Actualité·Patatipatata·Quel beau métier

Bonheurs de prof

Voilà la première semaine terminée. Pas une vraie semaine, car elle a inclus la prérentrée et la journée d’accueil des élèves, mais assez pour renouer avec des bonheurs disparus depuis la mi-mars.

Par exemple, le bonheur de traverser une cour remplie d’élèves à nouveau nombreux. Ne vous inquiétez pas, ils sont masqués, ils suivent les consignes de gestes barrière. Mais ils sont là, tous ou presque.

Par exemple, le bonheur de la traverser, cette cour, en cinq ou six fois, parce que des élèves m’interceptent sans cesse : pour me dire bonjour, pour me donner des nouvelles, pour me demander des nouvelles, pour savoir quand le club maths commencera (là, aïe : pas avant janvier finalement), pour papoter. Ça, c’est un grand bonheur, cette communication spontanée, gratuite.

Le bonheur de me trouver devant un petit problème, une situation inattendue, et de savoir comment réagir sans passer par la case réflexion consciente : lorsque les gestes professionnels, le savoir-faire issu de l’expérience répondent en temps réel, j’ai l’impression de ne pas faire ce métier par hasard. Pourtant, ce n’est pas facile, cette rentrée : après deux ans à travailler surtout dans des classes de cycles 1 et 2, j’ai été déstabilisée un instant face à des grands. Avant là aussi de retrouver les réflexes et à profiter du fait que justement, ils sont grands, et que c’est bien aussi.

Le bonheur d’entendre et de voir des élèves se poser des questions (« Mais madame, comment vous voulez qu’on fasse ??? », « Mais si les périmètres y sont pas pareils, les aires non plus, non ? Si ? Heuuu ? »), comprendre (« Aaaaaaaah ! D’accooooord ! », « Ça alors, madame, l’aire c’est la même ! », « Je sais ce que vous voulez qu’on apprenne, maintenant ! »), vouloir apporter leur pierre à notre édifice naissant (« madame, j’ai encore une autre idée, moi ! », « je peux dire quelque chose ? C’est peut-être faux, hein… », « madame madame madame j’ai un truc à montrer, je peux ? »), ressentir de la satisfaction, voire de la fierté (« Vous avez vu madame, comment je suis sage cette année? J’ai tout écouté ! », « Il y a que six questions de la Course aux nombres que j’ai pas faites ! J’savais même pas que je pouvais faire tout ça ! »).

Alors tout n’est pas simple : nos masques, ceux des élèves, les suspicions de cas, les absents parce qu’il y a des malades à la maison (tout ce que nous faisons doit être rattrapable facilement) et, malgré toutes ces préoccupations inhabituelles, veiller aux enfants et aux jeunes qui sont en difficulté : il n’a pas de cahier, pourquoi ? Il n’a pas réussi à tout écrire, pourquoi ? Aucun papier ni signature n’est revenu, est-ce que tout va bien ? ll marmonne, ce petit, pourquoi ? Et puis il y a les enquiquineurs à encadrer, les angoissés à rassurer (souvent ce sont les mêmes d’ailleurs), la session d’ordi qui boude résolument, et le gel hydroalcoolique qui sent teeeeeeeeeellement mauvais, beurk ! Mais tout ça, c’est notre métier au temps du covid. Et malgré cette &#*$% de virus, il est toujours aussi beau. Il est toujours le métier que je rêverais de faire si je ne l’exerçais pas.

5 réflexions au sujet de « Bonheurs de prof »

      1. En lisant ta réponse je me suis dit « mais oui, bien sûr « . J’ai moi aussi perdu quelques automatismes. Merci pour ta réponse si rapide.

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