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Transformation…

Les pavages de l’Alhambra s’affichent…

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Il en manque encore quelques-uns. Décrocher certains vieux travaux m’a faut tout drôle mais c’est beau et les élèves ont réaménagé le reste de la déco pour me laisser quelques affiches que j’aore. Quant à mes cinquièmes, ils ont envie de le faire aussi. Je vais donc pouvoir afficher des pavages encore non utilisés car sans symétrie mais avec des translations.

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Cadeau de Noël

Aujourd’hui, dans mon établissement, j’animais le premier module du dispositif « Réapprendre à lire ». Il s’agit de seize heures avec dix élèves de sixième pour leur permettre de surmonter des difficultés de décodage qui les empêchent de comprendre avec suffisamment d’aisance les écrits à partir desquels ils doivent étudier. Ces élèves ont été dépistés par des tests qui nous ont montré qu’ils lisaient trop peu de mots « courants » en un temps donné, ou avec trop de difficultés.

Pour ce premier module, de présentation, d’organisation et de travail sur le code, j’essaie de faire comprendre aux élèves qu’ils savent lire, mais de façon un peu partielle, et que des étapes ont été manquées dans leur parcours ; nous allons donc y remédier. Je fais attention car je ne veux surtout pas entamer leur estime de soi, mais au contraire la développer ! Un élève me répond « Bah oui chais pas lire, chais dire les mots ! C’est pas ça lire : lire un livre, j’peux pas, c’est même pas agréable alors que je voudrais bien, moi, ça fait genre et tout, t’as l’air intelligent et pis tu lis des trucs qu’existent pas« . Ça partait plutôt bien donc.

J’explique ensuite aux élèves que nous avons calé les seize heures sur trois semaines, de sorte que le module soit dense et plus efficace, et qu’à Noël nous ayons fini. Un élève s’exclame alors, tout spontanément « Ouah madame, trop bien : notre cadeau  de Noël, c’est qu’on saura lire !« .

🙂

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C’est parti pour réapprendre à lire v2 !

Et voilà, tout est calé ! Pour la deuxième année, ma collègue prof doc et moi allons animer le dispositif réapprendre à lire dans notre établissement. J’ai donc consacré une partie de mon weekend à finaliser l’organisation : nous commençons par la moitié de nos sixièmes, et nous avons calé les dates. 16 heures à trouver, ce n’était pas tout à fait simple, mais nous avons tout calé d’ici à Noël, ce qui est idéal. Ensuite, il m’a fallu taper les document d’information aux parents, celui pour les collègues, puis celui pour les chefs et la vie scolaire. J’ai réservé les salles, et il me reste encore à demander l’installation du logiciel partout dans les salles infos, réimprimer des documents de remédiation (j’ai donné mon jeu plastifié à des collègues…) et tout sera prêt.

C’est un très gros boulot, mais la partie la pire est passée : l’organisation et la paperasse. Maintenant, il reste le plus agréable : la remédiation elle-même. L’année dernière, alors que nous avions la tête dans le guidon et aucun recul, ça a été du bonheur. Alors cette année, je m’apprête à profiter !!! Nous allons aider des enfants à réapprendre à lire, ça va marcher et ça va tout changer par eux… Nous, nous allons nous sentir utiles, car nous l’aurons effectivement été !

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Grenade : les élèves et moi, on fait le mur.

Hier, j’ai mené la première séance sur les pavages de l’Alhambra. Nous avons travaillé la partie mémorisation, que nous allons réinvestir la semaine prochaine, et nous avons restitué les pavages dans leur contexte géographique et historique. À peine les ai-je affichés au tableau que les élèves me parlaient joyeusement de symétrie axiale… « Pourquoi me parlez-vous de symétrie ? » leur ai-je demandé ? « Faut bien que ça se rattache à des maths madame, faire des dessins ça va pas vous suffire, ça c’est sûr ! Ahana, on vous connaît !!! » Certes.

