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« Parents hélicoptères »

Un article de The conversation a retenu mon attention : « Parents hélicoptères, enfants sous pression ! »

Je ne connaissais pas cette expression, « parents hélicoptères, pour désigner des parents « qui reviennent en courant à l’école lorsque leurs enfants ont oublié leurs affaires de sport ». Ils « laissent peu d’autonomie, mettent trop de pression pour atteindre les objectifs scolaires et personnels, donnant peu de chances d’expérimenter l’échec et la frustration ». Il y a d’autres typologies de parents, décrits dans l’article, comme les parents qui font les devoirs à la place de leurs enfants. Pour ma part, cette année, une maman m’a demandé, sur Pronote, de lui expliquer un devoir. Lorsque je lui ai répondu que nous avions commencé, avec les enfants, ce devoir en classe, et que toutes les consignes avaient été explicitées, elle m’a répondu que d’accord, mais comme son fils n’était pas à la maison à cet instant, elle ne pouvait pas le commencer… J’ai dû relire pour y croire. Et j’ai invité la maman à venir en classe avec nous si elle souhaite faire les devoirs.

Mais revenons à nos hélicoptères.

La suite de l’article m’a gênée, par son aspect excessif et caricatural. Les parents qui y sont décrits sont passés du côté la psychose, et j’en rencontre rarement de pareils. Pourtant j’en rencontre beaucoup, car ils sont, dans mon établissement, impliqués de façon générale dans la scolarité de leur enfant.

Ce qui m’a intéressée, c’est le rapport à l’erreur des parents. Là, si je peux me permettre, on a du pain sur la planche. Nombreux sont les élèves qui, quand on explique que se tromper est normal et formateur, répondent qu’ils sont bien d’accord, et que si l’erreur en elle-même ne les stresse pas, la réaction de leurs parents, elle, si. Moi-même j’ai dû travailler sur moi-même pour réussir à le vivre au quotidien avec nos quatre enfants : ce que je prône, que je vis professionnellement, n’était pas immédiat à vivre à la maison. Intéressant… Heureusement, mon mari veille et équilibre, et les enfants eux-mêmes ont su, quand il le fallait, me mettre gentiment devant mes contradictions. Ils ont bien fait, car aujourd’hui je me sens en équilibre avec tout cela.

En apprenant à surmonter l’échec, les enfants développent leur résilience. Ils apprennent à gérer leur frustration et à réguler leurs émotions à propos. Et il est crucial que les jeunes développent très tôt ces compétences pour être capables de réussir dans la vie.

Les enfants de « parents hélicoptères », d’après les études, doutent encore d’eux de façon plus importante que la moyenne une fois adultes. C’est assez peu surprenant, mais il faut l’entendre. Les parents eux-mêmes ne sont pas épanouis dans leur parentalité, ce qui est tout aussi logique. Et commence un cercle vicieux : je suis angoissé, je le transmets, tu deviens plus angoissé et tu me le transmets.

Mais évidemment, il n’est pas non plus conseillé de n’en avoir rien à fiche, de la scolarité de nos loulous. Nous avons besoin des parents, dans une relation éducative et affective, et les enfants, encore plus, naturellement.

Pour compliquer les choses, la recherche montre clairement que les enfants dont les parents sont investis réussissent en général mieux à l’école, ont une meilleure confiance en eux-mêmes et de meilleures relations sociales que les enfants dont les parents ne le sont pas.

Aïe aïe aïe, cela signifie donc que tout est encore une question d’équilibre, de nuance, de dosage, de réflexion. C’est bien la même ambivalence en classe, dans la relation pédagogique : lorsque je pose une question, je dois parfois lutter pour ne pas couper la parole à un enfant qui répond à côté, et que je vois venir de loin. Pourtant, le laisser développer son erreur est primordial : l’entendre, la comprendre, y remédier, voilà qui est un ensemble de gestes professionnels indispensables. Et si notre programme n’avance pas, tant pis : nous aurons appris ensemble, et nous aurons vécu l’erreur comme vraiment normale, et réparable.

Parents et enseignants sont bien là pour laisser s’épanouir les enfants, laisser leur personnalité se développer, en acquérant connaissances (curriculaires, mais pas seulement), compétences, savoir-être qui leur permette de vivre dans le monde en bonnes intelligence et harmonie.

Etre parent et être enseignant, c’est bien compliqué. C’est aussi ce qui est beau. Et fatigant.

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Une réflexion au sujet de « « Parents hélicoptères » »

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