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Ces profs qui cessent d’être profs

Un article du Monde du 20 juillet 2020 explique « pourquoi des professeurs, jeunes et moins jeunes, quittent l’éducation nationale ». Sandrine Garcia, sociologue, professeure en sciences de l’éducation à l’université de Bourgogne, s’est intéressée à la question.

Le nombre de démissionnaires représentait 0,02 % de l’effectif d’enseignants en 2008-2009, 0,08 % en 2013-2014 et 0,24 % en 2017-2018, soit alors environ 1200 personnes. Les enseignants démissionnaires n’ont pas de profil particulier, mais les démissions concernent davantage certaines académies. D’autres enseignants d’ailleurs, sans démissionner, s’éloignent du métier, le mettent à distance pour s’engager dans des projets qui les épanouissent davantage. Côté étudiants, 6 % des stagiaires ne sont plus enseignants l’année suivante, parce qu’ils sont été licenciés ou parce qu’ils ont choisi de ne pas aller plus loin.

Les raisons qui poussent des enseignants à changer de métier sont variées, mais les temps longs de déplacement (on peut être nommé loin de chez soi, sur plusieurs établissements très éloignés, et pour longtemps), la grande solitude professionnelle souvent, la difficulté d’enseigner (oui, c’est difficile de faire apprendre), « avec des enfants difficiles, au comportement parfois très éloigné de la norme scolaire », le lien à l’institution vue comme indifférente, voire déstabilisante, la dévalorisation publique du métier, de la posture et des tâches de l’enseignant, la multiplication des tâches en dehors du temps de classe, en plus du temps de préparation et de suivi, sont mentionnés. Et être enseignant donnait une liberté d’action qui régresse, tarie par des injonctions et des réformes lancées à un rythme effréné.

Auparavant, le métier apportait de la fierté, du prestige ; les enseignants avaient du pouvoir sur les inégalités. Ils se sentent aujourd’hui réduits à l’impuissance, rendus responsables de tous les échecs.

Ah ça, le prestige, on en est loin aujourd’hui.

Un autre article du Monde, de février 2021, évoquait la perte de l’identité professionnelle puissante associée autrefois au métier d’enseignant :

Le monde enseignant est traversé, comme le reste de la société, par « la montée de l’individualisme et l’autonomisation des individus par rapport aux attaches familiales, religieuses et culturelles traditionnelles », de sorte que l’identité professionnelle n’arrive plus forcément en premier dans la définition de soi.

Une réflexion au sujet de « Ces profs qui cessent d’être profs »

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