A l'attaque !·Actualité·Apprendre·Chez les cadres·Chez les chercheurs·Enseignement supérieur·Lire

Les systèmes d’accès à l’enseignement supérieur comparés

Sur Eduveille, Laure Endrizzi propose un article qui fait réfléchir aux conditions de poursuites d’études dans l’enseignement supérieur :  » Les systèmes d’enseignement supérieur les moins sélectifs sont aussi les moins performants « . Voilà un titre choc !

Laure Endrizzi replace d’abord tout ceci dans son contexte et propose un rapide état des lieux. Puis elle nous présente un nouvel indicateur de l’OCDE (la liste des indicateurs est ) :  » l’indicateur D6 examine les critères nationaux de candidature et d’admission dans l’enseignement tertiaire, cherche à évaluer la part jouée respectivement par l’« exécutif central » et par les établissements dans les régulations opérées, et à caractériser le degré de sélectivité des systèmes. »

La Commission européenne propose de son côté une autre grille de lecture, qui débouche sur « une typologie à quatre entrées :

  • type 1. sélection opérée en amont (par les lycées) : Allemagne, Belgique, Danemark…
  • type 2. sélection opérée en aval (par les EES) : Finlande, Portugal…
  • type 3. sélection minimale (ni par les lycées, ni par les EES) : France, Grèce, Irlande…
  • type 4. sélection double (de la part des lycées et des EES) : Norvège, Espagne, Royaume-Uni… »

Laure Endrizzi conclut clairement :  » l’analyse de l’impact de ces différents modèles est sans appel : (…) moins la sélection est forte, plus les étudiants risquent de ne pas obtenir de diplôme et d’être confrontés au chômage. » Je vous conseille cependant de ne pas vous contenter de ces extraits et d’aller lire l’article initial, car il est plus détaillé et son propose est plus complexe.

La conclusion de l’article :  » Rien d’illogique à ça, somme toute. Mais c’est sans doute la première fois qu’une analyse comparée met en évidence ces phénomènes. Du grain à moudre pour les décideurs et les cadres du système ? Sans doute, mais ça va être dur de convaincre les intéressés et leur famille… »

Pas seulement, à mon avis.

A l'attaque !·Actualité·Apprendre·Chez moi·Evénement·I'm not dead·Je suis fan·Quel beau métier·Tous ensemble !

Les journées nationales : échauffement

Je suis arrivée à Nantes hier. Le choc a été brutal : après une pause dans la maison de Julien Gracq avec une visite individuelle, une promenade le long de la Loire, avec juste le chant des oiseaux et l’odeur des arbres, voici la rue des Petites écuries et ses restaurants agrippés les uns aux autres, dans le tumulte de la soirée, le crissement du tram, le grondement des avions, le vacarme de la nuit… J’ai des petits yeux.

Mais ce n’est pas grave (enfin, si je dors les nuits à venir… Sinon mes ateliers vont prendre l’eau !) : j’ai des tas de projets. D’abord, aller visiter le château tout juste voisin, voir l’exposition colombienne, et puis aller joyeusement ensuite à l’ouverture des journées, avec sa première conférence :

Capture d’écran 2017-10-21 à 08.16.40.png

Là-bas, je vais retrouver des collègues que je connais et que je n’ai pas le plaisir de rencontrer si souvent. Je vais aussi retrouver des collègues que je ne connais que numériquement, et que je n’ai jamais rencontrés. Je vais être parmi des passionnés, des joyeux, des enflammés, des discrets aussi, et en tout cas des profs de maths qui consacrent leur premier weekend de vacances à échanger autour de leur métier. C’est pas beau, ça ???

AfficheJN_Nantes.jpg

En attendant de partir en vadrouille, je vais commencer par trier mes documents pour les ateliers.

A l'attaque !·Apprendre·Décrochage·Formation·Mes projets·Pour mes étudiants·Question de grand·Tous ensemble !

En nos troubles

Alors que mon collège baigne en eaux troubles et est fermé le temps de sécher, je récupère deux heures… Or un de mes collègues stagiaires m’a demandé des ressources sur les TDAH, les troubles liés à un déficit de l’attention et à l’hyperactivité. J’ai commencé par farfouiller dans les ressources qui remplissent mes disques surs, mais tout cela datait, et c’est typiquement le genre de domaine dans lequel les connaissances évoluent rapidement. Alors j’ai cherché et je suis tombée sur ce documentaire, que je trouve intéressant. Le découpage en chapitres fait qu’on peut le regarder à son rythme.

