A quoi ça sert les maths ?·Actualité·ça m'énerve·Chez les cadres·Culture mathématique·Maths et société·Maths pour tous·Si si c'est drôle

Mais alors POURQUOI les maths ont-elles disparu du tronc commun ???

Voyez donc ce beau consensus :

https://twitter.com/France2022/status/1534999294243217408?s=20&t=TKuf4M–cGBKuEqScEdOVw

Magnifique, c’est-ce pas ? Mais sans doute inutile. Penser et agir, c’est bien différent chez nos décideurs. Et puis dire que les mathématiques sont importantes pour la culture, la formation et le développement de chaque individu ne coûte pas cher. Changer les conditions du métier d’enseignant pour le rendre attractif et efficace, c’est plus coûteux.

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Il suffit de compter jusqu’à 5

Je m’exprime peu sur la situation politique de l’éducation, ces derniers temps, pour deux raisons : je n’ai que peu de temps et des urgences à gérer, et en général j’essaie de ne pas m’exprimer sous le coup de la colère. Le problème, c’est que j’ai peur d’être en colère en continu, maintenant.

Comment est-il possible que celles et ceux qui décident ne perçoivent pas l’absurdité de la situation et l’inanité à moyen et long terme de leurs réactions ?

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0,4 est-il inférieur ou supérieur à 0,13 ?

Arnaud Boulay a trouvé cette infographie et l’a partagée. Attention, c’est violent dans le fond et dans la forme :

Aujourd’hui en France, page 8, édition du 26 mai 2022

Voilà ce qui arrive lorsqu’on retient que de deux nombres, le plus grand est celui qui possède le plus de chiffres. Ca, ça marche jusqu’en CE2 (et encore). Mais une fois que les décimaux arrivent, c’est caduque.

C’est pourquoi cette affirmation est un subterfuge délétère, et pas une règle. C’est faux et cela construit des représentations qui perdurent.

La question bonus, c’est pourquoi les journalistes n’ont-ils pas des logiciels qui construisent des graphiques corrects ? Pourquoi utilisent-ils des outils où ils font à la main, visiblement ?

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J’ai envie de porter des résilles trouées, tiens.

Une lycéenne a été sommée de se débrouiller pour s’habiller différemment, mercredi, alors qu’elle allait passer une épreuve de bac.

Précisément, elle porte un mini-short, des collants résille troués, un crop-top – les tee-shirts laissant entrevoir le nombril – et une veste en jean, rapporte la Voix du Nord. Des vêtements que la direction décrit comme «contraires au règlement intérieur», qui stipule que «les élèves doivent porter une tenue vestimentaire convenable et compatible avec la vie collective».

Source : Libération

Les parents de la candidate lui ont amené d’autres vêtements, et elle s’est changée aux toilettes, histoire de ressembler aux stéréotypes portés par ceux qui l’ont bloquée à l’entrée. En colère, «Elle a alors tenu des propos assez déplacés», accuse le proviseur, qui l’a menacée de «sanctions supplémentaires», voire d’un «conseil de discipline». Le proviseur précise aussi «à aucun moment je ne l’ai menacée de ne pas pouvoir passer son épreuve du bac.» La lycéenne serait « souvent dans la provocation », mais c’est la première fois qu’on lui impose de se changer. De base c’est scandaleux, mais le jour d’une épreuve de bac c’est particulièrement délicat.

Il y a encore du chemin à faire : en quoi la tenue de cette jeune femme était-elle incompatible avec la vie collective ? Pourquoi n’était-elle pas convenable ? Voir un nombril est dérangeant ??? Porter des résilles c’est mauvais genre ??? Et ce regard porté sur celles et ceux qui ne se « conforment » pas à d’autres, n’est-il pas dérangeant, lui, voire malsain ? Que voient-ils, quand ils s’offusquent d’un nombril ? Pourquoi des collants transparents ne les gênent-ils pas, si des résilles les choquent ?

J’espère que cet incident donnera lieu à des suites. C’est intolérable.

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Marasme

Le recrutement d’enseignants en maths inquiète, mais pas seulement : en allemand aussi, la situation est très tendue. Même en EPS où la désaffection ne se manifestait pas encore, c’est aujourd’hui le cas. Et côté professeurs des écoles ? Pas mieux, loin de là :

Les résultats du concours de profs des écoles sont tombés aujourd’hui pour les académies de Paris, Créteil et Versailles : 180 admissibles pour 219 postes à Paris, 521 admissibles pour 1079 postes à Créteil et 484 admissibles pour 1430 postes à Versailles. Une catastrophe.

