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Des probas éclairées

Un collègue m’a signalé cet article de Culture maths : Les probabilités ont la cote !, publié le 16 juin dernier par Karim Zayana, IG, et Olivier Rioul, enseignant universitaire. C’est un long et lumineux article, que j’ai trouvé très très intéressant et donc je n’ai pas pu décoller une fois ma lecture entamée. Et je me suis bien amusée à sa lecture : il utilise des notions de lycée, mais les contextualise, m’a apporté de nouveaux savoirs, en particulier dans le vocabulaire et quant aux applications concrètes. Les représentations choisies permettent de mieux comprendre, en reposant son attention.

L’article retrace d’abord l’apparition des probabilités « bayésiennes » dans les programmes scolaires. Puis il évoque de la  fameuse question de notation :

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L’article présente la mécanique de la formule de Bayes, et des applications. J’aime bien l’explication de la vraisemblance :

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Rhooo c’est tout simple et c’est chouette, je ne savais pas, moi, que ça s’appelait la formule des cotes.

De nombreux débats ont eu lieu sur de possibles erreurs judiciaires qui auraient pu être évitées par une application correcte de la formule de Bayes

Je vous conseille particulièrement la lecture du paragraphe 3, qui présente avec beaucoup de simplicité (et donc de talent) ce qu’est le conditionnement et ce qu’est la causalité.

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Dans la suite de l’article, on parle médecine et tests, avec le « paradoxe » du diagnostic. Puis des spam. Et dans les deux cas, c’est toujours une lecture accessible et vraiment intéressante .

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Une conclusion pour mon article sur ce bel article :

Aussi stupéfiant cela soit-il, une connaissance trop ponctuelle accroît parfois localement l’incertitude. Ainsi libellé, il s’agit d’un vrai sujet de controverse philosophique.

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Interrogations matinales

Question 1

Pourrait-on penser collectivement l’évaluation autrement que comme un remède ? La définition de JM De Ketele est :

L’évaluation est le processus qui consiste à recueillir un ensemble d’informations pertinentes, valides et fiables, puis à examiner le degré d’adéquation entre cet ensemble d’informations et un ensemble de critères choisis adéquatement en vue de fonder la prise de décision.

L’évaluation est bien nécessaire pour remédier : elle fournit la matière pour inventer, organiser et structurer la remédiation. Mais ce n’est pas elle le remède, et je pense que ce n’est pas sur elle qu’il faut faire porter la communication, mais sur des méthodes et moyens pour nous permettre de remédier dans de bonnes conditions.

Pour faire un parallèle simpliste, quand mon médecin m’annonce que si j’ai mal, c’est parce que j’ai une tendinite, c’est une information très importante pour moi, mais si je ne fais rien ou si j’agis de façon inadaptée, j’ai toujours au moins aussi mal. Et ce qui sera utile de façon collective, c’est le traitement. Pas le fait que moi, j’ai une tendinite. Même pas de savoir quel est le taux de personnes qui ont une tendinite.

Question 2

Je sais évaluer mes élèves de façon diagnostique. Ce n’est sans doute pas parfait, mais mon évaluation diagnostique a l’avantage d’être raccord avec mon enseignement (et d’intervenir au moment le plus adéquat). Pourrait-on me faire confiance et me laisser travailler sans m’imposer des outils formatés ?

Notez que je veux bien prendre connaissance et utiliser aussi des outils institutionnels, et/ou élaborés par d’autres que moi. Mais je voudrais qu’on respecte mon choix, qu’on reconnaisse ma réflexion. Je veux bien travailler ensemble. Mais alors vraiment ensemble.

D’ailleurs je relis la définition de monsieur De Ketele. La prise de décision est d’ordres pédagogique et didactique, et relève donc de l’enseignant et de l’équipe pédagogique au sens large. Alors pourquoi ne pas assumer de déléguer l’évaluation diagnostique aux enseignants ? De toute façon nous allons le faire !

