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S’inscrire à la fac, c’est… déroutant

Un de mes enfants a obtenu son bac, ce mois-ci. Comme il avait demandé une licence « à pastille verte » sur APB, pas de souci, sa requête a été validée. Bien. Restait donc, avec ce beau relevé de notes, à s’inscrire à l’Université. Ce que j’ai réussi à réaliser aujourd’hui, à peu près 1h10 avant la fin de l’ouverture du serveur.

Première déconvenue : inscrit sur APB en licence d’informatique, annoncée par le lycée comme « licence maths-info », l’inscription à l’Université nous propose « licence informatique, électronique, énergie électrique, automatismes industriels ». La licence de maths est disjointe, et nous ne pouvons de toute façon pas la choisir. « ?!?!?! », nous disons-nous, tous les deux, perplexes devant notre écran. Pas de panique, j’appelle la scolarité.

Au premier appel, on me répond. J’expose mon problème et la personne au bout du fil, très aimable, m’explique qu’elle n’en sait rien et qu’elle va demander à des collègues qui savent. Elle me précise qu’en même temps les problèmes de filière, ce n’est pas de son ressort. Mais elle ignore du  ressort de qui sont ces questions. Je dois rappeler l’après-midi.

Je rappelle l’après-midi, mais personne ne décroche. J’ai beau réitérer, rien de rien. Ni répondeur, ni réponse humaine. Au bout du dix-huitième essai, trois jours plus tard, surprise : on me répond à nouveau ! Mais je m’y attendais tellement peu que mon ordi est éteint, et le temps que j’accède à la capture d’écran incriminée, je me fais remettre en place sévèrement par la « dame de la scolarité », qui m’explique qu’elle n’a pas que ça à faire, on ne peut plus désagréablement. En pleine panique multitâche, je lui rétorque que moi non plus, et que j’ai appelé en tout dix-neuf fois… Finalement j’ai ma réponse : « c’est la bonne licence, on a bien vérifié, mais les noms ont changé et il ne faut pas s’y fier. De toute façon ils ne signifient pas grand-chose et ça ou la licence de maths, pour la première année, c’est pareil, vous mettez ce que vous voulez, ça ne change rien ». Okééééé, c’est super bizarre mais d’accord, merci madame et bonne journée.

Soulagée, je finalise l’inscription administrative. Entre temps, les choix possible sont été débloqués et un message présente des excuses pour ce dysfonctionnement. Je vais au bout de la procédure et je paie. Il y a un truc qui marche super bien : le lendemain, mon compte est débité.

Un autre message m’indique que je dois déposer des pièces justificatives : les notes du bac, l’attestation d’assurance, celle de recensement, etc. Tout est à déposer numériquement. Mais lorsque je clique sur le lien, ça ne fonctionne pas : « request error ». En relisant le message (fleuve), je constate que d’abord je dois procéder à l’inscription pédagogique. Ensuite je pourrai valider le compte unique puis déposer les pièces. Mais lorsque je sélectionne « inscription pédagogique », s’affiche la réponse suivante :

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Mon fils s’inscrit donc dans un cursus mal paramètre. Bien bien bien.

Alors j’attends. Je me dis que ça va se débloquer. La fin de la première vague d’inscription est le 20 juillet à 16 heures. Une autre a lieu à partir du 20 août (le site part en vacances ???), mais j’aurais été plus serine de finaliser… Et mon fils aussi.

Incidemment, j’en parle à une amie, dont le fils est passé par là. Ah mais non, me dit-elle, c’est parce que tu as essayé de suivre les étapes dans l’ordre ! (pfff, suis-je truffe, aussi !) Il faut d’abord valider le compte unique, et après tu pourras déposer tes pièces justificatives ! Mais pas procéder à l’inscription pédagogique ; ça, tu verras … Quand ça marchera ! En septembre, sans doute.

Ok. Le mail de validation est en effet arrivé à mon fils, je valide, ça marche, je suis contente, je prépare les pièces (comment fait-on sans scanner, je l’ignore…). Je transmets les pièces en pdf, puisqu’il est indiqué qu’on peut le faire. Lorsque j’ai terminé, je vérifie, par acquit de conscience. Les fichiers ne s’ouvrent pas. Ils ont été rebaptisés : « autorisation.pdf » est devenu « autorisation.pdf.jpeg » et ça coince. Booooon, je transforme tout en jpeg et je recommence  ; ça marche !!! Quand j’en parle à mon amie, elle me dit « Ahaaaahaa oui, moi aussi ça m’a fait ça l’année dernière ! ».

