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Le bureau des poids de des mesures

Il s’agit cette fois d’un album de Anne-Gaëlle Balpe et Vincent Mahé, aux éditions Milan.

Cet album donne à voir de magnifiques illustrations. Mais dès la première page, je me pose des questions : la longueur et la masse sont bien des grandeurs mesurables, mais pas la température ainsi considérée. Pour être mesurable, il me semble bien qu’il faut qu’on puisse effectuer des sommes avec du sens. Par exemple, une longueur de 1m plus une longueur de 2m, cela fait une longueur de 3m. Mais de l’eau à 10°C plus de l’eau à 20°C, cela ne donne pas de l’eau à 30°C. Et le paragraphe s’achève sur ce mystérieux « trois plus trois est toujours égal à six », écrit entièrement en lettres. Est-ce parce que le nombre est considéré ici comme une grandeur ? Une mesure de quantité ?

Parfois, je me fatigue moi-même. Je pourrais aussi lire tranquillou…

En fait, la suite de l’album va remiser mes questions.

La mission de l’important monsieur Gramme, qui contribue à conserver l’équilibre du monde, et qui n’est pas un jojo-le-rigolo, se précise : il « met des quantités sur des choses ». Il catégorise les grandeurs. Et ce pauvre monsieur « garde précieusement les modèles de rond, de carré, de triangle et de rectangle ». Alors là, monsieur Gramme, sortez de votre page ou laissez-moi y entrer s’il vous plaît. Faut qu’on discute. Si vous voulez, je vous amène 2 grammes de mon thé noir fumé du Malawi (118 844 mètres carrés, point culminant à 3 002 mètres), dans une tasse d’une capacité de 25cL avec 200 centimètres cubes d’eau à 90°C, et on s’assoit un petit quart d’heure pour parler de ronds, déjà, et puis pour causer carrés et rectangles, parce que je pressens que vous n’êtes pas 100% au clair. Or, cher monsieur Gramme, vous m’avez l’air d’un monsieur qui aime être au clair.

Mais monsieur Gramme n’a pas le temps de boire un thé, même fumé du Malawi : il a plus important dans sa vie, c’est son fiston. Et son fiston est revenu grognon de l’école, pour une histoire de copains. Alors monsieur Gramme et son fils s’interrogent : peut-on tout mesurer ? On fait quoi du chagrin et de la colère ? Alors ils réfléchissent et ils inventent un « compas gradué » en youpis (avec des centiyoupis et les milliyoupis) pour « apprécier l’écartement des coins de la bouche ». Ils inventent un pleuromesureur en ouinbels et un stéthoscope métronomique en kilojtèmes, un esclaffomètre, une pipette à oh, etc.

Mais voilà, tous ces nouveaux appareils de mesure sèment la bizouille. Les gens mesurent tout, même ce qui ne devrait surtout pas se mesurer, et pour cause : ce n’est pas mesurable. Ils mesurent qu’ils ne s’aiment pas assez, ils mesurent que leur sourire est trop petit… Monsieur Gramme et son fils vont devoir trouver une solution.

Il m’a plu, cet album. En fait, je crois bien qu’il parle exactement de grandeur mesurable. Il pourrait même être un bon point de départ pour introduire l’idée de grandeur mesurable ou repérable ou rien de tout cela.

il faudrait juste clarifier la question des degrés Celcius. Et celle des ronds.

Comment ça, je suis lourde à force ?

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