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Le dispositif Maths et jeux de rôles : synthèse

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé quels articles antérieurs ils peuvent lire pour comprendre le dispositif Maths et jeux de rôles. Alors voilà un condensé de ces articles, remis au goût du jour. A la fin, je vous indique des articles qui répondent à différentes questions.

Mon objectif est de tout miser sur la progression, sur les compétences et les savoirs acquis. Cette idée de développer son « personnage mathématique » me plaît car elle motive les élèves et en même temps leur permet de savoir où ils en sont, de façon fine, tout en ayant une référence collective, mais en se focalisant avant tout sur leur progression par rapport à eux-mêmes.

L’aspect ludique n’est pas mon objectif premier. Au départ, c’est vraiment l’idée d’expérience qui m’a donné envie de procéder ainsi. Et comme je suis rôliste, c’est dans ma culture. Le message que j’envoie n’est pas « on va s’amuser les enfants ». Il est forcément « j’ai besoin que ça pulse, j’ai besoin, moi, de m’amuser », mais surtout je leur explique tout ça très sérieusement et ils sont en général vraiment motivés.

Le personnage mathématique

Les élèves incarnent un personnage mathématique. Ce n’est que de l’habillage, une façon de « ludifier » la classe et d’instiller de la fantaisie. En début d’année, chaque élève choisit sa feuille de perso. Une année j’avais fait zombie, une autre pokémons, une autre mathématiciens. Depuis 2018, mes enfants les ont réalisées sur la base des super-héros Marvel. Du coup il y a du choix, avec plus de 100 personnages.

OK fiche perso 2018 recto Howard the duck
Recto de la feuille de perso

Au recto de la feuille de perso, l’élève va inscrire, au fil de l’année, ses XP (points d’expérience). Je reviens plus loin sur la façon sont ces XP sont déterminés. L’élève les cumule, et note la date et le total. Son niveau est donné par le chiffre des milliers de son total d’XP. Si il a 4 985 XP, il est niveau 4. Il entoure son niveau dans l’encadré correspondant.

A chaque niveau, l’élève reçoit (virtuellement) un pouvoir. Il le stocke dans son sac à dos, et l’utilisera le jour de son choix, une seule fois. Ces pouvoirs lui allouent des avantages :

Pouvoirs 2020-2021_Page_2

Lorsqu’un élève a utilisé un pouvoir, il le note et moi aussi.

Le but est d’atteindre le niveau le plus haut possible. Je pratique ce système depuis plusieurs années maintenant, et ça marche bien : les élèves en difficulté sont motivés par le fait que le système est cumulatif. Lorsqu’ils ne réussissent pas une évaluation aussi bien qu’ils l’auraient souhaité, ils avancent juste moins vite, mais il n’y a pas l’effet moyenne, qui « descend » leur note globale. Quant aux élèves en réussite, ils carburent à fond pour atteindre un niveau qui leur convient.

Le calcul des XP

Au départ, en 2013, je considérais que les XP permettaient de s’évaluer en s’amusant, et surtout pour pousser les élèves à en faire toujours plus, à aller toujours plus loin, mais que c’était plus entre les élèves et moi. Je suis toujours d’accord avec la dernière partie de la phrase, mais les XP ont deux rôles supplémentaires : visualiser sa propre progression et se positionner facilement par rapport à un objectif personnalisé que je fixe à chacun.

Tout effort mérite XP. Je modifie chaque année un peu mes repères pour les attribuer, selon ce qui me semble le plus pertinent, mais globalement on gagne :

  • 1000 à 1500 XP sur une évaluation écrite (il y en a une par période). cependant si un élève fait mieux que ce que j’avais demandé, ce qui arrive, il peut aller plus loin : c’est un autre atout de ce système, que de ne pas majorer les « notes ». On peut toujours aller plus haut. J’explique dans la section compétences comment j’attribue précisément ces XP ;
  • 150 à 400 XP sur une interro d’automatismes, de leçon, un Plickers, etc.
  • 150 à 400 XP sur un travail de groupe, avec ou sans rôle attribué. Ce peut être la préparation d’un exposé, une tâche complexe, un problème ouvert…
  • 25 à 100 XP sur les fiches facultatives, que les élèves prennent lorsqu’ils en ont envie. Ce sont des fiches très variées, mais simples à corriger pour moi. Cela dit, avec deux classe l’année dernière, il m’arrivait d’avoir 90 fiches à corriger en une semaine. Mais comme ce que je veux, c’est que mes élèves soient actifs et réfléchissent…
  • en fin de trimestre, des XP supplémentaires sont alloués aux élèves qui ont participé ou se sont investis de façon particulière ou régulière, à ceux qui ont endossé les tâches de la classe (distribuer les documents, faire circuler la poubelle, vérifier que personne n’est resté dans la cour alors que le rang est parti…)

Les travaux réalisés à la maison ne sont pas évalués en terme d’XP. En revanche, un élève qui ne fait pas son travail va revenir dans ma classe pour le faire avec moi.

