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Voici venu le temps de faire le bilan

(Il faut lire le titre sur la musique de l’Île aux enfants, bien sûr)

Hier, j’ai terminé le programme en quatrième.

Lundi, je termine en sixième.

Et ça vaut mieux : je n’ai presque plus d’heures de cours avec mes classes, entre jours fériés, oraux du CAPES, formations académiques ou nationales, événements divers (l’oral du DNB, les modules de révision du DNB, le DNB…). Heureusement que j’ai planifié et ajouté autant d’heures que je le pouvais depuis décembre…

Bref, je vois le bout, et ça fait tout bizarre, comme chaque année. Je profite à fond des moments de classe, de mes élèves, et je fais le bilan. J’ai tout de même encore le temps de faire ce que j’aime beaucoup faire : une évaluation finale dans l’esprit de ma pratique. J’avais un peu oublié, en fait, mes toutes mes classes me l’ont réclamée, ce qui est fort bon signe par ailleurs : ils m’écoutent et voient l’intérêt de ce que je leur propose.

La semaine prochaine, mes élèves auront donc une évaluation-fleuve. J’ai préparé celle de quatrième, et elle contient une quinzaine d’exercices, dont la grande majorité sont des extraits d’exercices de DNB. Mais les élèves n’auront pas tout à faire : en une heure, ce serait mission impossible. J’ai repris leur bilan annuel de compétences, et j’ai sélectionné des exercices qui permettent de réinterroger une dernière fois ces compétences. Ainsi, je fais le choix des exercices qu’ils doivent traiter : surlignés en bleu, les exercices mobilisant les compétences non acquises. En jaune, les compétences fragiles. S’ils le souhaitent, ils peuvent traiter d’autres exercices, mais ils risquent de ne rien y gagner, ou peu. En revanche, pour les exercices en bleu et en jaune, c’est l’occasion de me montrer leurs progrès. Ils ont un sujet à leur nom, avec un choix d’exercices qui leur correspond individuellement.

Ce matin, j’ai projeté un bilan de compétences pour leur montrer comment j’allais raisonner, et comment à partir de leur espace Sacoche ils pouvaient cibler leurs révisions. Ils ont eu l’air très motivés ; on verra le résultat. Je mesurerai l’effet obtenu.

Evidemment, préparer tout cela m’a demandé pas mal de temps, et corriger me demandera pas mal de temps : c’est vraiment différencié, voire personnalisé, pour le coup. Mais je veux que jusqu’au bout mes élèves travaillent, cherchent à s’améliorer, s’impliquent, aient l’énergie. Alors je vais leur montrer l’exemple !

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Le Pliox, mon nouveau joujou

Dans le cadre d’une formation que je prépare, je me suis intéressée à un article de Claire Guille-biel Winder sur le Pliox.

Aujourd’hui, j’avais décidé de me lancer avec mes sixièmes. Ils ont dû, au club maths, plier leur papier coloré pour obtenir mon pliage, et ensuite m’expliquer et s’expliquer entre eux comment ils avaient procédé. Mon but était de les laisser se débrouiller, puis de poser avec eux un peu de vocabulaire (grand carré, centre, milieu, diagonale, médiane…) et de recommencer. L’effet est garanti et ils ont adoré et super bien joué le jeu. Que je leur ait expliqué que j’avais besoin de cobayes pour réfléchir a bien aidé.

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La semaine prochaine, j’essaie dans les classes de cycle 2 que je suis. Comme ça, j’aurai des productions et des captations pour ma formation.

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Le sphérique c’est fantastique

Voilà. J’ai fini ma première version d’une formation sur la géométrie que je dois animer en juin. J’y ai passé un nombre d’heures effrayant, j’ai lu plusieurs dizaines d’articles, j’ai travaillé avec quatre collègues chercheurs, utilisé tous les contenus récoltés dans l’année dans les classes des écoles, j’ai enquiquiné collègues et IPR… J’ai même infligé la présentation de la dernière partie à mon mari, histoire de voir si c’est intelligible : à force de bosser dessus, je me comprends, mais quelqu’un d’autre le peut-il ?

Mais j’ai un premier contenu, qui va pouvoir maintenant être discuté. J’ai réussi à le faire, entre prep de cours, prep de formations interdegré, copies, et malgré un joli mal de dos.

