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Les rituels, au collège aussi

Pourquoi des rituels ?

A l’école, la notion de rituel est ancrée dans les pratiques pédagogiques : il s’agit d’activités courtes, répétées de façon périodiques, qui permettent de consolider les savoirs, d’automatiser certains points. Dans les programmes, les rituels sont « fondés sur la répétition et la récurrence pour mémoriser les leçons antérieures et automatiser les acquis ». Les rituels doivent s’inscrire dans une progression et une programmation.

Alors comment mettre en place des rituels en mathématique, en particulier au collège ?

Une précision : je ne peux pas actuellement pratiquer mes rituels comme je le décris ici, car nous ne devons pas, dans mon collège, laisser les élèves stagner dans les couloirs, à cause du covid. Dès que cette instruction sera plus souple, je reprendrai.

Quand ? Où ?

Pour ma part, ma version préférée des rituels, c’est en entrant en classe. Au collège, les élèves changent de classe à chaque heure. Cela me permet de me saisir d’une de mes petites boîtarituels pour poser une question à chaque élève qui passe le seuil de ma porte. Je vois à cette façon de procéder plusieurs avantages :

  • J’accueille personnellement chaque élève : nous commençons par nous dire bonjour et chacun a sa propre question ;
  • C’est le signal qu’on entre en classe de mathématiques ;
  • Les rituels sont très faciles à différencier ;
  • L’élève peut se tromper sans problème : il n’a que moi en face de lui. Et il voit que s’il se trompe, je reste parfaitement zen, mais que sa réponse m’intéresse ;
  • Je transmets un message : ça, mon coco, tu dois le savoir de façon automatique ;
  • Je transmets une information : ça, mon coco, tu le sais bien/tu ne le sais pas alors que tu le croyais/etc. ;
  • Je comprends des erreurs encore différemment ;
  • Je peux animer un petit débat de classe pour reprendre une belle erreur qui va servir à tous, ou un type d’erreur récurrent ;

Comment ?

Avant, je posais mes questions à l’oral. Mais un support écrit me satisfait davantage : j’ai mieux réfléchi en amont, et la qualité didactique est meilleure, et je peux me concentrer sur la gestion concrète du rang et de l’organisation de l’entrée dans la classe. Je présente donc à l’élève qui entre un petit carton plastifié comme on les trouve par exemple ici. Mais je vous donne d’autres ressources en fin d’article, en particulier pour le collège.

Je présente son carton à l’élève. Il sait quel type de réponse j’attends, soit parce que c’est évident (une question de calcul par exemple), soit parce que lui explique rapidement (« dis-moi comment se nomme l’élément en rouge »), soit parce que j’ai expliqué en classe auparavant ce que j’attends dans ce rituel. L’élève me répond s’il le peut. Si c’est faux, nous corrigeons ensemble. S’il n’est pas en capacité de répondre, je lui propose une autre carte ou nous discutons de ce qui coince et je la mets de côté pour la résoudre en grand groupe. J’aime beaucoup ensuite les débats. Assez rapidement, au lieu de proposer une erreur, en mettant en valeur son origine, en cherchant à en comprendre la mécanique, je me laisse guider par des élèves qui veulent qu’on étudie la leur, parce qu’ils ont compris sa nature. C’est très chouette, ça. Nous envisageons ensemble l’erreur comme matériau pédagogique et didactique, et comme outil de communication.

J’ai des cartes pour tout le monde : mes petits Ulis, les agités des neurones, ceux qui ont une petite mine ce jour-là… J’adapte.

On perd du temps, non ?

Non. D’abord, un rituel, c’est rapide. Les élèves acquièrent vite l’habitude et ça roule. D’autre part, au final je gagne du temps : un rituel donne des repères aux élèves qui améliore la qualité du temps de classe ensuite. Leur comportement est induit aussi par ces rituels. Et les rituels améliorent les apprentissages.

Ok, mais concrètement je prépare quoi ?

Si vous voulez passer par l’écrit (reposant, car vous l’avez prévu avant, donc aucun risque de panne d’inspiration ou de choix peu pertinent didactiquement), il faut imprimer des cartes de rituel. Les plastifier les pérennise. Et puis c’est tout.

Des exemples au collège :

Les tables de 11, 12, 13

Additions de relatifs

Choix d’un dénominateur commun

Prendre un pourcentage de

Prendre une fraction de

La proportionnalité

Utiliser le tableur

Utiliser Scratch

Multiples et diviseurs

Ajouter/soustraire 9, 99, 999

Calculer des durées

Vocabulaire du cercle et du disque

Droites, demi-droites, segments, appartenance

Codages

Lire un tableau à double entrée

Lire de très grands nombres

7 réflexions au sujet de « Les rituels, au collège aussi »

  1. Bonsoir
    Personnellement je les pratique aussi
    Mais j’ai une difficulté
    Malgré l’affichage au tableau de qqs questions flash , les élèves ne se mettent pas au travail et ils bavardent…
    Quelles sont tes attentes et consignes à ceux qui sont rentrés ?

    J'aime

    1. Ils s’installent, organisent la classe en fonction de ce que je demande, distribuent les documents, sortent leurs affaires (ça évite que dix minutes après le début du cours les tables soient encore vides…). Et le rituel va vraiment vite : quelque secondes par élève.

      J'aime

  2. Tu présentes une carte différente à chaque élève, il répond immédiatement et tu passes à l’élève suivant ? Ok pour ceux qui trouvent; mais pour ceux qui ne trouvent pas, ça prend tout de suite beaucoup plus de temps, non ? Et pendant ce temps-là, les autres ont déjà quelque chose à faire ?
    Cela rejoint un peu les questionnements d’Evelyne…

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  3. C’est très bien mais je m’étonne d’avoir le sentiment que l’on découvre cela en 2021. J’ai enseigné en élémentaire comme en collège et en Cours préparatoire, il y a 30 ans, mes cours étaient ritualisés, ce qui permettait d’éviter toute interrogation sur la logistique (type sur quoi porte la leçon, comment on va procéder, quel matériel prendre…) pour que toute l’attention soit focalisée sur les apprentissages. Mais j’ai le sentiment qu’on redécouvre en permanence les modalités d’enseignement. Ainsi la mode semble être à l’enseignement en îlot, ce qui était prôné dans les écoles normales dans les années 70.
    Cordialement

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    1. Oui, je suis d’accord avec votre commentaire. Cela étant, pour être souvent dans des classes de 1ier et de 2nd degré, je constate que ces pratiques sont bien plus développées dans le 1ier degré.

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