Conclusion : non seulement les dysfonctionnements sont nombreux mais en plus ils demeurent les mêmes d’une année sur l’autre.

J’entends beaucoup dire que les étudiants à l’Université ne sont pas sérieux, pas motivés, pas autonomes. Sans donner l’exemple dans l’organisationnel, ça part mal pour leur faire la leçon.

 

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Comment ne pas obtenir le DNB en 2017 ?

Bin c’est facile : en n’allant pas aux épreuves, ou en rendant copie blanche, ce qui est à peu près la même chose. Dans mon établissement, c’est la seule façon de louper ce diplôme qui, il faut bien le dire, ne signifie plus grand chose.

Ah non, pardon, on me signale que je me trompe : on peut ne pas aller aux épreuves et obtenir le DNB quand même, oups.

C’est une conséquence de la nouvelle évaluation pour le brevet : les équipes pédagogiques ont attribué des points aux élèves, selon leurs compétences, en s’appuyant sur les domaines du socle.2016_4pages_evaluation_A4moins_bdef_692036_760231_Page_1 Les élèves sont arrivés aux épreuves avec un total de points en général non négligeable. Voire avec le DNB déjà acquis. C’était le cas auparavant parfois, mais pas dans de pareilles proportions.

Quelques éléments et exemples pour réfléchir :

  • Dans mon collège, sur 104 candidats, 7 n’ont pas de mention, 16 ont une mention AB, 27 ont une mention B et 51 ont une mention TB. 3 candidats ne sont pas admis, avec des 0 dans les épreuves écrites. Avec 104 candidats, je ne calcule pas les taux : on peut presque convertir directement. Moins de 7% des candidats sans mention, on peut se demander pour qui le diplôme est calibré. D’un autre côté, peut-être en était-il de même les années précédentes ; j’avoue ne pas me rappeler.
  • Avec 19,5/100 en maths-sciences et 32/100 en français-histoire-géo-EMC, on peut être admis mention AB. Pour ceux qui ont la flemme de calculer, cela revient à 4/20 en sciences et 6,5 en lettres-histoire, en gros.
  • Avec 55/100 en maths-sciences et 54/100 en français-histoire-géo-EMC, on peut être admis mention TB. Ca fait du 11/20 dans les deux domaines.

Le DNB est à mon sens un examen devenu (pas seulement cette année, mais là on touche le fond) inutile, improductif et qui devient même porteur d’une certaine malhonnêteté : un élève qui part au lycée avec une mention peut se ramasser sévèrement. Pourtant, le message donné par cette mention au DNB est tout autre. 2016_4pages_evaluation_A4moins_bdef_692036_760231_Page_3

Alors à quoi cela sert-il ? Pas à préparer les élèves à l’idée du bac : même si le bac a aussi ses défauts, cela n’a pas grand chose à voir (enfin, jusqu’ici… Si j’ai bien compris, le fonctionnement du bac va se rapprocher de celui du DNB). Pas non plus à évaluer vraiment un niveau : parmi les 50% de mentions TB de mon collège, tous les élèves ne sont pas au même niveau. Pas du tout, même. Et pourtant :

Capture d_écran 2017-07-14 à 17.13.33Capture d_écran 2017-07-14 à 17.13.24

C’est juste, à mon sens, une mascarade, organisée par un système dont je fais partie. Ca me « chiffonne ».

 

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Tiens, et si on re-re-re-re-re-re-changeait d’avis ?

Sur Mediapart, Claude Lelièvre, historien de l’éducation, écrit une tribune intéressante. Extrait :

« Le 18 mai 2010, Jean-Michel Blanquer (alors Directeur de l’enseignement scolaire) a été auditionné sur le sujet. Et ce qui en a été consigné dans le rapport d’information déposé le 8 décembre 2010 par la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale (en conclusion des travaux de la mission sur les rythmes scolaires) vaut d’être rappelé (et sonne comme un rappel à l’ordre). 

