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Insanus calculus

Mon amie Laurence est très productive, et elle aime autant rendre service que faire progresser les élèves. Du coup, même si elle est prof de SVT, elle cogite, écoute les besoins et mitonne des outils mathématiques (entre autres). Par exemple, elle m’a fabriqué des parallélogrammes articulés, un géométrix qui me permet d’illustrer super bien les rotations, et le translator pour illustrer les translations. Ici, il y a un article qui montre les deux derniers outils, si cela vous dit.

Et là, nous sommes allés dîner ensemble et paf, Laurence m’a donné sa dernière production : un jeu de calcul, Insanus Calculus. Tout beau, en couleur, plastifié, dans des petites boîtes et tout. Trop chouette.

Alors voilà. Il y a des cartes orange, vertes et bleues. Les oranges sont les cartes objectif. Chacun en pioche une en début de partie. Les cartes vertes sont les cartes symboles opératoires, et les bleues sont les cartes nombres et pouvoirs. À chaque tour on pioche une verte et une bleue.

Moi, j’avais 71. Le fils de Laurence a décidé qu’il fallait des nombres premiers supérieurs à 23, comme cartes objectifs. Pourquoi pas en effet ? En en discutant, nous nous sommes dit que des cartes-nombres plus petits seraient bien pour pouvoir utiliser davantage des symboles divisions. Mais il ne faut pas des cartes qui résultent des tables d’addition. Nous visons donc des nombres premiers encore, ou des nombres du type 22, car les cartes bleues vont de 1 à 10.

À son tour, le joueur actif pioche donc ses deux cartes et en pose deux, également une bleue et une verte. Il peut poser des cartes pièges sur des cartes adverses, qui transforment les opérations trait l’une en l’autre, ou les opérations point l’une en l’autre (à l’allemande : Strichrechnungen + et –, et Punktrechnungen, · et :). Il y a aussi des cartes qui obligent à poser des cartes nombres de valeur inférieure à 5, et les antidotes associés.

Et donc on combine le fait d’atteindre son résultat et le fait d’enquiquiner ses camarades. Le principe est proche du mille bornes, apparemment (je n’ai jamais joué au mille-bornes…).

Hier, ça a bien marché. Les parties sont courtes et on peut utiliser la nature des cartes comme variable didactique : enlever les divisions, alléger les pièges par exemple.

J’aimerais bien que Laurence me fasse plus de cartes nombres, pour les cas où j’allège justement les pièges. Je voudrais aussi des cartes-objectif plus petites, et aussi des parenthèses. Ce serait super car je pourrais faire bosser les priorités. Ou pas, si je les exclus du jeu. C’est ça qui est super : selon le choix de nature de cartes, on s’adapte à l’objectif pédagogique. Nous allons aussi réfléchir à l’introduction d’autres nombres, comme une version fractions.

Il paraît qu’on a les amis qu’on mérite… C’est flatteur… 🙂

 

A l'attaque !·ça m'énerve·Coup de fatigue·L'éducnat·Zut.

Le cauchemar des états de frais

En général, je m’applique à rester discrète sur ce champ, mais là, aujourd’hui, j’en ai FURIEUSEMENT ras le bol. J’ai trois articles à écrire, un bouquin à organiser, ma mission de l’année prochaine à penser, mes cours à améliorer, j’ai besoin de temps pour me reposer aussi, et sur quoi ai-je passé des heures ces derniers jours ? Sur les dossiers de remboursement d’état de frais.

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Alors déjà c’est lourd en académie, mais au moins je sais comment ça fonctionne et ça tourne. Même si les remboursements mettent des semaines à arriver, c’est lisible et suivi. Je connais  les personnes du rectorat qui gèrent ça, j’ai confiance en elles et je sais quelles sont leurs difficultés. Cela dit, ce sont leurs sous-effectifs, l’inadéquation grotesque du logiciel, la lourdeur risible des démarches nécessaires (de mon côté, du leur) qui rendent tout ça affreusement long. Il nous arrive, à nous formateurs, d’attendre des remboursements de plusieurs centaines d’euros pendant des mois (il y a un moment, j’ai attendu des remboursements pendant un an et demi. Un problème de logiciel…). Ça fait un trou dans le compte bancaire, et c’est comme ça et c’est tout.

