Actualité·Allez les jeunes !·Cycle 4·DNB

Le sujet de DNB d’Amérique du Nord

Puisque demain je retourne en classe pour les révisions du DNB, il est temps de se pencher sur les deux sujets sur lesquels nous allons faire travailler les élèves. Commençons par le sujet d’Amérique du Nord.

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D’un point de vue global, on a huit exercices portant sur les thèmes suivants :

En géométrie :

  • le théorème de Pythagore
  • la trigonométrie
  • le théorème de Thalès (sous sa forme contraposée)
  • les transformations du plan (symétries centrales, symétries axiales, rotations et translations)
  • représentation mentale de solides

En mesures et grandeurs :

  • volume de la boule
  • longueurs, angles, capacités

En numération et calcul :

  • des représentations du nombre (fraction, pourcentage, écriture décimale)
  • le calcul de fraction (une application de « la somme des cancres » proposée au CAPES, c’est rigolo)
  • les nombres premiers
  • le calcul algébrique (un développement)

Dans le domaine des fonctions et de la gestion de données :

  • la notion d’image d’un nombre par une fonction
  • les probabilités
  • la représentation de données (diagramme en barres, tableau à double entrée, programmation, courbe représentative d’une fonction)
  • l’utilisation du tableur
  • le sens et l’interprétation de la moyenne, de la médiane, de l’étendue
  • application d’une formule donnée (pour déterminer la masse d’alcool dans une boisson) (à placer dans calcul aussi)
  • proportionnalité (masse volumique)

On trouve aussi de la programmation (compréhension d’un script avec une boucle conditionnel et un répéter).

Enfin, la notion de suite numérique est sous-jacente dans un exercice (mais non explicite évidemment).

Du point de vue des compétences, toutes sont représentées :

Chercher est mobilisée un peu partout, pour s’engager dans une démarche, tester, valider, extraire des informations, les organiser, les confronter à ses connaissances, analyser un problème ;

Modéliser est mobilisée dans l’exercice 1 pour se ramener à des modèles adaptés, sur les probas, dans l’exercice 7 pour comprendre la rangement des boulets, dans l’exercice 8 pour se reporter à l’interprétation des indicateurs statistiques, en programmation pour comprendre le script;

Représenter est mobilisée partout : au travers du dessin en géométrie, dans la représentation des nombres, dans l’exercice des boulets (situation spatiale) ;

Raisonner est mobilisée également partout : il faut établir des résultats justifiés, résoudre un problème ;

Calculer est mobilisée au travers du calcul littéral et de quelques calculs simples ;

Communiquer sera, je l’espère, mobilisée : en utilisant les langages mathématiques, pour expliquer et argumenter, pour porter un regard critique.

Pour finir, je vais analyser un exercice. J’ai choisi l’exercice 8.

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Cet exercice ressemble assez à ce qui peut être proposé aux élèves de seconde, dans l’idée. Que peut-on en dire ?

  • il faut bien lire la consigne, chargée d’informations à catégoriser : la série comporte huit valeurs, une réussite correspond à une valeurs supérieure ou égale à 10, on dispose de trois indicateurs et on sait que 75% des valeurs sont supérieures ou égales à 10 ;
  • la répartition et les contenus dans information 1 / information 2 sont curieuses ;
  • le 75% se ramène au troisième quartile, mais les quartiles étant sortis du programme l’information a été reformulée ;
  • la première question a plusieurs entrées : on peut simplement partir de l’étendue et raisonner par l’absurde : si une des notes inconnues était 16, l’étendue serait de 10, ce qui est supérieur à l’étendue annoncée. Les notes inconnues sont donc inférieures ou égales à 15, avec au moins l’une d’entre elles égale à 15. On peut aussi passer par la moyenne et la médiane, mais c’est nettement moins immédiat : avec un 16, le total de 7 notes donne 82. Il reste 10 points pour l’autre note, ce qui ne contredit pas le nombre de reçus mais fournit une médiane de 11,5 au lieu de 12.  C’est moins direct et cela impose d’avoir compris que dans la notion de moyenne, tout se joue sur la somme des valeurs ;
  • la question 1 correspond à une recherche d’information, et oblige les élèves à vérifier une proposition ;
  • la question 2 est une simple recherche de validation : avec les valeurs proposées, obtient-on bien les indicateurs annoncés et 75% de réussite ? Cette question est procédurale et j’aurais bien aimé une proposition de réflexion plus poussée. Les valeurs ne sont pas dans l’ordre, et on pourra vérifier la compréhension de l’importance d’avoir une série ordonnée, ou le degré d’étourderie, au choix ;
  • enfin, cet exercice donne comme contexte aux statistiques des notes, dans le cadre d’un concours. L’étude d’une situation plus utile et concrète ou liée à l’actualité aurait été plus intéressante.
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Bon courage aux « autres » aussi !

Aujourd’hui les médias n’auront d’yeux que pour la première épreuve du bac, la philo. Est-ce parce qu’elle est la première épreuve de ce bac si vénéré ? Parce qu’elle renvoie aux souvenirs propres de la plupart des gens ? Parce qu’elle engage « toute une classe d’âge », comme je l’ai entendu à la radio ? Parce que la philo « représente la culture française » (là, j’ai ri, j’avoue) ?

