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La liberté de nommer

Ce pourrait être épilogue de mon fil d’articles « parler les maths », mais j’y reviens, car j’ai oublié d’évoquer ce point (ahah, quel jeu de mots) : lorsque j’ai projeté les productions de narration de la figure de Léonard de Vinci en classe, devant cette production :

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la réaction des élèves de mes deux classes a été « il a pas le droit de mettre des noms, le points yzavaient pas de lettre sur le dessin ». Un élève en particulier m’a dit qu’on ne pouvait pas les nommer parce qu’on ne savait pas comment ils s’appellent, de toute façon. Et il y en a même un qui a trouvé à me dire que Léonard de Vinci ne savait pas écrire, alors il ne fallait pas « mettre de lettres ». Mais de façon générale, leur réaction est très intéressante et mérite qu’on s’y attarde :

  • les élèves veulent accomplir la tâche scolaire dans les normes fixées par l’enseignant, et ces normes ont une importance considérable pour eux, même si elles sont implicites, voire fantasmées ;
  • les élèves ne s’accordent pas, de ce fait, d’éléments de liberté qui ne nuisent pourtant pas à l’accomplissement de la tâche ;
  • je pense que beaucoup d’élèves ne nomment pas spontanément les points parce qu’ils ne les envisagent pas comme tels. Ils voient des « endroits » importants pour la réalisation de la figure, mais ont-ils suffisamment abstrait pour les envisager comme des points ? Pas sûr du tout.

Il me semble tout à fait fondamental de veiller à expliciter nos objectifs et de permettre aux élèves reprendre les initiatives dont ils se privent arrivés au collège, alors que souvent ils en prenaient davantage à l’école. Même si en effet il y a des règles, des normes et des contraintes, l’école ne doit pas être le lieu du on-n’a-pas-le-droit.

Il me semble aussi fondamental de relever ce genre de choses, pour que ceux qui voient la figure comme un joli dessin fassent le lien avec l’exercice mathématique et les notions qui y sont rattachées. On pourrait passer à côté d’un symptôme comme celui-là : si je n’avais pas projeté la figure et écouté les réactions, je n’aurais pas compris, pour ma part.

Or les maths sont un outil de liberté, et l’école devrait être un outil d’émancipation.

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