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Exercice de remplacement

Sur le site Petition.org, un collectif demande le retrait d’un ouvrage soi-disant pédagogique. Ils sont 100 le premier jour, chaque jour le nombre de pétitionnaires augmente de 10% .

  1. Par combien est multipliée une quantité lorsqu’elle augmente de 10% ?
  2. On note n le nombre de jours écoulés. Exprimer le nombre de pétitionnaires au jour n+1 en fonction du nombre de pétitionnaire au jour n.
  3. En déduire que le nombre de pétitionnaires forme une suite géométrique dont on précisera la raison et le premier terme.
  4. etc.
Merci à mes collègues ESPE…
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Non mais allô quoiii

Dans un entretien à l’Express, monsieur Blanquer « détaille les grandes orientations pour son ministère » et « annonce quelques nouveautés« .

Par exemple, la notion de prédicat en grammaire passe à la trappe, dans une volonté de simplifier pour mieux faire acquérir les fondamentaux. C’est vrai que le mot peut piquer aux yeux, et être compliqué pour des petits. Mais le sens de la notion est simple en revanche, et il y a sans doute plus urgent. Je vous conseille de lire Charivari à l’école, sur ce sujet. (humour : prédicat/sujet, ahaahaaa)

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Autre nouveauté, une cellule laïcité. On notera que monsieur Blanquer est adroit : alors que le journaliste parle explicitement d’islamisme, monsieur Blanquer répond en évoquant « ces situations« , « ce type de phénomène« , « tous les cas qui se présentent« .

Et voici qu’on nous annonce la fin des téléphones portables, pour « protéger nos élèves de la dispersion occasionnée par les écrans et les téléphones« . Monsieur Blanquer voudrait que chacun dépose son téléphone portable avant d’entrer en classe. Pourquoi pas, en effet, dans le principe ? Mais comment vais-je faire mes interros Plickers ? Avec ma tablette, sans doute… Je vais prendre les devants et essayer d’ici peu. Va-il falloir aussi arrêter les séances info, de projeter des vidéos pédagogiques, jeter les tablettes disponibles en classe, etc. ? Et si on faisait des irruptions surprises dans les familles, pour vérifier que la télé est éteinte ?

Oui, je suis un peu de mauvaise foi peut-être (j’ai buté sur le mot « écran », en fait), et sur des thèmes qui ne le méritent sans doute pas. Mais quand on pense à tout ce qui cloche à l’école et ce qui bouge, forcément, ça agace. Sans compter que le détricotage de mesures toutes récentes va nous rendre neurasthéniques, à force. Tout enseignant sait bien que pour permettre les apprentissages et être efficace, une stabilité dans les approches pédagogiques et didactiques, comme dans le relationnel, est indispensable.

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S’inscrire à la fac, c’est… déroutant

Un de mes enfants a obtenu son bac, ce mois-ci. Comme il avait demandé une licence « à pastille verte » sur APB, pas de souci, sa requête a été validée. Bien. Restait donc, avec ce beau relevé de notes, à s’inscrire à l’Université. Ce que j’ai réussi à réaliser aujourd’hui, à peu près 1h10 avant la fin de l’ouverture du serveur.

Première déconvenue : inscrit sur APB en licence d’informatique, annoncée par le lycée comme « licence maths-info », l’inscription à l’Université nous propose « licence informatique, électronique, énergie électrique, automatismes industriels ». La licence de maths est disjointe, et nous ne pouvons de toute façon pas la choisir. « ?!?!?! », nous disons-nous, tous les deux, perplexes devant notre écran. Pas de panique, j’appelle la scolarité.

Au premier appel, on me répond. J’expose mon problème et la personne au bout du fil, très aimable, m’explique qu’elle n’en sait rien et qu’elle va demander à des collègues qui savent. Elle me précise qu’en même temps les problèmes de filière, ce n’est pas de son ressort. Mais elle ignore du  ressort de qui sont ces questions. Je dois rappeler l’après-midi.