Mais cette année, j’ai effectué des déplacements hors académie huit fois. Là, bienvenue chez Ubu. Je n’en suis qu’au dossier de remboursements : même pour ceux envoyés depuis quatre mois, aucun signe de virement bancaire.

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Côté extra :

  • Il y a les académies qui ne demandent rien du tout valident le dossier.
  • Il y a les académies qui réservent le train elles-mêmes, et le formateur n’a rien à payer pour se déplacer.
  • Il y a les académies qui réservent l’hébergement, et le formateur n’a rien à payer pour se loger. Le luxe.

Côté perfectible :

  • Pour être sympa j’ai tout mis au pluriel au-dessus, mais croyez-moi, c’est de la pure bienveillance.
  • Il y a les académies qui n’envoient rien de rien et après vous reprochent de ne rien avoir envoyé de ce qu’ils ne vous ont pas transmis. J’adore.
  • Il y a les académies qui vous demandent une attestation de présence, alors que vous êtes le formateur. Je pourrais sans doute comprendre en faisant un effort, mais ça m’agace de devoir prouver que j’étais là alors que je suis venue pour travailler.
  • Il y a les académies qui vous demandent tellement de documents que vous avez envie de laisser tomber. C’est peut-être fait pour, d’ailleurs. C’est votre découvert qui vous motive : photocopie de la carte d’identité, de la carte vitale, du livret de famille (!!!), RIB, originaux de toutes les dépenses (c’est logique, mais quand la poste ou le rectorat perd les documents, c’est fichu, puisqu’une photocopie ne suffit pas), tickets de métro, autorisation de cumul (ok), autorisation du chef d’établissement, fiche de rétribution, fiche de renseignements, et le mieux du mieux : la convocation. Dans une académie, je ne l’avais pas. Le dossier m’a été retourné, avec mention « convocation manquante ». J’ai écrit : je ne l’ai pas. Le service m’a répondu gentiment : pas grave, on vous l’envoie pas mail. J’ai re-répondu : vous pourriez peut-être la garder, du coup ? On m’a re-re-répondu : ah non, il faut que vous nous la renvoyiez. Ils n’y peuvent rien, ceux et celles qui traitent les dossiers : c’est ce qu’on leur demande.

Je rirais bien, mais en fait j’en ai vraiment assez de ce système. Je me tais, habituellement, pour ne pas avoir l’air de cracher dans la soupe. Mais quand même, c’est juste d’être remboursée de ce qui m’est dû, que je demande ! Et que chaque académie fonctionne différemment, qu’il soit exclu que mon numen, mon affectation, ma fiche de renseignements soient mutualisables entre académies me stupéfie. Sur ce plan, elle a quoi de nationale, l’Éducation ?

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Bon, parfois ça marche et ça évolue bien, aussi. Exemples :

  • Les seuils de remboursement ont été augmentés par le ministère, ce qui permet de ne pas choisir une seule chambre d’hôtel pour trois dans un quartier inquiétant et loin du lieu de travail, avec une équipe de hockey lituanienne qui passe la nuit à vomir de joie par le fenêtre juste au-dessus (véridique). Ca, c’est une vraie avancée de la part du ministère, qui nous prend en compte en tant que personne, merci.
  • Toute cette année mes IPR m’ont permis de gérer mes déplacements d’une façon hyper fluide.
  • Pour le CAPES, c’est super bien organisé et on ne nous demande que peu d’informations, et c’est informatisé.
  • Et pour le plan Torossian, la DGESCO est là pour veiller au grain et nous aider face aux dysfonctionnements. Ça soulage.

Je ne vais pas cesser de former ni de me déplacer pour autant : je suis motivée. Mais motivée à découvert, à force ça fatigue. Et c’est pour le boulot, quand même. Pas pour déguster du homard.

Alors franchement, s’il y a bien quelque chose à améliorer à l’étage des rouages, c’est ça. Passer des heures en paperasses ne fait pas progresser les élèves.

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Richesse mondiale, l’activité

J’ai écrit ici tout à l’heure que mon mari avait eu une interrogation sur une représentation graphique. C’est un de mes jeux préféré, mitonner une activité en utilisant ce type de support. En plus, ici, il est bien fait, ce qui change agréablement.

