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« La pédagogie relève de l’art de la conduite humaine, donc de l’éthique. »

Christophe Marsollier, IG groupe établissement et vie scolaire, nous a présenté une intervention intitulée :

Enjeux relationnels et besoins psychologiques fondamentaux des élèves en classe.

Une intervention qui fait du bien : pour le coup, ma confiance de soi à moi en sort bien renforcée. Voici des notes que j’ai prises :

Comment faire vivre une relation pédagogique et éducative soutenante pour l’élève, tout au long de sa scolarité et en particulier lors de l’apprentissage des savoirs fondamentaux ?

Rester attentif aux besoins fondamentaux des élèves

Il y a une grande corrélation entre vulnérabilité et décrochage. L’exigence naît d’un sentiment de manque de quelque chose de fondamental. Il faut donc aller explorer les manques pour connaître les besoins fondamentaux. Ils sont liés à l’état de développement et à l’âge de l’individu. Les nomenclatures diffèrent selon les auteurs. Celle de Déci et Ryan, le besoin d’autonomie, de compétence et de relation à autrui, semble pertinente. Mais il y en a d’autres :

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Le besoin de justice est celui qui est le moins refoulé, le plus conscientisé. La psychologie des êtres humains permet de développer des mécanismes de protection qui amènent à refouler des sentiments qui le mettent en danger. Mais pas la notion de justice.

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Il est remarquable de constater qu’il suffit de parler deux ou trois fois dans l’année du sentiment d’injustice avec les élèves pour que soit effacé le sentiment d’injustice.

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Comment agir sur l’estime de soi (Christophe André) : la confiance en soi, l’image de soi et l’amour de soi sont en interaction. Le travail sur la gratitude pour tout ce qu’on a déjà, plutôt que de regarder ce qu’on n’a pas et cibler son attention sur ce qui met en danger, est très structurant et efficace, même s’il faut aussi savoir analyser ses échecs. L’estime de soi a un caractère central dans la psychologie humaine.

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Renforcer la résilience des élèves

En psychologie, la résilience consiste à la capacité de rebondir et la capacité à faire face à une situation difficile ou un traumatisme. Chez les élèves, la motivation, la gestion du stress, etc., jouent. Le vécu des élèves est source de variations de leurs besoins et d’affaiblissement de leur résilience : les situations de tensions familiales, affectives, économiques fragilisent le rapport aux autres, à l’école, au savoir. Par exemple un enfant qui a un parent alcoolique est fragilisé en particulier par la non prévisibilité du comportement du parent : ce sont les conséquences qui sont les plus importantes, plus que les causes.

Le manque de résilience et l’excès de vulnérabilité sont des points communs aux décrocheurs.

Our renforcer la résilience des jeunes, il faut combiner des exigences élevées, des objectifs réalistes et une véritable relation bienveillante (patience, présence, attention différenciée), connaître les élèves et leur environnement extrascolaire, les encourager à reconnaître leurs forces et leurs aptitudes personnelles, leur apprendre à interpréter les situations de manière différente et acquérir une flexibilité mentale, leur apprendre à discerner et à privilégier les émotions positives, et collaborer avec les élèves, en donnant des responsabilités enrichissantes.

La bienveillance, c’est chercher à garantir ce qui est bien pour l’autre, sans que ce bien coïncide nécessairement avec ce que l’autre considère comme tel pour sa propre vie. Mais la bienveillance est adossée à trois principes très forts : le respect inconditionnel de l’élève (ses droits, tout ce qui lui appartient, comme ses émotions, sa personnalité. C’est parce qu’il y a une asymétrie forte qu’il y a un besoin fort de ce respect), l’acceptation des limites actuelles de ses compétences (tout en étant confiant dans son potentiel), et la confiance manifestée, la considération positive (l’éducabilité, la dignité).

Il y a quatre réciprocités à construire pour une relation éducative bienveillante : la confiance, le respect, l’écoute, l’engagement. Ces quatre éléments sont à contractualiser.

L’empathie permet d’ajuster la bienveillance.

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Il faut opposer la bienveillance passive (on ne fait pas de mal mais on s’occupe pas de l’autre) de la bienveillance active (on a une présence à l’autre, c’est une bienveillance d’engagement. Elle demande beaucoup d’énergie, c’est une exigence très forte vis-à-vis de soi-même et un exercice extrêmement vertueux).

Faire preuve d’éthique

La pédagogie relève de l’art de la conduite humaine, donc de l’éthique.

Le sur-stress de l’adulte (dans les moments difficiles du métier) risque de faire passer du relationnel au réactionnel, qui amène à des dérives comportementales qui elles-mêmes vont constituer une épreuve émotionnelle de l’élève et le faire changer de comportement face à la discipline.

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Certains de nos élèves ont besoin de soins, tant ils sont dans la vulnérabilité. La bienveillance agit sur la structure même du cerveau. Les enseignants le savent, et aujourd’hui le mouvement qui s’épanouit pour la bienveillance vient de la base, vient d’eux-mêmes, de façon spontanée.

7 réflexions au sujet de « « La pédagogie relève de l’art de la conduite humaine, donc de l’éthique. » »

  1. Personnellement, j’apprécie énormément tous les contenus directement ou indirectement en lien avec l’activité mathématique des élèves et leur analyse, cela fournit du matériel didactique de haute qualité et c’est ce qui m’amène à revenir régulièrement te lire (en plus du fait que c’est toujours très bien écrit et souvent drôle !).
    Par contre, je ne m’y retrouve pas dans d’autres thèmes comme celui de ce sujet. Par exemple, à la découverte du slide sur le paradigme des besoins psychopédagogiques, j’avoue avoir eu comme première réaction quelque chose du genre « tiens, l’auteur s’est fait plaisir en balançant des mots avec des flèches de partout histoire que cela fasse un peu sérieux et joli », et j’ai toujours du mal avec cela, à la fois sur le fond et la forme. Sans doute le décalage avec la pratique mathématique est trop grand pour certains dont je fais partie (?).

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    1. Je comprends. Cela dit, cette conférence était vraiment intéressante. Mais peut-être cela ne passe-t-il pas à l’écrit, en retranscrivant les propos du conférencier ?

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  2. Ici nous sortons d’une journée pédagogique où nous avons assisté à une conférence sur la bienveillance et la prise en compte des besoins de chacun en s’appuyant sur la Communication Non Violente. Très intéressant.Je t’en reparle dès que possible. 😉
    Belle journée à toi!

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  3. Ca fait du bien des articles de ce type ! Ca fait aussi réfléchir sur le fond, ça ouvre des portes et des horizons de recherche, ça pose des questions… C’est de la démarche scientifique !
    Perso, une de mes classes me fait vraiment me remettre en question, sur le fond des choses pas seulement sur la forme, et ce genre d’articles me lance sur des pistes. Nous savons qu’il n’y a pas une pédagogie magique qui fonctionnera dans toute classe et tout temps… du coup des points sur les avancés en neurosciences, des mélanges de toutes ces idées ben ça m’aide beaucoup ! Merci pour tous ces partages !!!

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    1. Merci Maxime ! Comme quoi, vous attendez des choses bien différentes des articles que vous lisez. C’est intéressant et cela m’encourage à varier, et surtout à continuer de parler de ce que je rencontre !

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