Alors je souhaite une bonne journée à tous les candidats qui ne passent pas le philo aujourd’hui : ceux qui passent le bac de français, et ceux qui, en lycée professionnel, passent le français ce matin et l’histoire-géographie-EMC cet après-midi. Ceux-là, ils vont entendre parler du bac général toute la journée. Ils doivent avoir une impression de transparence assez particulière. Pourtant, on en fait, de belles choses, en lycée professionnel !

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Tangram géométrico-familial

Au salon des jeux mathématiques, nous avons, avec ma fille, joué à un tangram proposé à un stand. J’ai eu envie de le reproduire, pour y faire jouer mes élèves, mais aussi pour des collègues professeurs des écoles que je vais aller former dans une autre académie.
Ma fille a réfléchir comment tracer les pièces, à partir de photos. C’était un très bon exercice, car elle a dû reporter des mesures d’une construction à l’autre et réfléchir un peu. Elle l’a ensuite reportée intégralement sur du carton plume, et nous avons pu faire essayer les garçons, au dîner.

Ils ont réussi, après s’être trituré un moment les neurones. Le principe est de donner quatre pièces pour reconstituer un carré, puis cinq pour reconstituer un autre carré, puis en ajouter une dernière pour un ultime carré. Je ne vais pas vous montrer la solution, naturellement. Mais sur une photo on voit notre grand s’énerver un chouillat… Heureusement nous avions aussi confectionné des cookies matcha-chocolat blanc, ce qui les a bien soutenus, les garçons.

 

 

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Les silencieux à l’école

Un article est paru dans Libé aujourd’hui, qui me touche particulièrement, aujourd’hui où j’ai participé à faire passer les oraux de DNB :

Jung catégorisait « comme «introverties» les personnes qui puisent plus facilement leur énergie dans le calme et la solitude, et qui la perdent avec davantage de fracas là où les interactions sociales sont incontournables ». L’article pose la question : les enseignants confondent-ils participation et investissement ? Sans doute pas, mais il est évident que participer, dans les normes scolaires, toutes rigides qu’elles soient, est une obligation. « Doit participer davantage », « trop discret », voilà des marronniers des bulletins. L’article amène à distinguer l’introversion et la timidité, toutes deux liées à la socialisation. L’une est un manque d’intérêt pour l’interaction, et l’autre la peur de l’humiliation sociale, assez compréhensible malheureusement en milieu scolaire.

Dans la Force des discrets (2012), Susan Cain explique que «les introvertis vivant dans le monde de l’idéal extraverti sont, comme des femmes dans un monde d’hommes, bafoués pour un trait de caractère indissociable de leur identité profonde».

Les effets secondaires de la non-participation reprochée sont le manque d’estime de soi, la dépréciation, l’attrait pour la transparence, le sentiment de décevoir, d’être inférieur. Les enseignants ne sont animés d’aucune mauvaise intention, mais parfois certaines maladresses blessent durablement et la confiance en soi est difficile à restaurer.

Ce matin, en voyant des élèves être dans une telle difficulté douloureuse pour passer leur oral, je me faisais la réflexion suivante : quand on a du mal à lire, à écrire, on a une aide, dans les examens. Un aménagement, un secrétaire, un lecteur. Mais quand on a du mal à s’exprimer en public, on n’a « qu’à se forcer ». Pourtant, croyez-moi, cela n’a rien de naturel pour certains enfants (et certains adultes d’ailleurs), et leur difficulté n’est pas feinte. Quand on est enseignant, qu’on passe sa vie à parler, il n’est sans doute pas évident de mesurer la réalité des introvertis, ou des timides. Pourtant c’est essentiel, car nous risquons d’être violents et d’abîmer de si belles pépites silencieuses…

Merci beaucoup à Rachid Zerrouki pour cet article, qui met en lumière les silences.

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Créativité Kumon

La Librairie des Écoles m’a très gentiment fait parvenir un cahier d’entraînement Kumon, destiné aux enfants de 3 à 6 ans, intitulé « Créativité ». J’ai pu le tester avec des enfants de grande section et de CP.

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En introduction, il est indiqué que ces cahiers (il en existe un autre découpage, un autre pliage) suivent la pédagogie conçue par Toru Kumon. Toru Kumon était un éducateur japonais spécialisé dans les mathématiques. Le but de sa méthode est d’emmener les enfants plus loin que leur niveau scolaire académique. Pour ce faire, il propose des activités de leur niveau, que les enfants pratiquent de façon autonome, et qui les amènent à d’autres activités, plus ambitieuses, dont le niveau de plus en plus élevé permet de dépasser celui des programmes scolaires.

Le cahier créativité vise à développer les capacités de raisonnement des enfants, en leur faisant extraire et traiter l’information. L’introduction précise que sa visée n’est pas d’être un outil d’évaluation, mais de donner envie d’aller plus loin, d’apprendre, de se dépasser. Ce cahier a aussi pour objectif de permettre aux enfants de dépasser la peur de la page blanche, le « j’ai pas d’idées ». J’aime bien le principe selon lequel la créativité s’apprend aussi, n’est pas forcément innée.

