-Unis) selon laquelle les émotions représentent une forme de sagesse: il faudrait toujours écouter son cœur et nos dirigeants devraient être portés par de grands sentiments, quitte à minimiser l’importance de l’intelligence et de la rationalité. Imaginez que, aux États-Unis, un candidat dise: j’ai l’intention de prendre mes décisions en déterminant quelles sont les meilleures options, en réfléchissant et en les étudiant en détail… Les gens lui répondraient: nan, on ne veut pas de toi, on veut plutôt une personne avec de gros sentiments.

C’est peut-être vrai, mais cela me semble caricatural, comme d’autres passages.

Pour me mettre au clair avec les mots, je suis allée consulter mon ami dico.

L’empathie est un calque du mot « Einfühlung ». Cela signifie « faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent. » Finalement, cela ne m’avance pas beaucoup : même si je me mets à la place de quelqu’un pour le comprendre, je ne vais pas forcément absorber ses émotions. Je peux me mettre à sa place pour percevoir au sens de comprendre, sans ressentir.

Toujours dans le Larousse, la compassion est définie comme un « Sentiment de pitié qui nous rend sensibles aux malheurs d’autrui ; pitié, commisération » et se rapporte au fait de souffrir avec l’autre.

Il me semble donc définitivement que les mots choisis ne conviennent pas, ce qui m’a gênée à la lecture. Mais c’est peut-être un souci de traduction. Et je comprends le propos de fond, la volonté de mettre en garde contre un pensée courte qui s’appuierait sur l’émotionnel, qui en effet prend trop de ace dans les échanges en société actuellement.

Mais enseigner sans empathie, cela doit être compliqué. Sans mon empathie à moi, en tout cas.

1481347704.png

source