Evaluer·Question de grand

L’oeuf évaluation et la poule enseignement? Ou l’inverse.

Lors de la réunion des tuteurs à l’ESPE cette semaine, un de nos IPR a dit : « dis-moi comment tu évalues, je te dirai comment tu enseignes ». J’ai du coup commencé à réfléchir à la façon dont j’évalue, et c’est vrai qu’on l’observant on sait tout de la façon dont j’enseigne. Et puis cela m’a ramenée aussi à la sempiternelle question : quand on commence à préparer une séquence, commence-t-on par l’évaluation pour construire les contenus des apprentissages ? Ou bien construit-on les contenus d’apprentissages puis l’évaluation, a priori ? Ou bien construit-on les contenus des apprentissages sans l’évaluation, et on verra plus tard ?

Ce sont des questionnements qui reviennent souvent chez les collègues, surtout chez les jeunes collègues.

Pour ma part, je construis mes contenus d’apprentissages, je réfléchis à la façon dont je vais évaluer chaque activité, et on verra l’évaluation pour sa partie écrite plus tard. Il y a plusieurs raisons à cela :

Je suis enseignante. Ma mission première est donc d’enseigner, de transmettre des connaissances et des compétences. Évaluer est une nécessité pour mesurer l’efficacité de mes pratiques et l’adéquation des acquis de mes élèves aux attentes institutionnelles, mais ce n’est pas un objectif en soi. L’évaluation est un outil de contrôle. J’ai donc besoin d’évaluer en continu : lors de telle activité, les élèves m’écriront un résumé de ce qu’ils ont compris, lors de telle autre j’enregistrerai, lors d’une autre encore je ramasserai des traces. De même, je sais quelles compétences seront évaluées plus tard. Mais quelles questions je leur poserai à l’écrit, je ne sais pas : je ne peux pas prévoir une évaluation avant d’avoir observé et écouté mes élèves réagir. Nous abordons des choses non prévues au départ, parfois j’en mets entre parenthèses momentanément, car c’est trop tôt ou inutile, leurs difficultés sont toujours originales, et ils ont des idées de contenus d’évaluation dont je tiendrai compte ;

Je ne veux pas, philosophiquement, que mon enseignement soit tourné vers une mesure ponctuelle. L’évaluation étant continue et par le filtre de compétences, une évaluation ponctuelle n’a qu’une importance relative : l’évaluation des élèves est dynamique, et évolue en fonction d’une foule de facteurs. Lorsque je voyais des stagiaires commencer par préparer l’évaluation de fin de chapitre, j’étais frappée par le manque de liberté que cela générait : ils ne se demandaient plus ce qu’il est important de savoir et de savoir faire, ils se demandaient quels exercices choisir pour amener les élèves à réussir l’évaluation. Or tant mieux si les élèves réussissent leurs évaluations, mais nous devons avant tout les amener à grandir, apprendre, apprendre à aimer savoir, devenir des adultes à part entière, prendre conscience et assumer leur altérité. Alors une évaluation, là-dedans, c’est un peu du pipi de chat, si je puis me permettre.

Alors du coup, je pense que c’est l’enseignement d’abord et l’évaluation comme conséquence. Alors que pour l’oeuf et la poule, bin je ne sais pas.

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