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Les silencieux à l’école

Un article est paru dans Libé aujourd’hui, qui me touche particulièrement, aujourd’hui où j’ai participé à faire passer les oraux de DNB :

Jung catégorisait « comme «introverties» les personnes qui puisent plus facilement leur énergie dans le calme et la solitude, et qui la perdent avec davantage de fracas là où les interactions sociales sont incontournables ». L’article pose la question : les enseignants confondent-ils participation et investissement ? Sans doute pas, mais il est évident que participer, dans les normes scolaires, toutes rigides qu’elles soient, est une obligation. « Doit participer davantage », « trop discret », voilà des marronniers des bulletins. L’article amène à distinguer l’introversion et la timidité, toutes deux liées à la socialisation. L’une est un manque d’intérêt pour l’interaction, et l’autre la peur de l’humiliation sociale, assez compréhensible malheureusement en milieu scolaire.

Dans la Force des discrets (2012), Susan Cain explique que «les introvertis vivant dans le monde de l’idéal extraverti sont, comme des femmes dans un monde d’hommes, bafoués pour un trait de caractère indissociable de leur identité profonde».

Les effets secondaires de la non-participation reprochée sont le manque d’estime de soi, la dépréciation, l’attrait pour la transparence, le sentiment de décevoir, d’être inférieur. Les enseignants ne sont animés d’aucune mauvaise intention, mais parfois certaines maladresses blessent durablement et la confiance en soi est difficile à restaurer.

Ce matin, en voyant des élèves être dans une telle difficulté douloureuse pour passer leur oral, je me faisais la réflexion suivante : quand on a du mal à lire, à écrire, on a une aide, dans les examens. Un aménagement, un secrétaire, un lecteur. Mais quand on a du mal à s’exprimer en public, on n’a « qu’à se forcer ». Pourtant, croyez-moi, cela n’a rien de naturel pour certains enfants (et certains adultes d’ailleurs), et leur difficulté n’est pas feinte. Quand on est enseignant, qu’on passe sa vie à parler, il n’est sans doute pas évident de mesurer la réalité des introvertis, ou des timides. Pourtant c’est essentiel, car nous risquons d’être violents et d’abîmer de si belles pépites silencieuses…

Merci beaucoup à Rachid Zerrouki pour cet article, qui met en lumière les silences.

2 réflexions au sujet de « Les silencieux à l’école »

  1. Merci pour cet article qui donne à réfléchir ! Rares sont les taiseux parmi les profs, donc c’est d’autant plus difficile de s’imaginer à la place des introvertis !

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