Benjamin Bauné

Au-delà des bourrages de mou et des jolies images, le gouvernement (et la société) se rendent-ils comptent de la gravité de la situation ? L’école enseigne, éduque, apprend. Que devient une société avec une école défaillante ?

https://www.devenirenseignant.gouv.fr/
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Vers la génération spontanée de profs de maths

Voilà que tout le monde s’agite dans les médias : dans Libé, la Croix, le Monde, le Figaro, France Inter, etc.

C’est tout de même curieux : nous profs, et particulièrement nous à l’APMEP, nous n’avons eu de cesse de dénoncer la situation, d’alerter devant la chute régulière du nombre de candidats, le niveau des candidats, la non attractivité du métier, les bouts de ficelle et tout et tout. Mais aujourd’hui, tout le monde s’émeut comme s’ils étaient surpris. Je ne comprends pas, mais c’est ainsi.

La baisse est liée au désamour (légitime) du métier de prof de maths, mal considéré, tellement moins bien payé que dans un autre emploi à qualification égale, à la désaffection des mathématiques, et aussi au fait que cette année il faut un master 2 pour passer le concours, au lieu d’un master 1 jusqu’à l’année dernière. Forcément, le vivier de candidats a encore diminué. Mais ne nous inquiétons surtout pas : Edouard Geffray (DGESCO) est intervenu pour rassurer les foules anxieuses. Non seulement « les élèves auront bien un professeur devant eux à la rentrée, y compris en mathématiques », mais « on recrute des professeurs compétents ». Comment ? Mystère : les mathématiques reviennent à raison d’une heure et demie par semaine en première, ce qui crée des besoins supplémentaires, et on a moins de profs. C’est même la première fois que les admissibles (pas les admis, mais les candidats ayant le droit de se présenter aux épreuves orales d’admission) sont moins nombreux que le nombre de postes (si c’est vraiment anticipé comme le dit Edouard Geffray, quelque chose m’échappe). Cela semble un problème arithmétique assez simple, représentable par un schéma en barres et modélisable par un schéma additif :

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Tiens, c’est à Rouen !

Faire travailler des enseignants stagiaires sans les payer ? Oui, c’est possible dans l’Education Nationale. Il me semble que c’est une faute grave de l’employeur, non ? Ou alors dans l’Education Nationale c’est différent ?

Lorsque j’étais stagiaire avec le concours, donc en principe payée à temps plein, l’IUFM nous avait versé notre premier salaire en janvier ou février. C’était chaud… Nous avions obtenu des intérêts, en revanche.

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Toujours plus profond

Un article de Ouest-France datant du 5 mai 2022 m’a atterrée, non pas à cause du journaliste qui l’a rédigé, mais à cause de la situation relatée :

Le journaliste commence justement par poser la question des limites de l’enseignement à distance. L’académie de Nancy-Metz a perdu 495 postes d’enseignants de collège et lycée depuis 2017, et 29 seront encore supprimés à la rentrée. Dans certains territoires et dans certaines disciplines, recruter des contractuels est mission impossible. Voilà, le système ne fonctionne plus, le pilotage ministériel n’est pas adapté, les décisions gouvernementales pour revaloriser le métier et donc la fonction d’enseignant ne sont pas du tout à la hauteur, et ça coince sévèrement.

Des enseignants vont donc exercer uniquement en visio. J’imagine que c’est une modalité qui peut être adaptée aux cas personnels de certains collègues, qui de toute façon seront volontaires. JE comprends l’idée, dans le sens où recevoir de bons cours en visio est préférable à ne pas en recevoir du tout; Mais de multiples questions se posent : les équipes de vie scolaire sont-elles renforcées (car il faudra un adulte dans la classe et -ce sont des AED qui surveilleront. C’est donc une tâche supplémentaire pour des équipes déjà en sous-effectif) ? Comment se gèrent le travail hors classe et les évaluations ? Fait-on une croix sur les travaux de recherche et de groupes, ou les organise-t-on, ce qui supposerait une communication en amont entre les équipes de vie sco et l’enseignant à distance, qui aura sans doute peu d’informations à sa disposition et travaillera peut-être dans l’urgence ? Est-ce une proposition d’urgence ou vouée à durer, auquel cas on touche le fond ? Enseigner est un métier de contact, humain, qui demande à l’enseignant d’évaluer des interactions complexes pour réguler ses pratiques.

Et surtout, qui va « bénéficier » de ces cours à distances ? Les établissements favorisés de centre-ville, ou les établissements isolés, en zone d’éducation prioritaire ? J’espère que ce seront les établissement favorisés, car c’est là qu’il y a le plus de possibilités d’étayage pédagogique des familles. Mais j’ai comme un doute.

