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Les fourberies imaginaires de l’école savante du malade avare

Un peu partout dans la presse, on peut lire ceci :

Au cas où on n’aurait pas compris comme nous sommes nuls, le ministre enfonce le clou avec subtilité :

Sur les maths, ce n’est pas une question d’heures de cours, qui sont déjà conséquentes du CP à la Terminale, mais plutôt de méthode pédagogique.

Ca sent le Singapour à plein nez. Mais ça ne sent ni la pédagogie, ni la didactique, justement. Je suis inquiète. Même si en effet, le collège ne fonctionne pas assez bien.

Attendons : d’une part il n’y a rien d’autre à faire, d’autre part nous aurons peut-être une bonne surprise… Ou une moins mauvais que les bruits de couloir…

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Contre l’école injuste !

C’est le titre d’un ouvrage dont je viens de termine la lecture. Il est écrit par Philippe Champy, qui a été ingénieur de recherche à l’INRP et a dirigé Retz (je l’ai d’ailleurs rencontré il y a une semaine, à la journée Brissiaud), et Roger-François Gauthier, ancien IGEN. Le livre est publié chez esf sciences humaines.

Cet ouvrage se lit facilement et rapidement, car il est clair et accessible à tous. Le propos est direct et il ne se limite pas à des constats, mais s’engage dans des propositions. Un webinaire aura lieu samedi prochain, le 1ier octobre 2 022, en présence des auteurs, par les Cahiers pédagogiques.

Inscriptions

Ce que retranscris ici est naturellement subjectif. C’est ce qui m’a plu, frappée, interrogée ou ce avec quoi je n’ai pas été d’accord. En tout cas j’ai apprécié cette lecture, qui m’a fait réfléchir.

Une des premières questions posées et : « que s’est-il passé et que se passe-t-il dans ce pays pour que, depuis cinquante ans, l’Ecole ait connu plus de difficultés résistantes que dans les autres pays similaires ? » Très justement, les deux auteurs identifient un imaginaire collectif particulier comme une cause majeure. Cet imaginaire (dont le propos n’est pas de critiquer l’existence, mais le fait qu’il empêche l’analyse et le progrès) est « composé de croyances en des constructions mentales qui peuvent aller jusqu’au mépris de la réalité » :

  • l’école, basée sur le mérite, serait centrale dans la démocratie,
  • Le système éducatif serait protecteur et adapté à toutes et tous,
  • Les évaluations dresseraient un portrait scolaire juste des individus,
  • Les savoirs enseignés seraient indiscutables et pertinents.

Alors bon, spoiler : non, non, super non et mega non. Je partage le point de vue de messieurs Champy et Gauthier.

Malgré les apparences et les discours, le système éducatif français est devenu relativement indifférent aux savoirs ! Il privilégie sa fonction de sélection et de classement à sa fonction de diffusion à tous des connaissances et des acquis civilisationnels »

C’est vrai, mais cela date. Notre système éducatif est construit sur un modèle anachronique et reproduit inlassablement par celles et surtout ceux qui y ont réussi, qui se sentent parvenus à une hauteur qui leur sied. Les auteurs critiquent le rôle des politiques, des ministres qui chacun s’échinent tristement à laisser leur marque alors qu’ils ne travaillent que dans le « fugace ». Cela les amène à un point saillant de leur propos : « ce qu’enseigne l’Ecole est, selon eux, « le lieu d’un large impensé ». Les disciplines sont morcelées, les savoirs éclatés, chacun court après des pseudo-priorités sans pouvoir participer ou construire un projet global pour l’individu, sans même savoir comment s’articulent les programmes des différentes disciplines. Autant pour « le respect du collectif et de l’intérêt général » que les décideurs prétendent considérer comme prioritaire.

Au passage, le principe de notation chiffrée s’en prend un coup, « aberrant » et « inamovible », hé oui.

