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Des pastèques CUBIQUES

Mes enfants étaient surpris : comment ça maman, tu ne connais pas ? Hé bien non, mes loulous, cela m’a échappé. Il est des choses incontournables qui m’échappent. Mais si ils m’ont signalé la chose, c’est pour me dire que tout de même, c’est un honte : on ne dit pas carrée, puisque cela s’applique à un solide. Ils sont bien éduqués, mes enfants.

 

Je lis donc, sur le lien qu’ils m’ont donné :

Des maraîchers japonais produisent des « pastèques carrées ».

Dans l’article, on lit que déjà en 2013, 400 pastèques cubiques avaient été mises sur les marchés japonais, russes ou encore canadiens. Mais en fait, la tradition est vieille d’environ 40 ans. C’est l’exportation qui est plus récente.

Le côté des pastèques-cubes mesure dix-huit centimètres. Les fruits sont juste mis dans un gabarit en plastique, au cours de leur maturation, et contraints par ce moule à devenir cubiques. Ces pastèques cubiques ne se mangent pas : leur conférer cette forme oblige à les cueillir trop tôt pour pouvoir être consommées. Et elles coûtent jusqu’à 300 fois le prix d’une pastèque sphérique, mais plus généralement autour de 50€.

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Pourquoi la provocation du MEDEF est infantile

Vous avez sans doute vu passer ça :

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Evidemment, toute la communauté éducative, et pas seulement, a réagi vigoureusement.

Après la colère, l’indignation, le sentiment d’injustice, réfléchissons. Que dit ce tweet ?

  • Provocation

Aspect provocant de ce tweet est évident. Mais qu’est-ce que la provocation ? Chez l’adolescent, la provocation est une étape assez classique : parce que l’adolescent lutte ou a quitté l’enfance mais n’est pas encore ancré dans l’âge adulte, il manque de repères. La peur du vide le plonge dans une solitude telle qu’il va chercher à combler par la provocation. Ainsi, l’enfant mesure son pouvoir sur l’adulte.

Peut-être le MEDEF traverse-t-il sa crise d’adolescence ? Il faudrait alors lui expliquer que la « crise d’adolescence » n’est pas un passage obligé. Contrairement au MEDEF, la majorité des ados vont bien et s’en dispensent. Sur qui le MEDEF essaie-t-il de mesurer son pouvoir ? Je l’ignore.

  • Lâcheté

Dans la vidéo de peudo-excuses, le patron du MEDEF parle de courage. Pourtant, le Medef a tweeté ce slogan sur son compte avec le hashtag #MaBlagueNulle. Se cacher derrière un soi-disant « humour nul » me semble très enfantin, du type : naaaaan mais c’est pour rire, le prends pas comme ça, c’est de l’humour, rholala t’a pas le sens de l’humour ou quoi ? Un minimum aurait été d’assumer vraiment et de ne pas qualifier ce tweet de blague. Et puis cet air faussement cool ne donne pas non plus une impression de sens des responsabilités.

Le fait de présenter des excuses est également dépourvu de courage. Ce message a forcément été réfléchi. Son but premier était sans doute de provoquer ; alors pourquoi s’excuser ?

  • Manipulation

Revenons sur l’idée de « provoquer le débat ». C’est souvent une bonne idée, de débattre. Mais encore faut-il que ce débat soit organisé. Nous, enseignants, le savons : organiser un bon débat impose d’y réfléchir avec soin : il faut définir rigoureusement son objet (avec objectivité, et non en agitant des représentations irrationnelles ou en se limitant à un pavé dans la mare des polémiques). Il faut réfléchir par avance aux arguments des uns et des autres, et poser une question. On ne pose pas un débat en assénant une affirmation unilatérale. Il faut encore réfléchir à la façon dont le débat va se dérouler : gérer les prises de parole, organiser le temps, savoir limiter cette parole lorsqu’elle part en roue libre ou déborde sur d’autres sujets, ou lorsque sa forme n’est pas respectueuse des participants. Enfin, il faut réfléchir à l’institutionnalisation : que ce débat nous a-t-il apporté ?

Dans le cas qui nous occupe, aucun des éléments d’un débat constructif n’apparaît. C’est bien juste une provocation, pas une volonté d’échanger pour construire. Cela s’apparente davantage à de la manipulation, d’autant que comme on l’a entendu dans des médias, « le mal est fait » ; cela m’a fait penser aux questions des avocats à un témoin, dans les séries télévisées, dont ils savent qu’elles vont être objectées (j’ignore si dans la « vraie vie » il en est de même). Le but, c’est de distiller dans l’esprit des jurés des doutes infondés, des représentations subjectives, souvent basées sur des sentiments mesquins et négatifs, pour servir ses intérêts.

  • Diviser pour … pour quoi, en fait ?