Les évaluations peuvent être différenciées, soit au choix de l’élève, soit parce que j’ai décidé qu’il en serait ainsi. Dans ce cas, le maximum d’XP attribué à une version peut varier par rapport à une autre version. Mais j’essaie de faire en sorte que chacun ait toutes les chances possibles pour montrer ce qu’il sait faire et ce qu’il a appris.

Cet article revient sur l’évaluation et le calcul des XP de façon concrète.

Les compétences

J’évalue toutes les tâches par Sacoche. L’évaluation devient un non événement, car elle consiste en un relevé de compétences en continu.

Mon référentiel de compétences figure dans cet article.

Sacoche me fournit un relevé que je distribue aux élèves (ils ont eu le même vierge avant l’évaluation, pour qu’elle soit explicite). Cette année, j’ai ajouté une compétence « s’autoévaluer », pour encourager la réflexivité et lutter contre la dépréciation de certains élèves :

Capture d’écran 2018-08-28 à 09.35.22.png

Les élèves reportent sur le verso de leur feuille de perso leurs réussites :

Feuille Perso VersoVerso de la feuille de perso

C’est un peu comme une barre de vie dans un jeu vidéo : on essaie de remplir toutes les barres du mieux possible. Quand on est au bout, j’ai des rallonges à coller, qui se déplient ensuite. Les élèves aiment bien ça.

Si les élèves ne remplissent pas cette partie de la feuille, ce n’est pas très grave : c’est surtout pour eux. Ils ont donc le choix. Ce qui est important, c’est le total d’XP. Mais ça, tous suivent. Et moi aussi.

Et puis ce qui est très important, c’est la trace que moi je conserve de leurs échecs et de leurs réussites, qui me donne un bilan transmissible aux parents :

Capture d’écran 2018-08-28 à 09.39.22.png

Les quatre couleurs correspondent aux quatre niveaux institutionnels du LSU, du DNB. Ainsi, le but est de n’avoir que du jaune et du vert. Chaque trimestre, on compare l’évolution des couleurs (les bilans sont toujours cumulatifs depuis le début de l’année), ce qui permet de savoir quelles sont les forces et les faiblesses des élèves, ce qu’il leur faut travailler prioritairement, ce que moi je dois mettre en oeuvre pour les faire progresser.

Les familles et les élèves ont aussi un accès à Sacoche, et peuvent suivre tout au long de l’année leurs évaluations.

Les bilans d’évaluation me permettent aussi d’allouer les XP : Sacoche me transforme leur bilan en un taux, et si par exemple mon évaluation est sur 1000XP, je multiplie par 10 et zou. J’ai bien conscience que ce taux n’a pas une signification très rigoureuse, mais ce n’est pas grave, puisque les XP c’est pour les élèves.

Les évaluations-boss

Cette année, les évaluations de période et les rallyes et concours seront associés à des méchants Marvel. Ce seront les boss. Je fixerai un seuil pour réussir à vaincre collectivement le boss, et si c’est le cas cela apportera une récompense en XP collective. J’avais mis en place un système un peu équivalent en 2015 et ça fonctionnait bien, mais là il est rationalisé et épuré.

Cet article reprend des questions fréquentes, dont quelques-une ne sont plus d’actualité, mais la plupart si.

Et enfin, cet article-là répond à des questions que je trouve fondamentales et qu’il faut aborder explicitement, comme « les élèves prennent-ils les maths au sérieux avec ce dispositif ? », ou « Vous dites quoi aux gens qui vous disent que ce n’est pas sérieux ? ». Elles sont très importantes, ces questions, car elles touchent à la faisabilité, à la réalité du dispositif.

Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas.

13 réflexions au sujet de « Le dispositif Maths et jeux de rôles : synthèse »

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