Capture d’écran 2017-10-16 à 07.29.50.png

Dans la rubrique collège, je vous conseille cet onglet :

Capture d’écran 2017-10-16 à 07.32.51.png

Le site propose un compte-rendu de conférence de Michel Lecendreux, qui date… de 2005, mais résume bien pour ceux qui voudraient savoir ce que recouvrent les TDAH. Michel Lecendreux explique que l’hyperactivité n’est pas un mythe : c’est une réalité, un trouble neuro-développemental avec en son centre l’inattention. Il se caractérise par des symptômes, non significatifs en eux-mêmes, mais qui sont « en excès », que ce soit à la maison, à l’école ou dans les activités de loisirs. Les garçons sont plus concernés que les filles par l’hyperactivité.

Dès la crèche, on remarquera chez ces enfants des troubles du sommeil, une mauvaise tolérance à la frustration, de l’agressivité.Généralement, c’est à l’entrée au Cours Préparatoire que le diagnostic est posé, et il s’assortit souvent de troubles des apprentissages du calcul ou de la lecture (dyscalculie, dyslexie).

Pour être diagnostiqué de TDAH, l’enfant doit présenter au moins 8 symptômes pour l’inattention, 3 symptômes pour l’impulsivité, 6 symptômes pour l’hyperactivité. L’aspect chronique, répétitif, des comportements est très important. En fonction de l’âge, les symptômes vont évoluer.

Les hyperactifs sont des enfants qui dérangent ; ils sont bruyants, instables. Ils n’ont pas conscience, pour autant, de la gêne qu’ils provoquent chez les autres. Leur motricité excessive, propre à l’hyperactivité, risque de les mettre en danger. A l’adolescence, 
l’abus de substances nocives est fréquent, de même que les troubles anxieux (de l’ordre de 25 % des enfants hyperactifs seraient concernés), ainsi que la dépression, ou, à tout le moins, la faible estime de soi.

Du point de vue des recommandations aux enseignants, ce qu’on nous conseille correspond à ce dont tous les enfants ont besoin : une attention personnelle, des rappels à la règle, des sanctions si ces règles ne sont pas tenues. C’est sans doute encore plus important avec un enfant TDAH : l’attitude positive inconditionnelle, la priorité accordée aux images pour illustrer le cours, la nécessité d’établir fréquemment un contact visuel (« regarde-moi ! »), de s’approcher régulièrement de lui et de l’encourager, afin de canaliser son attention (lui toucher l’épaule de manière bienveillante, par exemple), d’obtenir un « oui » de validation de sa part après une remarque de l’enseignant (mieux vaut, dans tous les cas, un « non » sur lequel l’enseignant va pouvoir travailler, qu’un faux « oui »), etc.

Le site possède une déclinaison pour l’école :

Capture d’écran 2017-10-16 à 07.47.29.png

Sur Eduscol, on trouve aussi des ressources.

Capture d’écran 2017-10-16 à 07.51.52.png

L’académie de Paris a publié ce document, court et clair :

Capture d_écran 2017-10-16 à 07.55.03

Une vidéo fort québécoise :

Ici, vous trouverez un document belge spécifiquement destiné aux enseignants :

Capture d’écran 2017-10-16 à 08.01.19.png

Et puis pour finir, un document qui aborde tous les aspects quotidiens de la question, de façon un tantinet psychédélique, mais qui apporte encore d’autres éléments pratiques :

Capture d’écran 2017-10-16 à 08.08.32.png

Au final, j’ai bien envie de me pencher sur un module « attention » que je pourrais tester au collège, dans le cadre du décrochage au sens large, puisque j’en suis la référence dans mon établissement. Et cela pourrait aussi donner une formation, si je collecte et j’illustre suffisamment de propositions concrètes.