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Organiser la classe : des propositions du ministère

Le ministère a publié un document qui propose des organisations de classe. J’avoue qu’il y a des idées auxquelles je n’ai jamais pensé. Et pourtant, aménager la classe est une de mes lubies furieuses…

Il en aura fallu, du bruit, pour qu’enfin on réfléchisse en haut lieu au niveau de la classe, la vraie, celle où les élèves et leurs enseignants posent leurs pieds.

En tout cas, ce document me donne des idées d’organisations à tester, pour la rentrée. Des aménagements d’aménagements.

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Prof et pas cool, j’assume.

Attention, c’est violent dès le matin. Merci aux collègues qui m’ont fait découvrir le document suivant…

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Mmmmh… Mais de quoi parle-t-on ? Du métier d’enseignant, bien sûr ! Vous noterez les éléments de langage, pour un document qui se veut tout de même officiel (preuve ci-dessous), parfaitement condescendant dans ce contexte. On est potes, quoi. Je tique sur le « déclencher une vocation », mais je ne vais pas m’arrêter déjà là, sinon on n’a pas fini. Or la journée commence.

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Oh, une salle des profs !

Le mieux suit. Franchement, j’ai cru à une blague. J’ai dû vérifier. Et un doute demeure. Je n’arrive pas à y croire. Une campagne de recrutement via Konbini ? Konbini, c’est ça :

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Je suis vraiment perplexe. Mais je ne trouve pas de signe de canular. Bon allons-y, alors :

Flowchart MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE

Flowchart MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE

Flowchart MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE

Bon, bon, bon.

Oh la la, je ne sais pas pas où commencer.

Par la fin : le rôle d’un prof n’est pas d’être cool. C’est d’enseigner. Cool, ce n’est pas une qualité. Et c’est familier, à proscrire donc dans une communication officielle.

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Je vais me limiter à deux points, car j’ai cours et il faut que je file :

  • « que faites-vous devant cet article ? » : c’est vrai, ça, si t’as pas fait d’études, dégage, quoi. Non mais c’est quoi cette manie de vouloir se renseigner quand on n’est pas à la hauteur, non mais alloooooo.
  • dans la vie, tu as le choix : tu fais des hamburgers ou tu es prof. Attention, hein, prof c’est peu populaire.

En plus, la préprofessionnalisation, je trouve ça bien. Mais là, je n’ai pas de mots : d’une part il n’y a aucune idée du métier (éducation, enseignement, apprentissage, transmission : nada.) et d’autre part les auteurs du document prennent les jeunes pour des débiles.

Atterrant.

La source, ici.

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Un port du masque allégé ?

Des collègues attentifs et d’une efficacité remarquable ont noté un changement dans le protocole sanitaire :

En effet, voici ce que contient le texte, publié aujourd’hui:

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Est-ce que dès demain on peut se passer de masque en classe ? Ce serait bien, du point de vue pratique, confort et de l’enseignement. Si en plus on pouvait prêter du matériel aux élèves, ce serait encore mieux.

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L’école, c’est le présentiel

Ce matin, j’ai croisé ce tweet plein de bon sens :

Je partage tout à fait cet avis : d’accord, s’il faut reprendre en septembre avec du distanciel et du présentiel, nous le ferons : les enseignants enseignent, contre vents et marées, en faisant même des détours pour cueillir des fraises et en encaissant les coups, n’en déplaise aux grognons. Mais imaginer que le distanciel puisse devenir un modèle d’enseignement, en tout cas pour le premier et le second degré, est à mon avis une erreur franche. Là, pourquoi ça marche ? Pourquoi puis-je me réjouir d’avoir battu mon record d’élèves la semaine dernière ? Parce que nous avons en effet bâti quelque chose de fort pendant deux trimestres. L’humain occupe une place centrale à l’école, au collège et au lycée. Et il demeure que j’ai deux élèves dont je n’ai aucune nouvelle depuis le début, et d’autres qui sont là, mais comment travaillent-ils vraiment ? Qu’apprennent-ils depuis le début de ce bazar ?

Le distanciel n’est pas la panacée. C’est un mieux-que-rien en ces temps troublés, et si nous nous battons pour le faire vivre et en tirer le meilleur, il n’est pas meilleur de façon absolue.