Page 58, ce que les auteurs appellent « le piège du disciplinaire » apparaît. Là, je ne sais pas. C’est vrai, la solitude, la singularité qui débouche sur le cloisonnement des disciplines est délétère. Mais la suite de la lecture va plus loin, et peut-être bien vers la tendance actuelle du ministère (donc en fait de la présidence de la république), qui prépare un démantèlement du collège, en espérant rendre les enseignants polyvalents, au mépris même de la didactique des disciplines puisque c’est sans accompagnement (mais la flexibilité est si pratique pour masquer le manque de moyens et le naufrage de l’école). Alors c’est le moment de ma lecture où je deviens pour le moins vigilante. Et pourtant, je pratique au quotidien l’interdisciplinarité, je cherche à oeuvrer dans le sens d’un projet de société et du développement de chacune et chacun. 

Les auteurs reviennent sur la question de ce qui est enseigné, de pourquoi c’est enseigné (et peut-être pas assez de l’importance du comment, à mon sens) : l’école est toujours dogmatique et trop souvent éloignée des réalités, de locales à planétaires. La dichotomie général/technologique/professionnel est absurde et clivante. Philippe Champy et Roger-François Gauthier interrogent même le sacro-saint aspect national du curriculum. Ils se demandent si le faire varier « en fonction de l’environnement régional, culturel, économique et démographique » ne serait pas pertinent. C’est très risqué car il faudrait que ce soit mis en oeuvre de façon éclairée, ce qui selon moi est illusoire vu le manque d’humanisme et d’altruisme de celles et ceux qui sont aux manettes. D’un autre côté, dans un monde idéal, j’aimerais, moi, qu’il n’y ait plus de programme au sens strict, mais des thèmes liés aux compétences à developper pour rendre nos élèves et étudiants autonomes, thèmes que nous développerions en interdisciplinarité au travers de questions actuelles. Alors en fait je crois que nous nous retrouvons bien davantage que je ne l’ai cru pendant quelques pages.

La fin de l’ouvrage propose trois angles d’attaque qui se constituent en révolution :

  1. Définir les finalités de l’éducation
  2. Privilégier l’idée que l’école est là pour éduquer (mmmh, ce point instruction/éducation est passionnant et se discute)
  3. Donner du sens aux contenus pour transmettre de la culture

C’est bien en effet d’une révolution que l’école a besoin, urgemment, contre « une inégalité anthropologiquement inacceptable d’accès aux savoirs ».

Je vous conseille la lecture de ce livre, et d’en débattre.

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Jouer en allemand : le Qwixx

En plus de posters et de matériels authentiques, mon IPR m’a offert un jeu allemand classique, mais que je ne connaissais pas et que je n’avais pas : le Qwixx.

Le principe est assez simple : on lance les six dés (deux dés blancs, quatre dés colorés). On additionne les deux faces apparentes blanches. Chaque joueur (pas seulement le joueur qui a lancé les dés) peut cocher une case correspondant à ce total dans une de ses lignes de couleur. Le joueur actif peut, en plus, cocher une case de couleur, indiquant la somme du dé de cette couleur et d’un des dés blancs. Si le joueur qui a lancé ne coche rien, il subit une pénalité de 5 points.

Le truc, c’est que quand on a coché une case d’une ligne, on ne peut pas en cocher à gauche de cette case. or pour gagner il faut avoir coché le plus de cases possibles.

La partie s’arrête quand un joueur a subi quatre pénalités, ou quand un joueur a clôturé deux couleurs. Pour clôturer une couleur, il faut arriver à cocher la case la plus à droite, tout en ayant déjà coché au moins cinq nombres.

Nous, nous avons joué en allemand ; mais un élève qui ne parle pas allemand a pu jouer sans problème avec ses camarades : il n’a juste pas énoncé ses additions en allemand…

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Auf Deutsch, danke !

Un de mes IPR, germanophone, m’a ramené de son voyage en Allemagne des tas de posters de maths en allemand, des jeux, des documents réels utilisables en Mathe auf Deutsch. Alors là, demain, on va fait de la place sur les murs et afficher sévère !!! J’espère que j’aurai des mathmitons dans le coin pour m’aider…(Hein dites les jeunes, youhou ?)

Je vous montre des photos demain midi.

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Prérentrée 2022

Je la trouve spéciale, cette rentrée. Pas dans le sens youpi-tralalère, voyez-vous.

