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RMA, c’est quoi ?

Aujourd’hui, un collègue m’a posé une excellente question : c’est quoi RMA ?

RMA signifie référent mathématique académique. Il y a aussi des RMC (au niveau de la circo) et des RMD parfois (au niveau du département). Dans l’académie de Normandie, il y a aussi deux RMA, Nourdin et moi. Nous sommes tous les deux profs de maths en collège, et nous avons une décharge d’un mi-temps chacun pour accompagner les collègues du premier degré dans notre académie. Il n’y a pas des RMA dans toutes les académies. Mais je suis tenace, et soutenue très efficacement par mes quatre IA-IPR, les acteurs de l’organisation de la formation et des IEN. J’ai donc cette chance formidable qu’on ait créé et qu’on m’ait confié cette mission. C’est vraiment du bonheur.

Alors que fais-je de mon temps ?

Ça :

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Parce que RMA, ça occupe bien. Mais croyez-moi, ça vaut le coup. À ce niveau-là, le boulot rejoint la passion, le loisir. Donc oui, je travaille beaucoup, beaucoup, mais personne ne me force et ça me plaît : j’apprends, j’apprends, j’apprends. Et, je crois, en tout cas j’espère, je me rends utile. J’aimerais bien que ça dure, cette mission. Mais comme je n’en sais rien, je profite et je déploie une belle énergie pour mes collègues.

Quelles sont nos missions ?

Nous accompagnons les RMC dans une démarche d’échanges entre pairs : dans des classes pour travailler la posture d’accompagnement du formateur, hors classe pour travailler des notions mathématiques et/ou didactiques à développer. Nous intervenons aussi dans les formations académiques. Nous pouvons coanimer des animations pédagogiques, présenter des outils, aider à organiser des dispositifs, à diffuser des ressources, du matériel.

Par exemple, aujourd’hui je participe à une réunion dans une circo, pour construire la formation à venir. Je vais bientôt animer une animation pédagogique dans une autre circonscription ; dans dix jours j’anime la formation des RMC sur l’accompagnement en classe et l’analyse didactique d’observations. Le document sur la verbalisation que nous avons partagé fait aussi partie de nos missions. J’ai aussi animé des formations RMC nationales.

Nous effectuons le même type de travail auprès des enseignants du premier et second degré : participer à des conseils de cycle, d’école, des conseils écoles-collège, les laboratoires mathématiques. Nous amenons des événements : une journée de fête des maths, un rallye local, la course aux nombres, etc.

Par exemple, je sors d’une réunion d’équipe en maternelle, avec des collègues qui ont envie que nous collaborions : je reviens les voir en classe jeudi. Ce matin, j’ai animé une séance de géométrie en GS/CP. Ce mois-ci, je travaille sur un labo maths du Havre. Je continue de suivre la Course aux nombres dans tout le cycle 2 d’une école pas loin, qui donne des résultats franchement épatants. Et demain, je vais dans la classe d’une enseignante de cycle 3 qui en a exprimé l’envie. La semaine prochaine j’anime une journée d’interdegré maths dans une circonscription. Le mois dernier j’ai animé la culture mathématique et la didactique de mathématiques au premier degré pour des enseignants de technologie et sciences de l’ingénieur.

Nous intervenons aussi en formation initiale, ponctuellement, par l’INSPE.

Nous assurons enfin une veille numérique, en développant les échanges, en répondant de notre mieux aux besoins.

Tout cela se fait en collaboration avec tous les acteurs concernés : nous faisons un lien que je crois efficace. Être toujours en lien avec les IEN, les IA-IPR, les directeurs, le pôle formation est fondamental, pour travailler dans la transparence. Si nous voulons la confiance, il nous faut en être à la hauteur.

En parallèle, nous nous formons : nous suivons des formations de formateur, des conférences, nous travaillons avec des chercheurs, nous testons et expérimentons. Cela nous permet de continuer d’évoluer, de remettre en question nos conceptions, d’exploiter la controverse dans ce qu’elle a de positif. Être en classe avec les enseignants nous permet aussi de nous former : ils nous apprennent en permanence, avec une grande générosité. De même, de nombreux enseignants, formateurs, chercheurs partagent avec nous leurs travaux : ils nous envoient du matériel de formation, des ouvrages parfois, des articles. Cela nous permet d’élargir nos ressources, de réfléchir encore, de travailler ensemble.

La magie, c’est que nos différentes missions s’harmonisent. Elles prennent du sens entre elles. Je n’ai pas du tout l’impression de me disperser : mon objectif est unique (accroître la réussite des élèves en mathématiques) et porte toutes nos activités.

Et puis le lundi, le mercredi et le vendredi, je suis au collège, avec mes élèves à moi. Parce que comme le dit un de mes amis, il faut avoir la tête là où on a les pieds.

C’est que l’Pays d’Caux l’est pô loin.

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