« Lors de son audition par la mission, le Directeur général de l’enseignement primaire scolaire au ministère de l’Éducation nationale, monsieur Jean-Michel Blanquer, a insisté sur le fait que la semaine de quatre jours n’avait pas été  »imposée » par la réforme de l’enseignement primaire de 2008, les conseils d’école étant en effet libres de répartir l’enseignement sur 8 ou 9 demi-journées. Selon le DGESCO, le ministre de l’Éducation nationale de l’époque avait d’ailleurs une  »préférence implicite », contrairement à ce que les textes pouvaient laisser croire, pour la semaine de 9 demi-journées, celle-ci présentant de réels avantages. En particulier la  »continuité de la semaine », résultant de ce mode d’organisation, est  »bonne pour l’enfant », ce dernier ayant besoin de régularité ; elle tend de plus à banaliser la scolarisation du mercredi, tout en permettant aux écoliers de bénéficier d’une vraie pause durant le week-end » (…) Il est clair que si la semaine de 9 demi-journées n’a pas été choisie, c’est parce que, comme l’a indiqué monsieur Jean-Michel Blanquer, DGESCO,  »le monde des adultes s’est entendu sur le monde des enfants »

Le rapport de l’Assemblée Nationale est ici. Les extraits proviennent des pages 11 et 12. Mais la lecture de l’ensemble est tout à fait intéressante, et je vous la conseille.

Dans la suite de sa tribune, monsieur Lelièvre explique pourquoi le voeu de monsieur Blanquer de fonder sa politique sur la science et le pragmatisme semble un voeu pieux. La science dit tout le contraire, quant au pragmatisme, il faudrait le définir.

Monsieur Blanquer a montré, dans ses missions antérieures, qu’il était un homme de réflexion. Que se passe-t-il, là ? Pourquoi s’emballer ainsi et nous bombarder d’injonctions contradictoires, qui défont ce qui n’a même pas eu le temps d’être évalué,en contradiction avec les travaux de la recherche, et sans concertation avec nous, qui sommes sur le terrain ? On s’enfonce dans le cliché qui participe à l’abstention de masse : ceux qui décident pour nous n’ont aucune idée de la réalité de la majorité des Français. C’est déprimant. Et pourtant, pour me déprimer, faut mettre la gomme.

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Que devient la réforme du collège ?

Un arrêté publié dimanche 18 juin rend possible le rétablissement des classes bilangues et européennes au collège : il autorise l’organisation d’un « enseignement de langues et cultures européennes » à partir de la 5e, à raison de deux heures par semaine maximum. Les établissements pourront aussi choisir de réintroduire ou d’accroître les options latin et grec. Il assouplit le cadre national fixé pour l’accompagnement personnalisé (AP) et les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) : les élèves doivent seulement avoir bénéficié des deux dispositifs pendant leurs années collège.

Ce qui est désagréable, c’est que ces options ne font l’objet d’aucun moyen supplémentaire ; elles sont nécessairement mises en place dans le cadre de la marge d’autonomie des établissements. Chaque classe bénéficie d’un volant de trois heures  par semaine et par classe. Or ce volant d’heures doit d’abord servir à « favoriser le travail en groupes à effectifs réduits et les interventions conjointes de plusieurs enseignants ». Dans un second temps, il « peut être utilisé pour proposer un ou plusieurs enseignements facultatifs ». Or si le latin ou les classes plus ou moins européennes nécessitent trois heures, c’est assez simple : ça ne fonctionne pas. On nous dit en fait qu’on va tout faire, mais à moyens constants. C’est de l’enfumage. Et surtout, c’est lâcher les élèves en difficultés : on redonne à ceux qui ont déjà beaucoup, on enlève à ceux qui ont besoin de davantage ou de différemment, tout en prétendant le contraire. Nous sommes une des écoles les plus inégalitaires au monde, et ce n’est pas près de s’arranger, visiblement. Ceux qui décident décident pour leurs pairs : on entend les plaintes des familles déjà culturellement favorisées pour rétablir le latin, et on ne cherche pas à évaluer les besoins des enfants en difficultés, la parole des familles modestes. C’est une honte.

Notons aussi que plusieurs syndicats se félicitent du retour des options sélectives, voire élitistes (dans les établissements REP, je trouve que là, oui, cela aurait du sens  pour développer le socle culturel des enfants), critiquent l’autonomie accrue conférée aux établissements, qui pourrait renforcer les inégalités entre collèges. Autrement dit ils luttent sur des principes (pourquoi pas), mais je ne lis pas assez à mon goût la défense des enfants.