Je rappelle l’après-midi, mais personne ne décroche. J’ai beau réitérer, rien de rien. Ni répondeur, ni réponse humaine. Au bout du dix-huitième essai, trois jours plus tard, surprise : on me répond à nouveau ! Mais je m’y attendais tellement peu que mon ordi est éteint, et le temps que j’accède à la capture d’écran incriminée, je me fais remettre en place sévèrement par la « dame de la scolarité », qui m’explique qu’elle n’a pas que ça à faire, on ne peut plus désagréablement. En pleine panique multitâche, je lui rétorque que moi non plus, et que j’ai appelé en tout dix-neuf fois… Finalement j’ai ma réponse : « c’est la bonne licence, on a bien vérifié, mais les noms ont changé et il ne faut pas s’y fier. De toute façon ils ne signifient pas grand-chose et ça ou la licence de maths, pour la première année, c’est pareil, vous mettez ce que vous voulez, ça ne change rien ». Okééééé, c’est super bizarre mais d’accord, merci madame et bonne journée.

Soulagée, je finalise l’inscription administrative. Entre temps, les choix possible sont été débloqués et un message présente des excuses pour ce dysfonctionnement. Je vais au bout de la procédure et je paie. Il y a un truc qui marche super bien : le lendemain, mon compte est débité.

Un autre message m’indique que je dois déposer des pièces justificatives : les notes du bac, l’attestation d’assurance, celle de recensement, etc. Tout est à déposer numériquement. Mais lorsque je clique sur le lien, ça ne fonctionne pas : « request error ». En relisant le message (fleuve), je constate que d’abord je dois procéder à l’inscription pédagogique. Ensuite je pourrai valider le compte unique puis déposer les pièces. Mais lorsque je sélectionne « inscription pédagogique », s’affiche la réponse suivante :

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Mon fils s’inscrit donc dans un cursus mal paramètre. Bien bien bien.

Alors j’attends. Je me dis que ça va se débloquer. La fin de la première vague d’inscription est le 20 juillet à 16 heures. Une autre a lieu à partir du 20 août (le site part en vacances ???), mais j’aurais été plus serine de finaliser… Et mon fils aussi.

Incidemment, j’en parle à une amie, dont le fils est passé par là. Ah mais non, me dit-elle, c’est parce que tu as essayé de suivre les étapes dans l’ordre ! (pfff, suis-je truffe, aussi !) Il faut d’abord valider le compte unique, et après tu pourras déposer tes pièces justificatives ! Mais pas procéder à l’inscription pédagogique ; ça, tu verras … Quand ça marchera ! En septembre, sans doute.

Ok. Le mail de validation est en effet arrivé à mon fils, je valide, ça marche, je suis contente, je prépare les pièces (comment fait-on sans scanner, je l’ignore…). Je transmets les pièces en pdf, puisqu’il est indiqué qu’on peut le faire. Lorsque j’ai terminé, je vérifie, par acquit de conscience. Les fichiers ne s’ouvrent pas. Ils ont été rebaptisés : « autorisation.pdf » est devenu « autorisation.pdf.jpeg » et ça coince. Booooon, je transforme tout en jpeg et je recommence  ; ça marche !!! Quand j’en parle à mon amie, elle me dit « Ahaaaahaa oui, moi aussi ça m’a fait ça l’année dernière ! ».

Conclusion : non seulement les dysfonctionnements sont nombreux mais en plus ils demeurent les mêmes d’une année sur l’autre.

J’entends beaucoup dire que les étudiants à l’Université ne sont pas sérieux, pas motivés, pas autonomes. Sans donner l’exemple dans l’organisationnel, ça part mal pour leur faire la leçon.

 

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Comment ne pas obtenir le DNB en 2017 ?

Bin c’est facile : en n’allant pas aux épreuves, ou en rendant copie blanche, ce qui est à peu près la même chose. Dans mon établissement, c’est la seule façon de louper ce diplôme qui, il faut bien le dire, ne signifie plus grand chose.

Ah non, pardon, on me signale que je me trompe : on peut ne pas aller aux épreuves et obtenir le DNB quand même, oups.

C’est une conséquence de la nouvelle évaluation pour le brevet : les équipes pédagogiques ont attribué des points aux élèves, selon leurs compétences, en s’appuyant sur les domaines du socle.2016_4pages_evaluation_A4moins_bdef_692036_760231_Page_1 Les élèves sont arrivés aux épreuves avec un total de points en général non négligeable. Voire avec le DNB déjà acquis. C’était le cas auparavant parfois, mais pas dans de pareilles proportions.