Pour ma part, j’ai proposé des pages de ce cahier à un groupe de douze élèves de grande section et à trois enfants de CP, deux dyspraxiques et un enfant subissant de sévères troubles de l’attention. Je ne peux pas juger de l’efficacité sur le développement de compétences, car je n’ai pu consacrer qu’une séance avec chaque groupe d’enfants, et que je ne les ai pas encore revu. De plus, je ne suis absolument pas compétente quant à juger du fond, pédagogique et didactique, dans un domaine que je ne connais pas bien. Mais j’ai tout de même pu faire quelques observations :

  • Avec les enfants de grande section, j’ai traité les pages dessin de visage, car nous avions ensuite prévu de parler de différence et de tolérance, pour résoudre un problème survenu la veille dans la classe.
  • Les enfants de grande section ont travaillé longtemps, plus longtemps que ce à quoi leur professeur est habitué. Ils se sont absolument touts investis, et les activités leur ont vraiment plu.
  • Les enfants ont avancé à des rythmes très variables, pas forcément par manque de compétence ou par expertise : ils se sont bien emparés de la consigne et l’ont réalisée de façon très différente qualitativement. C’est donc un véritable outil de différenciation.
  • J’ai demandé aux enfants de verbaliser au maximum ce qu’ils faisaient : quel outil, quel mouvement, quelle couleur, quelle forme. Et on a réussi à faire des maths, aucun doute !
  • Ls enfants avaient envie de continuer, mais nous les avons arrêtés car nous devions passer à la suite. Certains ont voulu emmener les travaux inachevés à la maison pour les poursuivre. La classe a proposé de faire une fresque de visages, pour illustrer « qu’on n’est pas tous pareils et c’est joli ». Impec.
  • En CP, c’était un peu différent : dans une classe à 12, l’enseignante voulait continuer un atelier entamé quelques jours avant, qui avait douloureusement mis en échec les deux enfants dyspraxiques dont l’AVS est en comment absent. L’enseignante ne voulait pas que cela se reproduise, car leur estime d’eux-mêmes est déjà fragile. Mais elle ne voulait pas non plus les excuse de quoi que ce soit. J’ai proposé de les prendre avec moi, en leur présentant un travail qui permette aussi de progresser en motricité fine, et de travailler l’imagination, comme dans l’activité de la maîtresse. Nous avons négocié tout ça toutes les deux, avec les enfants. Ils ont adhéré. L’enfant qui a un trouble de l’attention avait envie de se joindre à nous, alors nous l’avons inclus. Nous sommes restés dans la classe, pour laisser la possibilité à mes trois loulous de participer à l’activité classe s’ils en avaient envie. Ils ont suivi ce qui se passait, et sont donc toujours en mesure de la raccrocher la fois prochaine ou d’en parler avec leurs camarades, mais ils sont restés sur le cahier de créativité.
  • J’ai proposé à ces enfants de travailler sur la modification de scènes, car c’était en lien avec l’activité du reste de la classe. Nous n’avons pas tout à fait suivi les consignes : les enfants devaient respecter la consigne de base, mais pouvaient ajouter des éléments de leur invention. Par exemple, un enfant a dessiné le soleil avec la pluie, un lapin est arrivé dans le champ de carottes, un dragon est apparu dans le ciel de la dernière scène et des grenouilles sur un autre dessin. Mais au départ les enfants ont dû commencer par repasser ce qui devait l’être.
  • Pour les deux enfants dyspraxiques, l’exercice a été naturellement fort difficile, mais leur a plu, en particulier parce qu’il leur a semblé graphiquement progressif, et parce qu’ils ont eu le droit de rajouter des dessins de leur choix. Ils étaient contents d’eux, et ont voulu comparer avec d’autres productions. En effet, ils ont réussi à obtenir un meilleur résultat. Évidemment, le fait que j’ai été avec eux, en me consacrant entièrement à eux, a forcément joué. Ainsi que l’envie qu’ils avaient de me faire plaisir.
  • Pour le garçon aux troubles attentionnels, le début a été trèèèès difficile : la partie consignes et le fait que je m’occupe aussi de ses deux camarades m’a fait vivre ce que la maîtresse vit, elle au quotidien. Et puis il s’est mis dedans, car il avait compris le principe et n’avait plus besoin que je lui explique les consignes des activités suivantes. Il a avancé comme un chef, en allant trop vite, mais en réalisant ce qui était demandé. J’ai réussi à lui faire reprendre un des dessins, et à le lui faire compléter, mais avec peine : je l’ai motivé par la fierté au final.

De mon point de vue, tout modeste qu’il est, j’ai eu l’impression que nous avions bien travaillé, dans l’un et l’autre cas. Il me semble évident que ce cahier permet de différencier naturellement, et de laisser les enfants en relative autonomie. Je vais me pencher sur le cahier pliage, je pense, qui pourrait répondre à un autre besoin dans une classe.

PS : mardi je retourne dans ma classe et j’adjoindrai les photos des réalisations dans enfants. Mais je les ai oubliées sur mon bureau…