Sans parler du recul dans le domaine de la socialisation, pour les enfants, en distanciel, et du recul des conditions de travail, en particulier celles de beaucoup de femmes qui se retrouvent à travailler en s’occupant des enfants et de la maison.

C’est une régression, ne nous trompons pas. Nous ne sommes pas enthousiastes ou convaincus, nous sommes consciencieux et volontaires. Nuance.

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On dirait des tournesols

8h30 J’arrive au collège. Un élève, qui attend à l’entrée son heure de début de cours, me demande « vous n’avez pas peur madame ? ». Je réponds que non, tout a été bien pensé (c’est vrai, c’est nickel. Des sens de circulation, à la demi-pension, en passant par les séances de cours, impec). Mais je sens bien l’angoisse de cet enfant, et je constaterai un peu plus tard que la majorité est vraiment impressionnée par les mesures prises,qui rendent l’épidémie plus réelle sans doute. Il y a de la lourdeur dans l’air.

8h45 Je me trompe dans le sens de circulation, je me fais très très vite remettre dans le bon sens. Oups, pardon, si si, elles sont grosses les flèches. Lutter contre les réflexes. Voilà le leitmotiv de la journée : rester concentré en permanence.

9h Tout est connecté, je suis prête. J’affiche un large « bienvenue ! » au vidéo, je marque la liste du matériel à amener chaque jour et j’ajoute « de la bonne humeur ! » avec des petits fleurs. Pas sûr que cela suffise, mais c’est déjà ça.

9h15 Les élèves arrivent et s’installent. Je la sens, la lourdeur dans l’air.

9h30 Le collègue d’à côté n’est pas arrivé. « Madame Lommé, vous pouvez surveiller les deux classes le temps qu’on trouve une solution ? » Heu ok, je me poste entre les deux, dans le couloir, et on fait une battle de calcul mental.

9h45 Je distribue les ardoises, après m’être désinfecté les mains et précisé qu’elles ont été désinfectées et restées là tout le weekend. « Ouaaaah, trop cool ». « On pourra les garder ? » « C’est la mienne ? » « C’est comme  l’école, j’aime bien… » « Je peux m’en servir comme brouillon ? » Bon, un petit cadeau ça fait toujours plaisir !

10h « Madame, je saigne du nez ». Ah mince. Mince mince mince. J’ai anticipé des trucs, mais pas ça. »Heu d’accord. Attends, je me désinfecte les mains pour te donner un mouchoir en papier. Cale-le sous le masque, non non sans soulever le masque. Oui, je sais, c’est pas facile. Bien. Ca va ? Bon on attend une minute, et si ça continue, on appelle la vie scolaire. » « Mmmhmmmh, chawazinquiétezpasmaaam ».

10h30 « … et nous allons étudier une oeuvre d’un artiste du vingtième siècle, Victor Vasarely ». « J’aime pas l’art plastique. On est en maths », me rétorque un élève. J’explique que les maths ne sont pas étanche des autres disciplines et de la culture, et je continue joyeusement. « Et d’ailleurs, vous connaissez Vasarely sans le savoir : il a créé le logo de Renault ». « Ouaaaaaaaah, coooool ! ». Ah bon, bin ok. C’est rigolo, ça, l’adhésion c’est parfois basé sur des éléments inattendus.

10h45 Ca y est, ils participent et j’ai réussi à en faire rire !!!

11h Fin du cours, je débranche tout, je désinfecte, l’agent qui s’occupe de ma salle aussi. Tout le monde y met du sien dans le respect des règles, vraiment. Je remballe mes sacs et je me dirige vers ma salle pour réaliser les vidéos du jour.

11h05 Je traverse la cour. Les élèves que je viens d’avoir sont en récré, immobiles en quadrillage, façon piquet. La collègue CPE est en train d’essayer de leur faire comprendre qu’ils peuvent bouger, juste rester à distance. Mais ils ne veulent pas. Ils se translatent collectivement au soleil, on dirait des tournesols. Ca a un côté douloureux.

11h30 Je teste la classe à distance pour le début d’après-midi, je tourne mes vidéos. Ca va le faire, ça marche. Je devrais pouvoir m’organiser pour avoir une charge de travail raisonnable, je crois, en étant bien rigoureuse.