En tout cas cet arrêté, publié en toute fin d’année, ne fait qu’ajouter à la confusion. Là où les enseignants s’étaient engagés dans les EPI, l’AP, on est amer, car tout ce travail qui germait en de belles pousses prometteuses a pris un coup de chaud. Et là où on était réticent, voire opposé, on se demande s’il est bien sérieux de revenir en arrière à ce moment-là, et avec des mesures inapplicables, contradictoires ou floues.

Quand prendra-t-on le temps de réfléchir ensemble dans l’Éducation Nationale ?

Monsieur Blanquer voulait tisser un lien de confiance ; ce n’est pas gagné, en opérant ainsi.

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Le bac prend l’eau

Vous allez me trouver grognon… C’est possible : il faut chaud, l’air est tout pollué, on dort mal… Mais quand même :

  • Les sujets de secours en SES en section ES
  • Les sujets de secours en philo en sections technologiques (avec une fuite avérée)
  • Les dossiers de TP et leurs corrections en ligne sur Facebook pour la section S
  • Le sujet d’épreuve d’espagnol LV1 distribué, déjà donné en septembre dernier

Ca fait beaucoup. D’un autre côté, dans le genre consternant, on a des candidats qui lancent une pétition parce qu’ils pensaient tomber sur un sujet d’histoire majeur, ou le contraire… Et ils réclament de la clémence, parce que de ce fait ils ont fait des impasses. C’est à lire ici. Heureusement, ils sont nombreux aussi, parmi les candidats, à s’offusquer de cette idée franchement aberrante.

Non mais j’vous jure, ça ne ressemble à rien tout ça.

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Colère d’une petite matheuse

Je suis débordée, et je n’ai pas le temps d’écrire les articles que j’ai sur le feu. Cela va venir, mais pas aujourd’hui. Cependant, en voilà un vite fait, parce qu’il faut que ça sorte.

Alors attention : dans la suite, n’interprétez rien sur le plan politique. Il est ici question de principes. Je n’exprime pas d’avis sur La France Insoumise, ni sur En Marche!, ni sur le fait que Cédric Villani ait souhaité être député.

Monsieur Mélenchon dit : « J’ai vu le matheux ». Je trouve cela grossier, et certainement pas digne d’un homme d’envergure politique nationale et qui possède un mandat de député. D’abord, quand on veut être correct, on appelle les gens par leur nom. Ensuite, « le matheux », c’est manifestement connoté de mépris ici, et c’est mettre dans le même sac tous les « matheux », avec dédain. Pour ma part, je ne suis pas matheuse à la façon de Cédric Villani ; je ne suis pas chercheuse, je suis juste prof de maths. mais je suppose quand même que je fais partie, pour monsieur Mélenchon, des « matheux » en général. Je me suis sentie moi-même méprisée par cette formulation. C’est une façon de rejeter l’autre, sur la base de son activité. Et paf, il se trouve que ça concerne les maths. Nous sommes nombreux à dépenser de l’énergie pour transmettre le goût des maths, le sens de leur utilité, la conscience de leur intégration à notre environnement, leur aspect naturel, humain. Jean-Luc Mélenchon détricote, par une entrée en matière provocatrice, notre travail.

Ensuite, il insinue que Cédric Villani a « une conscience sociale assez faible ». Mais qu’en sait-il ? Pour ma part, j’ai aidé, sur sa demande, monsieur Villani, après une réception à l’institut Henri Poincaré, à mettre en boîte les petits fours et les verrines qui restaient, alors qu’il appelait au téléphone des étudiants pas très favorisés financièrement pour qu’ils viennent chercher leur panier repas, au lieu de tout jeter. Cela ne fait pas de Cédric Villani un ange, ni forcément quelqu’un à la conscience sociale développée de façon générale. Mais j’ai tout de même l’impression que Jean-Luc Mélenchon cherche à faire un buzz (qui fonctionne, bravo, et en plus j’ai les nerfs par-dessus le tricot, maintenant) sans savoir de quoi il parle.