A l'attaque !·Activité rigolote·Actualité·Allez les jeunes !·Au collège·Chez les élèves·Chez les parents·Evénement·Je suis fan·Mes projets

Les journées de Nantes

Ca approche… La semaine prochaine, je serai en train d’animer un atelier, à cette heure-ci. Je dois mettre la dernière main à un de mes diapos, mais j’ai réussi à finir le montage du film de mes élèves hier, pour l’un des ateliers. Je suis très contente du résultat, et mes élèves ont été absolument super. Ils ont tout compris, et sont d’une bonne volonté touchante pour me rendre service en témoignant. Ainsi que leurs parents, qui ont accepté que leurs enfants soient filmés et que le résultat soit diffusé et mis en ligne. J’ai même des enregistrement en plus pour illustrer les compétences vues par les élèves, pour de futures formations.

J’ai hâte de leur montrer, à mes élèves, en avant-première !

Alors les jeunes, vraiment,

Unknown

A l'attaque !·Allez les jeunes !·Chez les élèves·Dans les copies·Evaluer·Sixième

L’exo 78

J’ai donné un exercice à rédiger à la maison à mes élèves de sixième. La plupart ont essayé de justifier un peu, mais je suis tout de même surprise des disparités… Exemples :

Capture d_écran 2017-10-11 à 19.02.05

Capture d_écran 2017-10-11 à 19.01.50

Capture d_écran 2017-10-11 à 19.01.46

Capture d_écran 2017-10-11 à 19.01.40

En même temps c’est habituel, la résistance des élèves à justifier. Mais il me semble que j’insiste beaucoup, voire que je suis franchement lourde avec ça. Je pense qu’il s’agit d’un défaut de motivation pour certains, qui ont la flemme d’écrire et de réfléchir pour expliquer, et d’un défaut de maturité pour d’autres : exposer sa démarche de façon intelligible, c’est difficile.

Nous allons en parler demain…

A l'attaque !·Actualité·Chez les chercheurs·L'éducnat·Tous ensemble !

« La bombe à retardement des compétences »

Un ami m’a signalé cet article, dans La Tribune.fr. Pour un enseignant, c’est un titre accrocheur, qui réjouit ou fait froid dans le dos, mais qui fait réagir. Et pourtant, il n’est pas du tout question ici des compétences telles que nous les entendons professionnellement. Ahaaahaaa, avouez que vous vous êtes fait avoir.

Capture d’écran 2017-10-08 à 15.26.02.png

L’auteur de cet article, Vikas Pota (directeur général de la Varkey Foundation, « un organisme philanthropique à but non lucratif créé par Sunny Varkey, qui travaille à construire un avenir dans lequel un enseignement de qualité sera à la portée de chacun »), s’inquiète : « le système éducatif a fort à faire pour créer une population de jeunes plus actifs, compétents et flexibles. » Elles sont là, les compétences du titre.

Et monsieur Pota s’inquiète :

  • Les dépenses de la France sont inférieures à la moyenne par élève dans l’éducation primaire ;
  • La part des dépenses consacrées à l’éducation par rapport aux dépenses totales n’est pas folichonne ;
  • Il existe relativement peu de dépenses ou de financement privé consacrés à l’éducation française
  • Le nombre d’enfants par classe en France a légèrement augmenté ces dernières années, alors qu’en moyenne dans l’OCDE, il a légèrement diminué.
  • Le nombre d’enseignants par classe en France est bien inférieur à la moyenne de l’OCDE.
  • Même si le salaire des enseignants est légèrement plus élevé que la moyenne de l’OCDE par rapport à celui de travailleurs d’instruction similaire, les salaires de départ de chaque type d’enseignant étaient moins importants que la moyenne de l’OCDE.

 » L’image globale dépeinte par ces marqueurs est que l’éducation n’est pas prioritaire. (…) Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’enseignement n’est pas particulièrement valorisé par la population dans son ensemble (…) (en 2013 le statut des enseignants en France était légèrement inférieur à la valeur médiane dans les pays examinés) »

 » Il est impossible de créer un excellent système éducatif sans des enseignants motivés, correctement formés et récompensés de manière juste. Pour que la France réussisse dans un monde automatisé et relève le défi qui s’y rattache, elle aura besoin de capital humain. C’est la manière dont elle traite ses enseignants qui déterminera, à terme, si le pays pourra surmonter les difficultés à venir. »

Hé bin c’est pas gagné.