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Le bac et nous

Vous êtes quelques-unes et quelques-uns à me demander quels aménagements nous avons obtenus pour le bac de ma fille, qui arrive bientôt. Pour celles et ceux qui auraient slalomé entre mes coups de colère, Alice est autiste. Elle est dans l’impossibilité de s’exprimer dans quelque épreuve orale que ce soit. Or elle a cette année l’oral de NSI et le grand oral. J’ai donc, avec d’autres parents d’enfants autistes lycéennes et lycéens, entamé un combat âpre : pour ma fille, à part demander la dispense du grand oral, il n’y a pas d’autre solution viable. Pour la NSI, nous avons demandé que la partie orale soit transformée en un écrit.

Pour la NSI, il est possible que cela aboutisse car c’est une décision plus locale que pour le grand oral, et le lycée se bat à nos côtés d’une façon formidable. Pour le grand oral, c’est au niveau ministériel que cela se joue. Le bilan aujourd’hui, après avoir écrit à beaucoup, beaucoup de représentants politiques, le voici : rien. Le cabinet du premier ministre m’a répondu avoir transmis au ministre de l’éducation nationale, et savoir que je l’avais déjà saisi. C’est la seule réponse que j’ai reçue. Parce qu’en fait, la problématique du handicap est un affichage, mais rien de plus. Que ma fille doive passer un oral alors qu’elle ne parlera pas est  « normal » pour des raisons d’  « égalité ». Évidemment, c’est à l’oral qu’on me dit cela ; un écrit serait en effet une erreur stratégique.

J’ai bien conscience que le cas de ma fille est marginal. Mais des cas marginaux, il y en a beaucoup. Se battre ainsi est véritablement épuisant. Au final, sauf revirement de dernière heure, Alice écrira son grand oral, qui sera lu par une accompagnatrice, puis le jury lui posera des questions auxquelles elle sera dans l’impossibilité de répondre. Pas parce qu’elle ignore mes réponses, mais parce qu’elle est autiste. Ce jury devra évaluer principalement la communicztion orale et tres peu le fond de son conteu… Mais alors donc il évaluera la communication de l’accompagnatrice de ma fille ? C’est absurde.

Nous, nous la préparons à se protéger. Nous avions réussi pour l’oral de français, alors nous déployons toute notre énergie en ce sens. Car imposer un oral à un candidat non verbal relève d’une violence inouïe. Mais c’est une facette de l’école inclusive : adaptez-vous, enseignants, mais nous n’adapterons pas les examens. Comme me l’a dit un interlocuteur au ministère :  « Estimez-vous heureuse qu’elle soit en terminale ! C’est rare dans un cas comme le sien. »

Ma fille n’est pas un cas. Elle est une personne.

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Marre.

Avec CNews, on est sûrs de ne jamais s’ennuyer. Même moi qui n’ai pas la télé, ils arrivent à me distraire, c’est tout de même formidable…

https://twitter.com/LHomme_Qui_Rit/status/1512144414692544517?s=20&t=cWmuKy-1cOOLjdPxDZEw9A

Alors :

  • 31%+47%+28%+15%+17%=138% ; on a donc sous nos yeux ébahis la répartition des votes des 138% d’enseignants. Voilà voilà. Par contre, il y a 100% d’électeurs dans l’ensemble.
  • Vous aurez admiré la proportionnalité franchement fantastique de la barre du haut, avec 47% à peine plus grand que 15%, mais plus petit que 17%.
  • Accessoirement, on compare des données différentes (5 catégories en haut, 3 en bas)

C’est proprement scandaleux, à de multiples égards : non seulement produire jusqu’à la diffusion un diagramme aussi ridicule montre des lacunes de logique inquiétantes pour qui travaille à la diffusion de l’information, mais c’est aussi un mépris affiché pour les spectateurs. Encore une fois, cela montre comme personne n’en a rien à faire de la teneur des informations diffusées. On peut aussi s’interroger sur la valorisation visuelle des extrêmes pour les enseignants, absentes pour l’ensemble des électeurs.

C’est une honte et j’en ai RAS LA CASQUETTE, même si me faire porter une casquette est perdu d’avance. On pourrait voir là un argument pour appuyer la réapparition des maths dans le tronc commun, mais en l’occurrence on est bien au-delà : mes élèves de 6e riront en voyant ces représentations de données, et tout de suite ! Il y a un problème de niveau, de souci d’avoir un niveau minimum, mais aussi de professionnalisme et de déontologie.

Merci à la tornade prof de théorèmes qui m’a transmis cette merveille ! 🙂