Notre métier est de plus en plus difficile, en défaut grave et avéré de reconnaissance et d’attractivité. L’ère Blanquer a été destructrice, alors qu’avant, c’était déjà compliqué. Les démissions sont légions : beaucoup de collègues sont fatigués, démesurés, dégoûtés.

Et pourtant.

Pourtant ce métier reste un métier de coeur, qui porte un projet de société, une volonté de diffuser le savoir, d’émanciper, de constituer un appui pour faire pousser des intelligences plus haut, vers la lumière. On n’enseigne pas par hasard. C’est d’autant plus révoltant de voir toutes et tous ces collègues contraints de s’en détourner alors qu’ils croient toujours en les mêmes valeurs, mais que le gouvernement ne leur a pas donné les moyens, ni témoigné le respect auxquels ils avaient droit. Il les a abandonnés.

Aujourd’hui, le ministère réagit, comme d’habitude, plus qu’il n’agit. Il gigote, en réponse aux impulsions d’urgence qu’il reçoit. C’est absurde. Nous, pendant ce temps, nous enseignons la réflexion, la suspension du temps de l’action pour analyser et anticiper.

Mais en attendant, je souhaite une belle journée à toutes celles et ceux qui sont concernés par cette rentrée : aux élèves qui rentrent demain ou après-demain, aux adultes qui les accompagnent, à tous les personnels. A celles et ceux qui enseignent, qui administrent, qui rendent fonctionnel, qui accueillent, qui gèrent, qui mitonnent, qui soignent, qui accompagnent, qui orientent, qui inspectent, qui forment… Qu’ils aient un diplôme ou un autre, ou pas du tout. Qu’ils tentent l’aventure pour la n-ième fois, ou moins, ou plus. Qu’ils fassent leur boulot par passion ou pas. Qu’ils pensent jeter l’éponge prochainement ou qu’ils espèrent que c’est pour longtemps. Je souhaite aussi une belle journée à toutes celles et ceux qui ont choisi de quitter le navire, en espérant qu’ils seront soulagés de ne pas être dans un établissement scolaire aujourd’hui, la tête pleine de projets.

Et j’attends demain avec impatience : je retrouverai pour la 28ème fois des élèves, que j’apprendrai à connaître et réciproquement, auxquels j’enseignerai cette merveilleuse discipline que sont les mathématiques. Ma classe est prête, mon cartable est prêt, mes projets pour l’année sont prêts, et si j’ai en effet perdu des illusions, que je ressens aussi l’abandon institutionnel, j’ai toujours les mêmes envies, les mêmes espoirs, le même frisson. J’ai bien de la chance.

C’est parti.

Source
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?!?!?!?!

Je suis en pause entre deux communications aux journées mathématiques belges francophones, et je me balade sur le Twitter des copains. Là, stupeur absolue : Julien Durand relaie une publicité censée donner envie de devenir enseignant. Je crois que c’est pour l’enseignement catholique, ce n’est sans doute pas institutionnel au sens ministère.

En même temps, comme ça on prend les gens pour des cons tout de suite. Ça prépare au métier. Le must c’est « près de chez vous » : allez donc dire ça à tous les jeunes collègues sortant de concours, qu’on envoie loin de chez eux, très loin.

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Des mathématiques automatiques

Une collègue m’a indiqué un document sur Eduscol, que je n’avais pas encore lu : Les automatismes au collège, sur la page du plan mathématique au collège. Je l’ai trouvé vraiment intéressant et très clair. C’est un excellent document de formation, en particulier des jeunes enseignants, je pense.

Pour les psychologues, un processus automatique obéit à trois critères. Premièrement, un processus automatique doit se produire sans intention. Il est donc « automatiquement » déclenché par la tâche à effectuer. Deuxièmement, un processus automatique est inconscient. En d’autres termes, nous n’avons pas une connaissance explicite de la façon dont ce processus se produit. Troisièmement, un processus automatique n’interfère pas avec une autre activité mentale en cours. Autrement dit, il se déroule parallèlement à une autre activité. Tout ceci est possible, car un processus
automatique, par définition, ne va demander aucune ressource en mémoire de travail et donc la laisser
libre pour accomplir d’autres tâches.