Quelques éléments et exemples pour réfléchir :

  • Dans mon collège, sur 104 candidats, 7 n’ont pas de mention, 16 ont une mention AB, 27 ont une mention B et 51 ont une mention TB. 3 candidats ne sont pas admis, avec des 0 dans les épreuves écrites. Avec 104 candidats, je ne calcule pas les taux : on peut presque convertir directement. Moins de 7% des candidats sans mention, on peut se demander pour qui le diplôme est calibré. D’un autre côté, peut-être en était-il de même les années précédentes ; j’avoue ne pas me rappeler.
  • Avec 19,5/100 en maths-sciences et 32/100 en français-histoire-géo-EMC, on peut être admis mention AB. Pour ceux qui ont la flemme de calculer, cela revient à 4/20 en sciences et 6,5 en lettres-histoire, en gros.
  • Avec 55/100 en maths-sciences et 54/100 en français-histoire-géo-EMC, on peut être admis mention TB. Ca fait du 11/20 dans les deux domaines.

Le DNB est à mon sens un examen devenu (pas seulement cette année, mais là on touche le fond) inutile, improductif et qui devient même porteur d’une certaine malhonnêteté : un élève qui part au lycée avec une mention peut se ramasser sévèrement. Pourtant, le message donné par cette mention au DNB est tout autre. 2016_4pages_evaluation_A4moins_bdef_692036_760231_Page_3

Alors à quoi cela sert-il ? Pas à préparer les élèves à l’idée du bac : même si le bac a aussi ses défauts, cela n’a pas grand chose à voir (enfin, jusqu’ici… Si j’ai bien compris, le fonctionnement du bac va se rapprocher de celui du DNB). Pas non plus à évaluer vraiment un niveau : parmi les 50% de mentions TB de mon collège, tous les élèves ne sont pas au même niveau. Pas du tout, même. Et pourtant :

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C’est juste, à mon sens, une mascarade, organisée par un système dont je fais partie. Ca me « chiffonne ».

 

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Tiens, et si on re-re-re-re-re-re-changeait d’avis ?

Sur Mediapart, Claude Lelièvre, historien de l’éducation, écrit une tribune intéressante. Extrait :

« Le 18 mai 2010, Jean-Michel Blanquer (alors Directeur de l’enseignement scolaire) a été auditionné sur le sujet. Et ce qui en a été consigné dans le rapport d’information déposé le 8 décembre 2010 par la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale (en conclusion des travaux de la mission sur les rythmes scolaires) vaut d’être rappelé (et sonne comme un rappel à l’ordre). 

« Lors de son audition par la mission, le Directeur général de l’enseignement primaire scolaire au ministère de l’Éducation nationale, monsieur Jean-Michel Blanquer, a insisté sur le fait que la semaine de quatre jours n’avait pas été  »imposée » par la réforme de l’enseignement primaire de 2008, les conseils d’école étant en effet libres de répartir l’enseignement sur 8 ou 9 demi-journées. Selon le DGESCO, le ministre de l’Éducation nationale de l’époque avait d’ailleurs une  »préférence implicite », contrairement à ce que les textes pouvaient laisser croire, pour la semaine de 9 demi-journées, celle-ci présentant de réels avantages. En particulier la  »continuité de la semaine », résultant de ce mode d’organisation, est  »bonne pour l’enfant », ce dernier ayant besoin de régularité ; elle tend de plus à banaliser la scolarisation du mercredi, tout en permettant aux écoliers de bénéficier d’une vraie pause durant le week-end » (…) Il est clair que si la semaine de 9 demi-journées n’a pas été choisie, c’est parce que, comme l’a indiqué monsieur Jean-Michel Blanquer, DGESCO,  »le monde des adultes s’est entendu sur le monde des enfants »

Le rapport de l’Assemblée Nationale est ici. Les extraits proviennent des pages 11 et 12. Mais la lecture de l’ensemble est tout à fait intéressante, et je vous la conseille.

Dans la suite de sa tribune, monsieur Lelièvre explique pourquoi le voeu de monsieur Blanquer de fonder sa politique sur la science et le pragmatisme semble un voeu pieux. La science dit tout le contraire, quant au pragmatisme, il faudrait le définir.

