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Les maths en première

Dans le Monde du 22 novembre, un article est consacré aux maths de première :

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L’article donne la parole à des élèves en difficulté dans la discipline, de façon inattendue. Et il relaie ce propos : « La matière est conçue pour de vrais scientifiques ». Aïe aïe aïe, mais c’est quoi un « vrai scientifique » ? Quelqu’un qui a les bons gènes ? La bosse de maths ? L’auteur aurait pu discuter cette phrase : peut-être les maths de première sont mieux adaptées à des élèves qui ont envie d’en faire, qui sont prêts à s’engager dans des travaux résistants et de recherche. Peut-être vise-t-elle trop haut, trop vite, sans progressivité raisonnable entre la seconde et la première, comptant sur la capacité d’adaptation autonome d’élèves déjà anxieux. Il y a une multitude de raisons pour ne pas adhérer aux maths de première, et pour s’y trouver en difficultés. Mais attention à ce qu’on dit : les maths ne sont pas réservées à une « élite » qui a été dotée de la « bonne intelligence ». Dans l’article, un enseignant affirme que beaucoup d’élèves de première n’ont pas la capacité nécessaire à abstraire. Rien n’est définitif : ils en sont capables, mais pas tout de suite, pas ainsi, pas dans ces conditions, et il faut leur laisser du temps pour y parvenir ; bel enjeu, mais il faut donner les moyens aux enseignants. Et les moyens, les enseignants ne les ont pas. Quant à argumenter qu’en terminale ils pourront choisir des maths moins difficiles avec les maths complémentaires, je comprends assez difficilement la nécessité de souffrir en première pour ensuite souffler en terminale. La proposition de Sébastien Planchenault paraît vraiment la plus pertinente.

Il y a donc un problème, et c’est manifeste. Il suffit d’échanger avec les collègues de lycée pour s’apercevoir du malaise. J’en ai aussi rencontré des contents, cela dit. Mais peu. On rend les mathématiques encore plus inégalitaires qu’avant, au final. Leur image élitiste et coupée du concret risque d’être renforcée. C’est triste et c’est une grosse erreur politique. On a besoin des maths, dans une société. À tous les niveaux. Les maths, c’est fait pour tout le monde. C’est juste comme tout : il faut suivre un chemin progressif et attrayant. Le sentier à flanc de montagne, c’est peu adapté pour la plupart des jeunes qui apprennent.

2 réflexions au sujet de « Les maths en première »

  1. Une spécialité light ? Des options ? En termes d’organisation du temps, des salles, des services, du suivi, et d’arbitrages budgétaires, je pense que ça ne fonctionne pas. La seule solution raisonnable est certainement de mettre des maths dans le tronc commun.
    Cela dit, faire une réforme et penser des spécialités sans se soucier des évolutions de la société, du collège et du primaire, ça semble relever de la dystopie… mais en fait non.
    Je n’ai pas lu tous tes articles récents en détail, tu en parles sûrement, mais à l’heure des maths à l’oral, s’étonner que l’écrit ne passe plus me parait étrange. Mais au fait, c’est quoi le cahier des charges ? Mettre des notes ? Ah. Alors ce n’est peut-être pas si mal que les maths disparaissent et qu’on en fasse sous le manteau. Ouais, ok, si le manteau c’est piloté par Google et al., il faudra aussi passer du côté obscur.

    To the dark side Thy maths Thou shalt lead to.
    Encore un effet de la profonde unité des maths. 😉

    Aimé par 1 personne

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