Jérôme Prado, chargé de recherche en Neurosciences de Lyon, INSERM, CNRS & Université de Lyon

Jérôme Prado explique ensuite différentes stratégies d’accès aux automatismes : le déclaratif, le procédural. Il met en garde, avec des exemples emblématiques, sur l’importance pour l’enseignant de réfléchir à ce qui devrait être ou non automatisé, pour ne pas risquer de créer des représentations fausses. Il est aussi question des automatismes comme élément de remède à l’anxiété des maths :

Les mathématiques étant une discipline fondamentalement cumulative (les apprentissages précoces vont servir de base aux apprentissages ultérieurs), la meilleure façon d’éviter l’apparition de cette anxiété est sans nul doute de consolider les automatismes le plus tôt possible afin de libérer le plus possible la mémoire de travail et de s’assurer que les apprentissages ultérieurs pourront se faire sans trop la solliciter.

Jérôme Prado, chargé de recherche en Neurosciences de Lyon, INSERM, CNRS & Université de Lyon

La deuxième partie du document se concentre sur les tables de multiplications en sixième.

eduscol.education.fr/document/33866/download
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Des activités de remédiation, des jeux et différentes ressources, très appuyées sur les IREM, sont ensuite présentées.

La troisième partie se penche sur les automatismes dans la programmation et la progression. L’accent est porté sur le travail collaboratif au sein des établissements et la continuité des apprentissages. De nombreux exemples clef en main sont proposés, pour les quatre niveaux du collèges et pas seulement dans le domaine nombres et calcul.

eduscol.education.fr/document/33866/download
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La quatrième partie propose « une liste de modalités pédagogiques visant à construire, développer et entretenir les automatismes ».

Si vous ne connaissez pas encore ce document, je vous en recommande la lecture.

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Continuité oblique au ministère

https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/06/26/pap-ndiaye-annonce-une-hausse-de-remuneration-des-enseignants-en-2023_6132071_3224.html

Un article du Monde annonce ceci, ce matin.

La hausse de rémunération sera composée de deux parts. La première sera non conditionnée et s’appliquera à tous les enseignants. Ce qui implique de passer le salaire de départ des jeunes au-dessus des 2 000 euros net. Ce sera en 2023. Par ailleurs, nous mettrons en place une part salariale conditionnée à des tâches nouvelles.

Des tâches nouvelles ? Monsieur Ndiaye a-t-il idée de l’ampleur de nos tâches, déjà, et sans aucune rémunération supplémentaire ? Et pour un professeur dans chaque classe, on fait comment ? Sur le plan arithmétique ça ne passe pas. Table-t-on sur le fait que dans certaines zones personne n’ira s’insurger, parce qu’élèves et familles ne s’en donnent pas le droit, ou parce qu’on ne leur a pas permis de faire société ?

Tout en faisant vœu de moins de « verticalité » que son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer, et en plaidant pour que l’école réduise davantage les inégalités scolaires, M. Ndiaye se place dans la « continuité » de l’action menée ces dernières années et réaffirme qu’il ne reviendra pas sur Parcoursup et la réforme du lycée.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/06/26/pap-ndiaye-annonce-une-hausse-de-remuneration-des-enseignants-en-2023_6132071_3224.html

Nous sommes très inquiets. Nos élèves ne sont pas bien préparés en mathématiques, la formation se réduit, le métier n’attire pas… Quelles solutions, à part remettre complètement en cause une vision de la société, ce à quoi nos décideurs ne semblent absolument pas prêts, entre autres parce que leurs enfants à eux bénéficient de possibilités de contournement des obstacles rencontrés par les autres enfants ?

Un autre des multiples problèmes qui se pose est que ces décideurs n’ont aucune culture scientifique, particulièrement mathématique. De ce fait ils ne voient même pas ce que les mathématiques apportent, comment ils s’associent à toutes les autres disciplines, leur rapport particulier à la vérité, l’importance de la démonstration. Ils le vivent au quotidien d’ailleurs, nous le montrent.

On n’est pas sortis du sable. C’est vraiment très inquiétant.

