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« Dix bonnes raisons de ne plus calculer les moyennes »

Mon ami Nourdin m’a envoyé cet article de Sitecol, un site en lien avec l’enseignement catholique. L’article s’intitule « Dix bonnes raisons de ne plus calculer les moyennes ». Pour le détail de chaque « bonne raison », je vous invite à aller le lire.

  1. La moyenne cache ce que sait ou ne sait pas un élève ;
  2. La moyenne ne tient pas compte de ce qui est évalué ;
  3. La moyenne générale est une somme sans unité possible ;
  4. La moyenne efface les différences entre les profils d’élèves pourtant très variés ;
  5. La moyenne supprime la progression ;
  6. La moyenne interdit l’erreur ;
  7. La moyenne déjoue la réussite ;
  8. La moyenne fabrique l’individualisme ;
  9. La moyenne occulte le sens des apprentissages ;
  10. La moyenne est un argument « numérique » dangereux.  

L’évaluation est un outil pédagogique. Si la note est encore un outil dont on a du mal à se passer, la moyenne est un calcul inutile qu’il faut bannir de l’école.

Boum, voilà qui a le mérite d’être une prise de position claire.

Qu’est ce qui a retenu mon attention dans cette liste ?

Le point 2 : « la moyenne ne tient pas compte de ce qui est évalué » m’a intriguée. En fait, l’idée est que la moyenne « mélange » des natures de tâches différentes : on obtient une résultante sommative pour une évaluation de savoirs, d’automatismes, de résolution de problème ouvert, « il arrive même que des points soient attribués à la présentation, d’autres à la présence ou non de matériel ». D’accord, c’est vrai que les compétences évitent ces inconvénients et rendent lisibles les critères évalués, si le référentiel est bien fait et compréhensible par tous.

Mon argument le plus puissant, par rapport à mes convictions et mes pratiques, pour abandonner la moyenne, c’est le 6. Avec mon système de compétences et d’XP, on peut toujours effacer une évaluation loupée, si ensuite on sait finalement faire de façon confirmée et stable : à quoi bon conserver le souvenir d’un échec si maintenant on sait ? Moi, je n’ai su faire du vélo qu’à 40 ans. Mais aujourd’hui peu importe : je sais faire du vélo. De même, les XP me permettent de n’être que dans le sommatif. On progresse. Peu parfois, mais on progresse. Nos élèves apprennent. A des rythmes différents, mais ils apprennent !

Cet article propose d’une façon partisane (sans jugement négatif de ma part : il s’agit de convictions argumentées) une vision de la moyenne. Pour ces raisons d’ailleurs, je n’en utilise plus depuis longtemps (je ne mets plus de notes). Ces arguments sont très pertinents quant à la moyenne et ce qui est intéressant, c’est qu’ils ne concernent pas la note elle-même, mais l’indicateur qu’est la moyenne. Je pense qu’ils sont liés à une utilisation « à la française » de la note et de la moyenne, avec toute la dose d’élitisme qui nous colle au système scolaire, de façon intensément contreproductive et complètement désuète. Dans d’autres pays, la note en général est employée de façon plus souple, raisonnable, et affectée d’une importance bien moindre. Les élèves s’en portent mieux. Car quel que soit l’indicateur, il peut toujours donner lieu à des classements. Notre principal problème n’est pas la note. C’est pire : c’est la façon d’envisager, de pratiquer et d’utiliser l’évaluation toute entière. Laisser tomber la moyenne, en ce sens, est une idée intéressante.

Une réflexion au sujet de « « Dix bonnes raisons de ne plus calculer les moyennes » »

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