A quoi sert cette tentative de manipulation ? A diviser. Opposer des groupes de personnes, de citoyens, se rejeter les uns les autres par le biais de raccourcis effrayants. Pourquoi ? J’avoue ne pas comprendre. Pour détourner l’attention d’autres questionnements ? Pour se rapprocher d’une partie de la population, et créer une opposition d’un côté qui fédère un autre groupe (on désigne un bouc émissaire pour se sentir en collectif contre lui, c’est souvent observé en cour de récré) ? Pour faire parler, simplement ?

De même que je suis pour le collège unique, je rêve de la France unique. Celle où nous assumons de vivre les uns avec les autres, sans catégoriser et étiqueter. Tous différents, tous ensemble, tous en France. C’est pas gagné.

  • L’éducation, c’est quoi ?

Ce n’est pas ainsi que l’on éduque. Le message du MEDEF n’est pas constructif. C’est un contre-exemple au slogan « éduquer mieux, former toujours ».

 

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Afficher des maths

Cette année j’enseigne aux professeurs des écoles stagiaires. C’est la première fois et j’ai beaucoup réfléchi, cet été et ensuite aussi, pour élaborer des contenus qui soient en même temps solides du point de vue des contenus mathématiques et utiles, en prise avec la réalité de mes jeunes collègues.

Une de mes ambitions est de les sensibiliser à l’affichage : c’est important, en primaire, l’affichage. Mais il faut le réfléchir, lui donner du sens, le rendre utile, lui aussi. Alors plutôt que de me borner à inciter mes étudiants à y réfléchir, j’ai décidé de résumer un ou deux points qui me semblaient importants, après chaque séance, par un affichage. Evidemment, le mien est à destination d’adultes, ce qui change pas mal de choses. Mais pour ma première fois aujourd’hui, j’ai réfléchi autant que je l’espérais, je me suis posé des tas de nouvelles questions, et c’était assez compliqué au final (sans compter la réalisation concrète..)

Voici ce que cela donne :

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J’ai visé plusieurs objectifs, mais j’ai dû faire des choix, et donc renoncer, aussi :

  • Une affiche plutôt sur les pratiques, une plutôt sur l’organisation pédagogique ;
  • pas trop de choses, pas trop de mots ;
  • des références sans explications à ce que nous avons étudié ensemble ;
  • des focalisations sur le coeur du métier, comme « susciter l’intérêt » ;
  • des précisions à ce qui n’est peut-être pas clair (une progression sur les nombres, en trois mots ; je me suis creusé la tête, pour ça) ;
  • des illustrations et des collages (j’ai collé des bouts de blocs logiques) pour transmettre l’idée de diversification ;
  • le lire-écrire-parler mis en évidence, en maths aussi !!!
  • et j’ai essayé de transmettre l’envi, la pêche, le peps, le sourire, l’énergie…

Alors maintenant, je veux bien des avis, des critiques, des remarques, des idées.

Actualité·L'éducnat

Le RRS de la DEPP et de la SD-SIES, par l’OZP… Comment ça ce n’est pas clair ???

L’OZP signale aujourd’hui la publication annuelle de la DEPP et de la SD-SIES, Repères et références statistiques, qui réunit toute l’information statistique disponible sur le système éducatif et de recherche français. C’est un pavé, mais organisé, et on peut donc y trouver ce qu’on cherche plus précisément. Scolarisation des élèves en situation de handicap, élèves allophones, typologie des enseignants, questions de budget, poursuite d’études, tout y passe.

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On y trouve aussi l’explication de tous ces acronymes qui rendent incompréhensibles les conversations de profs aux non initiés. Ce serait une bonne idée d’ailleurs de tout regrouper dans un glossaire, et pas seulement d’expliquer au fil de l’eau.

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etc.
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Fonctionnaire

7h – les enfants et nous débarrassons la table du petit déjeuner. J’ai un quart d’heure pour réviser mes cours de la journée et sortir le linge de la machine.

7h20 – je pars avec notre benjamine pour le collège.

7h35 – arrivée au collège, j’allume l’ordi, je vérifie les photocopies, je lance les logiciels, je découpe les bilans d’évaluation des compétences, je vérifie que les vidéos fonctionne et que les enceintes aussi, je pointe les documents pour l’organisation de l’aide aux devoirs et les assurances.

7h55 – ding dong ding ding, je vais chercher les élèves dans la cour.

9h – on a bien travaillé : proportionnalité, échelles ; j’ai dû me fâcher un peu pour que les pioupiouteurs se taisent, même si ils travaillent bien, mais mes objectifs du jour sont tenus. La classe suivante entre.

10h – ramassage de paperasses, vérification du travail, grosse colère et mot dans le carnet, numération shadok et exercices de numération positionnelle ; il ne nous reste que le problème ouvert à traiter, parfait pour mercredi avec les deux heures d’affilée. C’est la récré, le moment de remplir le cahier de textes, de sélectionner des fiches facultatives pour les élèves qui m’en ont demandé, de rédiger un mail aux collègues pour avertir des difficultés particulières d’une élève.