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Séquence émotion à l’APMEP

Ce soir, au local de l’APMEP, c’est la fête : nous fêtons les APMEPiens et les APMEPiennes qui partent du bureau : Lise, Luca, Agnès, Michel et Sébastien. Alors on papote, on chante, on se souvient et on fait des projets. L’investissement de toutes ces belles personnes fait de l’APMEP ce qu’elle est. Heureusement, aucun ne quitte l’association : elles et ils continuent de s’investir. Parce que c’est un projet de société qui nous porte, et l’envie de le partager.

Bon, pour la chanson j’ai seulement sélectionné trois couplets…

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Le lycée Saint Saens à Rouen

Ma fille Alice a terminé sa scolarité de lycéenne. Elle a passé le bac. Elle l’aura, et si elle ne l’avais pas eu elle n’aurait pas repiqué, car son spectre autistique a fait de ce bac une épreuve incroyable.

Devant les obstacles qui se dressaient devant elle, et de ce fait devant nous, j’ai alerté, demandé de l’aide au ministère de l’éducation nationale, à monsieur et madame Macron, à des ministres, des députés, des sénateurs. J’ai reçu une réponse du cabinet du Premier ministre, qui m’a avisée que le ministère de l’éducation nationale me répondrai. J’ai ensuite reçu une réponse du ministère de l’éducation nationale, qui m’a dit que pour le principe d’équité, ma fille devait passer le grand oral sans aménagement de l’entretien. Et puis rien d’autre.

Nous avons donc fait simple : elle a écrit son grand oral, son accompagnatrice l’a lu, et a ensuite informé le jury qu’elles s’en allaient toutes les deux et que ce n’était pas grave. Parce que le jury était un peu déstabilisé, forcément, et embêté : les collègues veulent bien faire les choses, en général.

Alice est ressortie fatiguée mais apte à communiquer avec moi, et tournée vers de nouveaux projets. Le but est donc atteint : traverser sa scolarité secondaire sans s’abîmer. Avec en cadeau bonus le bac, pour lequel elle a bossé avec un grand sérieux.

Sauf que seuls, nous n’aurions sans doute pas réussi ; au moins pas ainsi, mais peut-être pas du tout.

L’équipe de vie scolaire, en collaboration constante avec l’infirmière, nous ont proposé des aménagements de scolarité auxquels nous n’avions pas pensé, dès la seconde, avec une intelligence et une bienveillance formidables ;

Le secrétariat a été d’une vigilance continue pour nous transmettre les documents, demander les aménagements, vérifiant toujours que la communication fonctionnait ;

L’équipe de direction est montée au créneau pour plaider la cause d’Alice, a organisé ses épreuves de bac, a communiqué avec l’établissement d’accueil pour les épreuves, a répondu aux dizaines de mails et de coups de téléphone de la maman souvent angoissée que j’ai été ;

Des inspecteurs se sont mobilisés, par exemple pour aménager l’épreuve pratique de NSI, avec un naturel et une efficacité désarmants. L’épreuve s’est super bien passée d’ailleurs ;

Les enseignants se sont adaptés, devant des situations inédites. Ils ont été fidèles et constants, acceptant de suivre Alice sur ses trois années pour ne pas changer ses repères (merci David !) ;

Marie, l’AED qui a accompagné Alice, a même pris un jour de congé pour venir avec elle au grand oral… Sans nous le dire, juste comme une évidence.

Personne, mais absolument personne ne nous a jamais dit ni sous-entendu qu’Alice « n’avait qu’à respirer un bon coup de se lancer », par exemple. Toutes et tous l’ont et nous ont respectés, et ont eu l’air de la faire de façon naturelle.

Alors autant je me suis insurgée (et je continuerai) contre l’institution au niveau national, autant aujourd’hui je veux remercier publiquement cette équipe et ces personnes, singulières, qui ont permis qu’Alice arrive au bac. Grâce à elles et eux, Alice forme des projets nouveaux et personnels, qui ne seraient pas possibles sans ce fichu bac.

Mesdames, messieurs, vous avez participé à la construction de la vie d’une jeune personne extraordinaire.

Merci.