13h20 J’ai déjeuné dans ma classe entre deux vidéos, et bien utilisé mon temps. J’ai monté deux des trois vidéos, et monterai la dernière après mon cours.

13h30 Classe en ligne. Les élèves sont contents de voir la classe, derrière moi. Certains sont vraiment ravis, et ça se voit. J’aime bien l’idée que ce lieu soit chargé positivement pour eux. Ils sont aussi nombreux que d’habitude malgré le changement d’emploi du temps. J’explique les règles et ils les respectent pendant l’heure. Ouuuuh, ça va marcher tout ça !!!

15h Je remballe. Il faut que je mette les vidéos en ligne à la maison, le débit est insuffisant ici. Il faut aussi que je publie les articles et que je complète Pronote. Mais je devrais finir assez tôt, au final. Et je n’ai pas la tête farcie.

18h30 J’ai tout fini, et j’ai eu le temps de papoter avec les enfants, mon mari, d’aider la petite voisine avec sa SVT, de siroter un café au soleil, de régler un truc urgent pour l’INSPE. Demain devrait être une journée tranquille car je reprends la même séance.

19h30 Un ami (son prénom commence par N et finit par ourdin, pour ceux qui le connaissent) nous apporte le dîner, qu’il a cuisiné avec sa famille : il m’a alléchée toute la journée avec des symphonies culinaires et des voyages gastronomiques… « Tu auras repris, tu n’auras pas besoin de cuisiner et tu te régaleras avec ta famille ! », m’a-t-il dit hier.

Je sais que je savourerai un bon repas ; mais déjà je savoure l’intention, pour clore une journée complexe, mais belle.

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Du « bon sens », sapristi !

(Second degré inside : ne tapez pas)

Heureusement qu’il existe des personnes raisonnables et de bon sens :

Apprendre à lire et apprendre les tables, c’était ça l’école, la vraie. Au bon vieux temps, celui qui nous a appris à dire des choses intelligentes. Il est temps d’y revenir, saperlipopette  !

Alors vos lubies pédago, rangez-les chers collègues. Ce n’est pas bien compliqué. Il suffit d’avoir une vraie autorité et les enfants vous écouteront. Pffff. N’importe qui qui a (ou pas) des enfants sait ça. Pas besoin de manipuler des bidules ou de mettre les pupitres en forme d’étoile pour faire classe ! De toute façon les tables, par exemple, ça ne se comprend pas, ça se retient. Faut arrêter avec cette idée de tout faire comprendre. On voit bien ce que ça donne !

En maternelle ? Non mais c’est quoi votre problème ? Faites pareil et c’est tout ! Un enfant ça obéit, à un enseignant compétent. La maternelle doit rendre les enfants civiques ! Alors profitons-en !

(fin du craquage)

Ouf, ça va mieux. Excusez-moi, j’ai eu besoin de libérer la pression…

Je peux continuer ma journée à l’école zen, bienveillante et souriante.

Mon métier est aussi magnifique que complexe, et même si je n’ai pas fait l’ENA j’en comprends la richesse et la nécessaire finesse. Alors je vais aller veiller les petits à la sieste, gérer leurs angoisses de « maman elle va bien tu crois ? » et leur redire que oui, nous attendons la fin du dodo pour les activités de bricolage où on va apprendre plein de choses tous ensemble.

Chuuuuut, la dernière éveillée vient de s’endormir…

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Mon zèle n’a besoin que de votre silence.

Dans le Journal du Dimanche, Jean-Michel Blanquer donne une interview.

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J’ai voulu par des mers en être séparée

En mai, l’objectif est que 100 % des élèves soient en lien avec l’école! Ceux qui ne seront pas en classe continueront l’enseignement à distance. Et nous mettrons tout en œuvre pour ramener les 4 % de  décrocheurs.

4% ? Mince, mon établissement, qui est plutôt favorisé, est au-dessus. C’est fou, ça. Parce que 4%, c’est 1 élève, dans une classe de 25. Ça me semble peu, à l’échelle nationale, 1 décrocheur par classe de 25 élèves.

Il faut que je cherche ce que signifie décrocheur, dans cette situation.