10h45 – j’ai fini de photocopier la séquence suivante.

11h – je prends plein de matériel dans ma classe pour illustrer le théorème de Pythagore avec les étudiants professeurs des écoles cet après-midi. Je charge la voiture.

11h20 – entretien avec un élève non lecteur, et évaluation de son niveau.

11h45 – je passe voir une collègue et je lui donne un coup de main pour sa première utilisation de Sacoche.

12h15 – déjeuner (luxe quotidien cette année… Cela fait partie de mes bonnes résolutions)

12h45 – Je file à l’ESPE

13h – mon matériel est installé, tout fonctionne, mes documents sont prêts. Je téléphone à un collègue qui veut faire le point sur l’enseignant stagiaire qu’il accompagne. L’entretien est productif, je suis contente.

13h15 – je téléphone à un autre stagiaire, en difficulté. J’équilibre mon discours pour le regonfler tout en le faisant prendre conscience des difficultés qu’il rencontre et des solutions possibles. Je ne sais pas si j’y parviens.

13h30 – début de mon premier cours avec les M1 professeurs de écoles. Je suis tendue : je ne veux pas me louper, je veux que ça pulse et qu’ils se sentent motivés. Mais j’ai tant de contenu pour si peu de temps ! Rythme très soutenu, son et lumière pour donner la pêche et l’envie de faire des maths. A fond à fond. Je suis plutôt satisfaite, et ils ont super bien avancé.

15h30 – j’ose la pause pipi, soyons fou, et j’y retourne nous le deuxième cours. A fond à fond aussi, voire plus : ils sont fatigués, c’est leur quatrième cours de deux heures de la journée, après SVT-techno-français. Les « déjà??? » lorsque j’annonce la fin me font plaisir. Les jeunes ont des questions, certains restent un peu, ce qui est bon signe. Ils sont partis et je me sens comme groggy.

17h30 – quelques mots échangés avec un super collègue, et il part en courant en me disant qu’il a encore des choses à faire. Je comprends ; passage à l’administration pour régler des problèmes informatiques.

18h – retour à la maison. Mon mari me dit « Aujourd’hui j’ai demandé ce que c’était un fonctionnaire. Bin dans les deux classes j’ai eu « C’est quelqu’un qui ne fiche rien de sa journée » ! »

Si j’avais le temps, je râlerais ou je déprimerais trente secondes. Mais il faut que je réponde aux 29 mails de la journée, que je prépare mes affaires pour demain, que je pointe mon agenda, que je réfléchisse à un conducteur de formation sur la différenciation et que je montre aux enfants qu’ils ont des parents, que je prépare à manger, et puis je vais écrire un article, tiens. Comme j’ai bien travaillé samedi et dimanche, je n’ai pas de retard, c’est bien. Mon agenda me promet de ne pas m’ennuyer cette semaine, ce mois-ci, cette année…

« C’est quelqu’un qui ne fiche rien de sa journée » …

Au final, ça ne m’agace même pas. L’erreur ne doit jamais agacer.

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Chez moi·Evénement·Expo de maths·Je suis fan·Lire

C’est lourd, la culture !

Aujourd’hui, c’était la 18ème édition de Quai des livres, un grand déballage de bouquins en tous genres. Pas question de le rater : nous y sommes tous les ans. Cette année encore, nous avons fait une belle moisson. Côté boulot, c’était mon année premier degré (entendez par là que je cherchais des livres pour mes séances de maths auprès des futurs professeurs des écoles).

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J’ai dégotté pour trois francs six sous

  • des livres pour illustrer ce qu’on peut faire et ce qu’il ne faut surtout pas faire dans le champ de la numération (Jouons avec les nombres est un magnifique contre-exemple de bonnes pratiques),
  • un livre sur les formes
  • deux jeux avec tout plein de matériel pédagogique sur la numération également, que je vais détourner pour mes projets.

Et le tout sans que le ciel ne nous tombe sur la tête !

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L’honneur de l’esprit humain

Aujourd’hui j’ai trouvé dans ma boîte mail une belle citation, en réaction au « fameux » exercice de Nathan qui défraie la chronique :Unknown

Dans une lettre du 2 juillet 1830 adressée à Adrien-Marie Legendre, Carl Gustav Jakob Jacobi (mathématicien allemand de la première moitié du XIXème siècle) écrit :

« M. Fourier avait l’opinion que le but principal des mathématiques était l’utilité publique et l’explication des phénomènes naturels ; mais un philosophe comme lui aurait dû savoir que le but unique de la science, c’est l’honneur de l’esprit humain, et que sous ce titre, une question de nombres vaut autant qu’une question du système du monde. »

Merci Catherine pour ce partage !