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J’ai distribué à chacun son plan de pavage. Et là, ça s’est corsé. Au vu de la réaction générale, entre panique et perplexité, je me suis dit que j’avais peut-être tapé un peu fort… Les élèves avaient un mal fou à se repérer sur la feuille de tracé, par rapport au pavage lui-même. Et j’avais négligé la difficulté liée à l’agrandissement de fort coefficient.  Comme chacun avait un pavage différent, je me retrouvais à devoir aider tout le monde en même temps sur un support différent. Au secours !!! C’est ce qui arrive quand on s’embarque avec entrain dans une activité sans avoir réfléchi longtemps. Mais bon, nous étions justement embarqués, alors il fallait bien trouver un moyen de ne pas couler ; et puis j’aime bien quand il y a des problèmes : ça permet de chercher des solutions.

Et justement, c’est alors que j’ai eu un réflexe salvateur. J’ai dit à mes élèves : « Si vous faites une figure juste et propre et qu’ensuite vous la coloriez selon les règles que nous avons fixées, et faut qu’ça pète, souvenez-vous bien de cette règle-là, hé bien vos oeuvres, nous les accrocherons dans la classe pour renouveler la déco. » Et paf, enthousiasme général. Puis question collective : « Mais où, madame ??? Y a plus de place ». C’est tout à fait vrai, il n’y a plus de place. Un élève a proposé « Au plafond, il reste de la place encore », mais cela ne me plaisait pas. J’ai proposé à la place des décimales de pi, sur le mur du fond, mais les élèves ne voulaient pas, cette fois. C’est vrai qu’elles sont belles, mes décimales. Alors nous sommes tombés d’accord : tout autour du tableau. Je remiserai mes belles affiches actuelles dans le placard, je les conserverai (ce sont des travaux d’élèves et les sixièmes trouvent ça « dégoûtant » et « immoral » (!!!) de les jeter, ce que de toute façon je n’aurais pas fait, parce que j’y tiens).

À partir de là, tout s’est organisé : du tutorat (« madame je peux aller lui expliquer, le sien j’ai compris ! »), davantage de volonté (« Non mais je vais y arriver, madame, je vous appelle si vraiment j’trouve pas ») et des appels au secours nettement plus constructifs. Comme quoi les obstacles didactiques, parfois ça se surmonte à coup de motivation.

La consigne était de finir pour lundi. Mais j’ai eu peur que les élèves butent quand même sur des difficultés, alors aujourd’hui nous avons consacré les vingt dernières minutes de la séance à retravailler nos pavages. Sauf que cinq élèves avaient fini le leur déjà, et que pratiquement tout le monde avait bien avancé ! Mes élèves m’ont fait remarquer que je les avais sous-estimés (mais tout de même, quatre ou cinq avaient besoin d’aide), mais ils ont pu continuer à avancer, car c’est un gros gros boulot, quand même. Les plus rapides ont eu le droit de choisir un deuxième pavage (le premier avait été imposé en fonction du niveau de chacun), et ils auront un beau carré bleu d’objectif dépassé.

Maintenant, je vais ramasser tout ça lundi, vérifier que c’est bien, agrandir leurs productions et leur rendre. Ils devront trouver un ou plusieurs axes de symétrie et colorier en respectant ladite symétrie.

Je crois que je vais avoir un super beau mur hyper magnifique. Peut-être même que ma classe va être encore plus belle que l’Alhambra.

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Les stars de sixième 2

Pour les journées de l’APMEP à Nantes, j’avais filmé mes élèves de sixième, qui expliquent le principe maths et jeux de rôles. J’ai des tas de vidéos du coup, dont beaucoup sur leur ressenti par rapport à l’évaluation des compétences, et c’est intéressant aussi. mais je ne l’ai pas mis dans la vidéo pour Nantes, car le thème de l’atelier était Maths et JDR.

Mes élèves et leurs parents ont donné leur accord, alors les voici :

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Scientifique, littéraire, adjectifs non exclusifs.