Les objectifs principaux en terme d’apprentissage sont, pour moi :

  • Reconnaître et manipuler la proportionnalité
  • Prélever des informations, proposer une stratégie et être capable de la présenter.

Mais en fait il y a beaucoup d’autres points d’étude dans cette activité, comme on le verra en fin d’article.

Voici le début de l’activité :

Capture d’écran 2019-07-17 à 15.45.00Capture d’écran 2019-07-17 à 15.45.08

Le plan est de donner des supports de taille différentes aux élèves. J’en ai préparé trois, pour que leurs résultats (et peut-être leurs conclusions) soient affectés par les mesures (nous pourrons parler importance de la précision, et aussi marge d’erreur et valeurs approchées), mais aussi pour leur montrer que ce qui est proportionnel (ou pas) le reste au travers d’agrandissements-réductions. Cela me permettrait de revenir sur le sens des agrandissements-réductions, justement, ou de les faire découvrir en sixième si ce n’est pas déjà fait.

Capture d’écran 2019-07-17 à 15.51.22Capture d’écran 2019-07-17 à 15.51.03Capture d’écran 2019-07-17 à 15.50.45

En deuxième partie, j’ai un prolongement éventuel, au cas où les échanges n’auraient pas été assez loin :

Capture d’écran 2019-07-17 à 15.45.58

Je pourrais évaluer tout ça (je ne parle évidemment pas d’évaluation sommative), sans que chaque élève ne soit concerné par toute la liste, puisque cela dépend de la démarche choisie :

Capture d’écran 2019-07-17 à 15.57.03.png

La répartition de la richesse mondiale en 2018 v1

La répartition de la richesse mondiale en 2018 v2

La répartition de la richesse mondiale en 2018 v3

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Richesse mondiale et aire de rectangles

Mon mari a publié un article sur son blog, qui présente une iconographie de la répartition de la richesse mondiale dans le monde. Lorsque je lui en ai parlé (forcément, j’ai trouvé cette représentation frappante !), il m’a dit avoir des doutes sur son exactitude.

D’une, voilà une question que je ne pouvais décemment pas ignorer.

De deux, ça me fait une bonne base d’exercice, en fin de sixième ou en cycle 4.

Capture d’écran 2019-07-17 à 14.53.51.png

J’ai choisi le tableur pour effectuer mes vérifications : d’une part, a-t-on bien 54%-46%, et d’autre part l’aire des rectangles est-elle bien proportionnelle aux valeurs indiquées ?

Capture d’écran 2019-07-17 à 14.53.45

Hé bien oui : même si le pseudo coefficient de proportionnalité est dans l’intervalle 360-375, ce n’est pas grand chose, comme le montre le calcul d’écart à la moyenne :

Capture d’écran 2019-07-17 à 15.01.02

Et d’ailleurs, si j’avais calculé le coefficient de proportionnalité éventuel réciproque, la question ne se serait sans doute pas posée pour des élèves :

Capture d’écran 2019-07-17 à 15.01.50

Bon zou, j’ai une petite heure devant moi pour mettre tout cela en forme pour mes élèves.

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NOGEGON

Stéphane, collègue de maths et collègue formateur, m’a offert il y a peu cette bande dessinée de Schuiten et Schuiten :

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Je suis tout à fait fan des Schuiten et Peeters, et j’ai aussi quelques Schuiten et Schuiten, mais je n’avais pas cet ouvrage. Il devrait trouver sa place dans ma bibliothèque de classe, mais je ne suis pas sûre d’être prête à le laisser sortir de mon salon.

Le principe fondamental de construction de cette bande dessinée est la symétrie. Le titre est un palindrome. Et tout se répond : les numéros de pages :

les couvertures (devant et derrière) :

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Et bien sûr les pages elles-mêmes :

Les pages 14 et 14′ :

1414'

Les pages 25 et 25′ :

2525'

Le passage à travers le miroir sa fait aux pages 36 et 36′ :

36-36'

Tout est symétrique dans la construction : le découpage des cases, les personnages, les événements, les plongées/contre-plongées, les couleurs elles-mêmes. Le récit, ou plutôt les dialogues, souffrent parfois de la contrainte. Mais c’est un travail fascinant et remarquable que les Schuiten ont mené là, avec succès.