A l'attaque !·Actualité·Chez les cadres·L'éducnat·Lire

Pédagogico-gauchiste.

J’avais entendu parler du texte de Daniel Amedro, mais je ne l’avais pas lu. La lettre de l’OZP d’aujourd’hui le mentionne, ce qui m’a donné l’occasion d’en prendre connaissance.

Daniel Amedro est un inspecteur d’académie puis DASEN à la retraite. Son texte est une charge contre l’actuelle politique éducative, et une alarme pour la suite. Il s’organise en quatre points :

  1. Un discours bi-face ;
  2. La cohérence profonde
  3. Les deux politiques décisives
  4. Une contre-réforme libérale

Le premier point met en évidence le discours à la fois conservateur et moderniste de Jean-Michel Blanquer :

Capture d’écran 2020-08-25 à 15.47.01

Capture d’écran 2020-08-25 à 15.48.13
France Info

Capture d’écran 2020-08-25 à 15.49.24

Capture d’écran 2020-08-25 à 15.50.24

Capture d’écran 2020-08-25 à 15.52.52

Capture d’écran 2020-08-25 à 15.52.20

Le deuxième point montre la cohérence profonde de la politique de Jean-Michel Blanquer : « réguler le système scolaire par l’autonomie des établissements ». Dans la foulée, Daniel Amedro note que « de 2017 à 2020, le directeur de cabinet de J.M. Blanquer, n’était autre que Christophe Kerrero, lobbyiste ultra-libéral proche de l’extrême-droite, membre du conseil scientifique de l’IFRAP (Fondation pour la Recherche sur les Administrations et les politiques publiques), dirigé par Agnès Verdier-Molinié ! M. Kerrero vient d’être nommé à la tête de la prestigieuse région académique Île-de-France, Recteur de l’académie de Paris ! »

Le troisième point aborde l’évaluation et la réforme du bac. Côté évaluation, Daniel Amedro parle de pilotage par les résultats :

Pilotage du système pris globalement ; pilotage des écoles et des établissements ; pilotage, enfin, de la pédagogie des enseignants dont le métier évolue : d’un métier d’artisan qui conçoit et pilote son enseignement, on passe à un métier de technicien de bout de chaîne qui répond aux commandes d’un outil informatisé. Dans le même temps, les neurosciences sont mises en avant sans le moindre débat et la liberté pédagogique des enseignants est présentée comme un « désordre pédagogico-gauchiste ». Pour l’École, la rupture est majeure.

Le quatrième point expose pourquoi cette politique de réformes peut passer :

Elle peut passer également parce que tout le monde y trouvera son compte. Enfin, tout le monde… sauf les enfants issus des classes populaires. Parce que l’histoire nous enseigne, depuis quarante ans, que l’autonomie et les projets d’établissement spécifiques sont le cheval de Troie de l’idéologie du déficit socioculturel. (…) L’idée c’est que tous les élèves ne peuvent accéder aux mêmes savoirs. Il faut donc différencier l’offre éducative. Et laisser les élèves et les familles choisir l’établissement qui leur convient le mieux. A charge pour eux d’assumer, par la suite, la responsabilité de leurs (bons ou mauvais) choix.

La conclusion de Daniel Amedro, c’est que tout le monde est en souffrance, à tous les niveaux de l’Éducation Nationale.

C’est vrai que cette souffrance est inédite, dans le fait qu’elle s’exerce aussi sur les cadres, et dans sa violence. Pour avoir beaucoup navigué dans les premier et second degrés, travaillé avec des métiers différents de l’Éducation Nationale, c’est un fait. Et c’est nouveau, de cette façon-là.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s