Réparez promptement votre force abattue

 Le but n’est pas de boucler les programmes coûte que coûte; nous devons raisonner à cheval sur l’année prochaine.

Ca tombe bien, et on peut enlever le « coûte que coûte » : boucler un programme, c’est avoir transmis connaissances et compétences, pas juste évoqué un titre ou noté un nom de chapitre. Et là, bon bin clairement c’est fichu. Et en fait, ce n’est pas très grave, si on construit bien la suite. Nous enseignons plus pour les démarches que pour des contenus purs. Maintenant, s’il s’agit de traiter l’année prochaine une programme et un tiers, ça va être tendu. Surtout si les conditions de distanciation perdurent, car cela va influer sur les volumes horaires d’enseignements.

Le mot-clé, c’est « personnalisation ».

Dans un sens, oui. Mais n’oublions pas que le but est aussi de reconstruire le collectif.

Madame, pardonnez. J’avoue, en rougissant,

Que j’accusais à tort un discours innocent.

«Près de 50%» des enseignants retourneront lundi travailler dans les écoles, ce qui permet, selon Jean-Michel Blanquer, «de bien accueillir les élèves qui reviennent». Les professeurs qui ne seront pas en classe «s’occuperont de l’enseignement à distance pour les élèves à la maison». «Sous différentes modalités, tout le monde sera donc au travail», assure le ministre.

Je suis sans doute sur la défensive, mais je trouve que ça donne une impression de « ne vous en faites pas, ils vont bosser, les enseignants, je vais vous les mettre au boulot, moi ». Mais c’est peut-être l’article, qui, en mettant en exergue la dernière phrase, parfaitement inutile et vide d’informations nouvelles, qui donne cette impression. Pour rappel, nous n’avons jamais cessé de travailler, et notre charge s’est alourdie.

Mais admettons qu’à force de nous faire mépriser si souvent, je deviens parano…

Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire.

Comment encourager collégiens et lycéens à étudier jusqu’au 4 juillet ?

Les conseils de classe doivent avoir lieu le plus tard possible. À partir du 11 mai, les professeurs peuvent de nouveau évaluer, même en cas d’enseignement à distance.

Magnifique. Donner envie d’apprendre et de travailler à nos jeunes, c’est donc les menacer avec des conseils de classe et des évaluations. C’est bien connu, les notes sont de bonnes carottes. Et si personnalisation il y a, c’est bien qu’on nous demande, à juste titre, de tenir compte des cas particuliers. Alors comment évaluer des élèves qui n’ont pas vécu les mêmes conditions ? Ceux qui n’ont pas pu suivre par manque d’équipement ou de connexion, ceux qui n’ont pas à la maison des personnes disponibles et aptes à les aider scolairement, on les évalue sur la base de quoi ?

Je ne trouve qu’en vous je ne sais quelle grâce

Qui me charme toujours et jamais ne me lasse

J’aurais été plus populaire en supprimant l’oral de français, mais les élèves me remercieront dans dix ans, en se souvenant de leur lecture de Phèdre pendant le confinement.

Non, pardon, hein, mais là les mots me manquent.

Monsieur Blanquer envisage-t-il le stress de ces élèves, qui n’ont pas pu étudier l’intégralité de leur liste de textes et d’ouvrages, qui n’ont pas pu se préparer au moment où cela devenait une perspective réelle ? Quant à l’exemple de Phèdre, cela dit tout.

Et je n’ai rien contre Phèdre en particulier, qui est même tout  fait magnifique. Mais je ne suis pas sûre que ce soit ce dont les lycéens de première se souviendront quand ils penseront au confinement.

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Les attendus pour la fin de l’année au collège

Sur Eduscol, une page nous donne aujourd’hui les attendus pour la fin de cette année très spéciale, en identifiant les points prioritaires dans la mise en œuvre des enseignements lors de la reprise.

Le document pour la classe de 6e

Le document pour la classe de 5e

Le document pour la classe de 4e

Le document pour la classe de 3e

En maths, voici ce qui est proposé pour la classe de sixième :

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Pour les 5e :

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Pour les 4e :

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Pour les 3e :

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