Je suis HS. Et ravie : j’adore la géométrie, l’enseignement et la formation. Alors déjà, de base, même si j’ai dépensé une énergie importante, je me suis régalée. Mais en plus, j’ai pu réinvestir ce que m’avaient appris Élisabeth Hébert, Christian Vassard et Guillemette Le Hir en formation il y a vingt ans, avec leur générosité et leur compétences extraordinaires : ils m’avaient fait découvrir la géométrie sphérique. Ils avaient agrandi mon univers, et je n’ai jamais oublié cette journée-là. J’attendais de pouvoir réinvestir tout ça.

C’est fait. Je suis très contente. En fait, peut-être cette (toute petite) partie devra-t-elle sauter, car ce n’est qu’une proposition qui va être discutée. Mais de toute façon, j’ai passé un bon moment à remettre tout ça en ordre dans ma tête, à me replonger dans les démonstrations, à radiographier cette géométrie magnifique et inhabituelle dans mon quotidien tellement euclidien.

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« Il y a des mots qui ne se disent pas, même pour rigoler »

Un rapport est paru, relayé par le Café Pédagogique, qui « présente en la matière plusieurs témoignages, affligeants et édifiants. Il analyse aussi les processus qui, à l’Ecole, mènent à la haine. (…) Dans une société encore très hétéronormée qui ne reconnaît que deux sexes et rejette l’idée de non-binarité, les LGBTphobies frappent celles et ceux qui ne correspondent pas à l’image attendue« .

La campagne du ministère de l’Education Nationale est là, avec des témoignages de jeunes.

Et nous, enseignants, nous nous devons en effet d’être clairs et attentifs. « Pédé », c’est un mot qui ne se dit pas, point. J’ai quelques élèves qui ont bien du mal à l’assimiler. Je crois qu’un nouvel affichage va venir habiller ma classe.

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Les élèves présentéistes

Aujourd’hui, en formation, j’ai appris un mot que j’ignorais : le présentéisme. Cela s’appliquait à des élèves : un collègue évoquait son problème avec les « élèves présentéistes ».

Un élève présentéiste est un élève présent physiquement en classe, alors que son état physique ou psychique, ou sa motivation, ne lui permettent pas d’être actif au sens pédagogique. L’élève présentéiste, si j’ai bien tout compris, n’est pas un  élève qui glandouille occasionnellement. Ce n’est pas non plus « juste » un élève qui ne fait pas ses devoirs. Un présentéiste, c’est un élève qui ne s’engage pas, au sens jamais. Un élève qui occupe un siège mais n’apprend pas, car il n’entre pas dans la tâche.

Sur le coup, le fait qu’on étiquette ce modèle d’un mot spécifique m’a fait sourire. Je me suis dit qu’on avait trouvé encore une nouvelle manière de jargonner. Mais en y réfléchissant, même si « présentéiste » est un néologisme vraiment pas beau à mes oreilles, il a deux mérites : être neutre (cela évite l’ironie ou le mépris immédiats, par exemple) et pointer un réel problème doublé d’un scandale. Le problème est la souffrance de l’enfant concerné. Un enfant sans flamme, sans énergie, sans mouvement, c’est dramatique et intolérable. Et le scandale, justement, c’est qu’il soit possible de vivre sa scolarité en en restant extérieur, parce qu’un présentéiste non agité n’est pas dérangeant.  Notez bien que je reprends cette remarque à mon compte : sous la mitraillette des questions et des sollicitations des élèves actifs, avec en prime quelques jeunes qu’il faut canaliser et d’autres qu’il faut relancer ou soutenir, je sais que parfois je vole d’élève en élève mais que j’en abandonne un autre, endormi intellectuellement. Par manque de disponibilité, par manque de la bonne idée pour le faire s’éveiller, par faiblesse sans doute. Pourtant je le sais, j’en suis tout à fait persuadée, nos élèves ne sont pas là pour le principe, mais pour apprendre et de ce fait mieux grandir, bien grandir. En même temps, agir efficacement en temps réel pour tous n’est pas humainement possible. Mais alors il faut veiller à s’occuper d’eux en aval, si ce n’est ni en amont ni sur le coup.  En tout cas le propos du collègue qui en parlait était bien celui -ci : il ne pouvait pas se contenter d’élèves « présentéistes ».

Et puis cette idée de présentéisme est intéressante aussi en lien avec ce qu’est l’activité de l’élève. Être actif, ce n’est pas accomplir une tâche sans réfléchir. Copier ce qui est écrit au tableau sur son cahier, tracer un tableau, coller une feuille, ce n’est pas de l’activité. C’est de l’occupationnel. Pour autant, il y a évidemment des moments d’occupationnel en classe, parce que cette feuille, il va bien falloir la coller. Mais c’est un moyen, pas un but.

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