« je vais lui expliquer ce qu’est un contrat de travail, il va tomber par terre. Il ne sait pas ce qu’il y a dedans. Il ne sait pas que la journée de 8 heures, c’est 100 ans de lutte. Le gars croit que ça a toujours été comme ça ». Là encore, qu’en savez-vous, monsieur Mélenchon ? C’est quoi, ces clichés ? Parce qu’on est « matheux », parce qu’on est « intello », on n’a ni culture, ni conscience sociale ? Et on n’a pas les pieds sur terre sous prétexte qu’on manipule des concepts abstraits ???

Stratégiquement, tenir de tels propos est vraiment une belle erreur : sans aucun parti pris pour En Marche! et sans être un fan de Cédric Villani (autrement que mathématiquement), j’ai été heurtée par les propos de Jean-Luc Mélenchon. Or les professions dites intellectuelles ont plus voté Mélenchon que la moyenne nationale.

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Une calculatrice n’a jamais remplacé un cerveau au bac

Sur le blog Ingenuingénieur, Guillaume Ouattara propose un article sur les calculatrices et le bac. Pour rappel, à partir de la session de juin 2018, seules les calculatrices «non programmables sans mémoire alphanumérique» et celles «avec mémoire alphanumérique et/ou avec écran graphique qui disposent d’une fonctionnalité mode examen» seront autorisées lors des épreuves du baccalauréat. L’activation du mode examen, visible grâce à une led clignotante, entraînera «la neutralisation temporaire de l’accès à la mémoire de la calculatrice ou l’effacement définitif de cette mémoire». Une aubaine pour les fabricants de calculatrices, un coup dur pour les familles de plusieurs enfants qui espéraient recycler le matériel des aînés.

Guillaume Ouatera écrit :  » L’objectif de cette réforme semble clair : empêcher les élèves de stocker des programmes de pompe dans leur calculette en vue des épreuves du bac. (…) Pourtant, cette décision radicale du gouvernement me paraît hautement contre-productive. »

Et il développe son argumentaire en quelques points :

  1. Les programmes de triche n’ont AUCUN impact sur les notes des candidats
  2. C’est une décision facilement contournable
  3. Une sélection par l’argent
  4. Lobby, vous avez dit lobby ?

Je vous invite à aller lire l’article pour connaître les détail de l’argumentaire. Globalement, je suis d’accord :

  1. Avoir ses formules dans la calculatrice permet aux candidats tout stressés d’ailler rechercher une connaissance bancale. Mais s’ils n’ont pas travaillé dans l’année, ce n’est pas accéder à une forme dans ce genre :

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qui les aidera, car ils ne sauront pas l’utiliser. Je ne dirais pas, pour ma part, que cela n’a aucun impact sur les notes : certains candidats peuvent sans doute se tirer d’un mauvais pas grâce à un coup de pouce prévu dans la calculatrice. Mais cela doit être très marginal. En revanche, le fait d’entrer ses formules dans sa calculatrice a deux effets positifs : les avoir vues au moins une fois ou les réviser, selon les cas, et trier les connaissances pour en extraire celles qui sont les plus importantes, ce qui n’est pas rien et exige de réfléchir.

Enfin, sur ce point, permettez-moi de faire mon ancien combattant et un coup de « c’était mieux avant », en regrettant le formulaire que l’on distribuait au bac, avec le sujet, il y a quinze ans (?). Au moins tous les candidats étaient à pied d’égalité, et avoir ce formulaire ne dispensait ni de réfléchir, ni même d’avoir appris au cours des années de lycée. Car pour bien faire des mathématiques, il faut avoir réfléchi, appris, compris, automatisé, mais si l’on n’a pas fait tout ça avant, ce n’est certainement pas un formulaire qui va nous sortir de l’embarras.

    2. C’est clair : que ce soient les constructeurs ou les lycéens, et pour des motivations différentes, on peut leur faire confiance pour trouver un moyen de contourner. Ils sont très très astucieux, les jeunes, quand il s’agit de passer sous le grillage. Et ils sont pleins de ressources, les constructeurs, quand il s’agit de gagner de l’argent.

    3. Du coup, oui, voir le point ci-dessus. Et en plus comme je l’écrivait en début d’article, exit la réutilisation des calculatrices familiales. Tout le monde ne peut pas acheter une calculatrice à 60€. C’est vraiment profondément injuste.

    4. En effet. Ca fait au moins de gens qui sont satisfaits par cette mesure.