Monsieur Blanquer a montré, dans ses missions antérieures, qu’il était un homme de réflexion. Que se passe-t-il, là ? Pourquoi s’emballer ainsi et nous bombarder d’injonctions contradictoires, qui défont ce qui n’a même pas eu le temps d’être évalué,en contradiction avec les travaux de la recherche, et sans concertation avec nous, qui sommes sur le terrain ? On s’enfonce dans le cliché qui participe à l’abstention de masse : ceux qui décident pour nous n’ont aucune idée de la réalité de la majorité des Français. C’est déprimant. Et pourtant, pour me déprimer, faut mettre la gomme.

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Que devient la réforme du collège ?

Un arrêté publié dimanche 18 juin rend possible le rétablissement des classes bilangues et européennes au collège : il autorise l’organisation d’un « enseignement de langues et cultures européennes » à partir de la 5e, à raison de deux heures par semaine maximum. Les établissements pourront aussi choisir de réintroduire ou d’accroître les options latin et grec. Il assouplit le cadre national fixé pour l’accompagnement personnalisé (AP) et les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) : les élèves doivent seulement avoir bénéficié des deux dispositifs pendant leurs années collège.

Ce qui est désagréable, c’est que ces options ne font l’objet d’aucun moyen supplémentaire ; elles sont nécessairement mises en place dans le cadre de la marge d’autonomie des établissements. Chaque classe bénéficie d’un volant de trois heures  par semaine et par classe. Or ce volant d’heures doit d’abord servir à « favoriser le travail en groupes à effectifs réduits et les interventions conjointes de plusieurs enseignants ». Dans un second temps, il « peut être utilisé pour proposer un ou plusieurs enseignements facultatifs ». Or si le latin ou les classes plus ou moins européennes nécessitent trois heures, c’est assez simple : ça ne fonctionne pas. On nous dit en fait qu’on va tout faire, mais à moyens constants. C’est de l’enfumage. Et surtout, c’est lâcher les élèves en difficultés : on redonne à ceux qui ont déjà beaucoup, on enlève à ceux qui ont besoin de davantage ou de différemment, tout en prétendant le contraire. Nous sommes une des écoles les plus inégalitaires au monde, et ce n’est pas près de s’arranger, visiblement. Ceux qui décident décident pour leurs pairs : on entend les plaintes des familles déjà culturellement favorisées pour rétablir le latin, et on ne cherche pas à évaluer les besoins des enfants en difficultés, la parole des familles modestes. C’est une honte.

Notons aussi que plusieurs syndicats se félicitent du retour des options sélectives, voire élitistes (dans les établissements REP, je trouve que là, oui, cela aurait du sens  pour développer le socle culturel des enfants), critiquent l’autonomie accrue conférée aux établissements, qui pourrait renforcer les inégalités entre collèges. Autrement dit ils luttent sur des principes (pourquoi pas), mais je ne lis pas assez à mon goût la défense des enfants.

En tout cas cet arrêté, publié en toute fin d’année, ne fait qu’ajouter à la confusion. Là où les enseignants s’étaient engagés dans les EPI, l’AP, on est amer, car tout ce travail qui germait en de belles pousses prometteuses a pris un coup de chaud. Et là où on était réticent, voire opposé, on se demande s’il est bien sérieux de revenir en arrière à ce moment-là, et avec des mesures inapplicables, contradictoires ou floues.

Quand prendra-t-on le temps de réfléchir ensemble dans l’Éducation Nationale ?

Monsieur Blanquer voulait tisser un lien de confiance ; ce n’est pas gagné, en opérant ainsi.

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ça m'énerve·bac·Oups

Le bac prend l’eau

Vous allez me trouver grognon… C’est possible : il faut chaud, l’air est tout pollué, on dort mal… Mais quand même :

  • Les sujets de secours en SES en section ES
  • Les sujets de secours en philo en sections technologiques (avec une fuite avérée)
  • Les dossiers de TP et leurs corrections en ligne sur Facebook pour la section S
  • Le sujet d’épreuve d’espagnol LV1 distribué, déjà donné en septembre dernier

Ca fait beaucoup. D’un autre côté, dans le genre consternant, on a des candidats qui lancent une pétition parce qu’ils pensaient tomber sur un sujet d’histoire majeur, ou le contraire… Et ils réclament de la clémence, parce que de ce fait ils ont fait des impasses. C’est à lire ici. Heureusement, ils sont nombreux aussi, parmi les candidats, à s’offusquer de cette idée franchement aberrante.

Non mais j’vous jure, ça ne ressemble à rien tout ça.