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C’est la question posée par un article du Monde campus. Dans cette question, outre la sempiternelle question de la « suprématie » de la filière scientifique sur les autres, permet de réfléchir au terme de « valeur », appliqué à un individu…

Un jeune bachelier de la filière ES expose son point de vue, dans cet article : selon lui, il existe une « sacralisation » du bac S et des savoirs scientifiques.

Ce jeune homme semble d’abord s’étonner de la volonté de Sciences-Po « d’attirer des élèves aux profils diversifiés, notamment plus d’élèves « avec un parcours d’ingénieur, par exemple, ou de sciences dures », qui étaient pénalisés par la présence de ces épreuves. Des ingénieurs, des mathématiciens, des physiciens à Sciences Po ? Dans une école spécialisée en droit, sciences politiques, économie ou histoire ?« 

Heu oui, pourquoi pas ? Les bacs généraux demeurent assez… généraux. En S, on fait aussi de l’histoire, et pour peu qu’on soit un peu curieux on peut avoir développé des connaissances en sciences politiques, en économie… D’ailleurs alors on pourrait s’offusquer de l’accès de bacheliers L à sciences-po, puisqu’ils ne font pas non plus de sciences éco. Là, je ne suis pas du tout d’accord avec notre bachelier. Plus loin, il semble regretter que les prépas littéraires soient accessibles trop facilement aux scientifiques. Pour ma part, je trouve très bien que des bacheliers scientifiques puissent se lancer dans des études littéraires ; ce décloisonnement est plutôt rassurant. Il est regrettable en revanche qu’il n’existe pas davantage dans l’autre sens. Mais en effet c’est en S qu’on fait le plus de sciences, et l’accès aux connaissances scientifiques semble différent en terme d’autonomie des apprentissages. Il faudrait développer des passerelles, de vraies passerelles, vers les études scientifiques. Nous sommes d’accord là-dessus, l’auteur de l’article et moi.

Notre jeune bachelier fait le constat que la filière S est peuplée de non scientifiques. C’est vrai. Mais pourquoi pas ? Pourquoi faudrait-il absolument catégoriser les lycéens si jeunes ? S’engager dans telle ou telle filière, c’est choisir d’approfondir tel ou tel champ disciplinaire. C’est bien si cela ne rend pas cul-de-jatte dans les autres, non ?

« Quand j’étais lycéen, j’ai pu constater que la sacralisation de la filière S est intégrée par tous : élèves, parents et même certains professeurs. » Par tous, non. Par beaucoup, oui. Et c’est bien la filière S, pas le fait d' »être scientifique », qui est recherché. C’est en effet dommage, car il y a une sorte de déséquilibre. Là, nous sommes encore d’accord.

« Par-dessus tout, il faut se demander : pourquoi les S auraient-ils leur place partout ? Un bagage scientifique permet-il vraiment de s’adapter à n’importe quel domaine ? Un mathématicien aurait-il plus de valeur qu’un historien ou un artiste ?« 

Voilà de bonnes questions. A la dernière, évidemment non, et la question n’a même pas de sens car un individu n’a pas de « valeur ». Pourquoi les S auraient-ils leur place partout ? Le bac S est sans doute en fait le plus général. Et, comme je l’écrivais plus haut, un étudiant motivé peut bûcher pour acquérir une culture économique, littéraire, historique, mais plus difficilement scientifique, s’il est tout seul.

« Comme de nombreux étudiants que j’ai rencontrés au cours de mes études, je pense qu’il faut en finir avec l’admiration béate que l’on voue à la « rigueur », à l’« esprit de synthèse et de logique » qu’offre la filière scientifique, et valoriser à leur juste niveau les compétences diverses qu’offrent les autres filières.« 

Cette admiration de la rigueur, de l’esprit de synthèse, de la logique, n’a rien de béat. Ce ne sont d’ailleurs pas des qualités proprement scientifiques, et la filière scientifique n’est évidemment pas la seule à les développer. Et oui, valorisons toutes les compétences. Elles comptent toutes.

Je comprend l’amertume du jeune bachelier qui a écrit ces lignes. Je partage certains points de vue, mais l’excès tue la vérité.